‹ Histoire de l'abbaye de FlinesChapitre 58 sur 264 · Ibid ., p. 518 (4 février · texte numérisé non relu

Ibid ., p. 518 (4 février

4. L’historien florentin Villani raconte qu’il visita peu de temps après la plaine de Mons-en-Pévèle, et qu’il y vit étendus 'de toutes parts les corps des Flamands, restés sans sépulture par ordre de Philippe le Bel. Quant aux corps des Français, ils furent, au rapport de ce même auteur, inhumés dans une abbaye qui touchait à la plaine où se donna la bataille. (Villani, Historié florentine, 1. vm, c. 57, dans Muratori, Scriptores rerum italicarum, t. vm, p. 389.) Serait-ce l’abbaye de Flines que cet auteur a voulu désigner ? En creusant les fondements d’une tour que l’abbesse Ernestine Obert bâtit vers la fin du xvme siècle en avant du grand portail de l’église, on découvrit un amas d’ossements que l’on crut provenir des victimes de la bataille de Mons-en-Pévèle. C’est du moins l’explication que donnèrent les anciennes, d’après la tradition du monastère. Sans nier que plusieurs inhumations aient pu être faites à Flines, il faut avouer cependant qu’il n’est guère probable que la masse des cadavres ait été transportée aussi loin, c’est-à-dire à une lieue ou une lieue et demie de marche. Puis Villani parle d’une abbaye tout à fait voisine de la plaine où se donna la bataille (in una badia la quale è ivi di Costa al piano dove fù la battaglia), ce qui ne peut sans forcer les expressions se rapporter à Flines. Je pense qu’il s’agit du prieuré que les Dames de Bourbourg possédaient alors à Faumont et qui était effectivement dans la situation indiquée.

D’après la chronique du franciscain anonyme de Gand ( Corpus chronicorum , t- i, p. 420), qui ne le donne que comme un bruit douteux, Guillaume de Juliers, archevêque élu de Cologne et petit-fils du comte Gui, tué dans cette bataille, aurait reçu la sépulture à l’abbaye de Flines. Si cela est, il fut inhumé en cachette par crainte du Roi et n'eut jamais de monument.

vigueur, de promptitude et d’audace, monta sur une colline d’ou il examina leur camp disposé le long de la Deûle, avec une ligne incommensurable de chariots et de fourgons qui dessinaient ses vastes contours et lui servaient de remparts. « En vérité, s’écria-t-il, je crois qu'il pleut des Flamands ! » Persuadé qu’il ne pourrait venir à bout de cette race indomptable, il résolut de ne plus courir les hasards de la guerre, et il offrit des conditions de paix satisfaisantes. Ce n’est pas le lieu de dire comment la duplicité de Philippe les écarta dans les négociations qui suivirent, ni d’exposer comment le traité d’Athies, conclu en 1305, fut aggravé par la perte de Lille, Douai et Orchies, qui passèrent sous le domaine direct du Roi de France.

Le comte Gui, toujours captif, mourut à Pontoise le 7 mars 1305, trois mois avant la conclusion de la paix. Dès que la chose fut possible, c’est-à-dire dans le courant de l’été, son corps fut ramené à Flines, où l’on célébra solennellement ses obsèques.

Robert de Béthune, qui lui rendit ce pieux devoir, n’eut pas, lui, la consolation de reposer auprès des siens. Quand il mourut, en 1322, la Flandre wallonne appartenait au Roi de France, et le petit-fils de Marguerite avait perdu les tombeaux de ses pères. On l’inhuma dans l’église Saint-Martin à Ypres. En acceptant le dépôt qu’on lui confiait à titre provisoire, le prévôt de ce monastère prit l’engagement de le rendre dans le cas où, par la suite, Douai et Lille étant restitués à la Flandre, le corps du comte pourrait être inhumé dans l’église abbatiale de Flines L

En fait, cette sépulture provisoire resta définitive : le désir qu’avait exprimé Robert de reposer à côté de sa femme Blanche de Sicile, dans la même chapelle 1 2, ne fut jamais accompli.

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