‹ Histoire de l'abbaye de ClunyChapitre 36 sur 60 · PIERRE AU PATRIARCHE DE CONSTANTINOPLE · texte numérisé non relu

PIERRE AU PATRIARCHE DE CONSTANTINOPLE

Bien que l'éloignement des-lieuxet la différence des langues nous refusent à tous deux la joie de nous voir et de nous parler, cependant le même Dieu, la même foi, le même baptême, la charité, sont bien faits pour rassembler ce qui est séparé, unir les affections, et amener aussi quelques communications de paroles. ^^ous devons, sur cette terre , commencer ces étroits liens qui, selon notre espérance, deviendront indissolubles au ciel ; afin d'avoir du moins pour consolation, en nos misérables épreuves, ce qui deviendra pour nous, dans un monde meilleur, une récompense de félicité parfaite. Plût à Dieu que mon corps pût répondre aux désirs de mon esprit, et qu'il me fût permis de visiter la ville fondée par le roi du ciel, Jésus-Christ, et dans le Christ par le roi delà terre, Constantin! Plût à Dieu que je pusse voir et adorer à Constanlinople, non passes édifices et ses pompeux ornements, mais la foi des princes soumis à Dieu, et comme le commun ci-

metière des prophètes , des Apôtres , des Evangélistes et d'une foule de martj'rs, transportés là de toutes les parties du monde! J'y répandrais mes prières devant les saints Pères de notre foi et de notre espérance; j'y puiserais un immense espoir de salut, si je méritais d'avoir pour intercesseurs ceux que j'ai eus pour guides et pour maîtres. J'y verrais votre visage, que je désire tant connaître; je vénérerais en vous les bienheureux pontifes de votre ville; et en présence de leur béatitude, je pleurerais, comme je le devrais, sur rinfmité de mes misères. J'y formerais avec vous un pacte indissoluble, et, si vous m'en trouviez digne, nous nous y jurerions un mutuel et spirituel amour. Je vous y demanderais de vive voix ce que, maintenant absent, je vous demande, de m'associer charitablement, avec tout mon bercail de Cluny, à vos prières et à celles de votre peuple, tout comme nous mettrions un affectueux empressement à vous associer aux nôtres. Je vous prierais enfin, et je vous en prie aujourd'hui même, de faire restituer à l'église de Cluny et au monaslère delà Charité le couvent de Civilot, situé tout auprès de Constantinople, et, s'il en était besoin, de demander cette restitution à l'empereur. L'empereur Alexis, son père, dont le nom et la gloire sont venus jusqu'en nos pays, avait fait don de Civitot à Cluny et à la Charité. Il convient que le fils qui a hérité de la couronne de son père, hérite plus encore de sa piété et de sa justice. Nous recommandons à votre excellence pontificale l'humilité de nos moines et de nos frères, afin que, par eux , vous nous fassiez rendre ce qui est à nous, que la justice obtienne ce qui lui est dû, et que les fils méritent d'être exaucés par leur père*

Note S, pag:e 107.

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