‹ Histoire de l'Abbaye de Saint-Bavon et de la crypte de Saint-Jean à GandChapitre 13 sur 31 · DANS LA CRYPTE DE LA CATHÉDRALE DE S. BAVON · texte numérisé non relu

DANS LA CRYPTE DE LA CATHÉDRALE DE S. BAVON

La monographie de la crypte de l’église de S. Jean, qui passa dans la possession du chapitre de S. Bavon, est un complément nécessaire de cet aperçu. Nous ne nous occuperons cependant que de la partie centrale (V. pl. 32 et 33), qui ne forme à proprement parler que l’ancienne chapelle de S. Jean : les parties latérales ont subi de grandes modifications au XIIIe siècle, du temps du châtelain Gérard Villain, surnommé le Diable, et de son épouse, et sous l’administration du collège des Trente-Neuf et du temps de Charles-Quint.

La première mention de cette chapelle se trouve dans une charte de Transmare, évêque de Noyon :

« capellarn, » y dit-il, « quant in eodern portu ( Gandavi ) nuper dedicavi 14 kal. maii 941. » C’est une charte apocryphe, dit-on; c’est une question assez indifférente pour l’objet qui nous occupe. Thielrode dans sa chronique dit aussi : « Anno 941, 17 kal. maii facta est prima dcdicatio cappellulae in Oppido Gandensi in honore S. Johannis Baptistae, S. Bavonis, sanctique Vedasti a Transmaro Noviomagensi episcopo, et ille locus capellule inter Scaldatn et Legiarn fluvios, nuncupatur Herehem. » Il s’exprime ainsi dans un autre passage : « Capellarn insuper, quae in eodern portu conslructa nuper populo fuerat, prefati coenobii (S. Pétri in Blandinio) abbate Gerardo rogante, dedicavi.... remota ah altario eiusdem capellae omni redemptione et respecta tain nostro quam successorum nostrorum ut perpétua libertate ad Blandinium respiceret sine ullà successorum nostrorum usurpatione ( a ). » Le roi Lothaire parle également de cette chapelle dans son diplôme du 4 mai 961 [b), en ces termes : « In ipso quoque portu (Gandensi) omnes mancioniles cum ecclesia in eo situ. » Quoique cette église n’y soit pas nommée, il ne peut être question ici que de la chapelle de S. Jean, puisqu’on n’a jamais soutenu qu’à cette époque il existât à Herehem une autre église. Le pape Benoit VH fait aussi mention de l’église de S. Jean dans sa bulle du 25 mai 979, par laquelle il envoya à Pierre Goethals, Petro Bonicolla dicto, seigneur de Mude, des reliques de SS. Marcellin, Maximien et Quirin (c), de quibus reliquiis, ex desiclerio nobis expresso disponere licebit pro ecclesiis nempe S. Bavonis, S. Joannis, nec non aulae Sle Pharahildis in ipsa civilale Gandensi.

Avant de citer les autres documents qui mentionnent cette chapelle, nous ferons observer qu’elle ne fut pas atteinte par les deux terribles incendies qui réduisirent en cendres une grande partie de la ville de Gand, en 1120 et 1128.

En 1145 le pape Eugène III confirma en faveur de l’abbaye de S. Pierre, la possession canonique de la capella S. Joannis Baptiste in Burgo; Gérard, évêque de Tournai, prit la même résolution en 1150, « capella videlicel S. Johannis in Burgo gandensi. » Wautier, évêque du même diocèse, lui assura en

{a) Chron. de Thielrode, p. 9, 1 0, tô.

(b) Cette pièce est publiée par Sanderus, Fland. illust., t. I, p. 268, et par M. l’abbé Van de Pette dans la chronique de S. Pierre, p, 90 in fine.

(c) V. Messager des Sciences historiques, année 1837, p. 491.

CHAMELLE DE S. JEAA'.

1170 la jouissance des oblations faites à la même église, jus oblutionum ecclesiae S. Johunnis. La même église de S. Jean est mentionnée dans une bulle du pape Alexandre III, au sujet de ces oblations, et dans une autre bulle de l’année 1181; enfin en 1187, le pape Urbain III, en confirmant à la même abbaye la possession de tous ses biens, n’oublie par celle de la capella S. Joannis Baptistae in Burcjo ( a ).

Ces documents établissent incontestablement qu’il existait à Herehem, nommé Gand dans la suite, une chapelle dédiée à S. Jean-Baptiste et construite avant l’année 1145. En 1228, le collège échevinal des Trente-Neuf fit bâtir le chœur de l'église de S. Jeun ( b ) : c’est un fait qui est confirmé par le caractère architectonique du monument même. A la seule inspection du plan géométral de l’église souterraine (pl. 52), ou reste convaincu qu’il est complexe, c’est-à-dire, qu’il est de différentes époques, et que le monument a subi des changements radicaux, sans connexion entre eux. Et en effet les piliers carrés, à chanfrains, flanqués de contreforts, litt. x, et les pieds-droits, litt. w’, v', l, m, n, w, v, k’, u, t, s, sont en tout dissemblables. Ils sont élevés côte à côte et reliés dans le massif de la maçonnerie des pieds-droits, et forment un hors-d’œuvre complètement inutile; ce qui n’aurait pas été fait si l’église basse et le chœur, qui la surmonte, eussent été hàtis à la même époque. Cette juxta-position, s’il est permis de s’exprimer ainsi, démontre que les piliers carrés, litt. x, sont d’une autre époque que les pieds-droits. Or, comme les colonnes massées du chœur sont entées sur ces piliers (litt. x), il doit en résulter que ceux-ci sont de la construction de 1288, et que les pieds-droits sont antérieurs et élevés entre les années 941 et 1145.

Nous lisons dans les Acta Sanctorum ( c ), qu’un noble homme nommé Poppon, qui suivait la carrière des armes, se rendit en pèlerinage à Jérusalem avec deux de ses amis, nommés Lausus et Bobert. A leur retour de la Terre Sainte ils déposèrent quelques reliques dans l’église de Deynze; Robert embrassa la vie monastique et Lausus se retira dans l’abbaye de S. Pierre, au mont Blandin, à Gand, sans toutefois prendre la tonsure. Celui-ci désigna le lieu de sa sépulture dans l’église de S. Jean, à Gand, qu’il avait fait bâtir, « atque Gandavi in ecclesia S. Joannis, quant ipse construxerat, locum sibi funereae quietis diligerat. » Ce sont les paroles du légendaire.

A moins de vouloir contester la véracité de cet écrivain (d), il doit demeurer établi que la chapelle de S. Jean doit son origine à Lausus, compagnon d’armes de S. Poppon, qui mourut le 8 février 1048, à l’âge de soixante-dix ans; quoique l’époque de la mort de Lausus ne soit pas positivement connue, on peut la fixer avec vraisemblance à-peu-près vers le même temps. Le Bollandiste qui édita la légende de S. Poppon, ne forme aucun doute que ce ne soit Lausus qui fonda la chapelle de S. Jean, opinion qui est partagée par De Bast, dans ses recherches sur l’ancienneté de la ville de Gand, et par M. le chanoine De Smet, dans un opuscule qu’il vient de publier sur la cathédrale de S. Bavon; mais Ghesquière (c) croit que l’on doit en reculer la fondation jusqu’aux temps de l’évêque Transmare, à moins, dit-il,

« quod niihi quidem non absimile ver'o apparet, dcdicata quondam a Transmaro capella seu capellula in eam ampliludinem Lausi opéra excrevit, ut jam non capella seu capellula, sed ecclesia vocari meruevit; » opinion que l’on pourrait adapter avec plus de vraisemblance aux travaux de Lausus, qui ont été considérablement augmentés par les travaux exécutés postérieurement par le collège des Trente-Neuf. En outre il

(а) V. Mifæus, t. III, p. 41, 47, 669, 670, 63, et Diericx, Mcm. de Gand, t. I, p. 343.

(б) V. Ann. de Meyer, an. 1228.

(c) Acta SS. Belg. sel., t. II, p. 637.

{d) On lit dans ce vol. des Acta SS. Belg. sel , p. 637, n° 5 : « Scripsit vitam S. Poponii Everhelrous, abbas Altimontcnsis in Hannonià, qui postmodum Blandiniensis Gandavi abbas factus traditur. »

(e) Acta SS. Belg. sel., t. Il, p. 26.

CHAPELLE DE S. JEAN

est à remarquer que cet édicule dans les premiers temps de son existence ne porta pas le nom de crypte, mais celui de chapelle, le seul qui lui fut applicable alors, puisqu’aucun bâtiment ne le surmontait et qu’on pouvait y entrer de plein pied par le point 2’, qui est de niveau avec la place devant le palais épiscopal. Ce ne fut qu’après qu’on eut élevé le chœur qu’on put lui donner la dénomination de crypte.

Sanderus ( Rer . Garni., lib. 5, cap. 1), en parlant de la cathédrale de S. Bavon, dit : « Eam anno 941 Transmarus episcopus legitur dedicassc. Cryptam amplitudine, sacellis, columnarum sérié nulli tolo Belgia secundam Balduinus et Arnulphus comités instruxêre : alii id genlis Vilaniae seu a Gandavo, in Belgio..., nobilissimae opus asserunt, quid quid sit, Gerardus Vilanus a Gandavo, qui uxorcm habuit Elisabelham, comitis S. Pauli fdiani, ingénié sumptu restauravit, ibidem conditus. Chorum allà concameratione, augustà sacellorum coronà senatus an. 1228, alio, ut Varnewicus, 1224 erexit.... » Nous croyons que Sanderus verse dans l’erreur en disant que l’évêque Transmare consacra cette cathédrale : les colonnes cylindriques du chœur, couronnées de chapiteaux ornés de simples crochets, sont là pour le contredire; mais c’est un détail architectonique qui vient à l’appui de son assertion, que ce fut vers 1224 ou 1228 que cette partie de cette église fut bâtie et que la puissante famille de Villain, de Gand, restaura à ses frais la chapelle primitive, la crypte actuelle.

Dans son état actuel, la chapelle de S. Jean n’offre plus que deux nefs; les arrachements que l’on remarque très-distinctement à la voûte aux lettres l, n, v, s, de la pl. 32, prouvent qu’elle était formée autrefois de quatre nefs, dont rien ne nous a révélé ni la forme ni les dimensions.

Nous ferons remarquer de nouveau que les piliers aux lettres x de la même planche, et c’est une observation essentielle dont il faut bien se pénétrer pour pouvoir se rendre compte du plan de cette chapelle, n’ont été élevés qu’au XIIIe siècle, lorsqu’on construisit le chœur de l’église haute; que ces piliers, cantonnés de pilastres à pans coupés, servent de hase aux colonnes cylindriques de ce chœur, qui sont également renforcées par des colonnettes placées en croix sur le plan et engagées jusqu’à demidiamètre. Ces piliers ne peuvent donc être pris en aucune considération et sont complètement étrangers à l’œuvre de Lausus.

Les deux nefs qui restent de cette chapelle, sont formées par une rangée de piliers-colonnes, dont cinq existent encore et par deux rangées latérales de pieds-droits oblongs, alternées avec des colonnettes, au nombre de trois, placées à la file. De chaque côté il y a trois pieds-droits et trois groupes de colonnes : le massif de maçonnerie aux lettres v et k est un remplage fait au XIIIe siècle, et les pieds-droits aux lettres p’ et q’ ont été compris dans les énormes piles de maçonnerie élevés aux lett. p, q, 0, r, à la même époque. La chapelle est terminée par un mur droit (litt. M’), renforcé par des pilastres placés sur le prolongement des pieds-droits et des piliers-colonnes. On remarque aux lettres I, n, iv une irrégularité dans la hauteur des colonnes assez singulière : ces colonnes ont en hauteur, entre la voûte et le pavement, 2m,50, tandis que celles aux lettres u, s, n, atteignent à peine lm,50. Tout à l’heure nous expliquerons la cause de cette variante. A cette petite modification près et qui n’est qu’accidentelle, le plan de la chapelle est parfaitement régulier et homogène.

Les massifs de maçonnerie aux lettres p, q, 0, r, servent de culées à des arcs de plein-cintre d’un diamètre différent : l’imposte est placé plus bas que celui des pieds-droits et finit brusquement des deux côtés à 67 centimètres du chanfrein. A ce point l’on voit l’imposte de l’ancien pied-droit, qui s’élève à la hauteur de celui des autres. D’où l’on peut- inférer à notre avis que le massif de r’ vers q et de s’ vers r, est une ajoute, comme nous l’avons dit, faite postérieurement. Cela devient évident en considérant l’arrachement des arêtes, qui partent des points n, i, s, pl. 32, et qui ont été coupées verticalement par l’arcade 0, p. Autrefois ces arêtes allaient aboutir à un pilier -colonne placé au

CHAPELLE DE S. JEAN

point z, qui fut remplacé par l’arcade o, p, pour servir de point d’appui à la voûte en arête. Il est très-probable que ces piliers se répétaient encore plus loin à des distances égales.

La forme des pieds-droits est parfaitement déterminée sur ses quatre faces à la lettre t; c’est un parallélogramme oblong, dont les coins sont taillés en angles rentrants et dont les parois sont lisses. Les pieds-droits aux lettres s, u, cantonnés de colonnettes octogones légèrement engagées, n’avaient pas cette forme primitivement : il n’y avait là autrefois que trois colonnettes octogones dégagées, mais dont les chapiteaux étaient taillés dans le même bloc de pierre, ainsi que le tailloir et les bases. L’espèce de frise entre les chapiteaux est lisse, de la même hauteur que ceux-ci, se terminant en doueine vers le filet inférieur du chapiteau. Aujourd’hui les fûts sont liés entre eux par un remplage en briques, qui n’y fut placé que pour les consolider, quand on construisit le chœur supérieur, ou parce qu’elles déviaient de leur centre, comme on le voit aux lettres I, n, s.

Les dessins des chapiteaux des colonnettes (Y. pl. 55, litt. A, B, C, D et I) ne se distinguent pas de la forme romane ordinaire : nous n’en ferons remarquer qu’un seul, qui mérite une attention particulière. C’est celui indiqué sur la pl. 55, litt. D, et pl. 55, litt. A : c’est un chapiteau cubique ou mathématique, qui apparut» dans un temps de renaissance où l’architecture semble basée sur des règles géométriques et où toutes les parties d’un monument semblent n’être que l’expression d’un raisonnement mûri par les lois éternelles de la nature, représentées au moyen des dimensions et des nombres («). #

Les piliers-colonnes du centre, encore au nombre de cinq, sont également octogones, ils correspondent en hauteur avec les pieds-droits et sont couronnés de chapiteaux carrés, fort écrasés, mais dont les dessins variés s’arrondissent en lignes assez élégantes. Elles portent de souvenirs de l’art ancien; les volutes en général sont bien articulées; l’astragale ou la moulure qui se trouve à la naissance du chapiteau est carré, mais conique vers le haut. Tous les tailloirs et les impostes ont la même forme, un cavet ou gorgé, dont le filet a la même hauteur que la doucine. Les bases sont cylindriques; elles sont formées d’une plinthe, maintenant enfouie sous terre, d’un quart de rond renversé, d'un filet, d’une scotie et de baguettes doubles. Les angles de la plinthe sont couverts de pattes, pour en faire disparaître la nudité; nous n’avons pas su nous assurer si les bases des colonnettes ont le même ornement. Ces piliers-colonnes, dont le fût est d’une pièce, portent le caractère bien marqué de l’architecture romane; on les appelle ainsi, parce qu’en effet elles participent des piliers par la pesanteur, quelquefois même par le mode de leur construction. C’est surtout dans les églises souterraines du Xe siècle environ, qu’ils se montrent dans toute leur rudesse. 11 existe une grande affinité de forme et d’ornementation entre les chapiteaux de ces piliers-colonnes (Y. pl. 55, litt. E, F, G) et les chapiteaux de la cathédrale de Tournai; on peut s’en assurer en les comparant avec ceux qu’en a publiés M. Schayes dans son excellent ouvrage sur l'Histoire de l’Architecture en Belgique, t. I, p. 281, et 282, 2e édition (è). Cette affinité de caractère est telle que l’on peut dire que c’est le même artiste qui les a conçus. Ce rapprochement est remarquable et tend à confirmer la date qui est assignée à la construction de la chapelle de S. Jean, puisque la cathédrale de lournai fut consacrée en 1 06-4. Les pierres employées dans les deux monuments nous semblent aussi provenir des mêmes carrières des environs de Tournai.

Les voûtes, qui couvent les deux nefs centrales (c), sont en arête, formées de deux arcs de cercle,

(а) Ramée, Histoire de V Architecture, t. I!, p. 163.

(б) V. aussi le Bull . de l’Académie roy. des Sciences, etc., de Bruxelles, v. 12, 2e partie, 1S43; A la fin du vol., pi. 3 et 7

(c) La croûte épaisse de badigeon qui les couvre, ne nous a pu permis de nous assurer si elles sont construites en bri

ques ou en moellon.

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qui se croisent au centre : elles ont pour culées quatre points, dont deux sur les pieds-droits et deux sur les piliers cylindriques du centre. La rencontre des arêtes donne aux voûtes la forme ogivale, qu’elles n’ont pas en réalité, ce dont nous nous sommes assuré en mesurant le segment du cercle du point B en G de la planche 33, et nous avons trouvé que l’inflexion suivait exactement le tracé du même rayon : neufs points différents, mesurés du sol à la voûte, ont donné pour résultat la formation exacte d’un plein-cintre. Ce n’est donc qu’accidentellement que les voûtes présentent la forme ogivale, comme toutes celles où l’on a suivi ce système, n’importe à quelle époque. Cependant, nous devons le dire, aucun indice ne nous a donné la conviction que ces voûtes soient du temps de Lausus, comme rien non plus nous a donné la certitude qu’elle ne fussent pas de cette époque.

On a fait l’hypothèse que cette chapelle ne fut d’abord couverte que d’un simple lambris en bois, ayant pour points d’appui des arcades reliant entre eux les pieds-droits et les colonnes. Il existe des exemples de cryptes couvertes de cette manière, telle est la crypte de Vie, en Bourbonnois (a); mais il est à remarquer que le plafond y est supporté exclusivement par des colonnes. Dans la chapelle qui nous occupe, aucun indice ne se présente pour donner quelque fondement à cette hypothèse, on ne peut que faire valoir des raisons générales et argumenter de ce qui fut pratiqué ailleurs. Mais ici une considération qui est fondée en fait, vient renverser cette supposition : c’est que les voûtes qui s’étendent sur les nefs latérales, sont construites au XIIIe siècle; les arrachements que l’on remarque aux lettres l, n, u, s de la planche 52, mettent ce point nors de doute. Dès lors peut-on croire que l’architecté, qui combina mathématiquement les voûtes surbaissées des bas-côtés, se soit amusé à élever à la même époque les voûtes du centre? voûtes construites sans art, dont une partie n’est qu’un simple ouvrage en encorbeillement, et puis à en arracher une partie, pour la laisser ébréchée, sans raccordement avec la nouvelle. Non seulement cela n’est pas vraisemblable, mais même n’est pas possible. La voûte, telle que nous les voyons aujourd’hui, est donc la voûte primitive de la chapelle et n’a nullement remplacé un lambris en bois.

Le pavement actuel est formé de carreaux de terre rouge, entremêlés de quelques dalles tumulaires, autrefois ornées de lames de métal, que les iconoclastes eurent soin d’enlever lorsqu’ils convertirent cette crypte en étable. Ce pavement ne date pas de la première construction, car la plinthe des piedsdroits, à l’exception de celles aux lettres p et o et de quelques-unes des piliers-colonnes, sont sous le niveau de ce pavement. Il est probable que dans les premiers temps la terre fut couverte d’une marqueterie en carreaux vernissés.

Ce pavement nous a mis sur la voie pour résoudre une question qui s’élève sur les colonnes hautes, qui se trouvent aux lettres e, f, g, de la pl. 34 [I, n, w de la pl. 52), et qui apparaissent là comme un hors d’œuvre. Ces colonnes sont-elles plus modernes ou plus anciennes que les autres colonnes qui s’y trouvent? Nous penchons à dire qu’elles sont plus modernes et que probablement elles ont été élevées du temps de la construction du chœur de l’église haute; et cela par trois raisons, que nous puisons dans le caractère de leur ornementation et dans des arguments que nous tirons de la construction des voûtes et du niveau du pavé.

Le chapiteau de ces colonnes est formée de feuilles d’invention, enroulées à leur extrémité en forme de volutes, soutenant les cornes des abaques; ce sont des espèces de crochets, genre d’ornementation qui ne vint en vogue que vers la fin du XIIe siècle et au XIIIe. Leurs bases ne sont pas moins dissemblables : elles sont composées d’une plinthe et d’un socle, séparés par deux tores, avec un cavet

(o) BiTissiER, Hisl. de l’Art monum., p. 356.

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pour relier le tore inférieur à la plinthe : il est évident que c’est là une forme de transition et même une forme gothique.

En second lieu l’état des voûtes, qui sont ébréchées au-dessus de ces colonnes, prouve qu’elles sont moins anciennes que le restant de l’œuvre; et en effet, les arêtes des voûtes viennent aboutir uniformément aux angles des tailloirs des colonnes basses et des impostes des pieds-droits, à quelques centimètres en retraite; ce qui n’a pas lieu pour les colonnes hautes, dont les angles sont débordés par les arêtes, défaut qu’on a voulu éviter en plaçant au-dessus des chapiteaux deux tailloirs en surplomb l’un sur l’autre, afin de faire aboutir les arêtes aux angles. Mais malgré ce renforcement on n’y est parvenu qu’en écornant le massif de la voûte sur toutes ses faces (V. ni. 34, litt. e, g). La raison de cette différence de largeur des arêtes provient de ce que le tracé de la courbe des anciennes arêtes avait été respecté et qu’ainsi, à cette élévation des colonnes, il présentait plus de développement, qu’on avait pu donner au tailloir; ce que l’on aurait facilement évité, si la voûte avait été construite après les colonnes hautes. Circonstance qui seule suffit pour prouver que ces colonnes ont été placées sous la voûte en sous-œuvre, pour remplacer des colonnes basses, qui s’étaient écroulées ou qui menaçaient ruine. Enfin en troisième lieu, puisque la plinthe des pieds-droits et des colonnes-piliers se trouve sous le pavé actuel, tandis que celle des grandes colonnes est placée directement au-dessus, il est rationnel de dire qu’elles y ont été placées après ce pavé et ainsi postérieurement à l’élévation des piliers et des pieds-droits.

