‹ Histoire de l'abbaye de MorimondChapitre 40 sur 55 · PIÈCES JUSTIFICATIVES · texte numérisé non relu

PIÈCES JUSTIFICATIVES

Page Tin. — Au milieu de ce vieux Bassigny, etc.

Le pagus Bassigniacus , Bassigniacensis , Bassigneius,m des plus anciens et des principaux pa<7/ gallo-romains de la province de Langres, comprenait, diaprés toutes les rechenhcs que nous avons faites , Textrémité la plus méridionale de la province dos Leiici, jusqu'au-delà de Novimagus, puis la pointe nord-ouest de la province des Sequani, tout le pays entre VArarei Aquce-Borvonis (Bourbonne-les-Bains). Il s'étendait au sud par-delà Pdra-Fieta (Pierre-Faite), jusqu^auxfkontières du pays d^Attouar. 11 était borné à Touest par le Langrois proprement dit, au nord par le pagua Ommsis (pays d'Omois).

Dans rëtat aetnel delà contrée, Toici quelles devaient être les limites de Tancien Bassigay g.illo-romain : La Marche et NeufchàLcau (Vosges), Saint-Blin, Andelot, Chaumoiit, la Marne jusqu'à Ilolampont, NcuillyrEvê(|ue, Hortes, Pierre-Faite, la Saône et Bourbonnc. Le l)assin de la source de la Meuse formait le centre de ce pa^ti^, ayant pour principale place ;ifosa (oppidum ad Mosam; Meuse, selon Samson; Meuvy, selon Delisle et dom Martin). 11 était traversé (i) en grande partie parla levée de Langres à Tool, avec les stations suivantes : Afidemanlunnim, Mosa, Novimagus, SeUmariaca, TuUio (Itinéraires romains d*Antonin et Peuttinger).

Quelques auteurs pensent que le pagus Bassigniacensis fut érigé en (1) il est cartaia que la voie romaine traversait le village de Meuvy.

comté vers Tan 760, par Pépin, en même temps que Langres, Bologne, | Re^neL et Tonnerre; mais nous n'avons rien découvert de positif, au moins en oe <iui concerne cette contrée , avant Louis-le-Débonnaire, qui, d'après le P. Yignier, aurait institué un comté du Bassigny. TouteSns, ce n'est qu'en 937 que commence la série des comtes du Bassigny : il est alors fait mention de Hugues, comte du Bassigny et de Bologne, avec Gertrude son épouse et Gotzclin son fils. Cet Hup^ies eut pour successeur et héritier Hugues de Laon [Landunpn.^is]^ snudie, à ce que Von croit assez généralement , des seigneurs de Clémont , qui , depuis le XI* siècle , ont pris constamment le titre de comtes ou de vicomtes et même quelquefois celui de princes du Bassigny, comme dans la charte de fondaUon de ClairUeu (1151}.

Il parait certain que, à une époque très-reculée, et quMl nous a été impossible de préciser, le Bassigny aurait été démembré, ainsi que la province de Langres. Quelques-uns font remonter ce démembrement jusqu'à Vespasien, qui aurait voulu par là affaiblir les forces et les ressources des Lingons, et les punir en même temps d'avoir fourni des armes et des hommes à leur compatriote Julius Sabinus , qui aspirait au titre de César; d'autres, jusqu'à Constance-Chlore, qui, pour repeupler la provmce de Langres, ravagée et déserte à la suite de l'invasion germaine de Tan 301 et du terrible combat de Peigney-sous-Langres, au* rait abandonné aux Leud ei aux Sequani la partie êBt du pagua Bosn* gniacus pour la cultiver, pendant qu'il envoyait des colonies de Faisons, de Bataves et même d'Ambarres (selon plusieurs) entre la Marne et l'Aube, et de Francs attuariens dans les champs des Tiicassiens cl des Lingons, près de la Seine et de la Bèze {prope Seqimnam et Besuam). Enfin , quelques-uns prétendeut que ce démembrement ne fut eirectué que sous Pépin -le -Bref, au moment où il rempla^ les titres de ducs et de patrices par ceux de comtes; or, comme il y eut beaucoup plus de comtes, il fàllut modifier les anciennes circonscriptions, et c^est ce qui aurait eu lieu pour le Bassigny. Quoi qu'il en soit, la partie de oe pagw qui confinait aux Sequani ftit annexée plus tard au comté de ^om gûgne; celle qui se trouvait dans le voisinage des Leuei fût partagée entre le duché de Lorraine et le comté de Bar. Cette dernière portion du Bassigny conserva toujours son nom primitif, et il y eut ainsi deux Bassigny, l'un lorrain et bariois (comté de Bar), l'autre langrois et plus tai d champenois.

Ce fut au centre de ce vieux po^fus que l'on bâtit Morimond, comme

Bèie Tavait été au milieu du pays d'Âttouar, Pothières de LassotSt Saint- Jean-de^Réome duTonnerrois, Glairvauz du Bamis, etc. Le comté du Bassigny, au milieu du XIII* siècle, ayant été conquis

par les princes de la maison de Champagne, fut transformé en un vaste bailliage ayant pour siège Gbaumont, qui se trouva incorporé de la sorte au Bassigny et en devint la capitale. C'est dans la charte de Robert-de- Torote, évêque de Langres en 1236, en faveur du Val-des-Ecoliers, qu'on lit pour la premièie fois CakwnoaUm in Bastigneia , etc. Flous ne donnons ici qu*une analyse rapide de ce que nous avons découvert dans le Chartrier de Morimond« les savants Recueils de M. Bfaihieu à révêchë de Langres , dans les Mémoires historiques de Baugier, les ouvrages de Moissant et de Pithou sur la Champagne, la Chronique du P. Vip^nier, les Archives de la Hiiute-Mame, la Chronique de Bèze et de Saint-Bénigne , et surtout la Charte de Charles-le-Gros (887), confirmant les donations ilûtes à TégUse Saint-Blammès.

Page uxix. — N'ayons-nous pas déjà des écoles supérieures, etc.

Nous ne confondons point avec les établissements que nous avon^ cités récole agricole et professionnelle de Plongerot , près de Rochetaillée (Haut&-llame), fondée récemment sous les auspices du clergé de Langres, et avec le concours des hommes les plus honorables du pays. Si cette école triomphe , comme nous Tespërons , des difficultés qui assiègent ton jours le berceau des institutions de ce genre , elle rendra les plus éminents services à la contrée.

Page 1. — L*Eglise de Langres» fondée par S. Bénigne,

disciple de S. Polycarpe, etc.

Nous croyons avoir étudié d'une manière consciencieuse la doolile question de la mission ét du martyre de S. Bénigne, et nous somme^ forcé d*avouer qu*fl n'est, au moins à notre connaissance, aucim mo-

nnineiit historique opposé à la croyance oommune, qui fiiit remonter ju8qu*à S. Polycarpe Ja mission de Tapôtre de la Bourgogne et son martyre jusqu*à Maro-Aurèle. Nous dirons plus , c^est que les auteurs

ecclésiastiques , dans leur ensemble , nous ont paru favorables à cette croyance et à notre liturgie. Les limites, la nature el le Imi de notre ouvrage ne nous permettent pas d'entrer dans de longs détails , et nos lecteurs voudront bien nous pardonner cette rapide digression. Nous regrettons de ne pouvoir partager, seulement en ce qui concerne S. Bénigne, ropinlon de Tauteur des Origines Dijonnaiies, dont le livre est d'ailleurs si remarquable.

