‹ Histoire de l'abbaye de FlinesChapitre 60 sur 264 · Cartulaire, pp. 512 (5 mars 1314) et 520 (octobre · texte numérisé non relu

Cartulaire, pp. 512 (5 mars 1314) et 520 (octobre

2. Ibid., pp. 595, 633, 675, 736, 749, 789, 833, 862, 877, 890.

répandues dans la campagne subissaient inévitablement lors du passage des armées b Quelquefois les gens de guerre s’établissaient dans les censes et jusque dans le pourpris du monastère; c’est-à-dire dans son enclos, dans ses dépendances extérieures. Il est facile de se figurer combien, outre la question de dépense, le voisinage de ces hôtes tumultueux était désagréable aux religieuses dont ils troublaient la pieuse retraite jusqu'à rendre presque impossible la célébration du service divin 1 2.

D'autres fois les nobles et les barons arrivaient avec des suites nombreuses de chevaux et de chiens, de varlets, de fauconniers et de braconniers, ou bien ils envoyaient leur train, leurs écuries, leurs meutes et leurs faucons vivre aux dépens des religieuses, soit à l’abbaye même, soit dans quelqu’une de ses cours ou censes. En vain le duc de Bourgogne, Philippe le Hardi, interposa sa suprême autorité 3 ; l’abus ne tarda pas à se produire de nouveau. La cense de Cantin était particulièrement exploitée et pillée de la sorte. En 1389, Gérard de Rassenghien, gouverneur de Lille, Douai et Orchies, rappela les ordres souverains, et ordonna de mener sous bonne garde dans les prisons du comte ceux qui dorénavant imposeraient aux Dames de Flines cette hospitalité plus qu’onéreuse4. Son successeur, Jean de Lannoy, dut intervenir de nouveau en 1410, pour déloger de l’abbaye une troupe de gens inconnus, qui se disaient au service du duc de Bourgogne, et qui, outre leurs chevaux, avaient avec eux cent à cent vingt chiens 5.

Nous ignorons à quels faits se rapportent deux bulles de

1. Il est fait allusion en termes généraux à de semblables pertes dans le Cartulaire , pp. 595, 596, 675, 700, 736. Plus loin, sous la date du 10 décembre 1416, nous lisons que les propriétés des Dames de Flines ont beaucoup souffert depuis trois ans « pour occasion des grans guerres et pestilences de gens d'armes, » et l’on ajoute que « mesmement puis le mois d’aoust en çà par les gens d'armes qui se sont logié, tenu et conversé environ ladite abbeye, ont esté tous leurs blefz et autres grains que elles avoient en leurs censes et maisons illec mengié, pillé et gasté. » ( Cartulaire , p. 745.) En 1487, les compagnies et gens de guerre du Roi de France enlèvent « aucunes grosses bestes et pourcheaulx d'icelle église, ? mais ce butin vivant est restitué presque aussitôt. (Ibid., p. 863).

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