Gazette de France, 10 octobre
Dans cette maison hospitalière, l’on trouvera ces incomparables maîtresses à la hauteur de tous les devoirs, et dont les titres se comptent par les 444 brevets obtenus jusqu’à ce jour. Le programme du Cours libre sera exactement le programme des écoles normales de l’État, avec cette seule différence que l’enseignement de la Religion et de l’Histoire sainte figurera en tête du premier, à la place d’honneur. Chacune des matières prescrites par les décrets des 29 juillet 1881 et 9 janvier 1883 y sera soigneusement enseignée, et s’il plaît à l'État d'ajouter aux exigences actuelles de nouvelles exigences, quelle que soit la tâche, les Dames de Flines sauront y mesurer leurs efforts. Sur le terrain de la science, de la pédagogie et des méthodes, elles ne redoutent aucune rivalité. (Applaudissements .)
Une fois démontré que les nécessités du présent, comme les menaces de l’avenir, commandaient le maintien du Cours normal libre, restait à examiner les dépenses qu’il allait nécessiter, les ressources avec lesquelles l’on pourrait y faire face, enfin les moyens d’assurer son recrutement.
Ce fut l’oeuvre d’un comité, formé à Douai, qui, sous le haut et bienveillant patronage de Mgr l’archevêque de Cambrai, avec ses encouragements et ses conseils, étudia ces questions et soumit à Sa Grandeur les solutions pratiques qu’elles lui parurent comporter.
Les Dames de Flines mettent gratuitement au service de l’oeuvre nouvelle non seulement le personnel qui enseignait dans l’ancien Cours normal, mais encore les locaux qui lui étaient affectés, et qui, admirablement appropriés à leur destination, peuvent recevoir 50 pensionnaires. Il ne s’agit que de pourvoir à la nourriture et à l'entretien des élèves dont les familles ne peuvent, le plus souvent, payer même une fraction minime de la pension.
Trente-six bourses de 450 fr. chacune, 6 payées par l'État, et 30 par le Département, formaient, jusqu’au mois d’août dernier, la ressource des Dames de Flines pour l’entretien de leur école normale. Elle eût été évidemment insuffisante sans une subvention de 4,000 fr. fournie par la Ville pour l'école primaire de Saint-Bernard. Bien que cette subvention ait disparu en même temps que les 30 bourses, et malgré le prix élevé des denrées alimentaires, les Dames de Flines, pour continuer leur œuvre, se contentent d’une pension annuelle de 500 fr. par élève.
Pour procéder avec prudence et sans trop engager l’avenir, l’on a pensé que le Cours libre pourrait commencer avec douze boursières. C’est le chiffre fixé, en 1845, entre l’Université et la communauté des Dames de Flines. On ne peut le réduire, si l’on veut répondre aux besoins les plus urgents des écoles libres et maintenir, parmi les élèves, l’émulation et la force des études. La dépense, cette année, sera donc de 6,000 fr., sauf à s’augmenter avec la progression des cours.
Mais ces cours ne vont-ils pas rester déserts? Il aurait fallu ne pas connaître le zèle éprouvé de l’admirable clergé de notre diocèse, pour concevoir des craintes sur le recrutement du Cours normal. Pour être pécuniairement inférieurs à ceux de l’État, les avantages offerts à nos jeunes maîtresses sont encore assez grands pour susciter des dévouements et solliciter des vocations. Leur faire appel, les encourager et les soutenir, telle est la tâche qui s’impose à notre clergé et que déjà
il a su remplir. Dans les entretiens de la retraite ecclésiastique, Monseigneur avait daigné l’y convier. Sa voix, toujours si docilement écoutée, vient de se faire entendre de nouveau en faveur de nos écoles libres, et ses accents d’une si mâle et si chrétienne éloquence ont retenti au milieu de nos populations catholiques comme un cri d’alarme, d’encouragement et d’espérance. [Applaudissements .)
La Semaine religieuse et la presse catholique nous ont déjà prêté le concours de leur publicité ; enfin une circulaire, adressée à MM. les curés du diocèse et à toutes les personnes dévouées à l’enseignement chrétien, les a informés de la date de l'ouverture du Cours normal libre, des conditions imposées aux aspirantes, des pièces qu’elles doivent produire.
Tous ces efforts ont été couronnés d’un plein succès.
