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FORMULE DU SERMENT

Je sœur Sophie de Berchény, élue abbesse de l’abbaye de Flines, ordre de Cisteaux, filiation de Clairvaux, diocèse d’Arras, nommée par

Sa Majesté Louis quinze, roy de France et de Navarre, et confirmée par le très-révérend abbé de Clairvaux, notre père immédiat, et instituée par monsieur Breton, abbé de Notre-Dame de Los, même ordre et filiation, jure et promets de bonne foy que je ne vendray, ni donneray, ni engageray de nouveau, ni aliéneray en aucunes manières les biens appartenants à ce monastère, sinon conformément et comme il est contenu dans !a bulle du souverain pontife Benoît douzième. Dieu soit en mon aide et ses saints évangiles. Le 26 novembre 1757.

Sr Sophie de Berchény, abbesse de Flines.

(Archives du Nord, fonds de l’abbaye de Flines.)

RAPPORT SUR LE COURS NORMAL DES DAMES DE FLINES, A DOUAI, PRÉSENTÉ, LE 18 NOVEMBRE 1883, A L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DES CATHOLIQUES DU NORD ET DU PAS-DE-CALAIS , PAR M. MASCAUX, ANCIEN MAGISTRAT.

Messeigneurs,

Messieurs,

11 y un an, dans l’une des sections du précédent Congrès, au nom de l’enseignement chrétien, M. le chanoine Deroubaix faisait entendre un nouveau cri d'alarme !

Obéissant à l’une de ces funestes lois, dont il suffit de citer l’auteur et le rapporteur, M. Paul Bert, pour en marquer le caractère anticatholique, le Conseil général du Nord avait voté la construction à Douai d’une école normale de filles. Il va sans dire que la direction de la nouvelle écoie et son enseignement devaient être confiés à des maîtresses laïques. L’édifice allait s’achever et ses portes s’ouvrir au mois d’octobre 1883. C’était du même coup la suppression du cours normal de filles, tenu à Douai par les Dames de Flines, dont les plus éclatants succès attestaient, depuis trente-huit ans, le mérite éprouvé. ( Applaudissements .)

Il s’agissait de savoir si, se bornant à de stériles regrets, les catholiques contempleraient attristés, mais indifférents, le somptueux palais bâti avec leur or pour combattre leur foi, et où s’enseigneront, dit-on, toutes les sciences humaines, mais où Dieu n’aura ni chapelle ni droit de cité ; ou bien si, sur ce point comme sur tous les autres, acceptant vaillamment la lutte, ils sauraient réparer une immense injustice, et disputer à l’enseignement sans Dieu l’esprit et le coeur des jeunes maîtresses destinées à tenir dans leurs mains l’âme immortelle des enfants du peuple. Avec ce zèle d'apôtre que l’obstacle enhardit, M. Deroubaix proposait résolument de maintenir, comme école normale libre, le cours normal des Dames de Flines.

Accueilli avec un empressement unanime, appuyé par les suffrages des juges les plus compétents, ce voeu trouvait, à la séance générale du dimanche 26 novembre, un éloquent interprète dans M. Louis Cavrois, et un écho sympathique dans le Congrès, qui appelait sur le cours normal d’institutrices des Dames de Flines, la bienveillante attention de Mgr l’archevêque de Cambrai.

Était-il possible, en effet, de laisser tomber et disparaître une institution qui, pour rendre à l'enseignement libre les plus signalés services, n’aura qu’à demeurer Adèle à son glorieux passé ?