En résumé, il résulte de ce que nous venons de dire et de l’examen sérieux que nous venons de faire des lieux, que la chapelle de S. Jean a été fondée vers le milieu du XIe siècle par Lausus, ancien compagnon d’armes de S. Poppon; que son œuvre fut remaniée au XlIP siècle, quand le chœur de l’église haute fut construit; qu’à celte époque la chapelle de S. Jean avait exigé des réparations à cause de la déviation de quelques-uns des supports de la voûte; que les nefs latérales actuelles ont été élevées sur l’emplacement d’autres plus anciennes; que la chapelle primitive avait autrefois des proportions plus vastes qu’elle en a maintenant; qu’elle s’étendait au-delà du point 2 (pl. 32), ce qui est démontré par le croisement des arêtes, coupées au cintre 0, p; que ce cintre a été construit pour les contrebouter; que la partie antérieure de l’ancienne chapelle fut démolie, parce que la courbe de 1 abside du chœur supérieur 11’en a pas permis la conservation; que l’entrée primitive se trouvait du côté de la place, en face du palais épiscopal, dont le niveau se trouve à la même hauteur que le sol de la chapelle; qu’à l’extérieur il n’existe plus de traces de la façade de cette chapelle; que les fenêtres trilobées, qui y répandent la lumière, entourées à l’extérieur d'une large moulure, qui les encadre carrément, datent du temps de la construction du chœur, et enfin que la chapelle de S. Jean ne put prendre la dénomination de crypte qu’après la construction du chœur, au commencement du XIII0 siècle.

NOTES ET PIÈCES JUSTIFICATIVES

Note p. 5.

On a découvert les médailles suivantes dans les dernières fouilles qu’on a faites dans les ruines de S. Bavon :

Constantin-ie-Grand, empereur romain, avec le titre de Bvzance — Petit bronze — module quinaire.

J....ATTS Reipiibl. L'empereur tenant la Victoire à ses pieds — une femme coiffée d'une couronne murale.

Valentiands III, empereur romain — Petit bronze — module quinaire.

Quelques médailles romaines du IVe siècle — légendes effacées. — Obole carlovingienne — légende effacée.

Sur l'un des débris de poterie romaine qu'on y a découverts, l’on remarque des personnages dans une position très obscène.

Note 2, ib.

Ex Gallia Christiana, t. 1. Notitia provinciarum seu civitatum Galliae, honorii Augusti, ut videtur, temporibus condita, eum Galüas in 17 provincias distinguere mos erat.

Provincia belgica prima.

Metropolis civitas Trevirorum, Trêves.

Civitas Mediomatricorum Mettis, Metz.

» Leucorum Tullo, Tout.

» Verodunensium, Verdun.

Provincia belgiea secunda.

Metropolis civitas Remorum, Reims.

Civitas Suessionum, Soissons.

» Catalaunorum, Cliâlons.

» Veromanduorum, Vermand.

» Atlrebatum, Arras.

» Cameracensium, Cambray.

» Turnacensium, Tournay.

« Silvanectum, Sentis.

>• Bellovacorum, Beauvais.

» Ambianensium, Amiens.

» Morinum, Tcroannc.

» Bononensium, Bologne.

Ib. t. III, p. 207 : « — Porro Menapiorum gentis, cujus

»meminit Julius Caesar (Corn. lib. III), capul exstitit Torna- » censis civitas prisca episeopatus sede insignita, antequàm » Noviomagensis ecclesiae episcopis commendaretur ; cujus » dioceesis olim amplissima ad Oeeanum usque protendeba- » tur.... etc. » Et en effet l’évècbé de Noyon ou la civitas du même nom n'est pas mentionné dans la Notitia.

Nous devons répéter ici ce que nous avons dit ailleurs (V. Chronique de Thielrode, p. 101) et ce qui avait été prouvé avant nous, que les événements de 608 à 650, admis par Thierrjr, abbé de S. Trond, Sigebert de Gembloux, Albéric, la petite Chronique d’Elnon, les Chroniques de S. Bavon et depuis par presque tous les écrivains, sont erroneusement rapportés à ces années. C’est ce que Gbesquière a prouvé à l’évidence dans les Acta Sanct. Bclg. selecta, t. IV, p. 251, litt. L, et surtout t. II, p. 458, n° 57 et suiv. S. Arnaud n'a pu jeter les fondements d'une église à Gand en 604 ou en 608 et ne l’a point consacrée en 616, puisqu’il n’est arrivé en ce pays que vers 630 ou 631.

Note 4, p. 5.

Dans l’histoire ecclésiastique de la Grande-Bretagne on rencontre des notions curieuses sur les églises primitives de ce pays. L’église de Glastonbury date d une haute anliquité, les auteurs anglais admettent généralement qu’elle n’etait faite que de claies en chêne ou en osier, ce qu'ils appellent wicker-worck, ouvrage en osier. Le roi du pays de Wales, Ifowel Dha, occupait un palais construit de cette manière, nommé palais blanc, parce qu'il était fait de claies écorcées. Il est plus que probable que les églises étaient bâties de la même façon avant la conquête des Saxons. S'il n'existe plus d’exemples de ce genre de construction, on rencontre beaucoup d’édifices sacrés bâtis en bois dans les premiers siècles du christianisme. Il est à remarquer d’abord qu’en saxon le mot bâtir est traduit par getymbrian , qui signifie construire avec du bois, en flamand timmeren, au prétérit getimmerd, d’où l'on pourrait conclure que les bâtisses

NOTES ET PIÈCES JUSTIFICATIVES

en bois étaient seules connues à cette époque. En 626, le roi Edwin fit bâtir, à l’occasion de son baptême, une église en bois, qu’il reconstruisit dans la suite en pierres (a). L’évêque Finan éleva aussi une église en bois à Lindisfarne vers 655; elle était formée de planches en chêne, liées entre elles avec des roseaux, à la manière écossaise. Guillaume de Malmesbury menlionne également une chapelle, construite de la même manière dans le village de Doullinge, dans le Somerselshire (b). Dans le Norfolk, à Sharnburn , ainsi qu’à Elmham, il y avait des églises en bois. Au commencement du XIIe siècle on en construisait encore ; à Bedricesworth , au village de S. Edmond, on éleva une chapelle de cette espèce, où l’on inhuma S. Edmond, roi de l’ouest de l’Angleterre (e) : et encore après la conquête des Normands, cet usage n’était pas abandonné (d). Le roi Edgar, dans un diplôme qu’il délivra à l’abbaye de Malmesbury en 974, s’exprime ainsi sur les abbayes de son royaume : « Aile the monasteries of my rcalm lo the outward sight, are nothing but luorm-eaten and rottentimber and Lourds » — un amas de planches pourries et vermoulues. Mais après la conquête, cet usage se perdit insensiblement et l’on adopta la manière des Normands, celle de bâtir sur arcades, formées de pierres tirées de Caen en Normandie (e).

Il est assez difficile, pour ne pas dire impossible, d’établir quelle était la forme des églises saxones : Beda ( f ) dit que le roi Ethelbert fut enseveli « in portion S. Martini, intra ecclesiam, » phrase qui a singulièrement éprouvé la patience des antiquaires, et qui signifie, à ce qu’il nous parait, sous l’autel ou l’arcade de S. Martin, sans qu’on puisse baser là dessus un système quelconque sur le genre de constructions adopté alors. Le même historien nous fournit ailleurs de curieux détails sur la manière de bâtir de son temps, quand il parle de l’abbaye deWermouth (g), où il fut élevé. Ce monastère et son église furent construits par Benoit Biseop, noble saxon, lequel, après plusieurs voyages en France, en ramena des ouvriers, qui en 675 commencèrent à élever une église en pierres à la mode romane. Après une année de travaux, l’église était assez avancée pour qu’on put y célébrer la messe. Biseop retourna alors en France pour y chercher des ouvriers verriers : ceux-ci fabriquèrent assez de verre en Angleterre, pour qu’ils pussent en adapter à toutes les fenêtres

(a) Vedae Ilist eccles., 1. II, cap. 14, et lib. III, cap. 25.

(à) Anglia sacra, pars II, p. 23.

(c) On trouve une vue de chapelle dans l'Histoire pittoresque de V Angleterre, etc., par de Rojoux et Nodier. Paris, 1835, t. I, p. 70. Les murs d’enceinte sont formés d’énormes troncs de chêne.

(d) Second general Rapp. from the Commissionner s of pub. Hecords, Appendix.

(e) Antiquities of Canterbury, part. I, p 86, éd. de Battely. — Survey of London, vol. I, p. 638, éd de 1754.

(fl Ilist. eccles , 1. II, cap. 5.

U/j Ihst. abbatum Hircmuth et Gyrw, p. 295.

de la nouvelle église; c’est de cette époque que date l’introduction en Angleterre, de l’art de faire du verre (a).

C’est l’évêque Wilfrid qui a rendu le plus de services à l’architecture ecclésiastique des Anglo-Saxons : ce prélat avait de grandes connaissances en architecture; il dirigeait lui-même l’exécution des plans qu’il avait conçus, de commun accord avec les maitres de l’art, qu’il avait su attirer de Rome et d’autres pays, dans l’espoir d’avancement (b). Les principales églises qu’il fit ériger, sont celles de Ripon et de Ifexham. Edda dit dans la biographie de ce saint, c. 17 : « In Hrypis » basilicam polito lapide à fundamentis in terra usque ad » summum aedificatum, variis eolumnis et porticibus sufful- »tum.... erexit. » Un écrivain vivant à la fin du XIIe siècle, et qui vit l’église de S. André à Hexham, en fait la description suivante (c) : S. Wilfrid jeta très-profondément les bases de son édifice et sut y ménager des cryptes avec des chapelles souterraines et des couloirs. Les murs, d’une grande élévation, étaient soutenus par des pieds-droits et des colonnes de formes diverses : trois travées y étaient superposées. Les murs, les chapiteaux des colonnes, le ciborium ou la coupole de l’autel étaient décorés d’imageries et de figures en relief taillées dans la pierre et peintes de couleurs variées. Le corps de l’église était entouré de tous côtés de portiques à étage, qui se communiquaient au moyen d’escaliers à hélice et de galeries ménagées avec autant d'art, qu’un grand nombre de personnes habitaient autour de l’église sans être vues. Il avait fait établir avec le plus grand art des chapelles sous les portiques aux différents étages, où il y avait des autels dédiés à la Vierge et à divers saints.

Cette description que l'on pourrait croire exagérée au reste, est conforme à celle qu’Edda en donne ( d ) et qui déclare qu’aucun édifice aussi beau n’existait en-deça des Alpes. Il est inutile d’ajouter que ce monument était construit modo romano vel romanorum.

Bèdc (e) rapporte qu’un roi des Pietés envoya quérir en 714 à l’abbaye de Weremouth des architectes, qui pussent lui bâtir une église dans ce style.

Alcuin a laissé dans un poëme sur les pontifes et les saints de l’église d’York, la description non moins pompeuse de cette église, elle était aussi ornée de colonnes, de portiques, d’arcades cintrées (curvatis areubus ) et entourée de galeries ou de travées. Un si grand nombre d’églises fut bâti en Angleterre entre l’époque de la conversion des Anglo-Saxons et celle des incursions des Danois, que dans un concile tenu en 816 à Cealc-Hylhc, on arrêta un canon spécial pour la coûta) L’art de la verrerie était si considéré en France, qu’un gentilhomme ne dérogeait pas en devenant verrier.

(b) Eddii Cita S. Wilfridi , cap. 22.

(c) Richard Hagulstard, 1. I, c. 3.

(d) Vita Wilfridi, cap. 22.

(e) Hist. eccl., 1. V, cap. 22.

NOTES ET PIECES JUSTIFICATIVES

sécralion des nouvelles églises, en ordonnant que la figure du saint, auquel elle était dédiée, devait être peinte sur le mur ou sur les autels.

Note 5, p. 5.

Dans les Annales de l’abbaye de S. Pierre à Gand, publiées en 1842 par M. l’abbé F. Van de Putte, on lit : « Anno 618 » b. Amandus in ccclesia Gandae, remotis clericis, calervam » monachoruin aggregavit, quibus ctiam associavil Bavonem... » praeficiens cis abbatem. . Florbertum... et sic palet per » praedictam monachoruin institutioncm in nostro monasu terio Blandinio octo annis praecessisse ordinationem mo- » nacborum S. Pétri Gandensis. Et tradunt nonnulli liane esse » causam quare indicamus nos habere prioritatcm et supcrio- » tatem in processionibus et aliis congrcgationibus. »

Il est certain, si cette prééminence est fondée sur la date invoquée par le chroniqueur, qu’elle est loin d'être établie.

Note 6, p. 6.

Le biographe anonyme de S. Bavon, son contemporain, dit au sujet de Thorholt : « Multum namque itineris spatium » erat atque vastae solitudinis densorum lignorum saltus oc- » cupaverat iter quod erat inter cellam b. viri et monasterium » Turhollense. » Selon De Meyer (an. 745), la forêt de Thorolt se nommait aussi Rcehushcm, aujourd'hui Roxhcm, près d'Oudembourg. Jusqu'à nos jours une des anciennes portes de Gand porta le nom de « Thourout-poort. » S. Bavon fonda un monastère d’hommes à Calmont, dans la Ilesbaie : on en fait mention dans le partage du royaume de Lolhaire (en 870) : il n’existe plus (V. Wastelein, Gaule betg., p. 211).

Note 7, p. 7.

L’invasion des Francs entraîna certainement la destruction de beaucoup de monuments religieux, construits dans le style romain avec une richesse vraiment prodigieuse (a); mais quoique les Francs ne fussent pas à comparer, quant à leur génie pour les arts et par leur aptitude à les pratiquer, aux habitants du nord de l’Europe, qui imitaient avec plus de soin la construction romaine, comme le remarque Ammien (livre 17), « domicilia euralius ritu romano constructa, » ils ne tardèrent cependant pas à élever des temples, par reconnaissance pour les succès que leurs armes avaient obtenus, après la conversion de Clovis en 496. Ce monarque éleva à Paris le couvent de S. Pierre et de S. Paul; à Chartres, celui de S. Pierre; à Orléans, celui de S. Mesmin. En 504, Clovis fit reconstruire en bois l’église cathédrale de Strasbourg, élevée au IVe siècle, sur les ruines du temple d’Hercule par l’évèque S. Amont, et détruite au commencement du Ve siècle par les Barbares. Lors du partage de son royaume, son petit-fils

(a) V. Grégoire de Tours, L. I, c 9, 10, c. 31, L. II, c. 14, 13, 16, 17.

Childebert bâtit en 550, l’abbaye de S. Vincent, depuis S. Germain-des-Près, à Paris. S. Germain, évêque de Paris, en fut l’architecte; cette abbaye était d’une magnificence éblouissante. Clotaire, frère de Childebert 1, bâtit l’église de S. Pierre, à Rouen; il commença à Soissons l’église de S. Médard, qui fut terminée par son (ils. Radegondc, femme de Clotaire, fonda à Poitiers le monastère de S‘« Croix. Chilpéric I, Childebert III, Contran, Clotaire II, ne protégèrent pas moins les arts et fondèrent un grand nombre d’églises. Chilpéric fit meme construire à Soissons et à Paris, des arènes en charpente, où il donnait des fêtes au peuple. A cette époque, c’était le clergé qui s'occupait exclusivement de l’architecture. Léon, treizième évêque de Tours, était un ouvrier très-habile dans Fart de construire en bois. L'historien Grégoire de Tours, luimême, était un grand constructeur. Parmi les autres princes de l'Eglise qui s’occupèrent de Fart de bâtir, on voit Ferréol, évêque de Limoges; Agricola, évêque de Cliàlons-sur-Saone, cl S. Eloi qui exerça l’art de l’architecture et de l’orfèvrerie pendant les règnes de Dagobert et de Clovis II. Il érigea un monastère à Solagnac, près de Limoges, et d'autres à Paris à Noyon et ailleurs, qu'il fit exécuter sous sa direction par ses disciples. S. Éloi, à en croire son biographe, touchait des honoraires pour les ouvrages qu'il faisait exécuter : le même écrivain rapporte qu’il couvrait ses bâtiments de plomb. Un auteur nous fait connaître le caractère général de l’architecture du temps de Clotaire : dans le Diptichon leodiense ex consulari factum épiscopale , etc. (a), on lit que l’église de S. Pierre, â Rouen, fut construite superbement avec un art admirable, en blocs de pierre équarris par la main d’artistes goths, mira ferlur opéré constructa ab artificibus gothis.

Note 8, p. 7.

S. Amand est loin d'ètre le seul missionnaire, qui ait élevé des temples dans le Nord ; S. Orner, nommé évêque de Térouanne vers 638, dans le but d’extirper de son diocèse les dernières racines du paganisme et d'y raffermir la foi, appela près de lui S. Bertin, S. Mommelin et S. Ebcrtran. Leur premier soin fut de bâtir à Térouanne une belle église en pierres et en briques, consolidée à l’extérieur par des colonnes, et ornée à l’intérieur de lames d’or et de mosaïques : « Quo in loco sanctus vir tantum in Dei nomine sudavit, uf » primitus nobile templum lapidibus rubrisque lateribus in- » termixtum, in altum erigerct : cujus ex vicino columnae, » quarum capitibus singulis imposita tesludine, utramque » parietem firmiler sustentant; nec minus interius oratorii «pavimenta multicoloris petrarum junctura, quae pluribus » in locis aurca infigunt lammina decentcr adornavit. Cujus » tcmpli strucluram qui forte velit prae oculis inspicere pote-

tn) Par Alexandre Wiltlieim. Liège, 1G39, in- folio.

NOTES ET PIÈCES JUSTIFICATIVES

» rit. u Ce monastère et son oratoire ont subsisté jusqu’en 1479, époque où ils furent incendiés par les Anglais (V. Chronique de S. Berlin, p 17. Collection des documents inédits de l’hist. de France). Nous ferons remarquer, comme un trait distinctif des mœurs monacales de ces temps, qu’en 820, l’abbé de S. Orner, Fridogisus, obtint l’autorisation de chasser dans les forêts de Sitliiu, dépendantes du monastère, « sub occa- » sione librorum tegendorum vel manicarum (gants) ad usus >> fratrum faciendarum, sed eredibilius est, ad suae vanitatis » ludibrium exercendum. » (Cart. sithiense, p. 75).

L’église de S. Orner renferme encore plusieurs objets, qui offrent le plus haut intérêt archéologique; nous ne citerons que les intéressants débris de l’ancien pavement, en style roman; l’ancien tombeau de S. Orner; un autre encore, en forme d’auge, qui se trouve dans le chœur, dans la travée gauche, etc.

Note 9, p. 7.

Vitruve,en parlant de l’appareil nommé emplvcton (moellon), dit que de son temps les maçons voulant aller plus vite en besogne, redressaient les moellons des parements :« ... cele- » ritati sludentes, ereeta coria ( rangées de brigues) locantes, » frontibus serviunt et in medio farciunt fraclis separalim » eum materia cementis... » (Liv. II, chap. 8). Ne dirait-on pas que Yitruve, par ces mots crecta coria, a voulu désigner l’appareil en feuilles de fougères? Quoiqu’il en soit, cette disposition inclinée des moellons peut avoir eu pour but principal non une ornementation, mais la solidité du parement; l’inclinaison oblique des moellons les uns sur les autres, leur donnant réciproquement des points plus solides que dans leur superposition à plat à cause du mortier. Cette disposition est un des caractères propres au style roman pur; elle est mise en usage tantôt sur de grandes surfaces, comme à Balagny, Frocourt, Ansacq, Ully-S. -Georges, Sacy-le-Grand, S. Quentin-des-Prés (villes de l’ancien Beauvoisis); tantôt limitée çà et lù au niveau de quelques assises, comme à Anviller, à Bonnières et à Catenoy; ou enfin rudimentaire, formée par quelques moellons inclinés obliquement les uns sur les autres, ainsi qu’on le voit sur la tour d'Estrées, à Canly et à Mirlemout. Cette disposition, habituellement irrégulière, était entremêlée de quelques assises horizontales. C’est cette dernière disposition que l’on remarque dans les murs de S. Bavon.

Note 10, p. 10.

Voici les diverses dénominations que l’on donna à l’abbaye de S. Bavon avant cette époque :

« Monasterium sancti Pétri, sanctique Bavonis, » dans la bulle du pape Eugène I, du 22 février 655, bulle réputée apocryphe.

« Monasterium quod dicitur Ganda, » dans la charte de Louis-le-Débonnaire, du 12 avril 819.

« Monasterium S. Pétri et S. Bavonis, » dans une charte de Charles-le-Chauve, du H octobre 864.

« Monasterium in vico gandavo » : le roi Lothaire, Il décembre 958.

« Monasterium sancti Pétri, apostolorum prineipis » : 5 mai 967, du même monarque.

« Coenobium sancti confessoris Christi Bavonis»: 21 janvier 974, de l’empereur Otton II.

<■ Monasterium Ganda, constructum in honore S. Pétri » : 18 janvier 976, du même empereur.

« Monasterium sancti confessoris Christi Bavonis » : 19 janvier 976, du même.

« Monasterium Gand. prope fluenla Scaldi fluminis ubi » idem amnis Logic flumini iungitur; » 22 mars 977, du même; 5 février 1005, de l’empereur Henri II, et 28 mai 1040, de l’empereur Henri III.

« Coenobium Gandense » : 1019-1030, lettre de l’abbé Olhclbold.

« Ecclesia sancti Bavonis » 14 septembre 1096, de Radbode, évêque de Tournai.

« Monasterium S. Bavonis, » 1105, de Baldérie, évêque de Tournai.

« Claustrum S. Bavonis, » 1120, de Godebald, évêque d’Utrecht.