Les 23 et 26 octobre dernier, treize aspirantes se présentaient à l’examen d’entrée : dix ont été admises.
Depuis le 3 novembre, elles sont devenues les élèves du Cours normal libre, après avoir souscrit l’engagement : 1° de suivre les cours pendant trois ans ; 2° de se tenir à la disposition de la commission d’administration pendant trois mois après leur sortie de l’école ; 3° de rester pendant trois ans au moins dans l’école où la commission les aura placées. — Pour confirmer cet engagement, les pères ou les tuteurs se sont obligés à rembourser les frais d’études de leur fille ou de leur pupille dans le cas où celles-ci quitteraient volontairement l’école, ou manqueraient à la parole donnée ; garanties nécessaires, prises au nom de l’enseignement libre, contre les tentations de défaillance ou les tentatives de séduction.
Comme dans les écoles de l’État, la durée des études sera de trois ans. Avec l'école primaire, est annexée au Cours normal une salle d’asile pour la formation des directrices d’écoles maternelles. Admises à l’âge de 15 ans au moins, de 18 ans au plus, après une enquête sévère sur leur passé, et l’examen subi devant une commission d’administration nommée par Mgr de Cambrai, les élèves seront tenues de se présenter aux examens du brevet élémentaire de capacité à la fin de la première année, et à ceux du brevet supérieur à la fin des études. La commission d’administration pourra seule autoriser le passage d’un cours dans un autre, sur la proposition de la directrice, délibérée, au mois d’août, dans le conseil des professeurs. En dehors de la surveillance incessante que la Commission exercera sur les études et sur la discipline, deux fois par an, au moins, les cours seront visités et les élèvés interrogées par un inspecteur diocésain désigné par Mgr l’Archevêque.
Et maintenant, quelles ressources permettront de faire face aux dépenses du Cours normal ?
Pour cette année, la question sera facilement résolue. Sur les 6,000 fr. que coûteront les douze premièresboursiôres, 3,000 sont généreusement donnés par Mgr de Cambrai; 3,000 seulement restaient donc à trouver. Obéissant à la plus louable initiative, les Dames du pensionnat d’Esquermes ont spontanément créé la septième bourse. Qu’elles daignent recevoir le public hommage de reconnaissance que leur adresse ici la Commission d’administration. ( Applaudissements .) Puisse le noble exemple donné par elles trouver de nombreux imitateurs !
C’est sur des fondations analogues de bourses ou de demi-bourses que compte la Commission d’administration pour compléter les secours assurés par Mgr l’Archevêque.
Les années suivantes verront le nombre des élèves s’accroître et s élever, dans un avenir prochain, à 30, peut-être 36. C’est une dépense de 15 à 18,000 fr. sur laquelle il faut annuellement compter.
Réparti sur le diocèse, qui tout entier tiendra à honneur de contribuer à une oeuvré essentiellement diocésaine, ce chiffre n’est certes pas de nature à déconcerter la charité des catholiques du Nord, si grandes que puissent être les charges imposées à leur générosité par les dures nécessités du temps.
Leur concours, auquel j’ai reçu la mission de faire appel au sein du Congrès, pourra d’ailleurs se manifester sous des formes diverses.— Favoriser les aptitudes à l'enseignement d’une jeune fille pauvre, mais douée des dons de l’intelligence et de la piété, se charger de fournir en tout ou en partie les 1,500 fr. nécessaires à ses trois années d’études, quel plus noble emploi de son superflu pour une famille riche et chrétienne ? Quelle plus digne et plus utile manière d’exercer la bienfaisance ?
L’œuvre n’est-elle pas d’ailleurs assez belle, assez féconde pour solliciter des bienfaiteurs plus généreux encore qui créeraient des bourses permanentes ?
A côté de revenu certain puisé à cette source viendra se placer le produit plus variable des souscriptions libres : elles seront reçues à Cambrai, au secrétariat de l’Archevêché, au bureau de la Semaine religieuse à Lille, ou à Douai, chez M. Bommart1, secrétaire-trésorier de la Commission administrative. Auprès des sacrifices qu’il accepte si courageusement pour subvenir aux besoins de l’enseignement supérieur et de l’enseignement primaire, que sera, pour notre diocèse, uue nouvelle charge qui, divisée entre nos sept arrondissements, ne dépasserait pas 2,000 fr. pour chacun d’eux ; qui, répartie sur toutes nos riches et populeuses cités, se réduirait, pour chacune d’elles, à une contribution minime ?