Mission de saint Bénigne,

Le texte primitif des Actes de S. Bénigne a-t-il jamais existé? Personne ne Ta contesté sérieusement.

Peut-on dire que ï Histoire de la passion de S, Bénigne, remise à $« Grégoire de Langres par des pèlerins qui revenaient dltalie (4), con* tenait ce texte primtif ? Rien nWpèclie de le croire, d*autant plus que le saint évèque la reçut, d'après Gr^oire de Tours, sans observation et comme un récit authentique ; passionis ejus historiam adlatam beatut confessor accepit (l. 1, Z)é Glor. Martyr,, c. 51 ).

Ce texte primitif existe-t-il encui e (|uelque part? L'opinion la plus probable, c'est que nous n'en avons que des versions plusou moins anciennes, plus ou moins respectables. On ne saurait dire que ces versions , malgré les altérations qu'elles ont àù. subir, soient complètement ISetusses; et c^est cequi a été reconnu par ceux*]à mêmes qui les ont le plus contestées, disent les auteurs de la GaUia ChHst,: « Sed iUa in omnibus errare, nuUus eortm asseruit » (t. 4, p. 316 ]. Or, il est admis en bonne critique que, lorsque des auteurs d'opinions, de pays et de temps divers ont écrit Thistoire d'un liomme ou d'un ]»eiiple , les faits sur lesquels le plus grand nombre et les plus dignes di.^ foi s'accordent doivent ètn^ regardés comme vrais ; car il faut supposer que cette concordance provient soit de la tradition, soit d'écrits ou de monuments qui peuvent ne plus exister, et sans lesquels cependant elle demeurerait inexplicable (Fyot, Hist. de S. Etienne; IHssart. htst., p. 11). 11 s^agit donc, ea

(1) C'est ainsi que traduisent Mabillon, Tillemoat, doni Pitra, etc.; on sait avec quel soin Borne conservait dès lors les actes des mart^.

Tabsence da titie original, primigenius , de rechercher ceux qui, par leur antiquité , s'en rapprochent le plus.

CoDcordance des principaux et des plus anciens Martyrologes.

On ne niera pas que les Martyrologes pi iiuiiifs ne sokuiI des pièces trèsimportantes à consulter sur cette question. L'un des plus anciens qui se présentent à nous est celui de Bède, dcrivain du 8* siècle, qui fait assez généralement autorité en histoire. Eh bien ! ouvrez son Martyrologe et vous y lira : Cal. nov,, msUA. sancti Benigni, presbyteri, qui misms est a sando Polyeaigfo ab OHente m GMam» Rabaa^ dans le même siècle; Adon y Usnard et Notker, au 9*; après eux, le Iflartyrologé romain et le Maiiyrotoge gallican de du Saussay expriment la même croyance. Nous pouvons donc répéter, avec le savant Ruinart : Benignum et Andochium, prœsbyteros , a B. Polycarpo missos fuisse tradunt vetera Martijrologia, etc.; et, avec les Bénédictins de la Gallia Christ, : Aniiquwra Martyrol. (t. 4, p. 316, Acta prim, martyr, sincer., p. 69, in Acta S. Symph.).

On nous objecte (Orig, Dijon., p. 213) le silence du Martyrologe de Bavenne , Tun des plus anciens*

Que veut-on conclure de là? que S. Bénigne n*a pas été envoyé par S. Poly carpe, et cela, parce qu^il se trouve un ou deux Blartyrologesoù cette mission ne sera pas consignée? Biais, si on pouvait légitimement déduire cette conséquence , il s'ensuivrait aussi qu'il n'a point eu de mission postérieure, et que son a])o^tulat est une iable, ou (]u il n'a eu lieu qu'après la rédaction de ces Martvruloges. Or, personne n'admettra ces conséquences, pas même l'auteur des Origines Dijonnaises ; car ce dernier ne nie pas Tapostolat de S. Bénigne, qui, selon lui, faisait partie de la grande mission romaine de Tan 250^ et il conviendra bien que les Martyrologes dont il s'agit ont été rédigés après cette époque; on pourrait, au besoin, le prouver, même pour celui de Ravenne, le plus ancien de tous, puisqu'il y est fait mention de S. Rcmi.

Nous ferons observer que cette objection et toutes les conséquences que Ton prétend en tirer à l'égard de S. Bénigne pounaient aussi ?^'appliquer h un grand nombre d'autres saints , et spécialement à S. Pothin et à S. Irénée; car, dans le Martyrologe de Ravenne (1) et dansquelques-

(1) Vêtus Bomanum martyr., dictum de Ravennis, opéra et ttudio Berib, Jterweidireeentit, (Bibliolh. Maxim. PaUimit t. iS).

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uns de ceux rapftortés par D; Martemie, il n^est pas plus question des

saints lyonnais ijuc de Tapôtrc de la Bourgogne ; cependant la mission de ces saints est un fait l1i^lo^ique incontestable, reconnu de ceux-là mêmes n'adoptent pas uoti'e opinion sur la mission de S. Bénigne.

On ne peut nier que les écrivains qui ont apporté le plus de bonne

foi ou de critique dam les questions agiographiques ne soient :

i* Mombritius, dans son Sanctuarium (1479, t. 1, p. 294). Or, S. Bénigne y répond à Tempereur qu'il est venu d'Orient avec ses compagnons, envoyé par S. Polycarpe; a S, Polycarpo missi, etc.

^ Petrus de Matalibus, dont Touvrage (Catalogus sanct, et gestor., ex divers* voUm, eoUedue , 1499) est cité avec éloge par rauteur des Origines (p. id) et comme ikToraUe à Topinion qu*il soutient; nous y lisons : Benignus pressbyter, cum Ando^nio prœsbytero et Tkgrso diaeono a sancto episcopo Policarpo, Joannis Evangel. discipulo, adprœdicatuium in Galliuin missus est (1. 10, c. 3).

S"" Surius (16' siècle) : Sanctus Benignus respondit Âurelio imper : Âb oriente venimus ego et frottes mei, a sancto Polycarpo nUssi {Acta et Pose, S. Benig. martyr., U 6, novembr.).

A*" Baronius (fin du 16* siècle) : /n ardiquis tabuUs ecdesiastids mômoriœ proditur Andw^Uum prœsbyterum , Thyrsum diaeonum, ejusdem Polycarpi discipulos , ab ipso in GalUas missos (Anna/., ad aim. 169, nura. 20).

5° Ruinait (17^ siècle). Quoique ce savant agiographe n'ait pas reproduit les Actes de S. Bénigne, cependant, dans ceux de S. Symphorien, il suppose la réalité de la mission que nous défendons {Aeta prtm. martyr, sincera et sdect», pp. 68 et 69)*

6* Les Bénédictins de la Gall. Christ, (t. 4, p. 316, 1728) reconnaissent que S. Bénigne a été envoyé par S. Polycarpe en même temps que S. Andoche et S. Thyrsc, tout en avouant que les Actes (|ui nous restent de S. Bénigne ne sont pas, pour le reste, à Tabri de tout reproche.

Objection, — Les Actes primitife de S. Bénigne ne parlaient certainement ni de S. Polycarpe, ni d*une mission quiconque, puisque S. Croire de {Tours, qui devait incontestablement les connaître, n^en dit pas le moindre mot dans son livre De Ghria Martyrum {Ùrig. Vijon., p. 214).