Dans le 6« vol., p. 502 (Paris) du Précis de la géographie, etc., de Maltebrun, il est dit au sujet du mot Gand, ce qui suit : « Gand, en ancien Scandinave, signifie magic, sorcellerie (Y. Landnama-bok, vocabulaire, au mot. Worm. spec. Lexici runici, p. 83), Gand-reid, équitation magique; ib. Gand, alfar, esprits et magiciens, qui passent sur l’eau sur des bâtons enchantés; ib. Gand-crka et Gand-hid, boite pour garder les instruments de magie; ib. Ganas, en bas-breton, signifie trompeur (Bullet). Enganna, en espagnol, inganno, en italien, tromperie, fraude; Gautier, en allemand, escroc, trompeur. »

Note 11, p. 13.

« L’usage autrefois recommandé par Origène, Ambroise, Augustin et Chrysoslôme, de payer la dime au clergé, à l’exemple des Hébreux, se consolida généralement. Il fut déclaré dans le concile de Tours (567) que tous les fidèles devaient la dime destinée à être employée par les évêques au rachat des prisonniers. Celui de Maçon (585) ordonna ensuite de la payer aux ministres des églises, selon la loi de Dieu et la coutume immémoriale des chrétiens, sous peine d’excommunication. Cet impôt ne devint néanmoins d’une perception régulière qu’après Charlemagne, qui y soumit tous les propriétaires, sans en exempter les administrateurs des biens de la couronne (779). »Cantu, Hist. univ. 7, p. 594. — Au Xe siècle, le produit des dîmes était déposé dans les églises de campagne, qui servaient ainsi de granges. Théodulf, évêque

NOTES ET PIECES JUSTIFICATIVES

d'Orléans, le défendit (Serm. opéra, t. Il, col. 926). La même défense fut portée par le quatrième concile de Milan.

Note 12, p. 13.

Dans ces temps le sanctuaire, sacrarium, des basiliques, était placé au milieu du temple et séparé du chœur des chantres par trois marches et par le chancel ou balustrade, formée de grilles en fer ou en bois {cancellé), ou de tablettes en marbre rehaussées de sculptures et de mosaïques. Ces tablettes étaient surmontées de pilastres, auxquels on suspendait des voiles ou tapisseries ( aulaca ), qui cachaient le sancluaiie pendant une partie de la célébration des saints mystères. Ces voiles rappelaient la clôture du saint des saints dans le temple de Salomon. Cet usage de clôturer le sanctuaire ou le chœur se perpétua assez longtemps : souvent l’on voit dans les églises du côté du maitre-autel, des anneaux placés aux parements latéraux des pieds-droits. Ils servaient à soutenir les tringles pour suspendre les draperies : on peut en voir dans le chœur de la cathédrale ù Gand.

Note 13, p. 21 .

L 'hérédité du comté de Flandre apparaît dès son origine, comme principe constitutif, consacré par Charles-le-Chauve en 877. « Si cornes de isto regno obierit, cuius filius nobis- »cum sit, filius noster cum caeteris fidelibus nostris ordinet » de his qui eidem comiti plus familiares propinquiores fue- » runt, qui cum ministerialibus ipsius comitatùs et cum epis- » copo in cuius parochia fueril ipsum comitatum praevideant » usque dum nobis renuntietur, ut f ilium illius qui nobiscum ncrit, de honoribus illius honoremus. Si autem filium parvui> lum habuerit , isdem filius eius cum ministralibus ipsius » comitatùs et cum episcopo in cuius parochia consistât, eum- »dem comitatum praevideant, donec obitus praefati comitis » ad notitiam nostram perveniat et ipse filius eius per nostram » concessionem de illius honoribus honoretur, etc. »V. Walter, Corpus juris Germ. antiqui, t. III, p. 2l5, art. 5.

Note 14, Ib.

Ce n'est que sous réserve que nous annotons ce fait, puisque Miræus donne une charte de l’archevêque de Reims , Ebbo, datée de « circa annura 842, «par laquelle il fait don au comte Baudouin Bras-de-Fer, des mêmes reliques. V. t. I, p. 22.

Note 15, Ib.

Les archives de la ville de Gand viennent d’acquérir dans la vente des livres de M. De Mulder, d’Audenarde, un exemplaire des Gandavensium rerutn libri sex, de Sanderus, annoté par le savant curé J. L. Roothaese; nous y trouvons la note suivante :

« Hanc saxonicam translationcm factam an. 785, his verbis » refert Paulus Aenilius (?) : eruori, nominique peperit (Caro- >> lus M. imp.) utque sub oeulis essent observarique facile

» possent, nobilitatcm, et in quibus aliquid dignitatis eluceret,

» cum libris uxoribusque traduxit in Galliam belgieam, Occani » ora ad in eolendum eis data. — Ex his aliqui Gandavum, nt

» hic ait Sanderus, transferri potuerunt; cerle nobilein

»apud Gandavenscs familiam, ex his Saxonibus oriundos con- » stans est adhuc multorum tradilio. Sed aut illos Saxones a » Carolo Magno his translatos, alios Saxones antiquiores » Gandavum a sacculo V*°... incoluissc mihi quidem omnino » apparet verosimilc. Irruppcrant hi tam alias saepè, tum » praecipue cirea an. 406 ante Vandalos in Galliam, et in » Bclgicà secundà loca Flandriae maritimae, et confinia quae- „ dam etiam introrsum occupaverunt Vandalis, an. 410, pro- » lligatis ab federatis Armoricis et Francis codera foedere isli » Saxones, ut amici viciniquc Francorum fuerunt fortassc com- «prehensi; saltcm quac occupaverant loca sive paeto, sive » vi, relenuerunt; undè factum, ut totum illud Oceani litlus, » quod Armoricum, antè dicebatur, in notitia imperii vix » 28 annis post haec editù, et alibi passim vocatum fueril » Saxonicum. His Saxonibus... Anglis circa an. 449 in Brita- » niam trajicientibus succcsserunt deinde 1 Varni atque Frisii, » qui tandem an. 595, a Childebcrto juniore, Austrasiac, Bur- » guindiaeque rege, penitus eversi fuerunt. Et quamvis nemo, » quod sciam, Warnos, Frisios et istos Saxones Gandavum in- »coluisse memoret, movet (?) indè tamen, ut id credam, quod » Gandavum, Sandero teste, legatur olim fuisse in pago Fri- » siae maritimae, et quod constet ex Chronico Bavoniensi, » quatuor Ambachta, quorum erat metropolis Gandavum , » certo fuisse ditionis Frisiorum, ad quorum episeopatum » Ultrajecti circa an. 695 institutum usque ad ereetioncm » novorum in Belgio Episeopatum pertinuerunt, ac proindè » si Gandavum quondam fuerit in pago Frisiac maritimae, si » metropolis fuerit quatuor Ambachtorum, quae certo fuerunt,

» ditionis Frisiorum; probabilissimè citur ipsum quoque

» Gandavum fuisse in ditione Frisiorum et ante Frisias etiam » Saxonum, cum Saxonibus, ut dixi, Frisci cum Warnis suc- «cesserint. Haec de Saxonibus, Warnis, ac Frisiis intricata » alioquin enucleatius explicat Bücheries, in Delg. rom., 1. 15 et 14. »

Il a paru depuis peu de temps un intéressant mémoire de M. Resseeuw, jurisconsulte distingué à Oostbourg, sur les limites de l'ancienne Flandre; voici la conclusion qu’il prend sur cette question : « Dat voor Vlaanderen en Zeeland geene » andere limiet bestond of oit had bestaan, dan de Schelde- «stroom, die wij thans de Westcrschelde noemen , en die » door velen als de Heijdenzee is besehouwd. »

Note 16, p. 27.

« Statuimus ne quis canonieus in ecclesia vel atrio eccle- » siae vel in plateà juxta ecclesiam ludum taxillorum vel alea- »rum, vel quemeumque ludum illicitum audeat exercere; »quod nullus publicè tabernam frequentet; aut publieè tcncat

NOTES ET PIECES JUSTIFICATIVES

» conculdnam, ne quis spectaculum corporis sui ludibricum « faciat; et quod pileum île floribus non portent publicê; sed » ita honestè et maturè incedunt, quod ex gravitate itineris «mentis majestatcm ostendant, etc. »( Spicil . d’ A chéri, t. III, p. 02 1.

Note 17, p. 27.

Voici ce que Mr D. Ramée, dans son Histoire générale de l'architecture, t. Il, p. 107, n° 142, dit à cet égard.... Les Bénédictins seuls cl uniques dépositaires de la science et des arts pendant une longue période de temps, ont dû s’occuper spécialement d’architecture.... Jusqu’au XIIe siècle, ils furent les architectes de presque toutes les églises élevées en Occident.

No 144. Lorsque les moines de S. Benoit élevaient des églises pour les évêques ou pour les paroisses, ils suivaient la forme adoptée pour ces monuments; mais ils ne s'écartaient jamais du type consacré pour leurs propres églises abbatiales; une ou deux tours s’élevaient à l'occident, une autre sur l’inlerrection de la nef et des transepts, et deux autres flanquaient le chœur 5 droite et à gauche. Telles sont les églises de Cluny, etc.

Note 18, p. 29.

Nous avons trouvé la mention de plusieurs magistri dans les chartes de l’abbaye :

En 1121, Odfridus, magister.

Albricus,

id.

Walter,

id.

Joannes,

id.

Lennothus,

id.

Arnould,

id.

Razo,

id.

Note 19, p. 55.

1 n nomine domini Dei et salvatoris nostri Iliesu Cbristi. Otto divina ordinante providenlia imperator augustus. Quum superna dispensante gralia videmur ceteris mortalibus supereminere, oportet ut cuius precedimus numéro eius sludeamus rnodis omnibus voluntati parère. Nain et liiis quibus nos scimus divinitus preesse debemus in quibuslibet ncccssitatibus prodesse, et iustis peticionibus servorum Dei quas suc quietis vel subsidii causa suggererc vidclur libenter obaudirc. Igitur noverit sagacilas et inilustria omnium fidelium nostrorum tam presentium quam futurorum quum cum benigno superne miserationis respectu optata cunctis mortalibus in imperio regni gauderemus pacis tranquillitale plurimis sepe nobilibus viris extraneis videlicet et domesticis nostrarum rerum administratoribus innotescentibus pervenit ad nos opinio monasterii gandensis propc fluenta Scaldi fluminis, ubi idem amnis Lcgie flumini iungitur, a sancte recordationis ponlilice Amando in primitus fundati et in honore bealissimi

aposloli Pétri construeti et consecrati in quo inclitus Christi confessor Bavo requieseit cuiusque rector et abbas ad presens dinoscitur esse Deo dévolus vir Womarus. Comperientes et idem eenobium sancte religionis vigore pollere salis ydoneum sumus arbitrati aliquid ulilitalis servorum Dei in prefalo loco militantium nos prospicere, qualiler scilicct eorum caritatis firmitati possemus commendari et propensius animos ipsorum ad nostram invitaremus dilectionem. Proinde sempiterne retributionis premio nostreque salutis augmento omnium exactiones theloneorum, que hactenus per diversa municipia oppida vel castella vel per quelibet loea regni vel imperii nostri ex omnibus viris predicti monasterii exigebantur , penilus indultas et remissas esse volumus. Quam videlicet remissionem ut noverit omnium fidelium nostrorum presentium et futurorum universilas a nobis plenissime constitutum super ea hoc nostre emunitatis preccptum Ceri iussimus per quod ordinamus et precipimus ut nullus iudex vel cornes noster nec quislïbet ex iudiciaria potestate nostris et fuluris temporibus dcinceps aiiqualenus homincs predicti loci sollicitare vel inquictare présumât, alicubi pro aliquo tlieloneo tam navigio quam carrigio pontatico vel rotalico , sed qnociens pro ulililatc loci et fratrum supra memoratorum aliquos dirigi eontigerit per diversa loca imperii nostri cunlibus et revertenlibus bac nostre preceplionis auctoritate munitis absque ulla sollicilationis inquietudinc negocium suum liceat excerccre quatinus ipsos servos Dei pro nobis et coniugc proleque noslra atque stabililatc tolius imperii a Deo nobis concessi atque conservandi liberius et devolius iugiler dominum exorarc dclectet. Et ut bec auctorilatis constitutio domino protegente finclenus valcat inconvulsa pcrmancre manu propria subter eam firmavimus et anuli nostri impressione signari iussimus.

Signum domni Oltonis invictissimi imperatoris augusti.

Egbertus cancellarius ad vieem Willigisi archicapellani notavi.

Datuiu X kal. april. anno dominicc incarnalionis DCCCC LXXVII. lndictione V, anno vero regni domni Ottonis XVI, imperii X°. Actum Novimago. — (22 mars 977).

11 est assez singulier de rencontrer ici un S. Colomban, abbé irlandais, venant mourir en 959 à l'abbaye de S.Bavon. Le chroniqueur n'aurait-il pas confondu deux époques bien distinctes? Car l'histoire fait mention, à l’année 585, d'un autre Colomban, aussi Irlandais de naissance et également béatifié, qui vint en France avec plusieurs religieux de son monastère pour y prêcher. Il voyagea de l’Ouest à 1 Est et prêcha partout avec un succès prodigieux, fonda même plusieurs monastères célèbres et mourut à Robbio, en Italie, le 21 novembre 615 (V. Cours d’hist. mod., par M. Guizot, p 266, éd Brux., 1839).

Nom ET PIECES JUSTIFICATIVES.

Note 21, p. 46.

Le tuf ou tufeau est une espèce de pierre calcaire, poreuse et légère, se taillant facilement; on l’employait de préférence ù la construction des voûtes. Dans l’architecture romane le tuf et le grès servaient avec la lave, le marbre ou la brique, ù faire des mosaïques à l'extérieur des édifices : « Au nombre des matériaux les plus caractéristiques, je citerai la brique et le tuf employés avec prédilection depuis les Romains jusqu’au XIIIe siècle et surtout pour les revêtements extérieurs et les voûtes, » dit Oudin dans son Archéologie chrétienne, p. 138. Le tuf employé dans la construction de l’abbaye de S. Bavon, provenait d’Andernach, sur le Rhin, où il est encore exploité. Les relations entre ces contrées et la Flandre ont toujours été très-suivies.

Note 22, p. 47.

« On est bien forcé d’admettre que dès les premiers siècles de Père chrétienne, les Romains se sont servis de vitres pour clore les fenêtres. Nous ferons observer seulement que les ouvertures, dans les maisons latines, étaient rares et étroites, et que l’emploi du verre ne devait pas exclure l’usage des pierres spéculaires, telles que l'albâtre, le talc, le lapis pliengitès.... Quand les fenêtres n’étaient pas closes avec ces matières, c’était par des espèces de treillages, « transennac, » analogues à nos jalousies, ou par des planchettes disposées comme les abat-vent de nos clochers. Souvent la fenêtre était garnie d’une matière translucide; on se préservait alors contre les ardeurs du soleil en tirant des rideaux, vêla, devant les fenêtres. » (Batissier, Hisl. de l'art mon., p. 646).

Note 23, p. 48.

La butte Sle Croix, nommée dans la suite mont de S. Pancrace et en dernier lieu de S. Machaire, se trouvait à cent pas de la route de Termonde au faubourg de la porte d’Anvers, suivant le curé de Laerne, J. Schatteman, qui écrivit en flamand la vie de S. Machaire vers 1641. On y voit encore, dit-il, un autel â demi-ruiué, où l’on plaçait les reliques de S. Machaire, durant le sermon qu’on y faisait publiquement. Nous avons trouvé sur une carte dressée en 1751, le 28 mars, par P. J. Benthuys (n“ 399 de l'Inventaire des cartes des Archives de la Flandre orientale), l’indication du S. Mont de S. Machaire; il n’était en effet qu'à quelques pas de la roule de Termonde, presqu'en face du chemin, qui conduit aux prairies dites Heirnesse. Ces monticules sont également figurés sur la vue de la ville de Gand faite en 1334, à la gauche de la porte de Termonde; elles ont disparu aujourd’hui.

Note 24, Ib.

Extrait du MS n° 150, no 9, p. 176, de la Bibl. de Gand . — « Quo sacra S. Bavonis détecta sunt membra ac ordine » supra memorato reposta , adiit hoc gandense coenobium * quidam magnae gruvitatis vir, cum coeuntibus sibi aliis

» tribus, qui se quidem Macharium nominc Antiocbac vero » archiepiscopum fatebatur.... qui bénigne satisque hospi- » talilcr susceplus , ob devolionem sanctae convcrsationis, » fraternae societatis est admissus.... cumque portus com- » migrasse! viciniac, pedum inflatione corripitur, ac lectulo » delinetur. Et cum per dies aliquot languor ingravesceret, de » vita dcsperalur. Ad monasterium itur, ut revelicretur. Pc- » nesque nos aliquaradiù iacuit exanimi similior. Et ccce in » tempestate noctis cuiusdam silenlio, non gravalus quidem » somno, S. Bavonem videt sibi assistere, bisque verbis com- «pellarc : Surgite, ail, monasterium ingredere {il n'était » donc pas loge dans le monastère), et quae videris innotesce. » Qui ut sibi videbatur, surrexit, monasterium intravil, et ante » S. Altarc sedentes utriusque sexus repperit sanclos. Ex quo- »ruin confcssione ut sibi videbatur S. Bava; se subrigens ex- » tensa manu cum tenuit et extra limon lempli eduxil, p une que » altarc S. Pétri a S. Amando olirn dicatum, stare pracee- » pit (ainsi en 1014 cet autel existait encore). Ubi dum » oppcrirctur eosdem sanctos sibi cum cerreis ad hoc ipsum «altarc approximare videt, quos ob nimiae claritudinis fulgo- » rem vix intueri valebat. Ilorum ammonitu roboralur, et » ut de reliquo sanus persistât cercioratur. Ex quorum collegio » S. Landoaldum agnovit infulalum.... qui statim mane sa- » nissimus surrexit, quae viderat innotuit... sicquc nobiscum » per spacia quinque mentium commoratus, patriam ilerato » deliberavit adiré.... sed quoniam eo anno pestilentiae im- « manitas quam plures immo innumerabiles in gandensi pago « ammirabili plurimisque annorum curiculis ante inaudita » vcl visa, invaserat subitatione, simul huius beatificanda » atligit membra. Qui ea lactus gravedine, signis ac nutibus, » quibusque valebat acsi praesagiret intimarc curavit eloquiis, » se quidem ipsa finiendum moleslia, plagamque imminentem » post haec cessandam , quod postea rci probavit eventus.

» Accersitoque pâtre monasterii venerabili videlicet abbate » Eremboldo, simulque cunclis fratribus, comam capitis, bar- « bamque sibi tondi omnimodis exorat, partemque barbae » malri, in exteris regionibus relictae, sollicité rogavit mitti...

» His rite exactis, comitantibus nobis, criptam, scilicet orato- « rium S. Mariae ingreditur, baculoqne suae sepuiturae mon- « stravit locum, ibique se terris commendari iussit. Moxque » eadem nocle niinia praeventus corporis moleslia defungitur » vita... post eius quoque discessum, iuxta tanti viri condic- » tum, plagae mortalitatisque cessavit immanitas — Allatus » ergo in cripta S. Mariae ac in loco a se praeelecto tumulatur » honorifieè, ac oblationibus fidelium, ut pote vivus, sic vene- » ratur defunctus, anno autem dorninteae incarnationis 1012, «indictione décima, concurrentibus duobus, quarta idus «aprilis, obiit hic sanctus.... »

Note 23, p. 48.

Le chroniqueur Thielrodc dit, en parlant de cette inhu-

NOTES ET PIÈCES JUSTIFICATIVES

ination : « Sepullus est ante basilicam sancti Benedieti. » En prenant le mot basilica dans le sens rigoureux, on pourrait eroire que dans l’enceinte de l’abbaye il existât une chapelle ou un oratoire dédié à S. Benoit; mais il est constant que dans bien des anciennes chartes l’autel est appelé basilique , ainsi que les châsses, les reliquaires, peut-être parce qu’on avait l’habitude de leur donner la forme d’une église. Les reliquaires étaient nommés aussi basilicules : nous devons ajouter cependant qu’on a désigné quelques fois par basilique les chapelles sépulcrales; mais ce n’est pas dans le sens que Thielrode a employé ici ce mot, puisqu’il dit que l'enterrement eut lieu devant la basilique et non dans la basilique.

Note 26, p. 51.

Ce comte avait cédé aux chanoines de Ste Pharaïlde le droit qu’il s’était réservé (probablement dans la charte qu’il avait accordée aux habitants de sa nouvelle ville) de diriger les écoles ou tout au moins l’exercice de ce droit. Depuis lors ces chanoines eurent seuls le droit d’ériger des écoles ù Gand. En 1178, l’église de Stc Pharaïlde et ses archives, où se trouvait peut-être la Charte ou la Keure du comte Arnould, ayant été détruite par un incendie, les Gantois lui contestèrent ce privilège, quoique Philippe d'Alsace l’eut renouvelé. L’affaire fut évoquée par Guillaume, archevêque de Rheims, qui décida que le regimen scliolarum appartenait aux chanoines. Après la mort du comte Philippe, il fut stipulé dans le diplôme de la reine Méhault, de l’année 1192, par l’art. 15, que toute personne qui en aurait le vouloir et les moyens, était en droit d’ériger des écoles à Gand. Mais il paraît que cette clause fondamentale de la liberté de l’enseignement resta sans effet, puisqu’on 1235 la comtesse Jeanne était en possession de la maîtrise des écoles de Gand, qui se trouvaient près de l’église de Ste Pharaïlde; maîtrise qu’elle délégua ù ce chapitre.

Le concile général de Lalran, de l'an 1215, s’explique assez clairement sur les matières qu’on devait enseigner dans les écoles : dans les églises cathédrales et collégiales, le chapitre choisissait un maître pour enseigner la grammaire et les autres branches de l’instruction moyenne. L’enseignement était gratuit, le maître était rétribué par le revenu d’une prébende. Le concile général de 1179 avait déjà ordonné de nommer un maître dans tous les monastères, afin de pourvoir à l’instruction des pauvres clercs.

Note 27, p. 57.