Ce fut en 1845 que s'ouvrit le cours normal de Ailes, dont le Conseil général du Nord venait de voter l’établissement. Si, pour décider les Dames de Flines à en accepter la direction, l’autorité académique avait fait auprès d’elles des instances et des démarches réitérées, c’est que son choix avait été Axé par l’incontestable et légitime renommée du pensionnat et de l’école gratuite, subventionnée par la Ville, que la congrégation dirigeait à Douai depuis 1818. Le cours commença avec dix bourses et cinq élèves. Dès la première session d’examen, en août 1846, des éloges étaient adressés à la communauté « pour sa manière de conduire et d’instruire les élèves-maîtresses. » Le 5 septembre 1849, M. l’Inspecteur primaire du Nord écrivait : « Les » élèves qui sortent cette année du cours normal se sont placées au » premier rang parmi toutes leurs concurrentes aspirant comme elles » au brevet ». Depuis lors, à peu près chaque année, le Préfet transmettait aux Dames de Flines les félicitations du Conseil départemental, rendant hommage « aux soins incessants, au zèle à toute épreuve de » ces maîtresses qui, recevant des jeunes Ailes dont l’instruction était » presque nulle, parvenaient à les rendre capables d’obtenir, en trois » années, le brevet de second et le brevet de premier ordre ».

Le 8 mai 1867, M. Duruy, ministre de l’Instruction publique, vient en personne visiter le Cours et interroger les élèves, et il témoigne hautement toute sa satisfaction.

Déjà, le 14 décembre 1853, une mention honorable, et le 20 mars 1868, une médaille de bronze avaient été accordées au Cours normal, quand, le 8 mars 1870, M. l’Inspecteur d’ Académie Jarry, écrivit à Mme la Directrice :

o Je vous propose, cette année, Madame la Directrice, pour la mé- » daille d’argent, la plus haute de nos récompenses universitaires. » Il y longtemps que vos éminents services et ceux de vos collabo- » ratrices si distinguées, si dévouées, auraient dû vous la faire obtenir.» Et le 8 mai 1870, la médaille d’argent était décernée à Dame Lutgarde Débuisson.

En 1872, M. l’Inspecteur général Glachant fait donner en sa présence des leçons aux éléves, et sa satisfaction est telle qu’il en porte le témoignage jusqu'au Ministre.

Dans tous les examens, sur toutes les matières du programme, les élèves se distinguent par leur supériorité.

Ce n'est pas seulement le côté brillant de l’intelligence, mais les qualités solides de l’esprit qu'on a su développer chez elles ; si bien que voici le portrait qu’en 1875, un Inspecteur de Lille, M. Grimon, trace des jeunes institutrices sorties du Cours normal : « Elles ont » une tenue digne, une toilette simple ; l’esprit du devoir les guide ; » il y a dans leurs classes une ferme discipline ; parents et amis les » estiment et les aiment. »

Mais voici que la République a triomphé. Les doctrines des Ferry et des Paul Bert dominent dans nos Assemblées, et la haine des congrégations religieuses s’accuse tous les jours davantage au sein de l’Université. Les témoignages d'estime, les éloges prodigués au Cours

normal des Dames de Flines restent toujours les mêmes. En 1876, M. Anthoine, inspecteur d’Académie, visite le Cours, donne des devoirs aux élèves, emporte leurs copies et les renvoie corrigées par lui ; plusieurs portaient la mention très bien.

Le 6 janvier 1877, un arrêté, signé Waddington, Ministre protestant de l’Instruction publique, nommait Mme la Directrice officier d’Académie, et l’éclat de cette haute distinction était rehaussé par la chaleureuse approbation qu’elle rencontrait à tous les degrés de la hiérarchie universitaire. En informant la Directrice de cette nomination, faite sur sa proposition, le Préfet du Nord lui écrivait: «Je suis » heureux, Madame la Directrice, d’avoir à vous transmettre ce témoi- » gnage flatteur, par lequel M. le Ministre a bien voulu reconnaître » le zèle et le dévouement que vous apportez dans l'accomplissement » de l’importante mission qui vous est confiée. »

A son, tour, transmettant à la nouvelle titulaire les insignes et le brevet d’officier d’Académie, le Recteur lui disait: « Le Ministre a voulu » récompenser ainsi les précieux services rendus par vous-même et » par votre Ordre tout entier à l’enseignement primaire, et c’est pour » moi un véritable bonheur que d’être, en cette circonstance, l’inter- » prête du chef de l’Université. »