Accord des agiographes les plus dignes de foi.

Le sUence de Grégoire de Tours sur la mission de S. Bénigne pai* S. Polycaq)e n'est point une preuve qu'il n'en était pas question dans ses Actes primitifs. Il suffit , en effet, de jeter un coup-d'œil attentif sur le livre De Gloria Martyr, pour se convaincre que le but de Tauteiir n'était point d'écrire la vie des saints dont il parle et de dire tout ce qu'il en savait; il voulait seulement raconter les iàits merveilleux par lesquels il avait plu à Dieu de manifester leur sainteté et de les glorifier aux yeux des hommes. Aussi se contente-i-il généralement de mentionner quelques circonstances de la Tie ou de la mort de chacun d'eux* et il entre de suite dans le détail de leurs miracles. Donc Tobjection que Ton tire de son silence âui la mission de S. Bénigne n'a aucune solidité.

2* Objerti<m. ~ Les historiens ecclésiastiques et profanes d'Orient (p. 2t4 ) ne font aucune mention d'un fait aussi considérable que la mission de S. Bénigne.

L'omission d*un fait même important par les historiens d'un pays estelle une raison suffisante pour le r^eter absolument? Ce peut être un préjugé contre ce fait, mais non un motif de le nier, surtout si d'autres fiiits, omis par les mêmes historiens, sont cependant incontestables. Or, c'est ce qui a lieu ici , puisque ces mêmes historiens fçardent le même silence sur la mission de S. liénée par S. Polycarpe; et cependaiil celle mission est attestée formellement par Grégoire de Tours [HisL, i , c. 27) et par tous les autres écrivains ecclésiastiques d'Occident. Quant au silence des tiistoriens profanes , nous ajouterons une observation décisive : le fait de la mission de S. i^nigne, qui nous paraît aujourd'hui considérable par ses immenses résultats, pouvait bien, à la fin du 2* sièdo, ne sembler qu'un foit très-minime , à raison du mépris avec lequel on traitait la religion nouvelle; ce devait être même un foit obscur f parce que chez les premiers chrétiens beaucoup de choses même graves se passaient tiaiia le bccrei et daus 1 ombre, à cause des persécutions.

3* Objection. — Etat du christianisme dans les Gaules au 3* siècle. — On nous dit ( p. 219) que les Gaules étaient encore généralement païennes au 3<> siècle ; que Ton ne peut donc placer la mission de S. Bénigne à la fin du 2* siècle , parce qu'il fondrait reconnaître qu'elle n*a pas produit de fruits.

Nous répondons que, de ce qu'il y aurait eu très-peu de chrétiens dans les (^aulcà au siècle, il s'ensuivrait seulement qu'il y avait

ea très-peu de conTersiolis, ou que les nouveaux convertis avaient succombé dans les persécutions, ou encore «ju^ib n'osaient se montrer, ce qui arrivait souvent alors ; mais on ne peut en conclure que des hommes aposloli(iuos n'ont pas prêché l Evangile dans plusu^urs contrées des Gaules antérieurement au 3* siècle, ni que S. Bénigne n'a pas été envoyé par S. Polycarpe.

Témoignage des Légendaires.

Les principaux légendaires qui ont parlé de S. Bénigne sont Varnahaire, au 7* siècle ; rtiulcur de la légende de la Chronique de S. i3énigne (t. 2, Spicileg, d'Achéry, p. 354) ; enfin , le coinpilifeur des Legendœ Sanctorum (Bibiioth. de Dijon, Ms. in-fol.), que nous avons parcourues. Les autres légendaires n'ont fait que reproduire ou amplifier le récit de ces auteurs. Sans doute, il y a des anachronismes^des transpositions de faits, des altérations, des variantes dans ces légendes; mais elles s'accordent toutes trois sur un point : la mission de S. Bénigne par S. Polycarpe. Dans les deux dernières , S. hénée apparaît à S. Polycarpe, qui envoie S. Bénigne aux églises ^désolées des Gaules. Varnahaire , il est vrai , fait S. Polycarpe évéque d'Ephèse ; mais , soit que cette méprise vienne de lui ou des copistes, ou de Tinjure du temps, il n'en reste pas moins vrai que^ dans la tradition, les titra» anciens et les monuments, le nom de S. Bénigne se' trouvait lié d'une manière si intime et si générale à celui de S. Polycarpe, que les lé> gendaires les moins scrupuleux n'ont pas cru pouvoir les séparer.

L'auteur des Origines maltraite rudement le prêtre Varnaliaire, le qualiûantde faussaire, d'audacieux falsificateur (p. 228), etc. Il l'accuse d'avoir emprunté aux églises d'Orient les Actes des trois Jumeaux, et de les avoir appropriés, en les interpolant, à l'église de Langres,

Nous ne voyons pas pourquoi on accuse Vamahaire d'avoir pris pour son pays des saints de Gappadoce, plutôt (|uc les Cappadodens de s'être donné des saints de Langres. 11 n'est pas possible que les premiers puissent alléguer en leur faveur une tradition aussi ancienne et aussi constante, un souvenir local aussi primitif que celui qui se révèle par le monument de la crypte de l'église deS.-Geôme (S. GemeWorum), remontant jusqu'au 3* siècle (Hi^L des év, deLang., p.t ,1844), et qui renfermait les tombeaux des saints Jumeaux avec leurs restes mortels. Si ces corps avaient été transportés de TOrlent à Langres, cela n'aurait pu se fiUre qu'après

les penéciilioiis, du 4* au 6* siècle; alors pourquoi les a-t-on oifouls dans un soutmain t Cette translation a dû être publique, solennelle ;

coniinent la tradition qu'ils avaient été martyrisés à Langi-es a-t-elle pu s'établir peu de temps après? S'il en était ainsi, dit le docte Mangin dans soo Histoire ccclésiast. de Langres, il faudrait regarder comme fabuleux tout ce que Vcn assure s'être pctssé dans les premiers temps du diristianisme (t. 1, p. 8Mf).

Mais, nous dira-t-on, comment expliquer Tinsertion des Actes des Jumeaux dans les Martyrologes orientaux? Nous répondrons qu*il ne peut y avoir de difHcolté à ce sujet pour quiconque a étudié rhistoire ecclésiastique. On sait qu'une uniuu Irès-inlime exisldil entre les églises-mères et les filles qu'elles avaient fondées ; c'était l'usage que ces dernières envoyasseut à leurs mères la relation des faits importants qui se passaient chez elles, mais surtout les Actes des martyrs. De môme que les églises de Vienne et de Lyon envoyèrent à celles d'Asie et de Phrygie la relation du martyre de S. Pothin et de ses compagnons, il est probable queTéglise de langres envoya à celle de Smyrneles actes de S. Bâiigne et des saints Jumeaux, qui, de cette façon, peuvent se rencontrer dans les Menées d^Orient.

Ou Varnahaire a inventé la légende des saints Jumeaux , qu'il dit avoir été disciples de S. Bénigne et martyrisés à Laugres; alors, s'il a été assez audacieux pour l'inventer, comment a-t-il été assez heureux pour la faire adopter comme véritable par S. Céraune, évêque de Paris, et par toute Téglise de Langres? Ou bien il n'a fait que suivre la tradition et copier fidèlement les actes existants , même avec les anacbronismes qui s*y étaient glissés; et alors pourquoi l'appeler faussaire et falsificateur? (i)

Tradition.

