‹ Histoire de l'abbaye de FlinesChapitre 16 sur 264 · Cartulaire, p. 58 (13 novembre · texte numérisé non relu

Cartulaire, p. 58 (13 novembre

« Innocent, évêque, serviteur des serviteurs de Dieu, à nos chères tilles en Jésus-Christ les abbesse et couvent du monastère de l’Honneur-Notre-Dame, do l’ordre de Cîteaux, au diocèse de Tournai, salut et bénédiction apostolique.

« En considération de la Majesté divine, que vous servez avec la dévotion la plus parfaite, nous exauçons volontiers vos justes désirs, et dans notre bienveillante affection nous voulons écarter de vous ce qui pourrait vous être préjudiciable.

« La demande à nous présentée de votre part portait que dans votre monastère, pourtant bien pauvre, le nombre des religieuses s’est accru au point que de ses possessions vous pouvez à peine, en vaquant aux choses du Ciel, tirer la subsistance convenable. Comme la réception d’un plus grand nombre de sœurs vous deviendrait trop onéreuse dans ces circonstances, vous nous avez humblement supplié de pourvoir à votre repos par la bienveillante intervention du Siège apostolique.

« En conséquence, exauçant dans notre bienveillance les pieux désirs de votre humilité, nous déclarons par l’autorité des présentes que vous ne serez point tenues de recevoir malgré vous une personne quelconque munie de nos lettres, à moins que celles-ci ne fassent mention expresse du présent privilège 1 » .

Quoique l’abbaye ne fût pas bien riche à cette époque, cependant sa dotation avait reçu déjà quelques accroissements.

Le premier de ses bienfaiteurs, après la fondatrice et la comtessp Jeanne, fut Thibauddu Chastel qui, au mois d’octobre 1236, lui donna en pure aumône un fief situé à Orchies, consistant en sept bonniers de terre, avec une rente de quarante-sept

1. On trouve dans le Cartulaire de l'abbaye de Flines deux bulles relatives à des concessions de ce genre. La première est de Nicolas IV, du 5 janvier 1289. Le Pontife charge Simon de Péronne, chanoine de Tournai, de voir pourquoi les religieuses de Flines n'ont point encore reçu parmi elles, conformément aux ordres apostoliques, une jeune fille appelée Catherine de Tiérihem, et de lui faire connaître les motifs qui s’opposent à son admission, s’il en existe. (Cartulaire, p. 291.) L’autre bulle, datée d’Avignon, le 7 octobre 1374, est adressée au doyen de Saint-Pierre de Lille, à l’official de Tournai et à celui d’Arras. Grégoire XI, dérogeant à tous privilèges contraires, les charge de faire admettre à Flines Élisabeth de Guesquières, du diocèse de Tournai, si toutefois elle est apte à la vie religieuse et s'il n’y a point d’empêchement canonique à sa profession. (Ibid., p. 659.)

chapons et de cinquante-cinq sols douaisiens, le tout tenu de Marguerite de Dampierre comme dame de Pévèle *.

A la même date, l’abbaye achetait vingt-huit bonniers de terre et tous les revenus qu’Alard de Ruines possédait à Nomain. Ce fut le noyau de la grande ferme d’Herbaumez 1 2. Alard de Rumes devait être dans une mauvaise position de fortune, puisque quatre ans plus tard, en 1240, un nouveau marché fit passer dans le domaine de l’abbaye quatre bonniers de bois et trois bonniers de terre que ce même chevalier possédait au territoire de Genech 3. Puis, c’est Gilles, maire de Gondecourt, en 1242 4, Arnoul de Landas 5 et Henri de Quiquempois 6, en 1244, Jacques Paélette, en 1245 7, Jean d’Ardompré, en 1246 8, qui vendent au monastère des revenus ou des biens situés à Gondecourt, Landas, Flines, Aucliy et Coutiches.

L’abbaye ne pouvait certainement pas prélever sur ses ressources ordinaires les sommes que représente cette extension successive et très rapide de ses possessions. Nous venons de voir que ses revenus étaient alors peu considérables et suffisaient à peine à l’entretien des religieuses. Il faut donc que les pieuses libéralités de quelques bienfaiteurs l’aient mise h même de faire ces acquisitions.

Les documents ne sont pas entièrement muets à cet égard. Nous savons que les biens acquis d’Arnoul de Landas furent payés avec une somme de deux cents livres que donnèrent Lambert de Bruges, clerc de la comtesse Marguerite, et Elisabeth, sa femme 9. Celle-ci est sans doute la même qui est désignée dans plusieurs actes postérieurs sous le nom d’Isabelle de Bruges, et à qui le monastère fut redevable de la fondation d’une chapellenie 10.

Outre les libéralités pécuniaires, il y eut des donations en

1. Cartulaire, p. 15 (octobre 1236). Dans l 'Etat des biens de V abbaye au XYIe siècle., ibid ., p. 483, ce fief est appelé les rentes « de Cocquignies, aux faubourgs d’Orchies. »

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