Ce fut le pape Grégoire VII qui interdit le mariage aux prêtres vers 1094 : « An. 1074, dit Meyer dans ses Annales, » scisma ortum propler sacerdotum matrimonium a Grego- » rio Vil0 inhibita ; quam prohibitionem alii bonam ac piam, » alii vero impiam ac contra Evangelium esse contendebant. » Cette défense donna lieu à des scandales; les prclres entretinrent des concubines « focariac » : et l’on s'habitua peu à peu à voir les curés et les prêtres se présenter devant les

échevins pour y reconnaître leurs enfants naturels et pour assurer un sort aux femmes qui vivaient publiquement avec eux. Diericx donne un grand nombre d’extraits d’actes qui le constatent. V. Mém., t. II, p. 100, note 1.

Note 28, p. 59.

Thielrode dit : « Sepultus est in anleriori choro versus «conventum. «Je m’explique assez mal ces mots anleriori choro; cela veut-il dire en avant du chœur, ou dans le chœur antérieur? ce qui ferait supposer l’existence de deux chœurs, disposition qui n’est pas sans exemples, car il existe quelques églises anciennes qui ont deux chœurs, un à chaque extrémité opposée. Singularité ou anomalie qu’on a voulu expliquer par le changement A' orientation de l’église, ce qui n’est guère admissible, puisque la fondation de ces églises ne remonte pas au-delà de l’époque très-reculée où l’orientation est devenue la règle générale. Le chœur était dans la nef en avant du transept, c’était la règle; mais lorsque l’usage prévalut de prolonger les nefs latérales de manière à permettre la circulation tout autour de l’église, cet ordre fut changé, le chœur fut avancé vers le centre de l’église.

Note 29, p. 60.

Ex liber Floridus, p. 106 v. — « Privilegium Pascalis pp. » quod fecit imperatori Henrico de investituris episcopatuum » et abbatiarum.

«Pascalis eps. servus servorum.... karissimo Ileinrico » Theuthonicorum régi... illam igitur dignitatis prerogativam » quam predeeessores nostri vestris predecessoribus. ... con-

» cesseront , nos quoque dilectioni tuae concedimus ut

» regni tui episcopis et abbatibus, libéré prêter violentiam et » symoniam elcctis, investituram virge et anuli consecras. » Post investituram, vero canonicam consecrationem accipiat » ab episcopo ad quem pertinuerit. Si quis a clero et a populo » prêter tuurn assensum electus fuerif, nisi a te investiatur, » a nemine eonsecratur. Sane episcopi et archiepiscopi liber- » tatem habeant a te investitutos episcopos et abbates canoniee » conservandi... An. verbi incarnali 4, xi kl. marcii 1104.

» Concessio pp. Pasclialis de investituris episcopatuum.

» Dns. ppa. Paschalis concedit domino imperatori Hein- » rico..., episcopo vel abbate libéré electo sine symonia, as- » sensu imperatoris, quod dominus imperalor eum anulo et » virga invesliat ... ut abbas ab imperatore investitus libéré » accipi et consecrationem ab episcopo ad quem pertinuerit. » Si quis vero a clero et populo eligatus, nisi ab imperatore » investialus, a nemine consecretur. Et archiepiscopi et epis- » copi libertatem habeant consecrandi ab imperatore inves- » titos. >>

Note 30, Ih.

N° 89 de lie cl. S. Pétri in Gandavo, Dlandinium dicta. — « An. 1117, ecclesia S. Pétri in Gandavo, jamdudum tam » regulari districtione , quant liberalium artium nobilitalâ

NOTES ET PIÈCES JUSTIFICATIVES

» erudilione, adeo tune temporis ab utroque pastorum incurià » deciderat, ul inibi cernci'es tocius dissolutionis conlluxisse » sentinam, per honorabilem virum Arnoldum, ejusdem mo- » nasterii abbatem, reilluminata est. Qui de nobilioribus lo- » cius Bracbantiae oriundus, electione concordi fratrum, in » abbatem consecratur. Dum ab omnibus de reiigione despe- » raretur, cepit prudenter penes se tractare, vitulos indomilos, » contra stimulum discipline semper rccalcitrantes, sub jugo » regularis normae, aratro dominico non facile posse coap- •> tari. Quod ut quomodo posset, patrem Lambertum consu- » lit (abb. de Sithiense). Adeunl ambo Balduinum puerum et » Clementiam matrem, qui Flandris preerant, ut mergenti » Petro et salvum me fac clamanti, cum Domino manum ex- » tendant — ne dubitatis, inquit, modicac fidei, de nostro » auxilio, quod, opitulante Deo, vobis in omnibus aderit tem- » pore oportuno. — Sicque dispostis quae necessaria erant » itineri, prefixo die, cornes, Johannes episcopus, pater Lam- » bertus, cum 12 suis fratribus, Gandavum conveniunt, illis,

» more filiorum, frustrii trementibus, et adventui nostro ce- » dentibus. »

N° 90. « Quorum adventum quidam corum ex prioribus jam •> antea prenoscens, in somnis se vidisse testatus est quosdam » incognitos in clioro Te Deum laudamus ab initio usque ad

» linem canlantes, etc Cujus visionis presagium futurorum

>> pretendebat eventum : nam b. opitulante Bertino, miseratus » est Dominus populo suo, et hereditatem suam non despexit » in S. Pétri ccnobio. Ubi adeo et tune et postea fervor regu- » laris incanduit, ut superexcelleret in reiigione omnes eccle- » sias, a quibus ea tempestate admissa est correctio. Que et « a cenobitis S. Bavonis, lieet coactis, non multo post tem- » pore, suscepta, et a nonnullis aliis Flandrarum monaste- » riis est incepta, sed ipso pâtre, pro intirmitate et senecla ■> debilitatio , cepit tepescere et pene usque in defectum » languescere. «

N° 91. De correclione ccclesiae S. Remensis. — « Correctis >> igiturprope cunclis tocius monarchiae Flandrarum cenobiis,

» ad gallicanum coturnum bumiliandum regularis extenditur » ferula, etc. » (Cartul. de S. Bertin, publié par Guérard. Coll, des Cart. de France).

Lors de la construction de cette tour, un ouvrier eut le malheur d’en tomber. Il échappa à une mort certaine en invoquant S. Bavon (V. Acta Sanct. Belg. select., t. II, p. 372, n° 113). Le même miracle arriva ù S. Bertin, par l'invocation de ce saint, dans une circonstance analogue. Nous voyons dans le Cartularium Sithiense, par Folquin, 1. 2, la mention d’un autre miracle, qui arriva aussi à S. Bavon. Nous n'en faisons ici l’observation, que pour prouver que les chroniqueurs, dans bien de circonstances, n’ont fait que se copier, surtout quand la relation d’un fait surhumain pouvait aug-

menter la renommée des saints, reposant dans leurs monastères.

Note 52, p. 65.

In nominc patris et fdii et spiritus sancti. Ego Theodericus gralia Dei Flandriarum cornes, preseulibus et futuris manifeslum esse volo, quod abbas Everdeius et conventus sancti Bavonis sepe et humiliter me convencrint, quatinus in libéra et antiqua possessione sancti Bavonis a termino quem Iloclaer appellant omnem vacanlem terrarum continenliam versus Everchcm liceret eis nostro assensu suis usibus ad omnem sue ecclesiae utilitatem adaptare, videlicet omnem hanc terram fossato et sepi cingere; domos necessarias construere, aqueduetum a Gundinisgrabt et undecumque ad curiam suam derivare, omniaque quaquaversum circa iacensia eo quod de libéra sancti Bavonis possessione sunt, in quascumque utilitates suas redigere. Unie sane eorum peticioni ex consilio baronum meorum atque venatorum, et maxime ob honorem Dei et pro salule animac meae et predecessorum meorum, assensum dedi; quatinus nostru Iicentia, curiam, domos, fossata, sepes, aquaeductum, molendina, et queque alia ecclesie necessaria construerent, alerent, et libéra et inconvulsa in perpetuum haberent. Igitur ut haec firma permaneant, cartam hanc sigillo et nominis mei auctorilate confirmavi; testesque présentes adibui. Quicumque banc infringere temptaveril, iram Dei et sancti Bavonis et omnium sanctorum incurrat nisi cito resipiscat et ecclesie satisfaciat. Testes, Razo butelir de Gavere, venatores Tanquin, Arnolth, îo forcslarius, hvain de Alost, Steppo, Uivin castellanus, Gervasius de Prat, Eustacius de Gremmine, AValterus Crauvel AViricus, Willelmus scoltetus, Hugo et frater eius Erth, Eggebertus scoltetus, Gozuuinus scoltetus.

Nous avons dit au commencement de cet Aperçu que les anciens évêchés avaient été formés de circonscriptions territoriales fixées par les Romains , qu’ainsi la civitas Viromandvorum fut transformée en évêché de Noyon, qui s’étendait alors sur toutes les Flandres actuelles et le Hainaut. Au XII» siècle (1146), la civitas Turnacensium en fut distraite, à cause de sa nombreuse population, et érigée en évêché à part, dont Anselme fut le premier titulaire.

Le comté de Flandre eut plusieurs diocèses: 1° de Tournai, pour l’ancienne Ménapic ; 2° de Tcrouanne, pour les Morins; 3° d'Arras, (jour la civitas Ailualica, réuni jusqu'en 1094 à celui de Cambrai (ces diocèses et celui de Noyon étaient suffragants de l’archevêque deRheims); 4° d’Utrecht, comprenant les frontières septentrionales de la Flandre, le long de 1 Escaut occidental et la Zélande; il dépendait de l'archevêché de Cologne.

Pour l’intelligence de quelques pièces que nous rencontrerons plus tard, il ne sera pas inutile de rappeler ici un passage

1 os

NOTES ET PIECES JUSTIFICATIVES

de l 'Histoire de la Flandre, par M. Warnkœnig (t. Il, p 529). « La séparation entre la France et la Lorraine parait n’avoir exercé aucune influence sur la démarcation des diocèses de Tournai et d’Utrecht sur la rive de l’Escaut occidental. L’évcclié de Tournai comprenait le pays de Waes, qui relevait de l’Empire, tandis que les Quatre Métiers, qui appartenaient également à la Flandre impériale, étaient soumis, presqu’en entier, ainsi que la ville de Biervliet, il l’évêque d’Utrecht, qui éleva même des prétentions à l’autorité spirituelle dans la ville de Bruges en 1070. D’autres questions de limites entre les deux évêchés furent décidées en 12(14 par une sentence arbitrale, qui attribua à celui de Tournai les paroisses de Watervliel, Caprycke et Lembeke, situées endehors des Quatre Métiers, celle de Ilemere, partie de la seigneurie de Biervliet, Moerbeke, au pays de Waes, Saeftingen, Stc Marie, seigneurie particulière, et dans le Métier de Bouehautc, les paroisses de Bassevelde et d’Oost-Eecloo... Le monastère des Guillemins fut laissé au diocèse d'Utrecht; il était situé dans le poldre actuel de S. Christophe, à Walervliet. Ces cinq évêques étaient entièrement indépendants du comte de Flandre, qui n’avait légalement aucune influence sur leur élection; comme seigneurs temporels, les trois premiers évêques étaient soumis au roi de France; ceux de Cambrai et d’Utrecht aux princes de l’empire d’Allemagne. »

Note 3-i, p. 60.

Cet hôpital fut supprimé vers 1622, parce que la maladie de la lèpre avait disparu. Les édifices et les terrains compris dans le pourpris et la moitié de tous les biens, qui lui avaient appartenu, furent donnés aux religieuses qui s’étaient consacrées pour le desservir. L’autre moitié des biens fut destinée à la fondation d’écoles pour les enfants pauvres de la ville de Gand, par décret d’Albert et d’Isabelle en date du 4 mai 1623. C’est à cette donation que les écoles des Orphelins, dits Kulders, et celles des filles Bleues et Rouges, doivent leur origine. Le costume traditionnel des enfants de ces deux derniers hospices vient d’être changé d’une manière déplorable.

Note 35, p. 67.

Nous ferons remarquer ici en passant que le mot ogive, qui s’écrivait anciennement « augive, » servait à désigner les nervures diagonales, qui renforcent, à partir de la fin du XIIe siècle, les voûtes d’arête ou celles qui offrent ou simulent la rencontre de deux berceaux qui se croisent; ce genre de voûte était désigné alors par le mot « voûte en croisée d’augives ou voûte d’augives. » De sorte que la voûte lut-elle engendrée par l’intersection de deux berceaux cintrés ou aigus, le nom de voûte d’augives lui devenaient applicable, dès qu’elle était fortifiée par des nervures diagonales. Ce n’est qu’au XVIIIe siècle que quelques architectes se sont servis, par ignorance, du mot augive, pour désigner l’arc formant un angle curviligne (V.dnjî. archcol., publiées par Didron, novembre, 1846, 7e livraison).

Nature des pierres employées dans la construction de la crypte; note fournie par Mr B. Verhelst :

1° La pierre blanche dont sont formées les nervures des voûtes, appartient à la formation crayeuse qui s’étend depuis Bologne jusqu’à Maestricht. C’est à cette formation que se rapporte la pierre connue vulgairement ici sous le nom d 'Avennesstecn, pierre d’Avènes. La pierre de ces nervures n’est pas de celle d’Oosterzeele et de Baeleghem, qui est du calcaire grossier, dont sont construits, pour la plus grande partie, les anciens édifices de Gand, tels que la maison-deville, etc.; il est probable que ces carrières n’étaient pas encore exploitées à une époque aussi reculée. L’échantillon n° 1, déposé aux ruines de S. Bavon, qui est un quartz, agathe pyroniaque noir; celui n° 2, qui est une variété de la Térébratule à huit plis ( Terebratula ocloplicala Sowcrby)-, le n» 5, qui est une petite huilrc non décrite, et le n° 4 surtout, qui est le Cidarite variolaire ( Cidaris variolaria brongnus ), que j’ai trouvés dans cette craie, ne me laissent aucun doute sur l’espèce de pierre à laquelle il faut la rapporter; on y trouve aussi quelques géodes ferrugineuses, mais celles-ci ne prouvent rien.

2° La chaux du mortier de l’ancienne construction a été calcinée par le bois et non par la houille; la preuve en est dans sa mauvaise calcination qui a laissé de très-gros grains, et surtout dans les petits morceaux de charbon de bois qu’on y voit encore; il s’y trouve aussi des morceaux de briques (éehant. n°s 5 et 6). Il n’y a donc pas de doute que quelques constructions en briques se rapportent à la même époque. La pierre dont on a formé cette chaux, me parait appartenir au calcaire de transition; je ne sais pas même s’il est démontré que nos ancêtres aient jamais formé de la chaux de la pierre qu’ils trouvaient ici dans les environs. Les petits fragments de chaux fluatée que j’ai trouvés dans le mortier, prouvent que la pierre dont on a brûlé cette chaux est du calcaire de transition, et l'on sait que la chaux fluatée ne s'est pas encore rencontrée dans le calcaire de formation aussi récente que celle de nos environs, si ce n’est dans trèspeu de cas (échantillon n° 10).

5° La pierre bleue des petites colonnes est du calcaire de transition, mais de l’espèce qui s’exploite aux environs de Tournai; on la reconnaît facilement à sa forme schisteuse et plus noire (échantillon n° 7).

4° Les colonnes cylindriques, de couleur blanche, de la crypte, sont d’une espèce de roche quartreuse, faiblement translucide sur les bords et donnant beaucoup d’étincelles sous le briquet, ce qui me fait supposer qu’elles ont été apportées des environs de S. Denis (Ilainaut), Maizières ou Castiau, endroits qui font partie de la formation antérieure ou primordiale (Voyez les échantillons n° 8).

NOTES ET PIECES JUSTIFICATIVES

Note 37, p. 74.

In nomine sancte et individue trinilatis patris et filii et spii'itus sancti amen. Ego Geraldus Dei gratia tornacensium episcopus tam futuris quam presentibus in perpetuum. Sicut ca que nostris ternporibus inluilu miscricordic et pictutis, a nobis sive ab aliis collata sunt ecclcsiis, firraa et inconvulsa in posterum permanere cupimus, nicbilominus ea que predecessores nostros, locis divino cultui mancipatis contulisse cognoscimus, ut non divellanlur sive imminuantur, pontifieali sollicitudine providendum censemus. Inspcctione privilegii felicis memorie Simonis venerabilis tornacensis episcopi, et teslium subscriptorum assertione didieimus, quod ecelesia sancti Bavonis et abbas eiusdem cenobii Wluricus allure de Waterlos remis in consecrationc predicli poiiti/icis oblinv.il, et a die ilia in sinodo tornacensi, abbas predicte ecclesie nullo contradicente seu réclamante, personam sese presentavit. Nos quoque petitioni religiosorum virorum annuentes, pretaxatum altare ecclesie sancti Bavonis benigne conccssirnus, et contradidimus. Scd ne donum antecessoris noslri sive nostrum, futuris ternporibus divelli posset seu infirmari, salvo iure cpiscopali in omnibus, impressione sigilli noslri corifirmare, et teslimonio eorum qui subnotantur corroborare necessarium duximus. S. Domni Geraldi episcopi, S. AValteri decani, S. Euvrardi Desiderii archidiaconorum , S. Walteri abbatis sancti Martini, S. Ilugonis abbatis sancti Amandi, S. Lebberti prepositi , S. Roberti Ilerlcbeecensis prepositi, S. Nicholai Goscewini Symonis presbyterorum, S. Lebberti cancellarii , S. Evrardi Wiberti Lamberli Ilenrici Danihelis» item Henrici Walteri jabeceensis canonicorum. — (Vers 1155).

In nomine patris et filii et spiritus sancti amen : Ego Giraldus Dei gratia tornacensium episcopus, reverendo abbati ecclesie sancti Bavonis Bettoni, celerisque fratribus tam presentibus quam futuris in perpetuum. Debemus iuxta apostolum operari bonum ad oinnes maxime autem ad domeslicos fidei. Quicquid divino cultui locis mancipatis, ad suggestionem virorum fidelium divina inspiratione conferimus ; id nobis profuturum ad eterne remuneralionis premia capescenda confidimus. Quamobrem personalum quem in ecelesia de Roddenburch Godebertus tenuerat, ecclesie sancti Bavonis perpetuo tenendum libéré et absolute, religiosarum personarum peticioni et consilio adquiescentes , contradidimus. Salvo iure episcopali in omnibus, sicut ea que precedessorum nostrorum ternporibus, ccclesiis intuitu misericordie et pietatis collata sunt, firma et inconvulsa in posterum permanere cupimus; nichilominus ea que nos annuente domino, ob salutem anime nostre et predecessorum nostrorum viris Deo militanlibus devotissiine contulimus, ut non divellantur sive imminuantur, pontifieali providendum sollicitudine censemus. IIoc vero donum nostrum, ut ratum et firmum permancat,

sigilli noslri impressione confirmavimus , et personis que interfuerunt subnotatis corroboravimus. S. domni Giraldi tornacensis episcopi, S. Galleri decani, S. Everardi, Desiderii archydiaconorum, S. Lctberti prepositi, S. Lelberli cancellarii et cantoris, S. Gotsuini Symonis presbiterorum, S. Ilugonis abbatis sancti Amandi, S. Galteri abbatis sancti Martini, S. Sigeri abbatis sancti Pétri, S. Anselmi abbatis Cisoniensis, S. Ilaineri diaconi, S. Herbrandi, S. Lamberli, S. Guiberti, S. Olivcri Gotsuini, Danihelis. Actum Tornaelii, Il kal. julii, anno incarnationis dominiee M° CLVI1II. — (50 juin 1159).

Note 59, p 74.

In nomine sancte et individue trinilatis. Ego Philippus Flandrie et Viromandie cornes, notum facio tam futuris quam presentibus, quod Willclmus de Frankendic, quandam terram que Sand et Grotha, cum eo quod intrinsecus sive forinsecus ci appendet, appellatur , ex oecidenlali parte Ossenisse adiacentem, terre sancti Bavonis gandensis coniunctam, quam etiam iure feodi ex me tenuit , mihi resignavit, eamque ecclesie predicti sancti Bavonis, tum pactione argenti, tum etiam eleraosine intuitu permanum meam erogari impetravil, mutuumque pro ipsa, videlicet centum mensuras terre super Frankenissa, intra ambitum Frankendic contentas, mihi assignons, eam pretaxatc sancti Bavonis ecclesie, utpote libéré, et hereditario iure in perpetuum possidendam, assensu meo appropriavit. Iluius igitur rei aclionem, ut stabilis et inconvulsa permancat, et sigilli mei impressione, et baronum meorum nomina subseripta sunt, testimonio confirmari dignum duxi. S. Roberti brugensis prepositi et cancellarii, S. Rogeri curtracensis castellani, S. Galteri de Thenremunda, S. Razonis de Gavera, S. Eustaehii camerarii, S. Henrici de Morsletha, S. Willelmi de Brugis, S. Galteri de Curtraeo, S. Sigeri fratris eius, S. Oliveri de Maehlinis, S. Simonis de Stenbeca. Datum anno dominiee incarnationis M° C° LXX°. Atrebati.

In nomine sancte et individue trinilatis. Ego Philippus Flandrie et Viromandie cornes, tam posteris quam modernis notum volo esse in perpetuum, quod quinque bunarios et dimidium vel eireiter, iaeentes apud Gand iuxta Spihc, quos videlicet Walterus Mor de Wissengem iure feodi a me tenuerat, ipso rogante, et omni iuri et proprietali, quam in predicta terra habuerat, finaliter et in perpetuum renuntiante, et in manus meas reddente, abbatie sancli Bavonis libéré et hereditario iure possidendos donaverim. Ut autem huie donationi mee nullus in posterum attemptet contrarie, et ut prenominata abbatia ah omni calumpnianlium importunitaté, et gravamine expediatur, sigilli mei auctoritate et subscriptarum personarum testimonio eam communivi. Signum Robberti turonensis Thesaurarii et cancellarii Flandrie, S. Sigeri Gandensis notarii, S. Eustaehii camerarii, S. Razonis butellarii, S. Rogeri Gandensis castellani, S. Sigeri filii Steponis de Gand , S. Bernardi de Somergem, S. Walteri fratris sui.

NOTES ET TIECES JUSTIFICATIVES

Actum est hoc anno dominice incarnationis millesimo, ccntesimo, septuagesimo primo.