Outre toutes ces preuves, qui nous paraissent suffisantes pour motiver l'assentiment de tout bonmie exempt d'esprit de prévention et de sys* tème, nous avons encore la tradition des églises d'Autun, de Langres et de Viviers. Mais, nous dira-t-on, la tradition n*est une raison certaine

(1) Voir l'ouvrage de Gharlet, doyen de Grancey et prieur d*Ahuy, Sia^ les saints Jumeaux et leurs reliques (bibliothèque de Langres } ; livre savant, sans lequel il n'est guère possible d'étudier à fond cette grave question.

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de juger qu*antaiit qu'elle remonte, par un nombre suffisant de lignes

traditionnelles, jusqu'au fait lui-même , or, on prouve qu'elle a été interrompue à Dijon ; que le tombeau et même le nom de S. Bénigne n'y étaient plus connus veris l'an 500. Nous répondrons :

C'est à tort que Ton suppose que S. Bénigne, dans son apparition à S. Grégoire de Langres, lui révèle, selon Grégoire de Tours, son nom inconnu jusqu'alors; il n'en est point ainsi; Toici les expressions de Grégoire de Tours (1. t, Ite GUtr. Martyr,, c. 31) : Qutd agi»? Nonsohm àespicis, aenm etiam hofiùrimte$ me ^pemis ? Ne fadas, quœso, seâ tegmen super me veheius preepara. Il ne prononce pas son nom, ce qu'il aurait fait si S. Grégoire l'eût ignoré.

Mais est-il vrai que S. Bénigne était oublié depuis longtemps à Dijon, à l'époque où S. Grégoire fut instruit du lieu de son tombeau? (p. 223, Oriy. Dijon.)

Une circonstance mentionnée dans le récit de Grégoire de Tours prouve le contraire : nous voulons parler du culte que les paysans rendaient à S. Bénigne sur son tombeau ; ils venaient y fiûre des voeux et étaient promptement exaucés; nistteî vota tttî&t dissoîvebant , etc. L'auteur des Ori^tfie«ne rend pas fidèlement le mot rustici; il s'agit « selon lui, seulement de quelques paysans (p. 223). Assurément, cette expression a un sens plus étendu, et désigne la généralité des paysans. Donc, avant la reconnaissance du luinbcau de S. Bénigne, il y avait une tradition populaire concernant ce saint apôtre; donc sa mémoire n'était pas tombée dans l'oubli à Dijon. Les dévotions de ces paysans paraissent sans doute bien méprisables à nos savants : ils croient les flétrir par Tépithète à*anonffmes; mais elles n'en sont pas moins significatives, d'autant plus que la tradition est le livre des campagnards, qui souvent n'en ont point d'autres.

On se fonde sur l'ignorance de S. Grégoire de Lanirres et d'un grand nombre de ses contemporains, et même sur rincrédulité de ce saint évêque relativement au tombeau de S. Bénigne, pour soutenir que ce dernier était entièrement oublié à Dijon.

Or, si nous examinons attentivement le récit de S. Grégoire de Tours, nous constaterons que ce qu'ignorait son bisaïeul, c'était seulement le lieu précis de la sépulture et la nature du tombeau qui renfermait le corps de S. Bénigne. Qui contestera que les invasions des barbares, qui , dans le 5° siècle surtout , avaient ravagé nos contrées,

dispersé les populations, détruit les nioniimenls, n'aient pu jeter de rincertitude, produire quelqu'obscurcissement sur ces deux points?

Biais conclure, de ce que S. Grégoire et d'autres contemporains ne connaissaient pas d'une manière certaine le lieu précis de la sépulture de S. Bénigne, quœ ab aniiquiis diruta erol {De Cior, JUart/gr,, 51), que la mémoire de S. Bénigne était complètement perdue à Dijon, que toutes les traditions le concernant étaient effooées , c*est aller contre les règles d'une saine logique.

Nous concluons : Donc, non-seuleraeut on ne trouve rien dans Tensemble. dos Martyrologes, des agiographes, des légendaires et dans la tradition qui soit opposé à la croyance commune et à la liturgie qui attribuent la mission de S. Bénigne à S. Polycarpe, mais encore on peut dire qu'ils sont généralement favorables à cette opinion.

Marlyre dâ saitU Bénigne.

On nous fait observer qu'il existe quatre époques entre lesquelles

flotte, pendant un siècle, le martyre de saint Bénigne : Héliogabale, Caracalla, Marc-Aurèle, Aurélien. Ce ne peut être, dit-on, THéliogabaie de la Chronique de Saint- Bénigne; ni Caracalla, lils de Septime-Sévère, proposé par Varnahaire ; il ne s'agit pas également de liarc^Aurèle (version de Surius et de fiaionius, etc.).

Pour prouver cette dernière assertion, l'auteur des Originei prétend s'appuyer sur les Martyrologes (p. 190). Or, nous n'en connaissons aucun où Aurélien soit désigné. Le Martyrologe romain place la mort de saint Bénigne sous Harc-Aurèle; le Martyrologe gallican sous Aurèle. Dans ceux de Bède (l), d'Adon, J L iiua.id, il ii cbt pas» fait mention de l'empereur sous lequel saint Bénigne aurait été martyrisé.

Il est vrai que, dans quelques versions des Ac tes de saint iienigne, dans Petrus de Natalibus et dans Mombriiius, Aurélien est cité comme l'auteur de son martyre; mais, ces agiographes attribuant sa missi<m à saint Polycarpe, alors leur témoignage se détruit par lui-même, ou, si on veut qu'il ait une valeur historique, il but nécessairement trouver le moyen de rapporter le nom à^Atar^ianus à quelqu'autre empereur ; or, c'est ce qu'il est permis de fiiire, car Aurdiam» conirîdéré

(1) OËuvres complèt. du V\ Bède; Cologiie, 1616.

isolément ne désigne pas toujours, dans les vieux manuscrits, un personnage ou un empereur bien déterminé. Ainsi, Aurelianus est souvent pris pour Aurelius^ comme Fabianus pour Fabius, Valerianus pour Valerius, Severianus pour Severius, etc. Et Ruinart, que Tauteur des

Origines regarde avec raison comme m critiqué savmU et judideur, dit, dans les Actes de saint Syniplioricn, qu'il pounaiL le prouver par plus de six cents ex<^mples; quod sex cenits exempUs probare factUimum esset (Act. prim. Martyr, sincer., admoniL in Act Symph., p. 6S). C*est à nos adversaires à démontrer que, dans quelques-uns des Actes de saint Bénigne et dans quelques monuments le concernant, comme le MinaU lingonmse du XV* siècle, Tinscription de la porte occidentale de régUse Saint-Bénigne, le mot Aurdianus ne peut s'appliquer à Marc-Aurèle, mais bien au véitable Aurélien, successeur de €laude 11.

On nous répliquera que, dans les Lcgendœ Sanctorum déjà citées, IMurelianus auteur du martyre de saiiil Bénigne est donné comme le successeur de Claude-le-Gothique et Tadversaire de Tetricus, Mais ici Fauteur des Origines est en contradiction avec lui-même; car, d^un côté il reproche à cette légende l*abus et la répétition du merveiUeux, des tirades déolatnatoire8,de8 Ucenest duromhgiques; d^un autre il Tondrait appuyer son opinion sur cette chronologie (p. 192).

