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CHAPITRE XII

ÉTAT DE l’abbaye AU XIY’' ET AU XVe SIÈCLE. — DÉCADENCE DE L’ORDRE DE CITEAUX. — LA COMMUNE OBSERVANCE I SES ORIGINES, SON DÉ- VELOPPEMENT, SA CONSTITUTION DÉFINITIVE.

Après avoir considéré l’abbaye de Flines sous tous ses aspects extérieurs, il est temps de retourner dans le cloître, d’étudier sa vie intime, d’en suivre le développement et les diverses phases.

Nous savons peu de chose à cet égard depuis la fin du XIIIe siècle jusque vers l’année 1500. De courtes chroniques enregistrent les noms des abbesses avec la date de leur entrée en fonction et celle de leur mort : elles mentionnent les constructions élevées sous chaque prélature, et, quand il y a des vertus exceptionnelles à mentionner, elles ajoutent à cette sèche énumération quelques mots d’éloge h Au XVe siècle, alors que le relâchement a tout envahi, Flines possède encore de dignes abbesses. On cite spécialement Catherine de Saint- Génois, qui renonça volontairement à sa charge après avoir gouverné sagement et pieusement l’abbaye pendant quarantequatre ans (1438-1482) ; Marie du Gardin, qui marcha sur ses traces, et comme elle déposa la crosse abbatiale (1482-1496) ; Marie Waye (1496-1507), sous laquelle fut inaugurée une réforme heureusement poursuivie par les grandes abbesses Jeanne de Boubais et Jacqueline de Lalaing.

Avant ce nouveau et plus vif essor de la vie religieuse, l’observance s’était quelque peu relâchée. Dès le XIVe siècle, l’esprit de propriété s’insinue à Flines 1 2 et dans tout l’ordre de Cîteaux. Cependant, le chapitre général ne cesse de protester

1 . La plus ancienne de ces chroniques a été publiée dans le Cartulaire, pp. 923-929.

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