In nomine sancte et iiulividue trinitatis. Ea que ad honorem Dci et utilitatem ecclesiarum divinis cnltibus mancipatis, pie devotiouis îiberalitate conferuntur, salutem procul dubio conferunt animarum, et perpetuum beate rétributions premium. Litterarum quoque fidei commendantur, ne postmodum per ignorantiam vel pravitatem aliquam ab eo quod rationabililer statutum est recedatur. Quapropter ego Phylippus Coloniensis archiepiscopus omnibus notum fieri volo, quod eo tempore quo cives colonienses iura sua pretendcntes, Flandrensium negotiatorum supra Coloniam negotiandi causa progressum ne ulterius quam deberent negotiarentur, inhiberi fecerunt; fratres ecclesie sancti Bavonis, in Gant, privilégia sua gloriosissimo domino meo imperatori, Frederico, optulerunt, quibus ubi vellent in imperio suo ad utilitatem ecclesie sue negotia prosequi, sibi a pluribus predeeessoribus suis concessum esse, evidentissime probaverunt. Quibus munimentis serenissimus augustus annuens; cum antiquis eorum privilegiis et imperialium coramonitionum aucloritate, iilos ad me remisit. Preclara igitur servitia, que imperio fréquenter ecclesia iam dicta exhibuit pre oculis habens, et orationes tam venerabilis conventus mereri cupiens; divini amoris intuitu, et serenissimi principis domini mei imperatoris î ogatu , iuxta privilégia imperatorum , necessitati eiusdem ecclesie pie providere dignum estimavi inrevocabiliter statuens, ut singulis annis liceat fratribus ecclesie sepius memorate, supra Coloniam progredi, et ubi volunt superius libéré pro utilitate et neeessitate ecclesie sue negotiari, vinumque usque ad lx carratas, sed non amplius emere et sine omni impedimento in propria cellaria transvebere. Ne ergo tam honestum, tam rationabile pietatis opus, quod commuai consilio priorum magnatum et civium ordinavi, aliquis aliquo modo violare présumât; présentera paginam sigilli mei inpressione roboravi, debito quidem tenore confirmatam, et in perpetuum ecclesie predicte stabili iure profuturam.

SlGNDM DOMNI PhYLIPI'I COLONIENSIS ARCHIEPISCOPI (L. M.) ET Ytalie ARCHICANCELLARII,

Iluius rci testes sunt : Bruno maior prepositus, Lotharius Bunnensis prepositus, Symon sancti Gereonis prepositus, Conradus sancti Severini prepositus, Arnuldus sancti Andree prepositus, Hugo maior decanus, Nicholaus abbas Sibergensis, Cornes Everardus de Seina, Cornes ingelbertus de Monte, Cornes Everardus de Aliéna, Gerardus advocatus, Karolus et Gerardus, tbelonearii, Lodoicus, Emundus, Richolfus, cives Colonienses, et alii quam plures clerici et laici.

Datum Colonie anno domini M° C° LX° VIII 1°, indictione I,

A III0 idus novembris, régnante domno F. Romanorum imperatore serenissimo anno regni cjus XVII0, imperii vero XV0. — (6 novembre 1169).

Note 41, Ib.

Alexander episcopus servus servorum Dei, dilectis fdiis Abbati et capitulo sancti Bavonis, salutem et apostolicam benedictionem. In his que rationabililer a devotis ecclesie Fdiis requiruntur, prompti debemus et faciles inveniri, et iustis eorem pelitionibus effectum congruum indulgere. Eapropter dilecti in domino filii vestris iustis postulationibus annuentes, presentibus vobis litteris indulgemus, ut liceat vobis possessiones quas homines vestri a monasterio vestro in feudum vel ad censum tenere noscuntur, in pignus recipere, ita quod fruclus quos de ipsis possessionibus receperilis in sortem non teneamini compulare. Datum Laterani XVII kal. madii. — (15 avril vers 1171).

Note 42, p. 76.

In nomine sancte et individue trinitatis. Ego Samson remorum archiepiscopus apostolice sedis legatus, universis sancte matris ecclesie filiis in perpetuum. Cuiusdam Ostonis causa, qui adversus dilectum lîlium noslrum Bettonem sancti Bavonis gandensis abbatem, se dicebat habere, nobis est a domino nostro papa Adriano delegata; sed cum die constituto uterque presens adesset, Osto quid objiceret quidve allegaret non babuit, et in auribus nostris venerabiliumque fratrum nostrorum , Bosonis Catalaunensis , Balduini Noviomensis, Godescalci Attrebatensis episcoporum multorumque abbatum, ecclesieque nostre personis, iniuste se abbatem fatigasse Osto recognovit, et quod de cetero adversus abbatem, vel suceessores eius, sive monasterium, nullam moveret querelam super ministerio cervisie, sive pro quacumque re, nisi forte manifesta deinceps ei fieret iniuria, affirmavit, et ut exeommunicationis reus haberetur, si forte aliquid taie unquam attemptasset, concessit. Nos vero quieti abbatis monasteriique providentes, litteris hec mandari decrevimus, et si quis hoc infringere, vel abbatem, seu fratres inquietare super hoc praesumpserit, excommunicationis sententia hune innodamus, et a sacra communione corporis et sanguinis Christi separamus, sigillique nostri inpressione, probabiliumque personarum subnotatione, kartulam coroborari decrevimus. S. Bosonis Catalaunensis episcopi, S. B. Noviomensis episcopi, S. G. Attrebatensis episcopi, S. Bartholomei, S. Bosonis archidiaconorum, S. Drogonis praepositi, S. Leonis decani, S. Rogeri archidiaconi Suessionensis, S. Erluwini, S. Litoldi, diaconorum, S. Igrauini abbatis sancti Medardi suessionensis, S. Parwini, abbatis sancti sepulchri Cameracensis. Actum Remis anno incarnati verbi millesimo C. LV11I, indictione III, régnante Lodufieo rege francorum anno XXI, archiepiscopatus autem nostri anno XVIII. Robertus cancellarius recognovit, scripsit et subscripsit.

Note 45, Ib.

In nomine patris et filii et spiritus sancti, amen. Ego Galterus Dei gratia tornacensis episcopus, tam fuluris quam pre-

NOTES ET PIÈCES JUSTIFICATIVES

scntibus in perpctuum, notum sit omnibus sancte matris ecclcsie filiis quod presbitcri maioris ecclcsie de Kodenburc, cum eorum parocbia nimis ampla et diffusa esse videlur, ad vitandum laboreni proprium, et tollendum hominum nascentium atque morientium periculum, cum presbiteeo capelle de Henekingwerve in presentia clericorum noslrorum co pacto convenerunt, ut eis ille in olficio sacerdotali subveniret, et quinquies in anno, videlicet in die natali domini , in die pasche, in die pcnlecostes, in festivitate omnium sanctorum, in die animarum , insuper in obsequiis defunclorum super terram presentium, in celebratione nuptiarum, in purificationc mulierum, in baptismo parvulorum, duas partes oltlationum capelle sue optineret, et terciam partem presbiteris maioris ecclesie reconsignaret. Si quis ctiam de parrochianis in maiori ecclesia locum supulture sibi eligeret, scpulturam ei contradicere presbitero de capclla non liceret. Mec omnia, salvo iure abbatis qui personatum optinet, inter cos stabilita sunt, et testimonio eorum qui interfuerunt et sigilli nostri impressione roborata. S. Ledberti decani, S. Everardi arcltidiaconi, S. Desiderii archidiaconi, S. Hoberti preposili de Hcrlebecca, S. Ledberti cancellarii , S. magistri Symonis, S. Tliome de Sale, S. magistri Walteri, S. magistri Gozuini, S. magistri Lamberti. Aclum apud Tornacum, anno incarnationis domini M° C° LX° IX».

Note 44, p. 77.

Il faut remonter jusqu’aux anciens Germains pour trouver l'origine du duel, cette manière bizarre et cruelle de terminer les différends. C’était le droit du plus fort, légalement établi. La loi salique n’admettait point ces sortes de combats comme preuves juridiques, tandis que la loi ripuaire et celles de la plupart des peuples barbares de cette époque en faisaient un moyen de conviction (a).

Le clergé ne voulut jamais de la preuve par le combat; le serment prêté sur les Évangiles lui paraissait moins inhumain et plus religieux. Charlemagne, cédant aux instances d'une noblesse toute guerrière, confirma l’usage des duels judiciaires (lois des Lombards, liv. 2, litt. S5, art 23. — V. Arcli. hist. et litt. du Nord de la France, t. I, p. 74 : Duels judiciaires, par le docteur Le Glay).

Des écrivains ont avancé que les bourgeois d’une ville, les poorters, étaient exempts du duel ou combat judiciaire, patsuite de leur keure. Mais ce n'est pas là, suivant Raepsaet (4), qu’il faut chercher l’abolition dft celte coutume barbare, qui n’etait point basée sur un principe reprouvé par la religion, mais sur un sentiment religieux mal entendu, que Dieu n’eût pu permettre que l’injustice triomphât. Dans l’impuissance où se trouvaient les juges de juger aveuglément, d’après des coutumes, souvent contestées, les causes qui leur étaient dé-

fa) Esp. des Lois, 1. 28, chap. 13 et suiv.

(4; Supp. Analyse, p. 380.

férées, ils croyaient n’avoir rien mieux à faire que de les soumettre au jugement de Dieu. Mais du moment que les heures eurent établi des droits et des lois et que la connaissance de la jurisprudence romaine se fut propagée, le duel judiciaire devint sans objet, parce que les juges pouvaient, décider tous les cas douteux à l’aide des lois romaines et des coutumes légitimées par les heures.

Note 45, p. 78.

Ego Phvlippus cornes Flaudrie et Viromandie, cognitum volo haberi tam modernis quant posteris quod Waltcrus de Axla et Alardus, filius Symonis de Oslburh, precibus a me optinuerint, quatinus eis causa necessitatis sue terram quant de nie in Cadesanda, Waltcrus, xxx ntensuras superVal, et super Grotcnflit et in Kercpolrc, et Strinc, et Bertcnhuc, et Sumpel; et Alardus, x ntensuras et duas parles uiiius ntensure scilicet in Cornet, et super Dumbinsfiit, ratione feodi tenebant, licitum fieret vendere, et de terra sua quant liberam possidebant Waltcrus, lx ntensuras inter oppidum de Axla et Suanewerva, Alardus iuxta oppidum de Oslburh ad quantitatem terre quant vendebat, loco predicti feodi a me suscipere. Ego vero predictain terram de Cadesanda mihi reconsignatam , rogatu ipsorum Walteri et Alardi et assensu suorum, tam fratrum quant filiorum, Willelnto abbati sancli Bavonis de manu mea libere in perpctuum cum omni accrcscenti terra, in quantum ei ratio divisionis contulerit, possidendam contradidi. Et ne huius rei transactio vel temporis diuturnitate vel oblivionis posset obscurari fuligine, prcdictus abbas et sigilli ntei appositione, et hominum mcoruni qui interfuerunt subscriptis eorum nominibus testimonio optinuit confirmari. Signum Gerardi abbatis de sancto Petro, S. Girardi de Mecinis, S. Sigeri notarii, S. Rogeri castellani, S. Sigeri de Curtraco, S. Razonis de Gavera, S. Gerardi de Sottengem. — Vers 1 177.

Note 46, ib.

In nomine patris et filii et spiritus sancti, amen. Ego Everardus Dci gratia Tornacensis episcopus, omnibus Christi fidelibus tam futuris quant presentibus in perpetuum. Quum labilent hominum ntemoriam furtiva dénigrât annorum volubilitas, dignum duximus factum presens memorialibus litteris commendare, ne oblivione sepultum, apud humanos oculos per revoluliones temporum videatur aliquatenus expirasse. Nos itaque super candelabrum domus domini positi, magis studentes splendorcm lucis perducere quam fumum evaporare, altare de Bergine, quod Robertus decanus de Belle, sicut tenebat, nobis rcsignavit, ad preces ipsius ecclesie bcati Bavonis pro rcmedio anime nostre et pro celebratione anniversarii nostri in perpetuum faciendi, et pro expiatione predecessorum nostrorum tornacensium pontificum, seu etiam parentum noslrorum, cum omnibus apendiciis suis, salvo pontificali iure et ministrorum nostrorum, perpetuo possidendum

NOTES ET PIECES JUSTIFICATIVES

donavimus. Ut autem liée donatio rata et inconvulsa futuris habeatnr temporibus, presentem paginant sigilli nostri impressione corroboravimus, et testium qui interfuerunt annotatione munivimus. Si quis autem contra boc seriptum venire presumpserit, excommunicationis vinculo se noverit innodatum, nec se a sententia usque ad condignam satisfactionem esse solvendum. Signum domini Everardi Tornacensis episropi, S. Arnulfii arcbidiaconi, S. Gunteri decani, S. Teoderici presbiteri , S. magistri Henrici , S. Mathei clerici nostri, S. Willelmi abbatis sancti Bavonis, S. Lamberti Ileamensis abbatis, S. Roberti dccani de Belle. Actum Candavi in monasterio sancti Bavonis, anno incarnationis dominice M» C° LXX° VII0, consecrationis nostre sexto, quarto idus mareii. Data permanum Daniheliscancellarii nostri.— (12mars 1177).

Note 47, p. 79.

Lucius Episcopus, servus servorum, dilectis filiis W. abbati et Ira tribus sancti Bavonis, salutem cl apostolicam benedictionem. Ea que geruntur super causarum litigiis legitimo iuidicio decernuntur in sua debout firmitate consistere et ne sedata litigia suscitentur scriptis apostolicis communiri. Eapropter dilecti in domino filii veslris iustis postulationibus inclinât! sententiam quant venerabilis frater noster Everardus tornacensis episcopus, inter vos et dilectos fdios nostros canonicos de Arlebcc super limitibus parroehiarunt de Rodeborg et de Maldeghem, super quibus inter vos et ipsos controversia vertebatur, noscitur promulgasse sicut canonicc lata est et inter vos hactenus observata, ratant esse decernimus et presentis scripti patrocinio contmunimus. Statuantes et nulli omnino hominum liceat banc paginant nostre confirmationis infringere vel ei ausu temerario contraire. Si quis autem hoc attemptare presumpserit indignationem omnipotentis Dei et beatorum Pétri et Pauli apostolorum eius se noverit ineursurum. Datuni Vérone, III id. novembr. — (II nov. 1183).

Note 48, ib.

In nontine patris et filii et spirilus sancti. Ego Philippus Bei providentia Flandrie et Viromandie contes, ad notitiam tam modernorum quant posterorum transferri volo , quod Gummarus elWivezin de Axala et filii eorum, scilicct Jordanus, Adam, lîlieque Vorthiardis, Columba, Gerthrudis, Bertildis, cum se pro liberis liaberent, et ego semper eos pro meis tenerem, ad omni eos calumnia et scculari dominio emancipatos sancto Bavoni annuatim ad duos denarios, in badimonio ad sex, in obitu ad duodccim, pro remedio anime mee, et predecessorum meorunt, ex consensu eorum, tempore domni Willelmi abbatis, pia duetus devotione contradidi. Ne igitur buius facti tam celebris donatio alicuius in posterum violentia vel temeritate valeat perturbari, seriptum super boc datuni sigilli mei apposilione firmavi, subnotalis eorum qui interluerunt nominibus. Gcrai'Jus abbas de sancto Pctro, Eusta-

chius abbas de sancto Amando, Rogerus castellanus, Sygerus de Gant, Jacobus de Avennes. Gerardus de Landast, Reinaldus de Aria, Symon notarius, Walterus Busere, Dirkin de Bazcbevelde. — (Vers 1 1 83).

Note 49, p. 81.

Dans les premiers temps du christianisme le baptême s’administrait dans tous les lieux; dans la suite on y consacra des édicules spéciaux. On croit que ce fut l’empereur Constantin qui le premier éleva un édifice de ce genre, derrière la basilique de Latran. Le [dus remarquable baptistère que l’on connaisse est celui de Ravenne, construit en 540 par S. Orto; il en existe de différentes époques à Bologne, à Causa, à Parme, à Vérone et à Florence. Quand le baptême s’administrait par immersion , on disposait au milieu de Pédicule un lavacrum, assez spacieux pour contenir plusieurs personnes à la fois : les néophites, tout nus, se plaçaient debout dans la piscine baptismale (où l'on descendait, presque toujours, par sept marches), laquelle la plupart du temps était une cuve de porphyre ou de marbre, enlevée aux thermes; les femmes, également nues, étaient baptisées par des diaconesses.

Quand dans la suite on adopta l’usage de baptiser par infusion, les cuves baptismales disparurent : l’eau bénite dont on se servait pour administrer ce sacrement, était conservée dans des fonts baptismaux en pierre, en cuivre et même en plomb. Dans l’intérieur des baptistères on disposait un autel, où l’on célébrait la messe, pour donner la communion aux néophytes après le baptême : on y plaçait ordinairement l’image de S. Jean-Baptiste, auquel la plupart des édifices de ce genre étaient consacrés. On y ménageait des bancs et même une cheminée, où l’on faisait du feu, pour prévenir les atteintes du froid.

Les églises baptismales, celles où le sacrement du baptême était administré, jouissaient de plusieurs prérogatives : dans les premiers temps du christianisme, elles avaient seules droit aux dîmes dans tout leur ressort; les laïcs ne pouvaient les posséder, ni les acquérir à titre de bénéfice, d’après la prescription d’un capitulaire de Charlemagne de 793, n° 2; elles devaient être desservies par un curé et un diacre, et les morts ne pouvaient y être ensevelis. Le concile de Tolède prescrivait enfin qu’à la fin de la célébration du sacrement de baptême, l’évêque devait clore lui-même les portes du baptistère et y apposer son sceau (V. De antiquis ecclcsiac ritibus, etc. Martène, p. 1 à 14).

Note 50, p. 82.

Extrait du registre des résolutions des échevins de la Heure, de 1605 à 1640 : « Den 5cn ougsle 1634, int collegie » ghecommunicquiert zynde de modelle van de capelle ghe- » concipicrt le maeken ter hecren van den heylighen Macha-

NOTES ET PIÈCES JUSTIFICATIVES

» rius in hot nicu Casteel dcser slede, ter plaetse dacr liy » ovcrledcn is, wierdt ghcrcsolveert de selve up den voet van » de voorseyde modcllc (te desen by sccretaris onderteeckendt) >> ten coste der zelver stede te doen maeken endc besteden » minst biedende de naestc, stellende daer inne de waepenen » van dese stede met bel incarnation, op hope endc vast be- » trauwen dal door zyne intcrcessic zal commen te ccsseren « de contagieuse zieckte, die binnen deser stede op desen tydt » daghelycx zeer onlstack. »

Note 51, p. 82.

L’emploi de l’eau ne fut point une pratique mise en usage par le christianisme; les Juifs avaient une eau purificatrice; les Grecs et les Romains avaient plus tard leurs eaux lustrales; il en était de même des Indiens et d’autres peuples de l’Asie. Mais l’emploi de cette eau lustrale n’avait pas plus de rapport avec celle dont se sert l'Eglise, que la religion de Jupiter et celle du Christ. L'Église a\ait compris, pour qu’on ne la confondit pas avec celles des nations polythéistes, qu’elle devait lui assigner un caractère tout différent, qu'elle sut lui donner par la bénédiction. Cette cérémonie remonte à une haute antiquité, puisque plusieurs Pères de l’Église et des premiers écrivains sacrés en parlent déjà, et en attribuent l’institution au pape Alexandre Ier, qui mourut martyr sous le règne de l’empereur Adrien, de l'an 109 à 119 après J. -C. L'Église avait aussi reconnu que pour ses cérémonies, toutes les eaux ne pouvaient convenir, ce qui peut avoir donné naissance à la création de puits, dits sacrés. On ne connaît pas leur forme au IXe et Xe siècle; ils peuvent n’avoir été entourés, au-dessus du sol, de simples margelles, comme on le fait encore aujourd’hui.

Note 52, p. 85.

In nomine patris et filii et spiritus sancli, amen. Ego Philippus, Flandrie et Viromandie cornes, notum fieri in perpetum volo, quod ecclesic saneti Bavonis in Gandavo, in elemosinam perpetuam dedi wastinam in Coudebroch, libéré et absolute pro salute videlieet mea et karissime eonsortis mee Mathildis, illustris regiue, neenon et antecessorum meorum ac deinceps succcssorum. Notum etiam esse omnibus volo, quod vir venerabilis Ilenricus, abbas, totus quoque ecclcsie conventus, mee pariler et prefate eonsortis mee devotioni, caritative concesserunt, quod quamdiu alter ex nobis fucrit superstes in corpore, singulis diehus missa pro nobis speeialiter in ecclesia celebrabilur, sahbato de sancla Maria, et reliquis diebus de spiritu sancto. Cumque decesserit alter ex nobis, anniversarium eius sollemniter fiet. Cum autem uterque decessisse contigerit, omni die in perpetuum celebrabitur pro nobis speeialiter missa pro defunctis una etiam die, anniversarium noslrum cclebrabitur solemniter in conventu, et de proventibus prefate Wastine, parabitur mo-

nachis refectio generalis. Ne igitur que dicta sunl ulla possit abolerc oblivio, presentem feci paginam tam sigilli mei impressione quam teslium subnotione muniri. S. G. Brugcnsis prepositi et cancellarii Flandrie, S. G. prepositi insulensis, S. M. constabularii, S. Sigeri Gandavcnsis, S. Simonis, notarii gandavensis. Actum Malee, anno Domini M° C° LXXXIX0.