Mais, dit -on, Marc-Aurèle n'a jamais mis le pied dans les Goûtes { p. 27 ) ; donc ce n^est pas lui , mais Aurélien qui a tsAt martyriser saint Bénigne. La ncLîative est très -nette et très-posilive : elle doit être appuyée sur des preuves sans réplique ; or, toutes ces preuves se réduisent à celle-ci : Les ancirm hiatortens ne font point mention d'un voyage de MarC'Au/rèle dans nos contrées.

Cette preuve n^aurait toute la force qu'on lui suppose qu*autant qu*il serait certain que toutes les contrées, sans exception, oiî Marc-Aurèle aurait paru dans le cours de ses expéditions, seraient mentionnées dans ces historiens; mais a-t-on cette certitude? Ainsi , c*est à Foccasion de Tune de ses expéditions contre les Marcomans que l'on croit que Marc- Aurèle aurait pasié pui bijuu, soil en allant, soilcn revenant. Or, voici ce que le savant Crevier, dont personne ne récusera le témoignage, remar ]iie au sujet de la première époque de cette guerre : « Nous ne pouvons publier aucun détail sur ce que les deux empereurs Marc-Aurèle et Lucius Verus y firent , tant nos Mémoires sont mutilés , impar- Hiits, sans ordre, sans date, remplis d'obscurités et de transpositions de Ikits; il n'est donc pas possible d'en donner une histoire suivie et dé-

taillée, mais seulement une idée générale avec quelques-unes des circonstances les plus importantes. »

Quant à la deuxième époque, il dit qu'il devrait avoir beaucoup de faits à racooter, mais qu'il n'en trouve que deux un peu circonstanciés».* Sur la troisième époque Y il s'exprime ainsi : «Nous sommes peu instruits du détail des exploits de Marc-Aurèle; nous savons seulement que les choses réussissaient au gré de ses vœux » (Hist, des Empereurs, i. 4,in-4°, pp. 409, 4i0, 412). Son vfîyaije dans les fiaules ne pourraitil pas être du nombre de ces événements dont rhistoire ne nous a pas conserve le souvenir?

Mais est-il bien vrai qu'on ne trouve dans les anciens historiens de Maro-Âurèle aucune trace, aucun Indice de sa présence dans les Gaules!

Les deux Aurèlius Victor parlent de guerres et de mouvements de guerre qui avaient éclaté sur toutes les rives du Danube, jusque dans les Gaules (t). Julius Capitolinus fitit mention de troubles qui s'étaient manifestés chez les Séquanais et qui furent apaisés par les répriiiiaudes et l'autorité de Marc-Aurèle, tes eiiam in Sequanis turbatas censura et audoritale repressit, etc. {Capit., M. Ant., 21, 22). 11 est faux que ces termes excluent toute idée que l'empereur soit venu sur les lieux ; ils signifient seulement que, par ses réprimandes et son autorité, il rétablit Tordre dans la Séquanie, sans être obligé pour cela d'employer d'autres moyens; mais vint- il ou ne vint- il pas dans cette contrée? La phrase de Gapitolin n'exclut ni l'une ni l'autre de ces hypothèses. On pourra même sans témérité pencher pour l'aifirmative, lorsque l'on saura que la construction des plus anciens monumenisde Besançon est assez généralement rapportée à Marc-Aurèle, et que M. Clerc, qui a fait des études si appi ol\ udies sur la Franche- Comté à l'époque romaine, ne fiût aucune difliculté d'admettre la présence de cet empereur dans cette province (in-S**, 1847, p. 25). C'est Topinion de la plupail des historiens Iranc -comtois. « Ce fait est tellement établi par les monuments, les inscriptions et les médailles, nous écrit le savant M. Weiss, de Besançon , qu'il ne pMit pkts rester aucune espèce de doute, » A Laogres, une tradition semblable rapporte à Harc-Aurèle l'érection de quelques édifices; cette tradition est contirmée par la découverte d'une médaille faite à 6 mètres de profondeur, en 1775, le 18 août, vers le pilastre du

(1) Àd média Gallorum protendebantur (Aurel. Vict., De Cœsar* Awrel* Ânion*) , et Victor le jeune : Per GaUiam. beila fervebant*

milieu du fameux arc -de -triomphe de la porte du Marché. Cette médaille était au milieu de deux grosses pierres de b mètres de longueur, dans un rond -juste, enveloppée d'une petite lame de cuivre , d^un moyen -bronze, et àTeffigie de Marc- Aurèle (Luquet, Aniiq, de Lang,^ pp. i65 et suiv.). D'après une tradition bourguignonne mentionnée par la plupart des auteurs qui ont parle de saint Bénigne, ce serait en venant visiter les fortifications qu'il faisait construire autour de Dijon, que Marc-Aurele aurait ordonne le martyre de notre saint apôtre.

11 résulte de ce que nous venons de dire que, si les anciens historiens de Uarc-Aurète ne parlent pas formellement d'un voyage de cet empereur dans Test des Gaules, leur narration, réunie aux particularités locales que nous avons indiquées , suffit au moins pour qu'on ne puisse pas dire d'une manière si affirmative qu'il n'y a jamais mis le pied, spécialement chez les Séquanais et les Lingons, voisins de la Germanie, le centre de ses expéditions. Donc il n'est aucun monument historique opposé à la croyance comnume et à la liturgie qui attribuent à Marc-Aurèle le martyre de saint Bénigne.

Page 3. — Il parait que le Toimerroia» un des douie pagi, etc.

Ces pagi n'avaient pas tous, il s'en fàut, la même importance; on en distinguait six ou sept principaux : Pagus Bassigniacensis , Barrensiê (Barrois) (1), AUuaremU (AUouar), Laimenns (Lassois) (2), Tomodih' rengis (Tonnerrois), Lvngoneiuis (Langrois) (3), Divumensis (Dijonnais). Quelques-uns prétendent que ce dernier se confondait avec le pays d'Attouar, et d'autres avec le pays d'Oucfae (Oscarensis) ; il est certain qu'il n'y eut point primitivement de pagus JHvionensis, Plusieurs rangent

(1) Ce pagus, dit aussi pagus Ambarvemis, entre l'Aube et la Seine, renfermait Bar-sur-Aube, Château-Vil hin, Arc-en-Barrois.

(2) De Latiscum, ancienne viiic ruinée, près de Pothiôres, ou deLansuine, auire ville détruite, au-dessus de Molesme.

(3) Appelé aussi femYortum «e/ subwrbamm JÀngonenstf comprenant Laagres et le pays d''al6Dtour, depuis le Bastigny à l*est jusqu'à la rivière de Sulie à roiiest.Lei pagi de Bologne et de llémont ne sont pas d'origine gaUo-nunaine.

l»anm les pagi iangrois le Duesmois (Dusmicensis), et distinguent deux pays barrois : Barrmris ad Aibam et Barrensis ad Seqtjumam; etc. Au reste, les limites de ces divers pagi n'ont jamais, été bien définies. Le père Vignier, notre Pausanias Iangrois , détermine ainsi le pays d*Mtonar : Tù%d ce qui est autour de Bèze; et le pays de Lassois : Pùthiéreg et toUft cp qui est entre Chàtillon et Bar-sur- Sfine.

