‹ Histoire de l'abbaye de FlinesChapitre 106 sur 264 · Ibicl., p. 435 (4 décembre · texte numérisé non relu

Ibicl., p. 435 (4 décembre

filles de l’ordre de Cîteaux et de saint Bernard, sous l’obéissance de l’abbé de Clairvaux, leur supérieur immédiat, elles attestent que la réforme introduite par l’autorité de celui-ci l’a été du consentement de toutes les religieuses conventuelles, et d’après le désir auparavant manifesté par le plus grand nombre. Effectuée avec la faveur et le consentement des princes, cette réforme leur est chère ; elles y sont attachées du fond de leurs entrailles, et réitèrent sans aucune réserve les déclarations déjà contenues dans les actes passés devant divers notaires le 6 février et le 29 novembre 1507.

Elles ajoutent que, d’après les ordres de l’abbé de Clairvaux, et selon l’essence même de la réformation , les officiers, administrateurs et employés laïques dont les services n’étaient pas indispensables ont été remplacés par des personnes régulières. Après de vives instances, et sur les démarches réitérées de leur confesseur, elles ont obtenu de l’abbé de Nizelles quatre religieux qui sont la fleur de ce couvent renommé pour sa bonne observance : l’un d’eux a été prieur, l'autre boursier dans son monastère ; le troisième et le quatrième ont rempli avec distinction les charges de confesseur et de chapelain de religieuses. Aussi, grâce au zèle et à. l’activité de ce personnel d’élite, le service divin se célèbre avec plus de splendeur qu’autrefois ; la gestion des affaires temporelles est mieux entendue et plus fructueuse.

Elles déclarent enfin qu’aucun acte d’administration n’a eu lieu sans leur consentement et sans leur ordre ; qu’aucun objet précieux n’a été aliéné ou distrait du trésor de l’abbaye ; que les revenus de toute nature ont été et sont comme autrefois entre les mains et à la disposition de l’abbesse, des officières et des anciennes. En conséquence, elles supplient N. S. P. le Pape et le Saint-Siège, Sa Majesté l’Empereur, le Roi très chrétien et l'illustrissime Archiduc l, ainsi que les autres princes et prélats, leurs conseillers, et tous seigneurs et juges, de n'ajouter aucune foi aux calomnies et aux mensonges qui ont été répandus, se déclarant prêtes à démontrer la vérité de leur exposé et la fausseté des allégations contraires, et prenant fait

1 • C’est-à-dire le fils de Philippe le Beau, qui venait de succéder au comté de Flandre en 1506, et qui depuis fut si célèbre comme empereur sous le nom de Charles-Quint.

et cause pour l’abbé de Clairvaux, leur supérieur, pour dom Guillaume de Bruxelles, leur confesseur, et pour les autres religieux sur lesquels retombent les inculpations soulevées si mal à propos.

Cette protestation fut émise le 4 décembre 1509. Le lendemain, vers midi, Jean Cuvillon, procureur du duc de Bourgogne, comte de Flandre, en sa gouvernance de Lille, arriva pour procéder à l’enquête ordonnée par l'archiduchesse. Le confesseur de l’abbaye l’attendait avec un notaire et des témoins. Les portes étaient fermées. Elles s’ouvrirent à la première requête, et le commissaire, après être descendu de cheval, exposa l’objet de sa mission, en demandant accès auprès de madame l’abbesse et des religieuses. Dom Guillaume le pria d’exhiber ses pouvoirs, et sur son refus, lui déclara qu’il n’aurait pas l’entrée du monastère. Aussitôt Cuvillon, remontant à cheval, fit mine de partir. Il se ravisa pourtant, et par manière de transaction, sans livrer la lettre elle-même, ce qu’il ne se croyait pas autorisé à faire, il consentit à en donner lecture L II dîna ensuite avec l’assistance, qui se trouvait à table au moment de son arrivée.

Avant de lui permettre d’interroger l’abbesse et les religieuses, Guillaume de Bruxelles fit ses réserves : il déclara que pour cette fois seulement il abandonnait les droits et privilèges de l’ordre, afin de montrer qu’il ne redoutait en rien la lumière, et de témoigner son respect envers l’impériale Majesté, monseigneur l’Archiduc, Madame et leur conseil. Puis il requit le notaire de lui donner acte de cette protestation, ce qui fut fait 1 2. L’enquête dura trois jours. Le commissaire put à loisir interroger le personnel de l’abbaye, les témoins qu’on lui présenta et ceux qu’il fit comparaître tant à l’abbaye qu’au village voisin de Radies. On lui fit parcourir les édifices claustraux et toutes les dépendances l’une après l’autre ; il prit une complète connaissance de l’état de la maison, et constata par lui-même que rien ne manquait ni dans l’église, ni dans le trésor, ni ailleurs. Etaient présents : Charles de Lalaing, chevalier de la Toison-d’Or, gouverneur d’Audenarde ; Gui du Payage,

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