In nomine patris et filii et spiritus saneti. Ego Johannes, Dei gratia brugcnsis Caslellanus, presentibus et fuluris notum esse volo, quod cum ecclesic de Papinglo, ubi frater meus Cono cornes suessionensis et brugensis castellanus in Christo obdormiens requiescit, nulli redditus nullaque bénéficia pro eo collata fuerunt, divina tandem inspirationc ammonitus, ex propriis redditibus meis de censu videlieet communis officii de Torbolt, l solidos in usum fratrum et sororum, ibidem Deo servienlium, et x solidos ad luminaria procuranda, et de ruga v pisas caseorum, et x solidos similiter ad luminaria procuranda, assensu matris mee Gertrudis, ad salutem anime predicti fratris mei, et dilectissimi filii mei Ivonis, ibi in Christo quiescentis, et omnium parentum meorum, dedi in elemosinam perpetuo jure ecclesic Dei possidendam. Statui etiam ut lui redditus assignati terminis denominatis; casei videlieet cum x solidis in natali saneti Johannis Baptiste, reliqui vero nummi de Torbolt in octavis saneti Remigii per manum castellani persolvantur. Slatutum est autem communi deliberatione fratrum et nostra, quod nichil de prenominata elemosina ad usum allerius, quam prenominate domus transferatur, et quod in sepediela ecclesia ubi unus anlea servierat, duo deinceps serviant sacerdotos. Ut autem bec légitima donatio, quam pro mea parentumque meorum salute, ac superne remunerationis intuitu, libéré coram hominibus meis ceterisque idoneis testibus concessi, firina et inconvulsa permaneat, presentem cartam sigilli mei appensione, et legitimorum testium subnotatione corroborare curavi. S. Heinrici abbatis saneti Bavonis, S. Balduine abbatis de Echoit, S. Balduini de Tornaco, S. Theodorici de Beverne, S. Iwani de Rokengcm, S. Desiderii scoltethi de Maldengem, S. Willelmi de Westine, S. Willelmi de Clesnar, S. Balduini de Clesnar, S. Hugonis decani saneti Donatiani, S. Giselberti de Heila. Actum apud Papinglo, anno dominice incarnationis M° C° LXXX°VI1IIU 1111°, non. maii. Rognante domno nostro lhesu Christo. Si quis autem donationem banc tam légitimé factum subtrahere vel in irritum revocare presumpserit, offensam Dei omnipotentis et omnium sanctorum eius incurrat, et vinculo anathematis et eterne dampnationis, donec resipuerit et ad satisfactionem venerit succumbat. — (4 mai 1 189).

Note 55, ib.

In nomine sancte et individue trinitatis, amen. Ego Philippus Flandrie et Viromandie cornes, notum fieri volo tam presentibus quam futuris, quod fidelis meus Leonius de Caiant, in presentia hominum meorum mihi libéré reddidit

NOTES ET PIECES JUSTIFICATIVES

centum mensuras terre in Cadsant, quas de me tenebat in feodo. Ego autem divini amoris et proprie salutis intuitu, easdem centum mensuras ecclesie sancti Bavonis in Gandavo in elemosinam perpetuam dedi pro sainte videlicet mea et karrissime consortis mec Matliildis regine, neenon et antecessorum meorum ac deinceps successorum. Prefatus autem Leonius totum servicium quod de predicta terra mihi debebat, super residuum terre sue mihi plenaric assignavit. Ubi autem predicta terra sita sit, ne que in posterum ambiguitas possit oriri, propriis dignum duxi denotarc vocabilis. Sita igitur est in Sudpolre super Dondelinsvliet, via super Grotvliet, Binorden Oudenwerve. Ad banc terrain pertinet Uldie id est incrementum. Super Wel, in Tanvedic, in Husmiet, super Wertvliet, in Ostende, de Wertvliet, in Culant, in Kerpolre Bosthalf, in Sudpolre Bostenmerke. Quod autem de centum mensuris hic deest, idem Leonius ad craantum ecclesie alias assignavit. Concessi autem ecclesie viam consuetam et terre debitam. Hoc igitur ut ralum semper inconcussumque perinaneat, tam presentis scriplo pagine, quam mei impressione sigilli, immo et subscriptarum testimonio personarum munire decrevi. S. G. Brugensis prepositi et cancellarii Flandrie, S. G. prepositi Insulensis, S. J. castellani Brugensis, S. Michaelis constabularii, S. B. de Balliolo, S. G. de Balliolo, S. G. de Aria, S. G. de Ileila, S. AValleri Mauri. Actum Malee, anno Doinini M° C° LXXXIX0, menso martio.

Note 54, p. 84.

Ego Philippus Flandrie et Viromandie cornes tam presentibus quam futuris nolum fieri volo, quod in posterum paci ecclesie sancti Bavonis Gandensis providere volens, villam de AVaterlos cum universis que ad curiam de Waterlos pertinent, cum ea libertate et tranquillitate qua a longis rétro temporibus ecclesia sancti Bavonis, ipsam possedit, perpeluo possidendam concedimus, ut videlicet nullus in villa ilia aliquam habeat potestatem, nisi abbas sancti Bavonis, vel eius prepositus. Nullus autem omnino aliquod ibi dominium vel polestatem habere debet, vel potest, nisi quod ego solus supremus illius curie sum advocatus, sicut et totius abbatie. Ut autem bec libertas rata ecclesie perpetuo maneat, et inconcussa presentem ipsi contuli paginam, sigilli mei appensione et testium annolatione munitam. Testes G. Insulensis prepositus, Cornélius capellanus, R. de Aria. Actum anno dominice incarnationis M° C° XC°.

Note 55, p. 85.

Archives de Gand, n° 17 de l’Inventaire : « In nomine patris et lïlii et spiritus sancti, amen. Hcc est rcgla et ot'do fratrum et sororum domus beati Johannis in Gandavo, dispensatione cleri et scabinorum institutus :

I. Quicunque se in eadem domo reddideril, et omnem pecuniam nichil proprietalis sui retinens ibidem dederit, domus in victu et vestitu compelenter ei providebit. Quod si pecu-

niam sui retinere voluerit : aliquam inde possessionem eomparabit, ut proprietale domui reservata, ipse de fructibus inde provenientibus indumenta sui comparet, et quod ei placuit faciat.

II. Qualibet fratrum et sororum pro qualibet vij horarum quae celebrantur in ecclesia, septies dicet dominicam oralionem pro incolumitate ipsius domus. Hoc autem nulla occasione praetermittet, excepta sola et gravi infirmitate pro benefactoribus vero centies singulis diebus qui incolumes fuerint, inlirmi autem, si tamen linguam et labia movere potuerint, tricesies.

III. A festo sancti Martini ieiunabunt usque ad natale domini, in primis tribus seplimanis omni die comedent album excepta die Veneris, in aliis tribus septimanis, feria secunda, iiij et vjta ieiunabunt in cibo quadragesimale, in aliis feriis ieiunabunt comedenles album. Observabunt etiam ieiunium quadragesimale, et quatuor temporum et vigiliarum iuxta institutionem ecclesie. Ieiunabunt et omnes dies Veneris per revolulionem anni in cibo quadragesimali.

IV. Si cui maior penitentia iniuncta fuerit dudum pro delictis suis, ex quo frater domus factus est, non aliam penilentiam observabit quam reliqui confratres sui.

V. Si quis ex debilitate senectutis, vel laboris immensitate haec iciunia observare non potuerit, vel ne quaquam sibi pro nimietale commissi sulflcere putaverit, hoc magistro domus revelabit, qui eum ad saccrdotem ducet, et secundam quod sacerdos dictaverit, ipso et magistro suo consentientibus observabit.

VI. Item : Nec magister nec aliquis fratrum vel sororum vinum bibal nisi possit omnibus dividi; si vero detur eis vinum quod non possit omnibus dividi, dabilur illis, qui maxima necessitale laborant.

VII. Item : A natali usque ad quinquasemimam comedent carnes, dominica, feria, Ilia et Yta, simîlitera Pascha usque ad festum sancti Martini. Si quis vero fratrum pro necessitale domus {sic) exierit, et a lidelibus hospïtio receptus fuerit, comedat que apponuntur ei.

VIII. Item : Ad mensam sedentes et eomedentes solentium teneant, cxcepto magistro; servientes vero, vel inter se vel magistro Ioquantur, modeste tamen, et quoad nécessitas expetit. Si quis eomedentium loqulus fuerit ad mensam, ferula percutiatur in manu, aliis videntibus.

IX. Item : Duo fereula dabuntur fratribus et sonoribus ad comedendum, ncc citra, nec ultra, nisi propter sacrum diem, vel nisi missa sit eis aliqua elemosina unde detur eis pitantia.

X. Item : Si quis de novo ad fraternitatem huius domus se contulerit, per annum et unum diem in probatione sit, quibus expletis, si perseverare noluerit; omnibus rebus suis receptis eat quo voluerit. Finito vero eadem termino, si voluerit permanere, faciat professionem, et ulterius non licebit ei exirc. Quod si facta professioue exierit, nihil de rebus suis

NOTES ET PIÈCES JUSTIFICATIVES

alla lis recipiet, pretcrea si mores et convcrsatio eius magistro domus et eius consilio non plaeuerit, non remanebit cliamsi volucrit.

XI. Item : Si quis peregrinus necessilate compulsus hosp i t i ii in requisierit, una nocle caritative recipietur, et si de propria facultale quod manducet non habucril, caritas eius eidem loci materfamiiias, ad comedendum ci providebit.

XII. Item : Pauperes et imbecilles leclo aceumbentes qui manifesta egritudine non laborant , comedanl de eisdem cibariis de quibus et fratres; qui vero gravius infirmati, delicatioribus cibis indigent, ca que desiderant et necessilate urgente requirunt, siquo modo inveniri potuerint, eis administrentur. Si quis vero ex sanis vel minus infirmais cibos delicatos et sumptuosos appetens, eos importune et absque necessilate postulaverit, vel aliquod turpitudinis verbum inde dixerit, punietur iciunio ditorum dicrum in pane et aqua, et qui cibum vel potum de mensa manifeste tuterit, ut vel sibi reservet, vel alieni tribuat, ieiunio unius diei punietur in pane et aqua. Qui vero furtive abstulcrit ut vel vendat, vel alieni amicorum suorum tribuat, et comprobatum fuerit , punietur ieiunio trium dierum in pane et aqua. Quod si sepius deprehensus, absistere et se emendare nolucrit, loras cxpelletur.

XIII. Item : Si quis nominabili furto deprehensus fuerit, quantuncumque parvum sit, ieiunio trium dierum punietur : pro maiore autem furto, sccundum gravilatem eulpe, estimabitur a magistro quantilas pene. Tanta autem poterit in eo compunctio notari, quod sustineri in domo et reatum suum emendare poterit; alioquin foras expelletur, ne domus per eum detrimentum patiatur.

XIV. Item ; Sacerdoli ipsius domus amplius de vino propinabitur, ut si quis forte supervenerit cibis eius lioneste ei offeratur, fcreula quatuor ipsius propler reverentiam ordinis liouestiora crunt. Inter fratres reliquos et sororcs, fercula prout melius parificari potuerunt exequabuntur.

XV. Item : Si quis fratrum vel sororum alium turpibus verbis affccerit, vel aliquem iufirmum aliquid postulanlcm contumeliose turbaverit, liane penam discipline suscipiel. Coram comedenlibus fratribus in medio aree nude sedebit, super lioram pallii sui comeslurus, absque mensali, et afl'erretur ei integer panis, sine cultello, et cifus (scyphus) aque, et nichil aliud; eodein modo sedebit ad comedendum cuique pro rcatu suo ieiunium panis et aque imponitur, qui turpia fratri vel infirmo dixerit, ieiunium prenominatum iiij diebus observabit, duobus in una septimana, et duobus in alia, scilicct feria ij et feria iiij.

XVI. Item : Si quis super furnicatione convictus fuerit, intra quadraginta dies omni feria ij, feria iiij et sabbato, in pane et aqua, feria i ij et feria v in cibo quadragesimali ieiunabit, et ad terrain sicul prediclum est sedebit. Primo tamen si vir fuerit, denudatus usque ad bracas gcniculando ante ma-

gistrum, bene flagellabitur coram fratribus. Si vero femina, nudato capile llagcllabitur corum sororibus; quod si iterum in simile delictum inciderit, simili pena punietur; si vero diabolo suadente tercio in simile flagitium inciderit, absque miserationc foras expelletur.

XVII. Item : Si coniugali de pari voluntale et conscnsu se reddere voluerint, rccipientur iuxta consueludinem praedictam; ita tamen, si dcinccps et conlincre et insuper altero mortuo aller castitatcm vovere volucrit, aliter in domo cohibilare eis non licebit. Quod si conlincre non potuerint et cohabitare voluerint, suscepto liabitu religionis, faciant sibi habitalionem aliquam de suo proprio iuxta domum communis habitalionis fratrum, et ibi prebendam sibi constitutam recipiant, data parte opum su arum in usus domus; de residuo vivant iuxta libitum suum, lioneste tamen, et amicos suos honestos cum voluerint rccipiant, et alter corum altero mortuo castus et innuptus perinaneat.

XVIII. Item ; Fratres et sonores vestibus ordinatis, videlicel allais vel grisiis sine colore qualcs ab ovibus assumuntur; postquam reddili fuerint utantur, ealceis bovinis, exceplo solumniodo sacerdote, qui ob ordinis maiestatem aluteis, quod vulgo dicitur, cordewani utetur; inhonestum enim esset et quasi abominabile si manibus fedis et inunctis, ad sacrosancta ministraturus accederct. — Nullus fratrum aut sororum ad alicuius invitationem quanlumcumque propinqus ei fuerit vel amicus, extra domum intra Gandavum inanducare présumât, neque ad sanclum Petrum neque ad sanctum Bavonem, nisi titulo elemosinc fuerit invitatus, nec sic, nisi de lieentia et permissione magistri.

XIX. Quicunque magister in eadem domo fuerit conslitulus, universi tam fratres quam sorores et mancipia, mandatis ipsius exhibebunt honorem et obedientiam. Si qui vero, quod absit, inobetientes inventi fuerint, frater aut soror, ieiunio unius diei in pane et aqua punietur, mancipium vero a domo expelletur. Famulus ipsius domus comam non nutriant, vestes cullellatas non habeant, intra domum lioneste conversentur, cantus illicitos et verba inhonesta devitent, caste ibidem vivant, quod si intra septa ipsius habitaculi fornicationem exercuisse comprobati fuerint, pro tailla enormitate non solum foras expellentur, verum eliam mercedcm suani si qua eis debebitur amittent.

XX. Item ; Forenses, qui prebendas cotidianas a domo rccipiunt, si forte aliquando intra collegium fratrum accesserint, quamdiu ibidem erant, ordinate se habeant et lioneste iuxta ordinis institulionem. Quod si intérim excesserint eadem pena qua fratres puniri soient et ipsi puniantur. Si vero, quod absit, incorrigibiles esse malucrint et rebelles, usque ad plénum satisfactionem a prebendis suis suspendantur.

XXI. Item ; Si qui infirmus ad domum venerit, ut misericorditer ibi suscepto in nccessariis sicut consuetudo liabet, provideatur; in primis Deo salisfaciat, et sacerdoti parrochiali,

NOTES ET PIÈCES JUSTIFICATIVES

vol de permissione eius, presbilero ipsius domus sub stola, leatum suum confiteatur, et de consilio ipsius penitenlie formant suscipiat, res, suas si quis babet, de conscientia et sub testimonio fralrum magistro committat, easdem si convaluerit recepturus, si obierit pro remedio anime sue omnia remanebunt ad usus pauperum.

Aetum anno Dominice incarnationis M° C° XC° sexto. »

Note 56, p. 85.

Les punitions que l’on infligeait aux moines étaient fort rigoureuses : dans la règle de S. Pachome, art. 87, celui des frères qui tentait de pervertir un de ses compagnons était séquestré et battu de trente-neuf coups de verges, devant les portes du monastère, et cela d’après l’ancien usage des Juifs, qui n’appliquaient jamais un plus grand nombre de coups. Dans la règle de S. Isidore, cap. 17, il est dit :« Gra- >. vior culpa diulurna cxcommnnicatione purgatur et flagcllis » emendntur. »S. Fructuose prescrit également a Vinculisque „ arctatus ferreis, carcerali sex mensibus augustià maceretur.» La règle de S. Benoit n’est pas moins rigoureuse; l’incarcération, la condamnation aux fers s’y rencontrent souvent. L'excommunication journalière , dont il est question ici, et qui était appliquée pour de légers délits, ne consistait qu en certaines privations et dans la défense d’assister a la prière en commun ou à la messe.

Suivant la règle de S. Benoit, les moines incorrigibles pouvaient être chassés de l’abbaye (cap. 28 Regulac). Mais comme cette punition n’atteignait pas le but que l’on se proposait, Grégoire IX, par une de ses décrétales, ordonna la séquestration et l’incarcération des moines récalcitrants. Ces peines restant sans résultats, on fui forcé de revenir il l'expulsion : Urbain VIII ordonna donc que si après avoir subi l’emprisonnement et le jeûne pendant un an, le moine ne revenait pas à de meilleurs sentiments, on pouvait le chasser de l’institution.

L’appel d’une condamnation à une peine, était inconnue dans les premiers temps de l’Église, parce que l’appel pouvait être un moyen pour persévérer dans le mal.

Note 57, p. 86.

Celestinus cpiscopus servus servorum Dei, dilecto filio, E. abbati sancti Bavonis, salutem et apostolicam benedictionem. Cum a nobis petitur quod iustum est et honestum, tara vigor equilatis quant ordo exigit rationis, ut, id per sollicitudinem officii nostri, ad debitum perducatur effectum: Eapropter, dileete in domino tili, luis iustis precibus gralo concurrentes assensu, auctoritate tibi presentium indulgemus, ut monachos tuos corrigera secundum quod in institutionibus beati Benedicti, quas ordo monaslicus noscitur proOteri, continetur, et ipsos ad obedientias tibi subiectas transmillere, sublato con- Iradictionis vel appellationis obslaculo, liberam habeas potestatem. Nulli ergo omnino hominum liceat banc nostre concessionis paginam infringere, vel ei ausu temerario eontrahire.

Si quis autem hoc attemptare presumpscril, indignationem omnipotentis Dei et beatorum Pétri et Pauli apostolorum eius, se noverit ineursurum. Datum Laterani XI II 1 kl. sept., pontificatus nostri anno quinlo. — (19 août 1195).

Celestinus episcopus servus servorum Dei, dilecto filio, Abbati sancti Bavonis Gandensis, salutem et apostolicam benedictionem. Cum monasterium tibi commissum tam in spiritualibus quam temporalibus ceteris circumpositis consueverit preminere, utpote quod tam ex ordinis puritate, quam regularum observanlia mandatorum de status sui integritate longius odorem suavilatis effuderit, dolemus admodum et turbamur, quod talia de co nos audire contingit, a quibus ordinis dissipalio pullulare videlur, qui in omnibus professoribus suis pestem discidii familiaris abhoret. Nostro siquidem apostolatui est relatum, quod monachi monasterii lui cum adeorum corrigendos excessus tamquam de grege tuo sollicitudinem gerens, curam pastoralem apponis, ipsi obedientie iugo prorsus abicclo perverse contuinacilatis audaciam et obstinate duriciam rebellionis opponunt, nullius correctionem severitalis vel mansuetudinis admittentes. Unde nos, sicut ex officio nostro tenemur, imminentibus volenles periculis obviare, auctoritate tibi presentium indulgemus, ut si monachi tui debitam tibi denegaverint reverenliam et honorem ac obedientiam exhibere, et in hiis, que rationabiliter videris statuenda, monitis et mandatis tuis se duxerint opponendos, licilum sit tibi eos ad hoc per censuram ecclesiasticam, apellatione postposita, cohercere, et eorum énormes excessus secundum beati Bcnedicti regulam emendare. Nulli ergo omnino hominum liceat liane paginam nostre concessionis infringere vel ci ausu temerario contraire. Si quis autem hoc attemptare presumpserit, indignationem omnipotentis Dei et beatorum Pétri et Pauli apostolorum eius se nouerit ineursurum. Datum Laterani VII. id. aprilis, pontificatus nostri anno septimo. — (7 avril 1 197).

Note 58, p. 87.

Le document qui est de 1208, dit : « Procurationes, quas

ad S. Bavonem habere consuevi, guerpivi » Procuratio est

synonime de convivium en général, et signifie plus spécialement le droit de gîte. « Procuratio dicitur (Ducange, » v. procuratio ) de exceplione stata ac débita deminorum a » vassallis, a quibus hospitio et conviviis condictis vicibus » excipiebantur, cum in eorum praedia divertebant ; quae » quidem procurationes interdum in summam aliquam pecu- » niariam converlebanlur. Gisles vulgo appcllabant nostri... » Statutum S. Ludovici pro ballivis apud Nangium : gisla » ctiam vel procurationes in domibus religiosorum non reci- » piant (1235). Et v. Gistum... quod quidem jus monasticum » sub prima et secuuda regum noslrorum stirpe, sub tertia » vero Gistum , procuratio, caenaticum, comestio, pastus, » prandium, dictum suis locis observavimus. — — Gistum » (droit de gite) porro et procuratio erat trium dierum fere

NOTES ET PIÈCES JUSTIFICATIVES

» scmpcr, 3 primo die pascit cuin lhesauvarius , secundo dc- ». canus, et hoc in claustro b. Martini et suis domibus, tertio ». die pascit eum archicpiscopus. Si ultro vult demorari de suo »> vivat. »(V. Van Brussel, Tract, de usa feudorum, I, cap. 38, p. 55ü).

Note 59, p. 87.

In nomine sancte et individue trinita lis, ego Itaso, dominus de Gavera, botellarius Flandrie, in plenaria potcslale existens, ad noticiam tain presentium quara fulurorura transferri volo, quod divino ductus intuitu, ex libéra voluntate et assensu, et conscnsu Clarissie uxoris mee et filiorum meorum, silicet Rasonis, Arnulfl et Philippi, in ecclcsia sancti Bavonis, in elemosinam omne jus, quod me baberc diccbam, in homiuibas sine herede deeedentibus, quod vulgariter mortua inanus dicitur, sive fuerint clerici, sive laici, omnium scilicct in allodio sancti Bavonis, et in dominio et in comitatu raeo predicti videlicet allodii, manentium, exceptis illis, qui de jure servitutis miclii mancipati sunt, sub bac forma, pro remedio anime mee, eontradidi : ut nullus de cetero aliquid juris vcl exactionis super bac causa in eis quereret. Preterea rccognosco quod omnes taliter mancipati possessionem et hereditatem suam ad libitum suum conférant; et si i n testati decesserint, illi quos de jure hereditario contigerit, sine calumnia babeant. Ut autem bec donatio rata permaneal et nullius dolo vel suggestione inlirmari vel violari poterit, presens scriptum appensionibus sigilli mei et uxoris mee, et Eustachii abbatis sancti Bavonis et capituli ejusdem loci corroboratur. Hec sunt nomina testium qui huic donationi interfuerunt : S. Gosuini priori, S. prepositi, monachorum sancti Bavonis, II. presbyteri de Everghem, B. de Ronslo, B. de Broka, E. de Chemmersaka, militum, S. de Ghetescure, W. Caillau, J. de Yarnewic, II. Haddin.

