Description de Los, t. v, pp
aussi cligne que capable. Son nom était d’avance connu àFlines: il appartenait à une famille douaisienne qui a fourni au monastère plusieurs religieuses pendant le XVIe et le XVIIe siècle. Malgré les considérations qui militaient en sa faveur, dom Laubegeois ne put triompher de l’ostracisme dont une mesure gouvernementale frappait indistinctement tous les religieux français, et ceux que l’on considérait comme francisés par leur profession dans une abbaye soumise à la couronne de France b
Ainsi l’abbaye de Flines demeura perdue pour Clairvaux, isolée de son chef et privée de toute relation avec lui jusqu’au moment où la conquête fit tomber les barrières élevées par la politique. A part ce que cette scission avait en elle-même de violent et de pénible, les religieuses n’eurent qu’a se louer du zèle que l’abbé de Cambron déploya pour soutenir les intérêts spirituels et temporels de leur monastère, et du soin qu’il mit à leur choisir d’excellents directeurs. Après Jean d’Assignies, ces fonctions furent confiées à Robert de Maulde, depuis coadjuteur de Cercamp avec future succession 1 2, et ensuite au docte Le Waitte, qui devint successivement abbé de Moulins et de Cambron, et qui a laissé une histoire estimée de cette dernière abbaye 3.
Dans plusieurs affaires importantes, les Dames de Flines furent appuyées par le crédit et l'influence de leur père abbé. Jean Coene, qui occupa le siège de Cambron depuis 1635 jusqu’en 1649, était d’autant plus à même de leur venir en aide qu’il paraît avoir été fort bien en cour. En 1646, il reçut « par autorité du Saint-Siège et du Roy » des lettres patentes qui l'instituaient visiteur général de l’ordre de Citeaux dans les Pays-Bas pour toute la durée des guerres 4. C’était un coup de violence qui bouleversait le gouvernement de l’ordre. L’autorité du Saint-Siège fut invoquée à tort devant le public : en réalité on se passa de lui, et l’internonce qui le représentait à Bru-