Pétition au ministre de l’intérieur, 4 septembre
4. Le comte de Corbière, ministre de l’intérieur, à M”' la comtesse de Clermont- Tonnerre, 22 décembre 1821.
premières atteintes d’un mal qui fit de rapides progrès et qui, en quelques jours, la conduisit aux portes du tombeau. C’était une fluxion de poitrine. Aussitôt que l’on sut la fatale nouvelle, la consternation se répandit dans le monastère : la malade seule demeura calme pendant que tout le monde était éploré : elle priait sans cesse et faisait souvent le signe de la croix. Le 25, on la trouva si mal qu’il y eut une consultation de trois médecins. Ce jour-là même, on voulut lui administrer les sacrements : les médecins s’y opposèrent, assurant qu’il n’y avait pas de péril immédiat, et que l’on pouvait sans inquiétude attendre le lendemain. Elle se confessa cependant le soir, et toutes les dispositions furent prises pour lui porter le saint viatique à l’issue de prime. Hélas, elle n’atteignit pas le moment fixé. Vers quatre heures du matin, elle tourna la tête, et sans un seul cri, sans un soupir, sans un mouvement, elle rendit son âme à Dieu L
Pour le monastère à peine renaissant, ce fut une perte immense. La ville entière, qui avait su apprécier madame de Combremont, s’associa au deuil de ses filles. Afin de satisfaire au vœu de la population, un service solennel eut lieu à Saint-Pierre, après la cérémonie funèbre qui fut célébrée dans la maison et à laquelle peu de personnes furent admises. On vit par les larmes qui coulèrent en cette circonstance combien la bonne prieure était aimée de ses élèves. Il semblait que chacune d’elles eût perdu sa mère. De fait Dame Julie de Combremont avait pour la moindre de ses enfants tous les soins affectueux et délicats que la tendresse maternelle peut suggérer.
Le trait saillant de son caractère était la suavité, la bonté. Avait-elle à reprendre? Elle le faisait d’une manière si douce et empreinte de tant de bienveillance, qu’on se sentait touché: ses avis maternels produisaient plus d’effet que les remontrances les plus sévères. Attentive à prévenir les moindres besoins des autres, elle poussait si loin le détachement quand il s’agissait de sa propre personne, elle était si peu occupée d’elle-même, qu’il fallait l’avertir quand une robe, un vêtement, un objet quelconque lui étaient nécessaires.