Abbas et conventus sancti Bavonis vinculo anathematis innodaverunt, quicumque banc donationem aliqua occasione molirentur infringere.

Actum anno incarnationis domini, M° CC° X°. Pbilippo, namurcense marebione, procuratore Flandrie, et llaononie. Dalum Lo, in curia sancti Bavonis, raense julio.

Note 60, p. 88.

Philippus, marchio Namucensis, omnibus ballivis suis, ad quos littere iste pervenerint, gratiam suam. Cum ecelesia sancti Bavonis, in Gandavo, duas curies habeat in Ossenesse, videlicet Volkarnesse et Scora, et eadem ecelesia, temporibus antecessorum meorum, in bona pace tenuerit lotain terrain, quam mare jactavit ante curies predictas, que terra Guerplant dicitur, nolens quod prcfala ecelesia super boc in aliquo a vobis, vel ab aliis, in poslerium, molestari possit, mando vobis et districte precipio , sicut amorem meum diligitis, quatinus totam terrain illam, que dicitur Guerplant, quam mare jactavit ante curtcs predictas, vel in posterum ibidem

jactabit, prefatam ecclcsiam sancti Bavonis in omni pace et tranquillitate possidere permittatis, nec ei super boc aliquam injuriam infcralis, vel ab aliquo sustineatis inferri, sed eandem ccclesiam de terra ilia, que Guerplant dicitur, suam ex tolo voluntatem faccrc permittatis. Ego cnim dictam terram, testimonio proborum virorum, jus esse ecclesie sancti Bavonis sullicientcr intellexi, et quia sepediclam ecclcsiam sancti Bavonis speciali complcctor amore, volo et precipio ut eam ubique manuteneatis et juvetis, et in boc, et in omnibus negociis suis, ei consilium et auxilium vestrum, ex parte mca, diligenter impendatis. Dalum Gandavi, sabbato post N'ativitatem sancti Jobannis Babtiste, anno Domini millesimo duccntesimo undccimo. — (23 juin 1211).

Note 61, ib.

Ego Philippus, marchio Namucensis, omnibus notum fieri volo, tara fu tu ris quam presenlibus, quod, pro salute anime mcc et antecessorum meorum ac dcinceps succcssorum, dedi liberaliter et benigne ecclesie sancti Bavonis, in Gandavo, personatum de Birvelict ad me speclanlem, cum omnibus ad cundcm personatum spectantibus. Ut autem hec mea donatio prefale ecclesie libéra rcmaneat et rata in perpetuum, ei présentera contuli paginam sigilli mei appensione munitam et testium, qui interfuerunt, subscriptione roboratam. Testes : Gosuinus dominus Tornacensis episcopus, Thomas et Johannes, arcbidiaconi ejus, Sigerus capellanus ejus, Eustachius de Aria, et Walterus de Curtraco et Arnoldus clerici mei. Actum apud sanctum Bavonem et in die sancti Bavonis, anno dominice incarnationis millesimo duccntesimo undecimo. — (l«r octobre 1211).

Note 62, ib.

F. cornes Flandrie et Hainonie dilectis suis Thimero et Lennoto et aliis ballivis suis, salulem et dileelionem. Mando vobis et firmiter precipio quatinus res et bona dilectorum meorum monachorum sancti Bavonis, in Gandavo, in tali puneto conservetis, in quali temporibus antecessorum meorum, Philippi et Balduiui comilum, esse solebant; et ipsis monaeliis in negotiis suis promovendis taie consilium et auxilium impendatis, quod ipsi de vobis se laudare debeant et vos exinde gratiam meam acquiratis. Et precipue volo quod bona sua que habent in Hafsnessa ita eis possidere permittatis, sicut temporibus antecessorum meorum possidere solebant , et hoc ita faciatis quod querela ad me non debeat redire. Datum in die beali Gregorii, anno M° CO XII. — (17 nov. 1212).

Note 63, p. 92.

R. Altrebatensis advocalus, Bethunie et de Tbenremunda dominus, universis présentés litteras inspecluris, salutem in Domino. Universitati vestre signilîco quod, cum vir religiosus II. abbas sancti Bavonis, in Gandavo, Waltcrum, dictum majorera de Papenghem, traxisset in causam, volens certificari super biis, que ad feoduin, quod de ipso abbate teiiuit, per-

NOTES ET PIECES JUSTIFICATIVES

tinebant, tandem idem, W., assignata sibi super hoc per judicium hominum abbalis die, minime comparuit, vcl pro se misit, similiter et ad diem sibi secundo assignatam. Ad lerciam vero comparens forisfactum novem librarum Flandrcnsium, per judicium hominum dicti abbatis , incurrit, quia ad dies prefatas sibi préfixas ncglexit, vcl noluit, comparere. Ad bec, cum peliissel injure quedam, que ad feodum suum minime perlinebant, et super hoc sibi dies assignata fuisset, tandem communicato bonorum virorum consilio, gratie et misericordie dicti abbatis se subjecit sub bac forma : quod quicquid idem abbas ad feodum, qut)d de ipso tenuit, diceret pertinere, ratam habcret et acceptum, nec amplius petere persumeret ullo modo. Ad diem igitur sibi super hoc préfixant, cum filio suo majore natu, comparens, et, fidc ac juramento mediantibus, cum eodem filio suo promittens, quod sub pena omnium bonorum, que possidebat de abbate, vel lilius ejus possideret in posterum, dictum ejusdem abbatis uterque firmiter observaret. Dictum suum sub bac forma pronuntiavit : quod, elapso anno uno, post fcstuin beati Bavonis proximo instans, dictus major domos et omnia, que habet, vel habebit, in curia dicti abbatis amovere debcrct indilate et de eadem curia et terra, ad ipsara pertinente, voluntatem suam et utilitatem facere possit idem abbas. Preterea, de quolibet bonario dicte terre ad presens non marlalo, vel quod infra dictum terminum non marlabitur, xl solidos a diclo majore, vel filio ipsius, debere sibi reddi, sub pena superius memorata. Insuper in majoratu et tercio denario forisfacti, quod per scabinos judicatur, nichil omnino juris dictum majorem habere dixit idem abbas, nec ipsum precepla jurisdictionis solidaris debere proclamere. Insuper recognovit dicto majori quod dimidium bonarium siliginis et dimidium avene, nec melioris, nec pejoris, dicte terre habere debebat in augusto. Et pro eodem bonario debeat eamdem terram, cum necesse fucrit, suis expensis cingere sepibus et fossatis et alio modo procurare. Item unum gartionem, qui minet aratrum quociens necesse fuerit , cui debet in victualibus providere. Insuper recognovit quod idem major deeimam ad curiam perlinentem in grangiam debeat minare pro décima garba. Item quod tercium flagellum habere debeat in eadem grangia pro decimo vase bladii, supra culturam curie solummodo crescentis. Insuper quod vaca una ipsi in curia debeat hyemari et ipse major vaccas et greges ejusdem curie teneatur procurare. Ad hec quod quolibet mense i spentsuster siliginis, et quolibet anno vm solidos, ad unum baconem, habere teneatur. Nec aliquid amplius dictum majorem juris habere dixit, nisi quod superius est memoratum. In quorum omnium firmitatem et memoriam présentes lit teras sigilli mei appensione duxi roborandas. Actum anno Domini M° CO XXX0 secundo, mense januario. Presentibus tngelrammo senescalco meo, G. de Dale, S. de Ghetscure, Jhoanne de Perre, W° Flaming, hominibus meis ; item, Daniele de

Robbais, S. de Dale, S. de Slote, Henrico Sloc, Henrico Pratere, hominibus dicti abbatis; item, W° f. Gunderaden, AV. de Lho, AV. de Nova Curia, Willelmo A'oghel , scabinis sancti Bavonis; item, Sigero, scabino de Vliedersele, et aliis probis viris.

Nos, AAr. abbas Ilaffiiginensis, AA', de Gremberges, et G. de AVintbi , nolum facimus universis presens scriptum inspecluris quod, cum inter ecclesiam sancti Bavonis, in Gandavo, et AValterum, filium AValteri, dicti majores de Papenghem, super quodam jure, quod idem AV. in viginti et uno bonariis, parum plus vel minus, terre arabilis, in paroehia de Vliderzele, apud Papenghem, jacentibus, habere se dicebat, et aliis, nichilominus juribus, que ad feodum suum, quem de eadem ecclesia tenuit, dixit pertinere, lis orta fuisset; tandem, medianlibus nobis et aliis probis viris, pro bono pacis, in hoc amicabiliter convenerunt : quod dictus AV. prefatam terram arabilem ad medietatem proventuum; item, mansuram cum orto ad ipsam pertinente; insuper fere unum bonarium prati, de quo marlam ad marlandam dictam terram percipiel; item, circiter tria bonaria pasture juxta dictam mansuram jacentia de prefata ecclesia jure feodali possidebit, lali tenore : quod totam terram arabilem predictam solus et propriis sumptibus arabit et colet et temporibus congruis et consuetis marlabit et fimabit. Solus etiam ad dictam terram totalem singulis annis tolum semen dabit, preter modium unum, medictate siliginis et medietate avene, secundum mensuram ville de Vliderzele, quem ipsi AV. dicta ecclesia annuatim duxit concedendum. Et quascumque ab eodem AV. fieri contigerit expensas ad colendam dictam terram , marlandam , sepibus et fossatis cingendam, vel aliis quibuscumque modis procurandam , ad nullum omnino juvamen, vel auxilium, dicta ecclesia tenebitur cidcm, preter modium unum siliginis et avene memoratum. In augusto autem, vel alio tempore, cum segetes vcl alios fruclus supra sepedictam terram cresccntcs, meti, secari, vel falcari contigerit, prius deductis ab eisdem decimis, que ralione secandi, vel falcandi, percipi consucverunt, dicta ecclesia per nunlium suum de eisdem segetibus et fructibus deeimam suam intégré percepiet. Que facto, dictus AV. easdem segetes et fructus, présente dicto nuntio, in agro dimidiabit, et partem segetis et fructuum ipsius ccclesie, cum décima predieta, simul in grangiam ducet sive minabif, quant supra mansuram dicti AA7, eadem ecclesia, in loco sibi congruo et placido, duxerit construendam. Ad hec, deeimam de Papenghem, que supra mansuram dicte ecclesie nunc feodalem, excepta décima premissa, hactenus duci consuevit, in gratiam predictam, pro décima garba, minabit. Et omnia stramina, paleam et purgamenta, que vulgo dicuntur Cnichen (vel criensen ), que de dicta terra arabili, decimis et terragio de Papenghem in grangiam dicte ccclesie sancti Bavonis deductis, provenire contigerit, prefatus AA7, intégré percipiel et in usus suos expendet in curia supradicla. Et omnia premissa,

NOTES ET PIECES JUSTIFICATIVES

de mera voluntate sua, eiilem W., cum terris cl pralo prefatis, in feodum conlulil ecclesia memorata. Cujus benivo- Icntiam et benignitatem idem W. altendens, omni juri, quod prius se habere dicebat, vel liabere debuit, in terris et bonis supradictis, et omnibus aliis juribus, que, ante banc compositionem, ad feodum suum dixerat pertinere, consentiente uxore sua, plenarie renuntiavit. In aliis autem redditibus universis, terragio et servitiis, que dicta ecclesia apud Papengbem habere dinoscitur, nichil omnino juris habere débet, vel potest W. predictus, nee amplius aliquid, quam superius est expressum , et, si de predicta terra , per negligentiam ipsius W., vel defeclum, male culta, vel marlata, dicta ecclesia dampnum substinerct, sepedictus W. tcnerctur cidem ipsum dampnum, secundum estimationem bonorum virorum, rcsarcire. In quorum omnium memoriam et firmitatem perpetuam presens scriptum sigillorum nostroruin appensionc duximus roborandum. Actum anno Domini M° CC° XXX» quarto, mense Martio.

« Hoc fuit jus villici de Ghisensele antequam litigaret contra ccclesiam sancti Bavonis.

»Unum sisterum siliginis prêter Spentliast singulis mensibus. Dimidium bonarium seminatum siligine. Dimidium bo-

narium seminatum estiva annona. Terciam partem

in horreo eonducil, et tertia pars Iucri sua est. Decimam totam introducit et decimum manuplum accipit ; singula estate vaccam ab abbate suscipit ad nutrimenlum familiae suae. Purgamenta tocius annone, idest criensen (balles?) sua sunt, et inde dat de ova ad coquinam sancti Bavonis et si purgamen non rctinet ova non solvit. Pro hiis omnibus suum est terram arare, seminare, fimum superducere, pecora procurare, fossata facere et sepes, annonam ad Scaldam ducere per ministerium eorum, qui ad hoc véhicula et sacos et iumenta secundum constitutum largiunt. « (Extrait d’un livre de cens de l'abbaye, an. 1227, case 52, n° I).

Note 64, p. 93.

Ego S., Castellanus Gandensis, notum facio universis presens scriptum inspecturis, quod cum homines ecelesie sancti Bavonis Gandensis de quatuor OOiciis, solutioncm census sui, quam debebant ecelesie, protraherent, eo quod sibi ab ecclesia deberi, quod vulgo dicetur Niewerfl ( Niewert . Niwerl) proponebant, ex parte ecelesie responsum fuit: quod ad prefatum Nieuwerft eis non tenebalur in terris quas ab ipsa ad censura in perpetuuin detinebant feodum. Collecti igitur apud Hasnede, de voluntate utriusque partis, ad generale placitum omnes scabinis de quatuor scamuis, per sacramentum suum ammoniti, judicialiter adjudicaverunt ecclesiam sancti Bavonis Gandensis ad prestandum Niewerfl predictis hominibus suis non teneri *n terris, quas ab ipsa in feodum ad censum perpetuum possidebant, et quod, hoc non obstante, ad persolvendum integrum censum, sine dominulione aliqua, ecelesie tenebanlur.

Ne igitur longinquitate temporis, tanta maturitate in presentia inca et teslium subscriplorum prolatum judicium, in lesionem ecelesie predicte oblivioni tradatur, bec in presentia mea fuisse testificor et sigilli mci appensione presentem paginam confirmo. Iluic etiam roi gerende mecum interfuerunt, justiciarii domine comitisse J. Cantel, Bernardus Iiufus, Daniel de Corlraco, Waltcrus de Birbeka, Itobertus de Everghem, Johannes de Acsla, Arnulfus de Zamslacht, Steppo, milites, Gisclbertus de Valle, Ileinricus Evelbaren. Actum anno Domini millesiino ducentcsimo octodecimo.

Note Go, ib.

Si feodati abbatis citentur coram abbate, vel coram aliquo vice ejus constituto, ad clauslrum sancti Bavonis, super prefixuin diem, ut solvant debitum suum, si totum solverinl, abbas debet eis dare semel ad manducandum in hospilio, vel quatuor nummos. Si citati non venerint, debent très solidos, si venerint et non solverinl, nichil debet eis abbas; sed possunt redire domum sine forisfacto; sed abbas potest vel nuntius abbatis cos sequi quando vult et acciperc pandos eorum pro debito et pro forisfacto eorum. Qui citati non venerunt hodie satis si potest, si non potest, redeat ilerum, et accipiat tantum ut satis habeat et servare per très dies; posl diem tercium proxima dorninica faciet illos ducere vel portare ad virscaram de Bochaute, et faeiat prohibere; et sic l>er très dies dominicas, postea voluntatem suam inde faeiat : si ille venerit infra terciam diem dominicain et pandos suos quitare voluerit, debet ex equo, qui gramina vel stramina comcderit per diem et noctem, quatuor nummos, ex vacca n, ex ove obolum, et sic pandos suos rehabeat. Si aliquis pandare non poterit, vadat ad suam virscalam et faeiat prohibere ne aliquis mittat manum in feodum suum, sine licentia abbatis; si insuper manum immiserit, feodum suum est in potestate abbatis. Si aliquis feodatus abbatis feodum suum vendere voluerit notum faeiat ad suam ecclesiam per très dies dominicas, eorain tribus feodalis abbatis, qui tcsticentur quid factum sit, postea vendat, salvo jure abbatis. Si quis feodatus abbatis citatus fuerit causa ipsius, nichil debet ei abbas; sed si citentur ad claustrum sancti Bavonis causa abbatis, abbas debet equis suis fenum et avenam et ipsis ad manducandum quamdiu opus eorum habet. — Vers 1220. Note 66, ib.

Liste des familles des serfs appartenant à l'abbaye de S. Davon.

Gerild, maritus ejus Frisnoth, filius eorum Robertus, filie Hersuent, Ermengart, Vulgive, Godild, Gisla. — Ermengardis de Wiline, Geraddus, Petrus; Chrisliana, Ava, Adalicia, Clementia, Greta. — Ogeva, fdii Balduinus, Gonterus, Gozuinus, Ulbaldus; Ilezzeka, Otgeva, Godelefa, Beatrix. — Mabilia, Tetburh, lilia Everdei, Folquidis, Bersundis. — Willeberga Brugis. — Axla : Wivesin, Gommar, lilii Jordanus, Adam,

Vorthiardis; Columba, Gertrudis, Bertildis. — Imma de villa

NOTES ET PIÈCES JUSTIFICATIVES

Tempseca. — Berta apud Berdams. — Helmuara, filii Bertrad, Erlolf, Erkenold, Raiardis, Luardis. — Imma in Mendonc : Godildis, Cisela (sancte Marie), Eva f. Iggelradis, Ava, Ermengardis. — Verildis, filius Lambertus, Gerberga f. Gcrberge, Harradus, Tbielbaldus, Lambertus, Gerberga, Amulberga, Jolenta; Froware moderen. — (Isengem) : Imnieza, Ermengardis, Reinildis, Berta, Frowara fllia Bersuendis, Mensuindis, Adger, Reinsuint, Àdeleida, Ava Fdia Hewiven, Ava filia Wunnen et filii earum Johannes, Henricus et alii. — Bertildis in Bersela. — (Parnelc) : Ava, Yersuent, Ermcntrut, Everardus, Christiana, Ava lîlia Heilewif et u!ie. — Fredsuindis, f. Heilewidie, Fredesuindis , Reinsuendis, Imma. — (Juxta insulam de Pulchro Campo) : Tetsenda, f. Cisela, f. Mactildis, f. Marta Renborli, Gisla, Disdelt. — Alwif Ingela, Gertrudis ab Alev’, ava, abava, alia ava ab Ingela, Bertildis. — Clariseia f. Reineri de Ilosdine; Ligardis, filie Frowara, Berta, Hunburgis, Wifthet f. Thidwara, Heilewif; Helewif (sancti Livini). — Thidinrode : Hildechardis; Ermennilt cum tribus fil iis et totidem liliabus; Ava de Wilda. — Boudert; Godeburcb; Margareta uxor Obelini. — Hezeka; Roswindis, Berta in Vlidersele; in Grembergen Imma. — ■ Eoldekin; Siburgis; Ava f. Margareta; Ava fil. Liewie; Ava Wivine fil. — (Bettengem) : Ava, filia Ida; Thedwara, Fredwara, Iliklcgart (ava); Cilla f. Folquere. — Gerwiven f. Imma; Gertrudis; Benedicta; Windekin; Ena; Dierlit. — Otlif; Siburgis; Magthild (de Roslar); Hardman, Ansgard. — (Livini) : Steneldis; Liedela (saneti Macliarii); Godin; Frowara soror Modèrent. — Ferlhzuent; Heilewif (Warenzele); Ileilewig (sancti Livini); Godildis. — (Der Mouden) : Odela; Aida f. Oda; Ilerka; Vroware, Raiart f ejus. — Ileesler ; Owekin; Reincin (Letdiart, Siwich), Selekin, Verildis; Ava Piesin f. ejus. — Adalwif (Grembergen); Imma f. Imma, Hildewara, Rikild; Ave et f. Yittcs. — Berta; Frowekin f. Berta; Maroia; ingeltherz. — (Isendic) : Ethelgeva; Bersuindis; Hclsuuent (Otbertus) : Hildegardis. — (Bersela) : Ave filie Gertrud, Imma, Teuduuih; Ermentrud in Axla (sancti M. in eripta); AVillild de Bokold. — (Gandavi) : Thiuuara filie Meddin, Aluuif; Gelesma; Ave Bertildis filia — (Gandavi) : Agata; Heileuuidis (sancti Livini); Ogiva; Ristiindis f. Wivecine. — (Lenberghen) : Margarcta filia Gislcberti

Colledorcs census ad sanctum Bavonem pertinentium :

In XV as : Wido de Monte. — Wido Goetman — Henricus de Bouchoute, — Willelmus Fabcr de Musborc. — Segere scabinus de Wasmontere. — Albertus de Temesche. — Willelmus de Rusele. — Wido de Drische. — Rodolf de Borh.

In Hamme . Arnout Halfman (Margarcta). — Wido Vander liage.

Mdsele : Dideric de Leiwe. — Willelmus de Busche.

In Vive : Willelmus frater.

In Ilgem : Wido f. Ilcnrici.

In Vasmonslcr Segere de Monte.

In Berginc : Willelmus Faber.

Mendonc : Wido f. Alarsd.

In Vasmonsler : Wido Morre.

Ilosdine : Roelf Vander Lake.

In XVais : Wido Van den Pôle (Henric de Brande).

In Vornambali : Willelmus Vanden Busche. — Oste Van Windeke.

In Vinginc : Fromont Van den Yelde.

In Hamme : Razo de Overlop.

In Warengem : Wido Badewagen.

Crushoutem : (Boidin) Adam.

In Rosbeke : Adelart de Coppenhole.

In Gisensele : B. major.

In Warengem : Hannekin Sagelin.

In Ilamme : Wido Halfhont.

In Winevclde : Teodericus Coleman.

In Vasmont ; Wido Van Mattemc. — Willelmus Del.

In Mdsele : Willelmus de Bosche.

In Kancngem : Willelmus Hase.

Kneslair : Errenboit Minnart.

Olsene • Arnoldus f. Roelf Cappenlarii.

In Grimbcrgen ; Albertus.

In Kanengem .- Boindin Ilasa.

Windcrhout : Boindin de Mere

Hamme : Boindin de Riet.