Non, il n'y a pas un catholique qui, en refusant son obole, voudrait exposer l’enseignement libre au discrédit dont il serait frappé si l’école des Dames de Flines disparaissait au moment même où s’étalent les splendeurs de l’école officielle; il n’est pas un catholique qui ne veuille contribuer au maintien du Cours normal pour fortifier l’enseignement chrétien, pour défendre son drapeau et sa foi, pour affirmer ses invincibles espérances en sauvegardant l'avenir. (Applaudissements .)
Pour moi, Douaisien, témoin journalier des vertus, de la science et des services de la sainte congrégation des Dames de Flines, nommé par Mgr de Lydda membre de la Commission administrative du Cours normal libre, j’ai, sans hésiter, obéi à son auguste invitation, en apportant à cette grande œuvre le faible tribut de ma parole. Mais ma cause est celle de nos écoles libres, c’est-à-dire « la cause de la
1. Adresser les communications à M. Arthur Bommart, ancien magistrat, secrétaire-trésorier de la Commission administrative du Cours normal des Dames de Flines, 40, rue de Canteleu, à Douai (Nord).
religion et de la patrie », et dès lors, pour la gagner, ne suffit-il pas de parler dans cette ville, qui a reçu et qui gardera le nom de la Rome du Nord, et de s’adresser aux catholiques de ce diocèse dont la foi et la charité ont su constituer le budget nécessaire pour conserver aux enfants du pauvre et de l'ouvrier, avec leurs bons maîtres et leurs pieuses maîtresses, « la sainte croix du Rédempteur, la douce » image de Marie, le saint Évangile, le vieux catéchisme de la foi, et » la candeur et l’innocence, et l’amour de la famille et de la patrie. » (Applaudissements . )
Mgr Duquesnay. — Évidemment, après un tel rapport, on doit regarder comme assurée l’institution des Dames de Flines ; cela ne fait aucun doute pour personne.
A titre documentaire, nous croyons devoir ajouter ici un extrait de l’article publié par la Gazette de Douai, dans son numéro du 13 août 1880, alors que les Sœurs de la Providence venaient d'être dépossédées, et que les Dames de Flines se voyaient menacées de perdre le Cours normal d'institutrices. Ce sont des statistiques précieuses à conserver.
Le Cours normal.
Notre Conseil municipal vient de renouveler son vœu pour la création à Douai d’une Ecole normale de filles, laïque, bien entendu.
A ce propos, M. le Sénateur-Maire s’est bien gardé de parler des succès constants obtenus par les Dames de Flines chargées du Coûts normal , et surtout des succès plus remarquables encore de la dernière session d’examens.
Nous croyons le moment venu de montrer au public l’ingratitude et l’iniquité du projet municipal et universitaire.
C’est par la seule éloquence des chiffres que nous arriverons à démontrer que ces dévouées institutrices continuent de mériter aujourd’hui, plus que jamais, la confiance des familles et l’approbation de l’autorité.
Le Cours normal présentait vingt-deux aspirantes ; toutes ont été reçues.
Voici leurs noms et leurs places :
lre Irma Marsy ; 2e Adèle Havez ; 4e Irma Carton ; 6e Agnès Risbourg ; 7e Hermance Vanderbecq ; 8e Clémence Caquière ; 9e Hélène Lenanker ; 10e Adolphine Linquette ; 10e Élise Planart ; 11e Julia Delhaye ; 15e Claudia Poulet ; 16e Marie Gilain ; 16e Marie Delporte ; 17e Louise Descamps ; 18e Ursule Richard ; 20e Mathilde Petitbois ; 23e Marie Forest ; 27e Marie Tirlot ; 30e Irma Maiziêres ; 45e Eugénie Fontaine ; 51e Félicie Ilouriez ; 51e Ernestine Bury.
Sur vingt-deux, on voudra bien le remarquer, il s’en trouve dix-sept dans les vingt premières.
Et qu’on aille pas croire que ce magnifique succès remporté par le Cours normal ait nui en rien à l’excellente direction soit du pensionnat, soit de Y école communale qui l’entourent.
Nullement.
Le Pensionnat présentait dix aspirantes ; toutes ont été reçues.
