‹ Histoire de l'abbaye de FlinesChapitre 102 sur 264 · A VÉNÉRABLE ET RELIGIEUSE DAME, MADAME L’ABBESSE DE FLINES · texte numérisé non relu

A VÉNÉRABLE ET RELIGIEUSE DAME, MADAME L’ABBESSE DE FLINES

« Ma très chère et bien-aimée fille et sœur en Notre- Seigneur,

« J’ai reçu votre lettre faisant mention du trépas de madame votre abbesse, dont je suis bien affligé. Je prie Dieu qu’il veuille avoir pitié de son âme, et lui rends grâces de ce qu’il lui a plu d’incliner les cœurs et les volontés de toutes les religieuses du monastère à vous prendre et élire pour leur abbesse, en me soumettant leurs voix et, en mon absence, a dom Guillaume, leur bon pater, en quoi elles se sont montrées bonnes et vraies épouses de Jésus-Christ, et filles de réformation. Aussi, je vous assure qu’en tout ce qu’il sera possible de faire pour vous et pour elles et pour votre dit pater, vous me trouverez toujours prêt.

« Mais je vous prie, Madame, de reconnaître et la grande grâce que Dieu vous a faite et la charge que vous avez acceptée, laquelle vous ne pourrez remplir sans l’aide de Dieu et de votre bon pater. Vous êtes bien et notablement pourvue en sa personne ; aussi je n’entends point vous en priver, ni l’ôter de votre monastère pour vous en donner un autre, à moins que Dieu, qui est au-dessus de nous, n’en veuille autrement disposer. Il mériterait sans doute autre chose que la paternité de votre maison. Mais si vous êtes toujours bonnes Allés, si vous suivez ses sages conseils, si vous avez pour lui la déférence voulue, si vous savez reconnaître son zèle et l’amour qu’il a pour vos âmes, j’espère que Dieu vous le conservera.

« Madame, vous ferez bien et je vous prie de traiter avec grande bonté les religieuses qui sont venues de Wauthier- Braine, et de les admettre à profession si elles désirent et si leur abbesse y consent. Vous ferez bien aussi d’inviter ladite abbesse de Wauthier-Braine à venir vous voir, afin de corroborer vos bonnes filles et les siennes ; et pour Dieu, que soyez soigneuse de parfaire les édifices qui sont nécessaires à la réformation, selon le conseil de votre bon pater, que je vous recommande toujours.

« J’ai vu le décret de votre promotion, lequel j’ai confirmé et approuvé en la meilleure manière possible, et ai pour agréable

votre dite promotion, sous condition toutefois que vous entretiendrez et parferez la sainte réformation qui est à présent commencée en votre monastère ; que sous elle vous vivrez et ferez vivre perpétuellement vos religieuses, et que vous tiendrez la main à parfaire et accomplir les édifices nécessaires, suivant le conseil de votre bon pater dom Guillaume. Et de ce je vous prie, vous assurant que vous ne sauriez faire chose plus agréable à Dieu en ce monde, que d’entretenir la dévote et sainte réformation que vous avez prise, et de vivre vous-même, et de faire vivre selon ses principes celles dont la charge vous est confiée. Ce sera pour vous une grande gloire, avec la ferme espérance de parvenir au royaume du paradis, où Dieu par sa miséricorde veuille bien nous réunir un jour, et tandis que nous sommes encore en ce monde, nous donner son amour et sa grâce.

>< Ecrit à Clairvaux, en ce jour de saint Etienne, lendemain de Noël, 26e de décembre, par l’abbé de Clairvaux, votre frère et ami en Notre-Seigneur. »

A cette lettre était jointe la suivante pour la communauté 1 :

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