Toutes les recherches que nous avons faites nous ont confirmé dans Topinion, reçue assez généralement, que la circonscription gallo-romaine de la province de Langres avait servi de règle et de base à la circonscripUon ecclésiastique : les sept principaux jia^t devinrent autant d'aiciiidiaconés divisés en plusieurs doyennés : Tarcbid. du Bassigny, avec les doyen, dis et de Pierre-Faite; Varehid. du Barrois (Bar-sur- Aube), avec les doyen, de Chaumont et de Chàteau-Villain ; Tarchid. de Lassois, avec les doyen, de Bar-sur-Seine et de Châtiïlon-sur-Seine ; l'archid. de Tonnerre, avec les doyen, de Molesme , Moutier-Saint-Jean et Saint- Vinnemer; Tarchid. de D^on et d'Attouar, avec les doyen, de Bèie, de Saint-Seine , de Grancey et de Peuvent ; Tarchid. de Langres, avec les doyen, de la Chrétienté et du Moge.

Page 13. — Ces trois familles tiraient leur origine , etc.

La maison de Ghoiseul tire son nom de la terre de Gboiseul, ancienne baronie du Bassigny. Nous n*osons encore nous prononcer pour Topinion du P. Jacques Yignier, qui, à la page 74 de sa Chronique lingone, veut que cette maison descende, avec les comtes et vicomtes du Bassigny, les seigneurs de ClcmuiU et d'Aigremont, d'un certain Hugues de Laon, comte du Bassigny et de Bologne-sur-Marne, qui vivait environ ran 937, ainsi que nous l'avons dit.

Nous ne croyons pas pouvoir également embrasser Topinion de Tabbé Le Laboureur, qui, dans une généalogie qu*il a dressée de cette maison, veut qu'elle soit sortie des anciens comtes de Langres, fondé sur ce que les seigneurs de Choiseul étaient les premiers vassaux du comte df^ Langres, et que les priiiripaux lîefs des provinces étaient des partages des comtés donnés à des enfants puînés des comtes. 11 cite Reynier ' de rhoiseul, premier du nom, qui consentit, en qualité de seigneur de fief de Renaud, comte de La Ferté, à une donation fiUte par celui-ci à

rabbaye de Holesme, et il eondut de là que Reynier était de fomille

comtale et de môme race que Renaud de La Ferté.

Or, nous avouons que cette conséquence ne nons paraît nullement concluante, d'autant plus qu'il n'est point question des siros de La Ferté ni de ceux de Choiseul dans l'acte par lequel le duc de Bourgogne Hugues 111 doimô à Gauthier de Bourgogne , évèque de Langres , le comté de Laagres , à condition , est-il dit , qu'il paiera la partie qui appartient au eamU de Saulx et ceUe qui relève de Henri, comte de Bar (Mathieu, HiH, des évéques de Langres),

S*il fàllait choisir entre ces deux savants généalogistes, nous préférerions le P. Yignier, et voici pourquoi : Dans la Vie de sainte Sahberge, nous lisons que Gondoin, son père, était comte du pays d'Ornois [pagi Ornensis) et seigneur de plusieurs villages du Bassigny, par exemple Cléraont et Meuse (Vign., Décad. hist., pp. 666 et 068), et faisait sa résidence dans cette contrée (xMabill., Ann. Bénéd., 1. 1, p. 305, et Annuaire de la Haute-Marne, 1811 , p. 62). Sainte Salabei'ge épousa Blandin, comte de Laon , dont elle eut plusieurs enfknts, avant d*enirer en religion , trois filles et deux fils , Eustase et Baudouin. Ce fot à Laon qu'elle se réfugia avec ses religieuses pour se soustraire aux ravages de la guerre. On peut donc croire sans témérité que, par cette alliance , plusieurs fiefs du Bassigny se tronvèreut réunis an comté de Laon, et que cet Hugues de Laon et Golzeiin, son fils , qualitiës comtes du Bassi- CTîv, n'étaient probablement que les descendants plus ou moins directs de Blandin et de Salaberge. Selon nous, c'est dans l'histoire des comtes de Laon qu'il faudrait rechercher les documents qui nous manquent pour compléter l'histoire féodale du Bassigny aux 9* et 10* siècles.

Géaéatogie historique des maisons de Choiseul, de CUmont et ^Aigremont^ diaprés les An^ives et les tombemua de Morimond*

1« Maison de Ghoieecd.

1. Reynier de Choiseul nous est connu par la donation qu'il fit du prieuré de Saint -Gengoyl de Varennes à l'abbaye de Molesrae (i084).

. Ses en£uits furent Adeline et Roger.

2. RoGEi, fils de Reinier, fit partie de la première croisade, confirma les donations de son père à Molesme et la fondation de Morimond.

3. Rathahd I** donne aui moines de Morimond ses droits sur Grignoncourt et Les Gouttes ; il meurt moine de Morimond. Il eut de Haviz ou

Hedwise de Yaudémont :

4. Foulque, excommunié par Manassès, évêque de Langres. II eut d'Aaiis, sa femme:

8. Ratnard n, qualifié chevalier banneret (i2l4), grand -vassal de la couronne {dimittit Morimmdo hroglium mim de Roscriis), Il laissa

pour fils unique, de Clémence de Pouilly :

6. Raynard III, qui épousa Alix de Dreux, tille de Robert II, comte de Dreux, et d'Yolande de Coucy, et petite-fille de Robert de Dreux, quatrième fils du roi Louis-le-Gros. Il donna, en 1224, son moulin deColombey aux moines, et le droit de foire à Choiseul (1238).

7. Jean I«', témoin et caiilion du mariage (1249) de Marguerite, fille de Thibaut, roi de Navtirri\ ci de Ferry II, fils de Mathieu, duc de Lorraine. II épousa Berthemette d'Aigrement, dite Aalis. Ils donnèrent aux moines les dimesde Fresnoy et de Saulxures pour foire pitance (1286)« Us eurent de leur mariage : Renier, Aalis, Jehannette et

8. Iean II, connétable du duc Robert H de Bourgogne, et qualifié par

lui son cuubiu, lahuiné à Morimond avec son épouse Alix de Nanteuil.

9. Jeain m, ûls de Jean H , donne, en 1333, le dénombrement de la garde de Tabbaye de Morimond; il y est inhumé avec Alix de Grancey, sa femme. «

10. Guy, son fils, vend, au mois de décembre 1362, aux moines de Morimond, la garde gai dieiina de celte abbaye pour 2,000 florins d'or; il y est inhumé avec son épouse, Jeanne de Joigny.

1 1 . Amé de Choisbul, de Noyers et Montaiguillon, conseiller et chambellan de lean, duc de Bourgogne; prisonnier des Anglais devant Calais, écrit aux moines de lloirimond de Taider à payer sa rançon.' Son épouse, Glajide de Grancey, dame de Chassenay, est inhumée à Iforimond.

12. Jeanne de Choiseul, fille unique d'Amé, porta ces terres en ma* riage, en 1420, à Etienne, sire d'Anglure, chambellan de Henri, roi d* Angleterre.

De Robert de Choiseul , fils puîné de Raynard III et d'Alix de Dreux, et sire de Traves du chef de sa mère, sont sortis les Choiseul-Tra-

ves (1247).

