Cartulaire, pp
successivement aliénées par les anciens possesseurs avant qu’ils se vissent contraints de vendre le fief L
Ces contestations se terminèrent enfin, à ce qu’il semble, par une transaction 1 2.
Je passe sous silence les procès avec le vicomte Duchastel de la Howardries, qui prétendait jouir du droit de pacage dans le bois de Planart 3 ; avec le prince de Radies, héritier des châtelains, qui reprit leurs antiques querelles 4 ; avec François-Procope-Placide de Bassecourt, seigneur d’Auchy 5. Il serait fastidieux d’entrer dans le détail de ces contestations, qui se ressemblent toutes et qui n’offrent par elles-mêmes aucun intérêt.
On s’étonnera peut-être de voir une communauté religieuse engagée dans tant de procès. C’était une chose fâcheuse sans doute, mais inévitable, étant donnée la situation d’un grand monastère avec ses possessions que les lois les plus saintes l’obligeaient à garder intactes. L’abbesse y était engagée par serment. Si elle eût abandonné des prérogatives honorifiques ou des droits utiles appartenant au domaine inaliénable dont elle était simplement dépositaire, elle se fût rendue coupable de prévarication et de parjure. Elle devait donc user de conciliation dans la forme, prévenir les contestations et recourir aux voies amiables pour les terminer quand elle n’avait pu les éviter d’avance : c’est que nous avons vu constamment pratiquer à Flines 6. Mais l’abandon pur et simple, le sacrifice des droits du monastère était impossible : les religieuses en devaient compte à Dieu, à l’Eglise et à leurs bienfaiteurs; il ne leur était nullement permis de céder ce qui n’était point leur propriété personnelle.
L’abbesse dont j’ai raconté la vie au précédent chapitre,