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LES TOMBEAUX DE FLINES

Gomme on l’a vu dans le cours de cette histoire, un grand nombre de personnages de distinction voulurent être inhumés à l’abbaye de Flines. Leurs mausolées n’étaient pas un des moindres ornements de la basilique élevée par la munificence de la comtesse Marguerite. Gramaye, Buzelin, François de Bar, le P. Ignace, Durand et Martèno (. Nouveau voyage littéraire), ont décrit ces tombeaux et nous ont conservé le texte des épitaphes. On peut voir encore l’ouvrage de Maloteau de Villerode, Recueil des anciens tombeaux et épitaphes, n° 888 des manuscrits de la Bibliothèque de Douai, et un recueil d'épitaphes avec blasons coloriés qui se trouve à la Bibliothèque d’Arras, où il porte le n° 756.

Ces divers auteurs ne donnent que des descriptions très succinctes des monuments funéraires de l’abbaye de Flines.

Heureusement pour nous, les archiducs Albert et Isabelle ont eu la bonne pensée de faire dessiner, dans les églises et monastères des Pays-Bas, tous les monuments, tombeaux, statues, verrières, qui rappelaient le souvenir des anciens souverains du pays. Antoine de Succa *, leur historiographe et généalogiste, exécuta ce travail au commencement du XYII° siècle.

1. Sur une pierre sépulcrale, derrière la chaire de l'église de Saint-André à Anvers, on lit l’épitaphe suivante :

Memoriœ Octavii de Succa, A ntverpiensis, Castri Novi in Sabaudia familia antigua et nobili oriundi. Illi requiem precare. Obiil anno cio. I0C. IV, xvi, kal. sept.

A nthonius de Succa optimo fratn mœrens P., qui ab A0 CIO.IOC. Serenissimis A Iberti et Isabellæ a genealogiis principum devixit die vm seplemb. cio.ioc.xx. superstite honestissima conjuge D. Magdalena de Cocquiel, quee obiit cio.ioc. XL vi, die iv novembres.

Lucem apprecare inter minabilem.

Ses dessins, avec le texte des inscriptions et quelques courtes notes, quelques brèves indications, furent réunis en plusieurs volumes infolio, sous le titre de Mémoriaux.

De ces volumes, un seul, le troisième, est arrivé jusqu’à nous, ou du moins un seul est connu. La Bibliothèque royale de Bruxelles en fit l’acquisition en 1868, au prix de 1.100 fr. Avec quel bonheur n’y ai-je pas trouvé les Mémoriaux de l’abbaye de Flines ! Ce ne sont que des esquisses ou des ébauches, mais ces dessins, exécutés rapidement à la plume ou au crayon, donnent une idée assez exacte des tombes historiques de Flines 1 . Je les ai fait photographier dans le format de mon livre et reproduire avec une fidélité scrupuleuse; on les trouvera réunis à la fin du volume, dans la première édition, et j’y renverrai constamment dans le texte de cette note. L’original porte la date de 1601 2.

Parcourons ces monuments funéraires en suivant l’ordre des planches :

1. — Dans le sanctuaire, en face de l’autel principal, une même tombe renfermait deux personnages unis pendant leur vie par les liens d’une étroite et sainte amitié, unis également de très près par les liens du sang. L’un était Jean de Flandre, fils du comte Gui, qui fut d’abord prévôt de Saint-Donat de Bruges et de Saint-Pierre de Lille, puis évêque de Metz et enfin évêque de Liège. (PI. I, n° 1.) Il mourut en son château d’Anhaive, le 14 octobre 1290, et non en 1292, comme le disent plusieurs auteurs.

Par son testament, daté du 10 juillet 1292 3, Guillaume de Hainaut, évêque de Cambrai, élut sépulture à Flines et voulut être inhumé dans la même tombe que son cousin l’évêque de Liège. 11 ne tarda guère à l’y rejoindre, car il mourut en 1296, à Villefort, pendant qu'il se rendait en pèlerinage à Notre-Dame du Puy 4, ou, selon d’autres, pendant un voyage de Terre-Sainte. (PI. I, n° 2.)

Près de la tombe qui renfermait les deux pontifes, on lisait ces deux inscriptions d’origine plus récente :

Johanne. s de Flandria, episcopus Leodiensis, filius Guidonis, coiniiis Flandriœ, fundatoris hujus ecclesiœ.

Guillelmus de Flandria, episcopus Cameracensis, domini episcopi Leodiensis consanyuineus .

2. — La comtesse Marguerite, fondatrice de l’abbaye, était inhumée au milieu du chœur des religieuses. Sur sa tombe, on voyait son

1. Ce volume renferme Saint-Donat de Bruges, Saint-Michel d’Anvers, le monastère de la Tliieuloie, près d’Arras, celui de Flines, l’abbaye de Choques, Arras, Saint-Étienne et Saint-Pierre de Lille, Gand, Chartroux, près Béthune, Saint-Omer ou Saint-Bertin, Louvain.

2. Depuis que les dessins concernant Flines ont été reproduits dans la première édition de cette histoire, M. Quarré-Reybourbon a publié une notice d’un caractère plus général : Les Memoriaux d’Antoine de Succa, recueil des dessins artistiques concernant les Pays-Bas et particulièrement la ville de Lille, lu à la réunion des Beaux-Arts, le 23 mai 1888. Paris, Plon, Nourrit et C", 1888, gr. in-8°, fig. ( Réunion des Sociétés des Bcaux-A rts, 1888, p. 783, et PA rtiste, n° de février 1889, pp. 98-114.)

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