Cartulaire, p
l’église, et que la tâche de chacune sera déterminée par les supérieures. Les travaux de fantaisie sont défendus.
La vanité, le luxe des habits et de la parure, seraient particulièrement déplacés chez les vierges de Jésus-Christ. Les visiteurs ordonnent que les voiles, couvre-chefs et guimpes des religieuses, seront de simple toile, selon l’usage ancien de la maison, et non d’étoffes plus fines. Ils veulent que les vêtements, les ceintures, les livres, soient selon la simplicité et « purité >> de l’ordre ; qu’on n’y voie ni or, ni argent, rien en un mot qui ressente « la vanité, la superfluité, ou la curiosité. »
Les sœurs converses seront vêtues de drap brun ordinaire 1 et qui ne soit pas de grand prix, « ainsi que par plusieurs fois l’a ordonné, désiré et remontré en chapitre révérend père monsieur de Clairvaux. »
Il paraît que la chose n’était pas sans difficulté, puisque le premier chef et supérieur du monastère dut réitérer plusieurs fois ses admonitions, restées infructueuses.
La couleur brune et la bure grossière des anciens temps ne plaisaient pas : on préférait la couleur noire et une étoffe plus fine. Il fallut par la suite adopter ce changement, qui est devenu général dans les abbayes de religieuses. Les articles de 1506 le x’epoussent encore d’une manière absolue : si une sœur converse refuse d’obtempérer à leurs prescriptions, elle sera exclue du monastère et envoyée dans un autre « lieu de réformation, » où le pater n’aura point pouvoir de l’absoudre, « ni de lui bailler Corpus Domini, » jusqu’à ce qu’elle ait pris le vêtement brun, et qu’elle soit décidée à le porter toujours.
Après quelques recommandations relatives au devoir de l’hospitalité, à l’admission des prêtres et des religieux étrangers pour remplir les fonctions du saint ministère, à l’obligation de maintenir fermement la discipline, à la nomination et révocation des chapelains et des serviteurs, aux affaires importantes pour lesquelles on doit prendre conseil, les commissaires ordonnent à l’abbesse et aux présidentes de faire lire ce décret publiquement une fois chaque mois, afin que personne ne puisse prétexter son ignorance.
1. La couleur brune ou tannée était alors celle du vêtement des convers et des converses dans l'ordre de Citeaux. Dans les monastères d’hommes, les convers, aujourd’hui encore, sont vêtus de brun.
Tel est en substance cet acte qui fait époque dans l’histoire de Flines et qui jette un jour intéressant sur l’état de l’abbaye au commencement du XVIe siècle.
L’abbé de Clairvaux fut heureux de voir introduite en son « très-dévot monastère des Dames de l’Honneur de la Vierge Marie de Flines, » la réforme à laquelle depuis longtemps il avait, dit-il, « grande affection et désir. » Par ses lettres du 10 janvier 1507 ', il approuve les susdits règlements, et en ordonne la fidèle observation, sous peine de censures de l’ordre.
Afin d’établir plus solidement la réforme, Jean Foucault permet à ses filles d’accroître leur nombre à proportion des ressources, d’appeler à Flines quelques religieuses des abbayes où l’observance est en pleine vigueur, et d’envoyer dans ces maisons quelques sujets pour y apprendre les usages et la manière de vivre des monastères en clôture.
Ce pieux et fraternel échange eut lieu avec l’abbaye de Wauthier-Braine, située près de Nizelles et en conséquence bien connue de l’un des commissaires, peut-être même placée sous sa direction. Comme nous l’avons vu, l’exacte observance fut introduite à Wauthier-Braine dans la seconde moitié du XVe siècle par les soins de Jean Eustache, abbé de Moulins et un moment aussi abbé de Nizelles. On cite comme instrument principal de cette réforme Elisabeth Baëten, depuis abbesse de Yau-le-Duc, où elle mourut en odeur de sainteté A Grâce aux efforts combinés de ces deux réformateurs, la maison de Wauthier-Braine redevint ce qu’elle était au XIII'1 2 3 siècle, d’après le témoignage de Thomas de Cantimpré 3, « la nourrice des saintes vertus et la demeure de la piété parfaite. » Flines allait maintenant se retremper à cette source pure.
A son tour, le chapitre général réuni à Cîteaux, le 22 mai 1507, approuva « la saincte et salutaire réformation et closure » introduite « au dévot et solennel monastère de l’Honneur de Notre-Dame, autrement Flines, » parles commissaires de l’abbé de Clairvaux, et « par les religieuses, abbesse et couvent dudit lieu voluntairement et dévotement acceptée. » Il ordonna que