Voici leurs noms et leurs places :
13e Juliette Capelle ; 14e Marie Fauvez ; 23e Jeanne Delesalle ; 32e Mathilde Jennepin ; 52e Marie Brossart ; 52e Valentine Bouffart ; 86e Héléna Jonas ; 113e Virginie Delesalle ; 119e Louise Donzelle ; 169e Henriette Cru.
L'Ecole communale présentait trois aspirantes ; toutes ont été reçues.
Voici leurs noms et leurs places :
Sophie Delplanque ; Palmire Fichelle ; Héloïse Caudrelier (entre les numéros 55 et 62).
Cette même Ecole communale avait présenté également quatre aspirantes au certificat d’études ; toutes ont été reçues, obtenant les places suivantes : 7, 14, 21, 24.
Nous prions nos lecteurs de remarquer que toutes les aspirantes ont été reçues sans exception d'aucun côté.
Déjà, les trois années précédentes, en 1877, 1878 et en 1879, le Cours normal n’avait subi aucun échec.
Cette année, onze élèves du Cours pouvaient seules se présenter pour le brevet complet ; six l’ont obtenu ; quatre autres ont eu des mentions ; une seule a succombé à la première épreuve.
Le Pensionnat a obtenu cinq brevets complets ; trois élèves ne se sont pas présentées au second examen ; les autres ont des mentions. — A Pâques, le Pensionnat a présenté deux élèves à Lille ; elles ont été reçues.
Et voilà les institutrices que la municipalité douaisienne, d'accord en cela avec l’autorité universitaire, prétend déposséder de la direction du Cours normal, après trente-cinq années d’incomparables services rendus à l’Instruction publique.
Car les Dames de Flines sont chargées du Cours normal depuis 1845.
Est-ce de la reconnaissance cela ?
Est-ce surtout de la justice ??
Les Sœurs de la Providence.
Nos deux écoles communales dirigées avec tant de zèle et de talent par les Sœurs si éminemment populaires de la Providence, ont obtenu, cette année, des succès remarquables dont nous aurons à reparler lors de la Distribution des prix aux écoles primaires.
Disons-en cependant deux mots dès aujourd’hui :
L'Ecole de la rue Portier a obtenu onze certificats d’études primaires,
— trois brevets de deuxième ordre, — deux brevets de premier ordre.
(Deux anciennes élèves, aujourd’hui novices, ont obtenu également le
brevet supérieur .)
Au Concours de fin d'année , cette école a obtenu huit prix sur vingt.
L'École de la rue cF Arras a obtenu trois certificats d’études primaires,
— un brevet de deuxième ordre, — un brevet de premier ordre, moins l’histoire, la géographie et les sciences.
Au Concours de fin d'année, cette école a obtenu cinq prix sur vingt.
Il est bon de noter que, cette année, le jury des concours de fin d’année, était exclusivement laïque et que, sur deux prêtres faisant partie du jury pour les brevets, on n’avait conservé que M. l’aumônier du Lycée.
EXTRAIT D’UN RAPPORT PRÉSENTÉ PAR M. ALBERT DUTILLEUL , A L’ASSEMBLÉE DU « DENIER DES ÉCOLES CATHOLIQUES DE DOUAI )) TENUE LE 21 FÉVRIER 1883.
Après avoir exposé comment la direction des écoles et asiles communaux a été enlevée aux Sœurs de la Providence-, et comment elles ont été expulsées de la maison de la rue Fortier, M. Dutilleul ajoute :
Les Dames de Flines pouvaient-elles rester indifférentes à la décision qui rejetait les bonnes Soeurs de la Providence? Vous ne le pensez pas. Estimant que, après le vote du 23 août, leur devoir était de se ranger du côté des expulsées, elles ont renoncé volontairement à la subvention qu’elles recevaient de la Ville pour leur classe de la rue du Béguinage; et celle-ci, libre désormais de toute attache municipale, continue à propager l’enseignement chrétien sous le nom d’école Saint-Bernard.
Au moment où vient de se briser un lien de plus d’un demi-siècle, peut-être est-il bon de jeter un coup d’œil en arrière, pour comprendre l'inestimable service que cette école rendit à la ville de Douai par sa seule fondation.