Et ce n’étaient pas là de banals compliments, car à ces suffrages s'ajoutait celui d’un haut fonctionnaire actuel de l’Université, qui ne fut jamais soupçonné de tendresse pour l’habit que portent les Dames de Flines, et qui, alors Inspecteur d’Académie à Lille, écrivait à Mme la Directrice, le 19 janvier 1877 : « Croyez que j’ai été bien heu- » reux de la distinction qui vous a été accordée : je ne fais pas diffl- » culté d’avouer que je l'ai vivement désirée pour vous, qui n’y pensiez » pas... Cette récompense, vous l’avez complètement gagnée par tant » d’années de travail et d'efforts, par la bonne direction que vous avez » donnée aux dévouements réunis autour de vous, par les résultats que » vous avez obtenus... Il m’a semblé qu’elle seraitde bon exemple, qu'elle » réjouirait le cœur de toutes ces institutrices que vous avez formées » et qui gardent de vous un souvenir reconnaissant ; il m’a semblé » enfin qu’elle ne serait pas tout à fait inutile à la prospérité de cette » chère maison à la tête de laquelle vous êtes placée... Veuillez donc » recevoir mes très vives salutations et croire en même temps à i’as- » surance de mes sentiments de haute et respectueuse estime. »

Cet enseignement si élevé, si apprécié, si fécond, qui provoquait, dans les rangs de l'Université des hommages si peu suspects, avait-il donc, dans le cours de ces dernières années, subi quelque éclipse ? Le niveau en avait-il baissé ? Écoutez, Messieurs. En 1878, M. l’Inspecteur général Baudouin vient dicter aux élèves un travail, dont il renvoie bientôt les copies avec la lettre suivante: « Monsieur l’Inspec- » teur, veuillez avoir l’obligeance d’aller porter de ma part à la Direc- » tricc du Cours normal, avec mes compliments sincères, les copies » ci-jointes. Le travail de M1IeZ... m’a fait beaucoup de plaisir. J’ai » lu aussi avec un vif intérêt les nos 1 et 2 de Mlles M. et L. Priez les » jeunes filles de la seconde année de bien travailler, en pensant à la » prochaine inspection ; il faut que je les trouve parfaites l’an pro- » Chain. Elles ont des rivales qui s’élèvent et grandissent ailleurs : » je ne veux pas qu’elles se laissent dépasser.» — Eh bien ! l’attente

de M. l’Inspecteur a-t-elle été trompée, les jeunes filles delà seconde année se sont-elles laissé dépasser ? J’en appelle à M. Baudouin luimême, et voici sa réponse : il assiste, en juillet 1879, à l’examen du brevet supérieur, « et il affirme que les aspirantes du Cours normal » savent mieux et répondent avec plus de précision que les élèves des » baccalauréats (sic). Il emporte à Paris, comme spécimen, une épreuve » de dessin en relief, travail d’une élève-maîtresse, pour montrer aux » Parisiennes la supériorité de leurs émules de province. » (Applaudissements).

En 1880, un autre inspecteur général, M. Brouard, visite le Cours normal, et, après avoir récompensé deux élèves qui avaient fait, sous ses yeux, des exercices littéraires, il assiste à une leçon d'histoire donnée par une autre élève, et le succès de la jeune fille est si vif qu’il en garde le souvenir jusqu’à sa rentrée à Paris, d’où il lui envoie un exemplaire de son histoire de France.

En 1881, c’est M. Carré, directeur départemental, qui vient inspecter le Cours normal, et non seulement, comme ses devanciers, il exprime sur tous les points sa satisfaction, mais il ne dissimule pas la surprise que lui causent les réponses des élèves sur une partie du programme qui était une innovation.

