‹ Histoire de l'abbaye de FlinesChapitre 238 sur 264 · Relation déjà citée de de Clermont-Tonnerre, p · texte numérisé non relu

Relation déjà citée de de Clermont-Tonnerre, p

moyens d’en triompher. J’ai raconté ci-dessus ses efforts et ie succès qui vint les bénir (pp. 332-342). Le pensionnat se releva peu à peu, le cours normal fut fondé en i845, la succursale de Flines en 1847. Cette même année, une acquisition doubla le local du monastère, et quelques années plus tard, en i85o et 1 853, on construisit le bâtiment qui s’élève au fond de la première cour et sur ses deux faces latérales. Dame Stéphanie Lagache mourut le 3 mai 1 855, dans la G5e année de son âge et la 35B de sa profession.

40. — LUTGARDE DÉBUISSON ( i855-iS8 a laissé un souvenir impérissable. Sous son heureuse direction, les deux pensionnats de Douai et de Flines ont pris un essor de plus en plus considérable. La maison des Pères Rédemptoristes a été achetée en 18G6 ; un bel édifice s’est élevé en bordure de la rue du Gouvernement, et la cour d’honneur, dont il forme l’un des côtés, a été entourée d’un portique. Une maison de campagne a été acquise à Lambres pour l’usage des pensionnaires. Un grand immeuble, destiné à l’installation séparée de l’externat, a été démoli pour faire place à une construction nouvelle. La maison de Flines a reçu de notables adjonctions, et l’on a commencé à la rebâtir d’après un plan d’ensemble.

Sous Dame Lutgarde, l’édifice spirituel se perfectionna autant et plus que l’édifice matériel. Nous ne répéterons pas ce que nous avons exposé avec détail dans les chapitres XXIX-XXXII.

A force d’instances, la sainte prieure obtint, en 1889, d’être déchargée de sa fonction, pour se préparer à la mort dans la solitude et le recueillement. N’ayant jamais joui d’une santé bien robuste, elle était épuisée par l’âge et par les travaux qui remplirent sa longue carrière. Une sainte mort nous la ravit pour la donner au ciel, le 7 mars 1890.

41. — MARIE MORELLE (1889-1904), vit se préparer et se dérouler, sous son priorat, les événements qui se terminèrent d’une façon si tragique par la suppression du pensionnat, la ruine de toutes les œuvres scolaires et l’exil de la communauté Elle entrevit cette fin, mais Dieu lui épargna la douleur de la voir réalisée sous ses yeux. Elle eut la consolation de mourir dans son cloître, entourée de ses sœurs, à la veille de la brutale expulsion qui allait les jeter sur la terre d’exil (4 juillet 1904). Les dernières paroles qu’elle leur adressa furent des plus touchantes. Nous avons la confiance qu’elle est allée recevoir au ciel la récompense de ses travaux, de ses vertus, de ses souffrances héroïquement et religieusement supportées. (Voir ci-dessus, pp. 364, 387-390.)

42. — ROMUALDE CAILLIEZ (1904-1906), de Villers-Outréaux, appartenait à une famille patriarcale de neuf enfants, qui en a

donné trois à l’Église, deux prêtres et une religieuse. Cette dernière entra toute jeune dans notre monastère et y passa entièrement sa vie, à l’exception des deux années d’exil qui la terminèrent. Ce qu’elle fut en religion, le rôle important qu’elle joua comme maîtresse de classe et comme directrice, nous l’avons indiqué ci-dessus (p. 3G4 ) - Lorsque, par obéissance, elle accepta la charge de prieure, l’arrêt d’expulsion était notifié depuis deux mois : le terme fatal arrivait ; il fallut quitter cette maison bénie, où toutes espéraient terminer leur carrière mortelle. L’avenir se présentait maintenant sous le jour le plus sombre. Dame Romualde se montra constamment à la hauteur de sa tâche. Dieu la retira de ce monde au bout de deux ans, le 16 novembre 1906. Les nouvelles installations étaient achevées en Belgique : si les difficultés n’avaient pas disparu, du moins on se trouvait sur un terrain plus ferme ; on envisageait l’avenir avec moins d’appréhensions. La bénédiction de Dieu, qui n’a pas manqué jusqu’ici, ne fera pas défaut dans la suite. (Voir ci-dessus, PP- 391, 392.)

43. — Dame MECHTILDE BERNARD, née à Lewarde en 1 836 , était sous-prieure quand les suffrages de la communauté la désignèrent pour la première place. Elle continue le douloureux chemin de croix commencé depuis bien des années. Puisse-t-elle voir enfin refleurir la justice et la paix au sein d’une France régénérée ! Puisse-t-elle y ramener son troupeau fortifié ptar la persécution, et plus que jamais fidèle aux religieuses traditions de l’antique abbaye de Flines !

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