Cartulaire, pp. 194-206 (novembre
faveur de différentes églises, maisons religieuses et hôpitaux, à qui elle demande des suffrages après sa mort. L’ordre de Cîteaux, objet constant de ses prédilections, est représenté par son abbaye-mère, par le collège de Saint-Bernard à Paris, et par les monastères de Clairvaux, de Loos, de Clairmarais, de Vaucelles, de Cambron, de Villers, de Marquette, etc., etc. Saint-Dizier, qui avait une dotation peu considérable, reçoit un legs de deux mille livres ; Flines en obtient mille, destinées à être converties en rentes pour l’entretien du moustier, c’està-dire de l’église. Marguerite charge de l’exécution de ses dernières volontés, avec sa fille Marie, son fils Baudouin d’Avesnes et son petit-fils Jean de Flandre, assistés de plusieurs ecclésiastiques et religieux L
Par un acte séparé 1 2, la comtesse donna encore à l’abbaye de Flines sa chapelle qui contenait un grand nombre de reliques disposées dans de riches et précieux reliquaires : c’était une croix d’argent avec pied ouvragé et surmonté de quatre clochetons du même métal ; une couronne enfermant une croix d’or, avec une parcelle de la vraie croix et du sang du Sauveur ; une thèque avec le menton de sainte Agathe et l’une des épines de la Sainte-Couronne ; une autre contenant une côte de saint Nicolas et une côte de sainte Elisabeth; un reliquaire à double compartiment, qui renfermait par-dessus une parcelle de la vraie Croix, et par-dessous, avec différentes reliques, des dents de saint Pierre et de saint Paul; une châsse qui contenait une partie du chef de saint Clément ; enfin, une tablette richement ornée d’or et d’argent, avec un bas-relief représentant l’apparition du Christ à la Madeleine. Ce dernier reliquaire était un présent de saint Louis.
Marguerite, ayant pris de la sorte toutes ses dispositions, mourut à Gand, le 10 février 1280. Le 16 du même mois, on lui fit de splendides funérailles dans l’église de Flines, oü le corps fut ramené avec la pompe funèbre usitée en pareille circonstance 3. Enguerran de Créquy, évêque de Cambrai, officia pontificalement, entouré des abbés et des prélats, des princes et des nobles, qui, quelques mois plus tôt, s’étaient réunis dans ce même temple pour les joyeuses fêtes de la dédicace.