Enfin, tous ces témoignages allaient recevoir leur consécration dans un témoignage suprême, celui de M. Jules Ferry. ( Sensation ). — A l’Exposition universelle de 1878, les élèves du Cours normal avaient envoyé, sous forme d’albums, des spécimens d'écriture, des cartes de géographie, des tableaux historiques, des travaux à l’aiguille. Voici comment ces travaux, après avoir conquis une mention honorable, furent, le 28 avril 1880, appréciés par M. Jules Ferry: « Madame la » Directrice, le jury de l’Exposition universelle de 1878 a confirmé les » sentiments de l’opinion publique, en rendant hommage aux travaux » que vous avez bien voulu exposer dans les salles réservées à mon » Ministère. Il m’appartient cependant, Madame, de consacrer à » mon tour, par des félicitations personnelles, la part que vous avez » prise au succès éclatant de mon administration. C’est avec la plus » vive satisfaction que je remplis ce devoir de gratitude... — Le » Ministre de l’Instruction publique et des Beaux- Arts, Jules Ferry.»

Lorsque tel est le jugement porté sur le Cours normal par des ennemis déclarés de l’enseignement congréganiste, comment s’étonner qu’un homme qui l’estime et qui l’aime, M. Bernot, ancien inspecteur, ait pu affirmer que, de 1850 à 1875, les élèves du Cours normal avaient contribué à élever le niveau des examens, et qu’à chaque session elles avaient conquis les premiers rangs, non seulement par la supériorité de leur instruction, mais encore par les aptitudes pratiques qu’avait développées chez elles une remarquable préparation pédagogique. Et maintenant, n’avons-nous pas la preuve que M. le comte de Fontaine de Resbecq, ancien sous-directeur de l’Instruction publique, n’exagérait rien quand, récemment, il attestait que le Cours normal de Douai avait toujours été considéré comme l’un des meilleurs que la France possédât. (Applaudissements .)

Tel est, Messieurs, le brillant foyer de solide instruction et de saine pédagogie que, dans sa fureur laïcisatrice, l’État n’hésitait pas à éteindre, en se plaisant à constater encore, le 4 septembre 1883, par

la plume de son inspecteur d’Académie, qui leur en témoigne la plus platonique reconnaissance, « que pendant de longues années, les » Dames de Flines avaient, dans leur Cours normal, formé des insti- » tutrices instruites et dévouées. »

Mais, grâce à Dieu, cet arrêt inique ne recevra pas son exécution. Les catholiques du diocèse ont compris, en effet, que le maintien du Cours normal de Douai s’imposait à eux, non seulement comme un devoir de justice et de reconnaissance, mais comme une nécessité impérieusement commandée par le développement do nos écoles libres» le recrutement de leur personnel, les conditions nouvelles de la lutte contre les écoles officielles.

En Belgique où, en matière d’enseignement libre, nous pouvons, sans en être humiliés, chercher des modèles ( Applaudissements ), chaque diocèse possède une école normale d’institutrices, et c'est cette instruction pédagogique complète qui met les écoles catholiques en mesure de défier la concurrence de l’État. — En France, l’enseignement puise sa principale force dans les écoles normales de l’Université, tandis que l’enseignement libre ne compte pour ainsi dire aucune école pédagogique. Dans cette lacune, agrandie chaque jour par les efforts de l’État, les meilleurs esprits redoutent pour nos écoles une menace prochaine d’infériorité.

Quand donc, à côté d’un personnel enseignant dont vous pouvez apprécier maintenant le savoir et l’expérience, une école primaire composée de plus de 180 enfants offre à nos jeunes institutrices toutes les ressources d’une préparation pédagogique aussi complète que celle des écoles normales officielles, ne pas bénéficier de cette organisation exceptionnelle, ne pas utiliser ce personnel d’élite, n’eût-ce pas été commettre une faute irréparable ?