20 Mai&ou d'AigremoDt jusqu'à sa fusiou dans la maison de Choiseah

1. Foulque d'Aigremont (1080), mm ic deux lois : 1" avec la fille d'Odolric, comte de Reynel; %^ avec Eve de Grancey, veuve de Tescetin, aïeul de saiat Bernard. De ce second mariage naquit Guy d'Aigremont, qui eut la terre de Serqueux, et du premier mariage naquit :

2. Odolric, ainsi appelé du nom de son grand-père maternel. 11 épousa Adelinde ou Adelioe, fille de Reynier I" deChoiseul. Ils ont été les fondateurs de Morimond. Dé ce mariage naquirent: Régnier, Foulque; Olric, chan. de Laogres et prieur de Saint-Geômes ; Gérard, surnommé Sans-Terre , et Adeiine, qui épousa son cousin Roger de Choiseul, puisque Régnier et Gérard d'Aigremont sont qualifiés ondes de Baynard, fiôs de Roger (donation de Salveschamp).

3. Regwer I", seigneur d*Aigremont, ratifie avec son frère Olric les donations de son père à Morimond (1126 et H30) ; mort vers Tan 1180.

4. Regjjier II , fils du précédent , est cité dans plus de douze titres des Archives de Morimond ; il vivait encore en 4220; il n'eut pour héritière que Berthemettet qui porta cette terre à Jean de Ghoiseul, vers Tan 1225.

Cette alliance donna naissance à la branche des sires de Choiseal-

Aigrcmont, qui eut pour tige (1310) Régnier de Cboiseul, fils puîné de lean et d'Alix de Nanteuil , iiihuroés à Morimond. Elle s'est perdue au

milieu du 15^ siècle dans k uiaison d'Apremont , par A inic deChoiseul, dernier rejeton, mariée à Jacques d'Apremont. Celte branche a produit : 4" par Pierre, ûls puîné de Hcgnicr 111 de Ciioiseul-Aigremont (1340), la branche des barons d'Aieremont, d'où sont sortis : les Choiseul-Cbevigny (1490), les Ghoiseul-d'ËsguiUy (1700), les Ciioiseul-Bussières ; 2* par Henri, fils de Guillaume de Ghoiseul-Aigremont (4420) : la branche des seigneurs de Ghezy^ Senailly, d*Ische et de Saint-Germain; 30 par René de Cboiseul, fils puîné de Pierre III, baron d*Aigremont, et d'Anne de Saint -Amador, dame de Beaupré, les Cboiseul -Beaupré (1115), d'où sont sortis ensuite les Choiseul-Sommeville , les Choiseul- Dailiccourt, les Choiseul-Meuzc , les Choisoul-Francières ; par Nicolas de Choiseul, second ûls de Pierre, dit Gallehaut, sire de Doncourt (1520), et de Catherine du Plessis, les Choiseul-PrasUn, les Cboiseuldu^^lessis, lesChoiseul-d'Hostel, etc.

8» Généalogie de la maison de Glémaixt»ibnné6 pour la première fins, à Taide des Archiires de Morimond, jusqu'à sa fiision dans la maison de Choisenl.

1098. — SiMOn I*', comte de -Glémont, fkit un arrangement avec Jaren«

ton, abbé de Saint-Bénigne de Dijon; mort avant 1136.

il 45. — WiscARD D£ Clêmont, sumommé Robert, donne aux moines de Morimond les g[ranges des Gouttes et ses droits sur YaudenviUers, part pour la Terre-Sainte avec révèque Godetroy ; marié à Béatrix, fille de Goy de Vîgnory.

4150. — Simon II, prince de Clémont, souscrit en cette qualité à la charte de fondation de Clairlieu, avec Mathieu, duc de Lorraine, son

fondateur ; marié à Béatrix de Champagne.

1 191 . Simon III donne à Morimond sa Bomaie près de Huillécourt ;

marié à Hermantide de Vendœuvre.

1223. — SmoN IV, vicomte de Cléraont, est absous par Hugues 11 de Montréal, pour avoir £iivorisé les iigustices d* André de Nogent. En 1243 , 48 et 54, il donne la vaine pâture en ses prés aux moines de Morimond; il accorde des franchises aux habitants de Glémont; enfin, il confirme la cession que sa nièce IsaheUe de Clément avait faite à Morimond de son droit de patronage sur Téglise de Huillécourt; marié à Jeanne d'Oizelet, dame de Salins.

1288.— Feret l*' DE GLtiHONT, fils du précédent, abandonne aux moines, avec ses frères Jacques , doyen de Toul , et Odin, écuyer, Tusage dans ses terres et ses bois.

Guy fils de Ferry, reprend de fief du roi la terre de Clénionl en 1344 , à cause du comté de Champagne; marié à Béatrix de Champagne ou de Lorraine , il en eut :

Ferry II, sieur de Ribaucouri, déshérité par son père; mort en

1380. — Guy II , sire de Clémont , et Marguerite de Vieuebâtel , son épouse, accordent une charte aux habitants de Perrusse. Leur fille unique RoUine épouse Girard de Choiseul, fils puîné de Guy et de Jeanne de Joigny, d'où : 1® la branche des Choiseul-Clémont, qui a duré jusqu'au commencement du 17* siècle , et a dispai u avec René de Choiseul, baron de Uémont, mort en 1621 au camp devant JuUers, sans

laisser de postérité; Philibert deChoiseul, lils piûné de Guillaume de Ciémont et de Langues, qui eut la terre de Lanques (1479), d'od li branche des barons et marquis de Choiseul-Lanques, qui s^éteipiiteB 1721, dans la personne de Gabrielle^nfcdiiettef fille unique de Vidor-

Amé de Ciiûi:»eul, biie de Lanques.

Pages 13 et 14. — Ces trois familles comptaient parmi leurs ancêtres saint Gengonl et sainte Salaberge» etc.

Gondouin et son épouse Saretrude, au commencoment du VII* siècle, possédaient le comté d'Oniois, contrée du Bassigny et du Barrois, sur les limites de la Champagne et de la Lorraine, et les seigneuries de Meuse, de Ciémont et de plusieurs autres villages du Bassigny. Ayant reçu un jour saint Eustade, abbé de Luxeuil, ils lui présentèrent leus fils Leudwin et Fùlculfe, afin quHl les bénit, he saint abbé demaiib aux époux s'ils nVaient point d^autres enlani^/lls répondirent qollf a'vaient encore une pauvre petite fille nommée ^laberge , mais qu'As n osaipnt Tamener en sa présence» parce que ses yeux étaient atteint d'un mai hideux qui lui avait fait perdre la vue. Il les pria de k lui fiiire voir. Touché de compassion à Taspect de cette innocente victime, il lui demanda si elle voulait servir Dieu, et elle répondit qu*eUe le souhaitait de tout son cœur. Alors le saint, animé de la foi, après sd jeûne de trois jours, lui appliqua sur les yeux de Thulle qu*il avait bénite, la guérit et lui rendit la vue Elle fit bâtir plus tard un couvent de filles dans le diocèse de Langres , à quelque distance de cette ville, où commencent les monts de Vosge (plusieuis ont cru quec'étâil le monastère de Poulangy) (1).

