Relation de M"" de Clermont-Tonnerre, pp
commençaient à venir : à partir de 1821 plusieurs professions augmentèrent le chiffre du personnel, si restreint à l’origine.
Auprès du gouvernement, les affaires étaient en bonne voie : tout faisait espérer une solution prochaine. Les dispositions paraissaient tellement favorables, qu’à l’instigation de madame de Clermont-Tonnerre, on sollicita la jouissance gratuite d’un local regardé comme disponible, l’ancien séminaire de Notre- Dame b On y avait installé auparavant l’entreprise des lits militaires, dont la concession touchait à son terme. Dans une pétition adressée au ministre de l’intérieur, les Dames de Flines, après avoir indiqué le double but d’utilité publique auquel est vouée leur maison, exposèrent qu’elles étaient les seules religieuses établies à Douai 1 2, tandis qu’Arras possédait plusieurs communautés presque toutes établies dans des immeubles appartenant à l’Etat. Elles demandaient en conséquence que le gouvernement voulût bien leur accorder une faveur analogue, en mettant à leur disposition le séminaire de Notre-Dame 3.
Cette demande fut prise en considération par le ministre de l’intérieur, comte de Corbière, mais elle resta sans effet parce que l’autorité militaire ne voulut pas se dessaisir du local occupé par elle 4. En somme, cette solution était la plus avantageuse pour le monastère. S’il fut pour un temps gêné par la difficulté de s’agrandir, du moins il conserva sa liberté : il put, quand les circonstances devinrent plus favorables, s’étendre et bâtir à son gré. Distallé dans un immeuble de l’État, il n’en aurait eu que la jouissance précaire et forcément limitée par mille entraves.
Au moment où la maison prenait un rapide essor, le cours de ses prospérités fut interrompu par une épreuve aussi terrible que soudaine.
Le 18 février 1822, madame de Combremont ressentit les
1. Le séminaire de Notre-Dame de la Foi était situé sur le rang est de la rue Morel. Différents services militaires, notamment la sous-intendance, y sont aujourd'hui installés.
2. A nette époque, la Providence, rétablie en 1806, mais non approuvée encore par le gouvernement, subit une éclipse momentanée par suite de difficultés avec la ville.