Ibid., p. 741 (Il décembre
Clément VI et d’innocent VI l, qui, à la requête de l’abbesse et du couvent de Fîmes, chargent, l'abbé de Cantimpré de rétablir notre monastère dans la possession de ses biens indûment aliénés ou usurpés.
Les archives de l’abbaye offrent plusieurs traces de faits de ce genre, mais à l’état de simples prétentions ou de tentatives avortées.
Ainsi en 1287, Marie, veuve de Robert de Verliughem, qui avait épousé en secondes noces Pierre de Bauffremez, revendique à titre de douaire des biens aliénés par son premier époux : il faut remarquer qu’elle avait consenti à la vente, renoncé à ses droits et reçu pour son douaire une compensation dont elle s’était déclarée satisfaite 2. Déboutée de ses prétentions par sentence de l'official clé Reims 3 4, elle appela, sans plus de succès, au Siège apostolique l.
Une autre fois, c’est un receveur, un mandataire, qui essaie de s’attribuer la possession des biens dont il a simplement la gestion, ou qu’il a été chargé d’acquérir au nom et des deniers du monastère 5.
Il arrivait de temps en temps que l’on faisait des acquisitions par une personne interposée, qui en restait investie jusqu’à ce qu’une occasion favorable permît de les faire passer dans le domaine de l’abbaye 6. Quand cette situation n’était pas constatée par un titre, et qu’il s’agissait de personnes achetant tantôt pour leur compte, tantôt pour le monastère, il pouvait dans la suite surgir des doutes et des incertitudes. En 1323, Marie d’Aubry se prétend propriétaire d’un héritage que l’abbaye de Flines revendique à son tour comme ayant été acheté de ses deniers et pour son compte. Une sentence arbitrale trancha la difficulté. Le domaine fut adjugé au monastère, mais comme on ne put arriver à une complète évidence, la partie adverse reçut une compensation équitable. Marie d’Aubry donna sur-le-champ une partie de cette somme pour fonder son
1. Cartulaire, pp. 579 (17 juin 1343), et 627 (8 janvier 1362).