Il n’est pas besoin de dire qu’il n’entre dans la pensée de personne de disputer aux congrégations enseignantes la direction de nos écoles libres. A elles appartiendront toujours nos préférences. Mais est-il téméraire de prévoir le jour où, rendue nécessaire par un nouveau pas dans la voie de l’athéisme obligatoire, la multiplication de nos écoles libres serait entravée par l’insuffisance du personnel congréganiste ? Force serait alors de recourir à l’élément laïque. Il importe donc, sans perdre de temps, de s’assurer son concours. D’ailleurs, l’exemple de la Belgique est encore là pour attester que l’enseignement libre ne manquera pas d’offrir aux jeun-es institutrices, sorties du Cours normal, de sérieuses garanties d’avenir. Des postes de directrices d’écoles ou de coadjutrices dans nos écoles congréganistes pourront facilement leur être réservées. Que de circonstances ne se présenteront-elles pas où, soit pour susciter une concurrence profitable aux études, soit pour ôter tout prétexte à des accusations de préférences exclusives, soit pour vaincre d’injustes défiances et permettre au choix du père de famille de s’exercer avec une liberté que l’État lui reluse, il y aura utilité et convenance à confier des écoles libres à des institutrices laïques. Telle petite commune n’a pas les ressources suffisantes pour pourvoir à l’entretien de deux religieuses, et cependant, la population chrétienne confiera volontiers ses enfants à une de ces institutrices, formées au Cours normal, dont la piété rassurera la conscience des parents, sans leur inspirer aucune appréhension du côté de l’expérience et du savoir.

Sans doute, l’enseignement libre n’aura pas, pour les jeunes maîtresses, l’attrait de tous ces avantages pécuniaires que l’État prodigue à celles qui le servent. Mais, vivre en paix au milieu de sa petite famille d’adoption, peut-être à côté d'une mère ou d'une jeune sœur, disposée à partager son temps entre les travaux du ménage et le soin des petits enfants, n’avoir pas à compter avec les règlements d’une administration hautaine et tracassière, se soustraire à des exigences que la conscience désapprouve, peut-être que la foi condamne, n’est-ce pas là une perspective assez séduisante pour attirer à l’enseignement libre, fût-ce au prix de certains sacrifices, des jeunes filles chrétiennement élevées, que leur vocation appelle dans la carrière de l’enseignement, mais qui ne veulent abdiquer ni la liberté de leur conscience, ni le droit de parler de Dieu ? ( Applaudissements ). Et faudrait-il, en enlevant aux pères de famille chrétiens la ressource d’un cours normal libre et catholique, les condamner à la douloureuse nécessité de livrer à l’athéisme officiel leurs jeunes filles destinées à l’enseignement, quand, instruites par des mains aussi pieuses qu’habiles, elles pourraient trouver, soit dans des familles riches et chrétiennes, soit dans des pensionnats dirigés par des laïques sincèrement religieuses, l’emploi de leurs talents, la rémunération de leurs services, un avenir assuré ?

Et puis, n’entendez-vous pas les clameurs qui recommencent à s’élever contre ce qu’ils appellent le péril clérical >, les menaces qu’ils profèrent de nouveau contre nos congrégations enseignantes, et qui, au mois de septembre dernier, à l’inauguration d'une école laïque à la Tour-du-Pin, se formulaient ainsi :

«... L’œuvre ne sera terminée qu’alors que tous les instituteurs » seront laïques et que les derniers moines et religieuses auront été » relégués dans leurs couvents et ne seront plus des fonctionnaires » français. Ces gens ne peuvent être acceptés à former des citoyens » même dans les établissements libres. Il est du devoir de la Répu- » blique d’en finir avec les associations religieuses, et je suis prêt à » demander la suppression de toutes les congrégations de toutes cou- » leurs et de toutes robes... »

Qui tenait un pareil langage? Un des plus influents parmi nos législateurs, un futur Ministre de l’Instruction publique, M. Paul Bert1 2.

Est-elle donc bien éloignée l’époque où, reconnaissant l’inanité des entreprises poursuivies jusqu’à ce jour contre l’enseignement chrétien, la secte qui nous gouverne croira lui porter un nouveau coup, fatal cette fois, en exigeant de toute directrice d’école libre le brevet de premier ordre imposé déjà à toute directrice d’école supérieure ? Le Cours normal des Dames de Ffines ne deviendrait-il pas alors, pour les écoles catholiques, le dernier port de salut ? Et les congrégations elles-mêmes ne se verraient-elles pas contraintes d’y chercher, pour une partie de leurs membres, un refuge qui leur serait, cela va sans dire, largement ouvert ?

1. Lettre de M. Armand Rivière, député, du 16 octobre 1883. — Phare de la Loire, Gazette de France, 20 octobre 1883.

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