Depuis la Révolution qui avait fait table rase de l'instruction comme de tout le reste, l’éducation de la jeunesse était considérablement négligée. Dès 1806, il est vrai, les Sœurs de la Providence avaient rouvert ,une classe en faveur des filles pauvres (car le souci de l’instruction populaire ne date point du 28 mars 1832) ; on avait rétabli aussi, au dehors, des pensionnats pour les jeunes filles de familles aisées; mais les enfants de la classe moyenne continuaient à n’avoir point d’éducatrices. Ce fut dans cet état de choses qu’une ancienne religieuse de l’Ordre de Saint-Bernard, Dame Julie Lethueur de Combremont, ouvrit un petit pensionnat à Douai, Elle connaissait la situation : mais, seule, que pouvait-elle entreprendre? Lorsque, vers 1818, elle eut la joie de réunir dans l’ancienne maison de l’Oratoire plusieurs de ses consœurs survivantes, Dame Julie de Combremont se dit aussitôt qu’à côté des écoles populaires admirablement tenues par les Sœurs do la Providence (cette appréciation a été la même de tout temps), il y avait place pour un enseignement spécial, offert aux filles des marchands et des artisans ayant peu d’aisance, mais non repris sur la liste des indigents. Cette idée fut soumise à la municipalité, qui l’accueillit avec faveur et vota une subvention de deux mille quatre cent francs, à condition que la communauté des Dames de Flines « se » chargerait de donner constamment à quatre-vingts filles désignées, par
» la mairie, l’instruction gratuite que donnaient autrefois les établisse- » ments connus sous les noms de la Congrégation Notre-Dame et des » Filles de Sainte-Agnès. »
Les religieuses dont le souvenir est rappelé dans cette convention s’étaient établies à Douai en 1580 et 1699. Cela montre encore une fois, que l’Église se préoccupait de l’instruction des enfants pauvres bien avant l’ère républicaine.
Tel est le passé de l’école primaire à laquelle les Dames de Flines continuent de se dévouer librement et gratuitement. Bien que la communauté en ait assumé la charge, le Denier des Écoles Catholiques s’est fait un bonheur d’offrir son humble concours à l’école Saint-Bernard, moins à titre d'assistance effective que comme une marque de sa respectueuse sympathie .
Mais ce qui appellerait, non plus le dévouement de notre association, ni même l’appui plus général de tous les catholiques douaisiens, ce qui réclamerait la coopération généreuse du diocèse tout entier, c’est l’école qui, depuis de longues années, tenait lieu d'école normale officielle. Vous n’ignorez pas que le conseil général du Nord a voté la construction d’une école normale laïque, qui doit s’ouvrir au mois d’octore prochain : les trente-six bourses que le département entretenait dans l’établissement des Dames de Flines seront par le fait même supprimées. Faut-il laisser tomber et disparaître une institution qui a rendu les services les plus signalés, et dont les élèves ont toujours obtenu les premiers rangs aux sessions d’examen où elles ont paru ? N'est-il pas désirable au contraire que les catholiques la relèvent et la maintiennent ?
C’est le sentiment de M. Bernot, ancien inspecteur primaire, qui déclare « qu’il y aurait dommage autant qu’ingratitude à briser les traditions qui » ont fait de cette école un foyer d’instruction et de saine pédagogie, dont » le pays profite depuis plus de trente ans. »
C'est l’avis de M. de Fontaine de Resbecq, ancien sous-chef de division au ministère de l’instruction publique, qui, lors du dernier Congrès catholique de Lille, s’est associé pleinement au témoignage de M. Bernot, attendu que « au ministère, le cours normal d’institutrices de Douai a » toujours été considéré comme un des meilleurs que la France possède.»
C’est enfin le vœu qui a été émis par le Congrès catholique, quand il a appelé la bienveillante attention de Nosseigneurs l’Archevêque de Cambrai et l’Evêque d’Arras sur la situation des cours normaux d’institutrices, menacés d’une prochaine suppression par la législation nouvelle.
Il y a là une organisation toute faite dont il importe de bénéficier ; il faut utiliser ce personnel enseignant dont les méthodes ont été trouvées excellentes par les juges les plus compétents, et qui, pour professer dans une école normale libre, n’en rendra pas moins de grands services à Tenseignemént chrétien.
Yoilà, Messieurs, ce qu’on, disait au Congrès catholique de Lille; et je me serais reproché de ne point vous rappeler, en parlant des Dames de Flines, et l’alternative dans laquelle elles sont placées, et l’hommage unanime qui leur a été rendu. ( Gazette de Douai.)