Saint Gengoul naquit vers le commencement de la mairie de Charles- Martel, d'une noble ikmille qui avait de grandes propriétés dans le Bassigny ; après s'être marié, il entra au service du roi Pépin, et il eut un emploi distingué à sa cour et dans son armée, se fkisant remarquer par sa piété, sa chanté, sa chasteté et sa valeur guerrière. Sa femme prit occasion de son absence pour lui faire des infidélités, et, à soo

(i) Mabill., im., 1 1, pp. 8H et 806; — liaagin , Bisi, eeeUt, du iioD^ êê langrm, 1. 1, pp. ISI et ISt.

retour, il trouva sa place occupée par un étranger. Le serviteur de Dieu fut combattu par deux sentiments différents : d'un côté , Vamour de la justice et la craiote que sa femme ne se perdît éternelleraent ie portaient à la faire arrêter et àla punir; de l'autre , le penchant quMl avait à pardonner le retenait dans le silence. Etant ainsi partagé et agité, il arriva qu*allant à la promenade avec cette femme adultère , ils approchèrent ensemble d*ime fontaine. Gengoul, alors comme inspiré de Dieu , lui dit que depuis longtemps des bruits infimes couraient sur son honneur , et que, comme ces bruits allaient toujours s augmentant, il y avait apparence qu^ils n'étaient pas sans fondements. Cette femme, ajoutant le parjure à la débauche, affirma par serment que c elaient de pures calomnies. Si cela est, lui dit son époux , voici un fontaine très* claire et dont tous ?oyez le fond; mettes-y votre bras, et tirez en une petite pierre. Si vous êtes innocente, vous n'en recevrez aucun mal, puisqu'elle n*est ni chaude ni froide; mais si vous êtes coupable , Dieu se servira de cette eau pour vous dévoiler et pour vous châtier.

LUmpudique, regardant ce discours comme un trait de la pieuse simplicité de son mari, plongea son bras dans l eau jusqu'au coude, puis le retira subitement , en poussant un cri de douleur, comme si l'eau eût été bouillante , dit la légende. Convaincue d'adultère par le ciel même, elle alla cacher sa honte dans une de ses terres, où elle renoua ses relations criminelles. Elle forma même le projet de faire assassiner son époux par le complice de ses débauches : ce qui fut exécuté. Le corps de saint Gengoul fiit inhumé dans sa terre de Vaux ou d*Avaux en Bassigny, où il avait été tué. Peu de temps après il Ait transporté à deux lieues de là , dans Téglise de Saint-Pierre de Varennes, qu'il avait bâtie sur son fonds. On vit en peu d'années le Bassigny et le diocèse de Langres se couvrir d'ép^lises et de chapelles en son honneur. Delà son culte ? étendit dans toute la France, dans les Pays-Bas et en Allemagne (Anon., ap. Boll., p. 645;^ Baillet, Vies des SainU, t. 4, p. 214; — Mang., Hist, eed. de Langru^ 1. 1 , p. 250).

Digitizea by <jOOgle

Page 50. — Le notaire épiscopal, ayant rédigé la charte de fondation , etc.

GHARTA FUNDATIONIS HORIHUNDL

« Ego Guillencus, Del inisericoirdia Ungoneiuisq^iscopus, fldelis dis-

positor et ordinator bencvolus beneficiorum et eleemosynanim qiiae Morimundensi ccclcsiop libcraliter collata cogaovi, accedo teslis et proprii sigilli impi ( s^ione ?ii;i),itor. Primum, laicus quidam Johannes nomme, et habitu et animo rcUgiosus, locum Morimundi a domino Odolrico de Acrimonie , et ab Adelina , nobilissima uxore sua , expetivit et accepit. ProUnus idem Johannes Robertum Lingonensem eo temporis antûtitem adiit, et inferventu meo accepta benedictione et licentia locum sibi datum pio viribus et posse fideliter eitruxit. Post obitum veio ejusdem antistitis , prœdictus Johannes bvoTe usus Joceranni, ifui Roberto sucoesserat in episcopatnm, habens insoper consilium dom. Odolrici, locum susceptum, abbali et capitulo Novi-Monasterii (Cistercii) obliilit et concebsit pro emendatione vitœ melioris. Veuiensquc Stcphaniis, Novi-Monasterii abbas, susccpit locum ab Odolrico et uxore ejus, et ab episcopo et capitulo Lingonensi , et designatum est ab episcopo Morimundi cimiterium et benedictiim.

« Postea Odoirieus, fretus animi soi iliieralitate^ cum conûlio uxoris su0d locum adaugens, concessit temm quamdam GaldenviUaie 'vulgariter dictam, perambulans ipse cum uxore sua cum nobllibos multis et inoolis Fraxineti donationes suas, certis deterrainationibus désigna* tis. Insupcr in omnibus fendis suis et allodiis, propinquis et remotis, concessit cum uxore sua piscarias in aquis, et ligna ad ipn^cm et ad varia opificia , et pascuaie per terras et in siivis ad opus animalium usuaria.

« Omnes istas donationes concesserunt Fulco, et Roierus, et Gerar* dus, filii Odolhci, et horum omnium testes sunt qui videnmt et prosentlaiiter audierunt : Hugo miles, Lupa vocatus; Odoirieus de Profincheriis, Gerardusde Dorono-Martino, Hugo de Mosa, Arlebaudus de Varennis, Rocelinus de Borbona; Rieardus , vilUcus Fraxineti; Humbertus, Constantinus, Foleradus, Albericus Pelliciarius; et quoniam bas terras, Moiiniuûduni videlicet et Galdenvillarc, Odoirieus a comité Cla-

rimontis tenebat, prœdictiis abbas ab eodem comité in plena curia velociter impetravit. Décimas Morimundi et GaldenviUaris tenebant Rodulphus de Frada et Hugo de Mignou, cum uxore sua Adelina et Theobaldus presbyter Ft'axineti. Oirnies precibus abbatis dedmas illas in perpetuum fideliter dederunt, et episcopus omnes alias décimas laborum suornm et animalium fratribus morimundensibus bénigne concessit ; tertias vero earumdem possession uni concessemnt Hugo de Mosa et Guulo de Fraxineto, et Odolricus, et Cono, frater ^us, qui eas tene-

iMUlt.

a Tune pnedictus Movi-Monasteiii abbas abbatem in eodem loco consUtuit vinmi per omnia venerabilem, Arnaldum nomine, pnedpiens monadiis ut regulam B. Benedicti, quamdidicerant, fideliter observarent. I)emttm me eo temporis decano et archidiacono, in episcopatum^ ordinante Deo , succedente, Odolricus cum uxore sua et preenomînatls filiis, sicut a veteri Morimundo rivus veniens, prœlerfluit totam terram Fraxineti et Galdenvillaris, usque ad termines Rornatus et Dambelini, fratribus Morimun li pcrpetuo jure donando consecravit.

tt Omnes bas don ati unes sub anathemate confirme et corroboro, et archidiaconis confirmandas trado.

« (Sequuntur sigiUa.)

« Ann. ab Incarn. Dom. il 26, Honorio papa, liodoioo rege Franoorum, Guillenco Ling. episcop. n

SERIES ABBATUM MORIMUNDENSIUM.

(!• Ex Annaiiùu^ Angel. Manrique, t. 1, p. 540; 2» ex Gaspardo Jongeiino, Notitiaabbat. ord. Cister., in -fol. ^ p. 31 ; 3° ex GalL christ., t. 4, p. 814; 4« ex Arehimis M9nmund*t apud Galvomontem; S* ex Ghrysost. Henriquez, dfonolog. eistere. ; 6» ex Gland. Robert, in sua Gail. christ)

1. Arnaidus i, qui et Arnoldus, et etiam Arnulfus. Cœpit anno 1115;

sublatus est in iîeigio, anno 1 126, m nonas januarii.

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