In Crushoutem ■■ Boindin de Verwode.

In Winevelde : Boisteil. — Arnoldus de Varen.

In Ruslede : Hugo Miles.

Apud Rclsele : Bodin Paulus. — Wido Van den Gavere. — Henricus frater ejus. — Segere Van der Straten. — Arnoldus frater ejus. — Alman. — Gisel. — Conegont Hamme. — Meckengem. lu Mackegem receperunt Willelmus et Arnoldus fratres s bunarium et solvit inde Wido Bliec; Henricus émit Is b. terre contra omnes participes, qui solvit IX d.

Ht sunt minislri in curia sancti Bavonis qui prébendes recepiunt de anona ;

Segere Pavo annonam. — Lambertus Vander Couteren annonam. — Wouterman (abbas) annonam. — Heinkin non habet nisi furfurem. — Agata annonam. — Major (abbas) annonam. — Portir anonara. — Jordan non habet nisi furfurem. — Arnoldus Miles furfurem. — Henricus Sac (non solvit voiture) annonam. — Ava Vidua (II) annonam. — Willelmus Guis annonam. — Michel Tue annonam. — Midi il annonam. — Paschedach annonam. — Simon Bloetlatere cervisiam. — II Seutellarii habent furfurem et brasium ante navitatem Domini.

Ili sunt feodati de ecclcsia sancti Bavonis ■■

Godevart Voget. — David de Strepen. — Jordan — Henric, f. Michilis. — Machelin frater Vogets. — Woitin de

NOTES ET PIÈCES JUSTIFICATIVES

Lo (Wido Sula). — Hcnricus SIoc. — Willclmus .le Ostburg.

— Lamkin Je Broke. — Michel Tue. — Willclmus f. Gardiers.

— Arnoldus de Rodenborh. — Segcrc llossekin. — Hugo f. Danielis. — Godscalc de Pittc. — Wido Vandcr Straeten.

— Woterman. — Wido f. — Willclmus Preco. — Gosin f rater ejus (de Slote). — Farn. — Simon de Slole. — Arnoldus frater ejus. — Major. — Teodericus Brades. — Henkin de Wesvelde. — Ilenricus de Wincle. — Henricus Elsinscaht. — Gosin Rcx. — Preco de Wondelghem. — Giselbertus Utendale. — Segere nepos ejus. — Preco de Lozère. Stippo. — Philippus de Dipenborne. — Razo de Gavere. — Roelf de Belau. — Arnoldus de Westrem. — F~b7 de Bondis. — Simon Castelaen. — W. Vlaminc. — W. Ilarst. — W. Brabantere. — Wido Bruen. — Sigcrus f. inilitis. — Roberlus de Evergcm. — Jcgere de Getscure.

— Raso Onredene. — Henricus Haddin. — Willelmus Caliau.

— Satssin de Mandelcn. — Mau f. Hugersoits. — Arnoldus de Merhout. — Heldolf Spirinc. — Ap. Razo Ganscerman. — Henricus lilius Custodis. — Boindin f. Lambins. Woilin f. Grieten. — Arnoldus de Colengcm. — Boidin de Dammc.

— Ivanus de Varnewiec. — Wido de Sodtengem. — Scoutete de Houteni. — Clais Buxdale. — In Westrem, Jordanus, Woitin, Doir. — Cono. — Major de Sualme. — Gosein. — Teodericus f. B. Bec. — Major de Use. — Major de Papengem.

— Major de Gisensele. — Major de Eckergem. — Wido de Veltem. — Gosin de Sedegcm. — In Vliderzcle, Razo de Costerbroke. — Willelmus Cornes, Wointin Gratel. — Willelmus Winke. — In Vinkc, Willelmus lilius Henrici de Kanegem. — Oilait. — Boindin. — lo. Onscone. — Mandewin.

— Gerardus f. Rabbodes. — Wointin Katlenben. — In liodenburch, Hugo filius Jacobi. — Verrenhout. — Willelmus de Lapide. — Tomas Massil. — In Suewerve, Wointin dicta Stormekin. — Soilin de Mendonc. — Willelmus frater Bosteil .

— Johannes de Bernem. — In Maldenghem, dominus W. de Maldenghem tenet terram illam, que dicitur Selc, in feodum ab ecclesia sancti Bavonis et ipsam recepita domino Balduino abbate ejusdem loci, presentibus Amelrico et Dirkino nionachis, Balduino de Mocre, Jboanne de Walle et aliis hominibus ejus. — In Bctlengem, Wido Beire. — Wouterman. — Bastins. — Segere Lauwere in Boliout.

Note 67, p. 9-4.

De nemore ecclesie nostre dicimus : quod nos et antecessores nostri illud sine calumpnia possedimus a tempore a que non extat memoria, et quod illud cum terra circumjaccnte de primis bonis esse credimus que ecclesia noslra possedit a prima sua fundatione. Item nemus illud cum dicta terra jacet inter allodium sancti Pétri Gandensis, tam ex parte australi, quam scptentrionali. Item, dictum nemus magnum fuit et venditum est ab anlecessoribus nostris usque ad modicam quanlilatem, quam, fossatis et sepibus circumdatam,

ad usus ecclesie nostre reservarunt. Item, terra ad cultum redacla data ad censum et feodum. Item, jumenta silvestria ab anliquo in dictis nemore et terris habuimus, porcos saginari feeimus, décimas perecpiinus, et omnem justiciam tam altam quam bassam cum advocalo nostro, semper habuimus. Item, pro dampno quodam in dicto nemore nobis illato proclamatum fuit duellum, elapsis circiter quinquaginta et tribus annis, inter Michaclem dictum Tue et Arnulphum (ilium Bouters, qui pugnaverunt in curti monasterii nostri. Item nunquam aliqua calumnia ab aliquo domno terre vel balivo mota fuit ecclesie nostre de dictis nemore vel terra, sed semper usque ad presens pacilice possedit, et volunlatem suarn inde fecit. Item, nunquam aliquis domnus terre aliquid de lignis dicti nemoris pcrcepil, nisi per preces ecclesie nostre factas, ncc unquam aliquam fecit justiciam altam vel bassam in dictis nemore vel terra. Item, de alneto, pastura et lignis dicti nemoris semper et sine calumpnia suam fecit ecclesia nostra volunlatem.

De moro nostro dicimus quod ipsum ab antiquo et a tempore, a quo non extat memoria, pacilice et sine omni calumpnia possedimus et quociens placuil sespites in co fodi feeimus; viam ad ipsum commode perveniendi elapso mullo tempore expensis propriis feeimus. Item, dictus morus ab antiquo circumdatus est fossatis, et cruces posite in utroque latere ipsius.

Note 68, p. 96.

J., Flandrie et Ilaynonie comitissa, omnibus présentés lilteras inspecturis, salutem. Noverint universi quod Nos ratam habemus ordinationem, que per dilectos nostros, B. priorem Gandensem, fratrem E. Bardekin , et F. de Gandavo, canonicum Insulensem, auctorilate nostra, super capelia et aliis negotiis Bcghinarum, que in manso, quem ad opus earum, extra Gandavum, construi facimus, manebunt, facta est, proul in lilleris sigillo abbatis sancti Bavonis de Gandavo, ac sigillo conventus sui, nuper signatis, plenius continetur. Eandemque ordinationem, quam idem abbas et conventus suus, causa Dei et nostra, fecisse dicuntur, a Beghinis, que in ipso manso manebunt, tanquam domina terre, faeiemus firiniter observari. Ténor autem predicte ordinationis, que inferius verbo ad verbum annotatur, talis est :

B., permissione divina, abbas et conventus sancti Bavonis, in Gandavo, omnibus présentes litteras inspecturis, salutem in Domino sempiternam. Noverint universi quod Nos, causa Dei et propter reverentiam domine Comitisse,de assensu presbyterorum parrochialium Sancti Michaelis, in Gandavo, et Sancti Martini de Heckerghem, benigne concedimus ut in manso, quem in parrochia de Heckerghem, ad opus Beghinarum construet ipsa domina comitissa, habeatur capelia, in qua celebrentur divina et corpus Domini custodiatur et oleum inlirmorum. In eodem quoque manso ad sepulturam tantum

NOTES ET PIÈCES JUSTIFICATIVES

Beghinarura ibidem manentiam cimetcrium habeatur, salvo jure nostro et parrochialium sacerdolum, ita quod nulla persona manens extra mansum ilium Beghinarum possit in eodem cimiterio sepeliri. Et quicumque in predicto loco Beghinarum capellanus instiluetur, venire debebit ad abbatem nostre eeclesie cum litteris, vel testimonio eorum, qui providebunt Beghinis, et de manu abbatis nostri rccipiet capellaniain illam quidecim libras annuatim valentem; quam babebit tam diu, et non ulterius, quam ipsis provisoribus videbitur expedire. Et abbas nostre eeclesie, sine omni contradictione, sive difiicultate, ei, qui tali modo sibi presentabitur, conferi’e debebit capellanium prediclam. Prefati vero quindecim librarum redditus jacent in olïieio de Ilasnede, versus Mendonc, super quasdam novas terras inter liage Triest bene assignali. Omnes insuper oblationes, que in predicta capella ad manum presbyteri offerentur ad missam, erunt totaliter parrochialium sacerdotum. Et Begbine singulis annis, ad minus semel in anno, confiteri debebunt proprio sacerdoti, et cetera Christianitatis jura ex parte presbyterorum parrochialium capellanus Beghinarum eis exhibere debebit quando poterit et presens erit, ita tamen quod cura Beghinarum semper penes parrochiales presbyteros rcmanebit. Et Begbine cavere debebunt ne occulte, vel aperte, aliquid faciant quod sit presbyleris parrochialibus in prejudicium, sive detrimentum Ad bec, si in terris habitis, vel habendis, Beghine excolant segetes frumenti, siliginis, ordei vel avene , décimas legilimas inde solvere tenebuntur. De ortis autem etpomeriis, que non ad vendendum, sed ad proprium excolent usum, décimas non persolvent. Procuratores insuper Beghinarum benigne nobis promiserunt qud singulis annis, infra octavas sancti Bavonis, Beghine in predicto manso manenles, unum aureum valentem quinque solidos abbali nostre eeclesie dabunt, sive quinque solidos, non in signum subjectionis alicujus, sive servilutis, non enim per hoc in manso predicto sive in personis ibi manentibus, vel in rebus carum proprietatem, vel juridicione aliquem poterimus vendicare ; sed eensus ille nobis dabitur tantummodo in signum nostri personatus, et ut Beghine, si consilium, vel auxilium, a nobis peterent, abbates nostros per hoc specialius, ad sua négocia promptiores et magis benivolos invenirent. Predictas vero concessioncs Nos et prefati presbyteri fecinms ad opus tantummodo Beghinarum ; ita quod in loco, in quo manebunt, nulla religio peteril institui sine nostro assensu. Hoc etiam semper salvo quod Beghine in loco sepefato manentes, consilio domini Tornacensis episcopi vivant et regantur, et auetoritate ipsius inslituantur provisores earum. In robur igitur et memoriara predictorum, présentés lit teras scribi fecimus et sigillorum meorum appensione mtiniri. Datum anno Domini millesimo ducentesimo quadragesimo secundo, mense Julio.

Ut bec autem, que in predictis litteris abbatis et conventus continentur, in poslerum firmiter observcnlur, istas litteras

sigillo nostri munimine fecimus roborari. Datum a Nobis anno Domini, M° CC° XL0 secundo, mense Augusto.

Note G9, p. 98.

F., Flandrie et Hanonie cornes, omnibus présentés litteras inspecturis, salutcm. Noverint universi quod dilectus noster abbas sancti Bavonis Gandensis solvit nobis per manum domini Gilberti de Valle pro pace facta inter illos de sancto Bavone et illos de Gandavo, eentum et quinquaginta libras Artisiensium, de quibus Engelr. recepit quinquaginta libras, et dominus W. de Gistelle eentum libras, presentium testimonio litterarum. Datum Gandavi, anno Domini M° CC° XXXI» in Oct. apostolorum Pétri et Pauli.

Note 70, p. 99.

De statutis a sedis aposliliee Legato editis. Innolentius episcopus servus servorum Dei, dilecto filio decano ecclesiae S. Pétri insulensis, Tornacensis diocesis, salutem et apostolicam benedictioncm. Lecta nobis dileclorum fdiorum abbatis et conventus monasterii S. Bavonis gandensis, ordinis sancti Benedicti, Tornacensis diocesis, pelicio, pateficit quod venerabilis frater noster Episcopus tusculanus, tune in partibus illis apostolice sedis legatus, ad monasterium ipsum causa visitationis accedens, inter alia statuit in eodem, ut nullus ipsius loci monachus, alibi quam in refectorio aut in infirmaria, et tune cum licentià, scu in abbatis mensa vocatus ab ipso, et in horis debitis casu aliquo comedat seu bibat. Qui vero contra hoc fecerit per duos dies continuos, in nuda terra, sine gausape, in refectorio comedere compellatur. Ad hec districte injunexit, ut omnes horis omnibus in choro intersint, nisi causa rationabili excusentur, et qui defuerit, pro defectu bore cujuslibet a vino abstineat una die. Statuit insuper ut quicumque monachorum exiret clauslrum, hora ilia qua conventus debet convenire in ipso, per unum diem a vino debeat abstinere. Unde cum premissa cedant in scandalium plurimorum, utpote nullo alio nec ipso legato talia in eisdem partibus staluente sintque pene inconsuete hujusmodi, eorum famam tamquam pre ceteris gulosi existant, non modicum dénigrantes, et per hoc consulta hospitalitas, in ipso monasterio juxta consueludinem aliorum monasteriorum dicti ordinis, nequeat observari; provideri super hiis paterna sollicitudine a nobis humiliter poslularunt. Cum igitur instituta ipsius ordinis, satis credantur suflieere, ad eorum observantias regulares, et de prohibitionibus et statutis introductis de novo, transgressiones fréquenter in animarum pericula soleant provenire, discretioni tuae per apostolica scripta mandamus qualinus, si prêter vel supra eumdem ordinem, t ibi constiterit prefalas penas adiectas, seu staluta édita supra dicta denunties, auetoritate noslra prefatos abbatem et conventum ad observationem stalutorum etpenarum buiusmodi, aliquatenus non teneri, juramentis de ipsis observandis ab eis super hoc preslino non

NOTES ET PIECES JUSTIFICATIVES

obstante. Datum Perusii 8 kl. aprilis, pontifiealus nostri anno nono. — (24 mars 1232).

Note 71, p. 99.

Alexander, episcopus , servus servorum Dei, dilccto Pilio abbati sancti Bavonis, in Gandavo, ordinis saneti Benedicli, Tornaeensis diocesis, salutem et aposlolicam bcnedictionem. Ex parte tua fuit Nobis humiliter supplicatum ut, cum observantia tui ordinis ab ipsa sui institulione mullum sit rigida, difficilis atque gravis, fuerintque postmodum per felicis recordationis Gregoriuin, papam, predecessorem nostrum, et quosdam alios, tam auctoritate sedis apostolice, (|uam legatorum ipsius, superaddita statuta gravia, diversarum penarum adjectione vallata, ne contingat sub tantis oneribus deficcre oneratos, providere super hoc paterna sollicitudine curaremus. Altendentes igitur quod expedit calamum quassatum non conteri, et in erasione eruginis vas non frangi, devotionis tue prccibus inclinati, presentium tibi auctoritate concedimus ut super observatione statutorum ipsorum, que de tue substantia régulé non existunt, tu ac successores tui eum monasterii tui, ejusque membrorum monachis presentibus et futuris libéré dispensare possitis, hiis easibus dumtaxat exceptis, super (piibus in eadem régula est dispensatio interdicta, in quibus easibus dispensandi super pénis adjeetis et irregularitatibus, quas tui subdili bactenus ineurrerunt, vel incurrent de cetero, eosque absolvendi ab interdicti, suspensionis, seu excommunicationis vinculo, quo ipsos ob trangressionem premissorum statutorum insolvi contigit, vel continget, injuncta sic absolutis penitencia salutari, libéra sit tibi et eisdem successoribus, de nostra permissione facultas. Subpriori nicbilominus monasterii lui ac ipsius successoribus , concedendi tibi tuisque successoribus hujusmodi dispensacionis et absolucionis benefîcium, si fuerit oportunum, indulgentes auctoritate presentium potestatem ; non obslantibus aliquibus litteris ad venerabiles fratres nostros, Remensem archiepiscopum, et ejus suffraganeos, vel quoscumque alios ab apostolica sede , sub quocumque tenore directis et processibus habitis per easdem de quibus forsitan oporteat fieri mentionem. Nulli ergo... Datum Neapoli, XI kal. januar., pontificatus nostri anno primo. — (22 déc. 1234).

Note 72, ib.

Innocentius, episcopus, servus servorum Dei. Ad memoriam et observationem perpetuam contra gravamina, que in procurationibus , ratione visitationis , debitis inferebantur subditis a prelatis, providerunt salubriter eanonica instituta, cirea evectionum et personarum multitudinem , epularum innnoderantiam, aliasque superfluilates, statuendo modestiam debitam observare, ut, nec in exigendo nimium prelati excederent, nec inbibendo superflue subditi gravarentur, fieretque visitatio ad salutem animarumque leticiam et non ad aflîctionem et lcdiutn subjectorum. Verumptamen quum nonnulle

adhuc de hujusmodi procuratoribus querimonic audiuntur, nos volenles pastorali sollicitudine providere, taliter in bac parte quod tollatur omnino gravendi occasio, et cesset prorsus maleria murmurandi, auctoritate apostolica staluimus ut archiepiscopis, episeopis, arcbidiaconis , aliisque prelatis, personaliter visitantibus, ab ccclesiis et locis visitatis exhibcantur procurationes, in victualibus et aliis necessariis moderato, ila quod bec secundum communem rerum estimationem singulorum locorum, vel sumptus, (|ui pro hiis fient summam , seu valentiam , quatuor marcharum argenti in nulla proeurationc transcendant. Provisa tamen quod secundam majorem, vel minorem evictionum et personarum numerum, pro majorilate vel minoritate prelatorum, in concilio Lateranensi taxatum, fiant usque ad summam ipsam, vel infra hujusmodi proeurationum expense. Sed in locis, in quibus major fertilitas, vel copia rerum habelur, et ubi minores sunl redditus, seu ccclesiasticc facilitâtes, minus, secundum ampliorem necessariorum ubertatem et parvitatem proventuum, in ipsis procurationibus expendalur. Si autem amplius in hujusmodi procurationibus fuerit expensum, prelati eas recipientes restituere in utilitatem ecclesiarum , a quibus ipsas receperunt, et illi qui eas exhibuerint erogare de suo proprio pauperibus duplum ejus, quod taliter ultra expensum extilerit, compellantur alia nicbilominus pena multandi, si visum fuerit expedire. Ccteris nicbilominus, que pro hujusmodi visitationibus et procurationibus generaliter statuta esse

noscuntur, manentibus semper salvis. Nulli ergo Datum

Laterani, II kal. martii, pontificatus nostri anno undecimo. — (51 février 1234).

Note 75, p. 100.

Alexander, episcopus, servus servorum Dei, dileclis filas abbati et conventui monasterii S. Bavonis Gandensis, ordinis S. Benedicli, Tornaeensis diocesis, salutem et apostolicam bcnedictionem. Significastis nobis quod venerabilis frater noster Tornaeensis episcopus, diocesanus vesler, ad exprimendum et bonorum monasterii vestri mobilium quantitatem, vos pro sua volunlale compellit, quamvis idem monaslerium florere in spiritualibus et lemporalibus per Dei gratiam dinoscatur, et tu, fili abbas, de dilapidatione aut mala bonorum ipsius monasterii amministralione, suspectus nullatenus habearis. Cum itaque per Tornacenscs episcopos, qui fuerunt pro tempore, numquam fueritis ad hoc compulsi, sicut asseritis, a tempore cuius memoria non existit. Nos vestris inducti precibus, volentes vobis et eidem monaslerio super hoc oportuno remedio providere, ut idem episcopus, ne per hoc divitiae vestrae invidiis paleant ex cupiditatibus exactorum, vos non compellat ad exprimendum ei bona huiusmodi veris existentibus supradictis, auctoritate presentium districtius inhibemus.... Datum Anagine idus julii , pontificatus nostri anno sexto. — (13 juillet 1260).

NOTES ET PIECES JUSTIFICATIVES

Note 74, 100.

Universis présentes litteras inspeeturis, Wilmarus, Gerardus de Eichove, Afnulphus dictus Amman, milites, et eorum coheredes in thelonio Antwerpiensi, eternam in Domino salutem. Noverit universitas vestra quod Nos monasterium sancti Bavonis Gandensis, in quo idem preciosus Christ i eonfessor corpore requiescit, a Nobis et successoi'ibus nostris de vinis et ceteris rebus ad suum usum spectantibus ab omni thelonio nostro apud Antwerpiam, pro remedio animarum nostrarum ac predecessorum nostrorum, liberum in perpetuum concedimus. Et ne quis dicto monasterio super solutione dicti tbelonii hacienda in posterurn calumpniam inférât, vel gravamen, quoniam sigilla propria non habemus présentes litteras ipsi monasterio sigillo capituli beate Marie in Antwerpia conlulimus roboratas. Datum anno Domini M» CC° quinquagesimo quarto, mense februario.

Note 75, p. 101.

Dit is trecht vanden Scoutheete van sente Lievens Houtem :

Van den ghedinghe dat was tusschcn der kerken van sente Baefs van Ghend ende tusschen Gbielise den Scoutheete van sente Lievens Houthem, als wat bi drougbe an sijn Ieen, dat bi houdende es van der vorseide kerken, waren ghenomen vinders goede liede, ende aise zij de slicken wel vernomen badden ende ondervonden, seiden zij hare segghen te sente Lievens Houthem, daer de abdt Jan van sente Baefs was présent, der Zeghere de proefst, der Heinric de Visschere, der Jacop yan Denremonde, moenke van sente Baefs ende vele anderen goede liede waren présent, voor de poorte van den hove van sente Lievens Ilouthem in deser manieren :

Wy kennen Gbielise den Scoutheete sinen derden penninc van ghewiisden boeten , aise de vooght siin reeht hevet in iij prochien van sente Lievens Houthem, van Vliederzele ende van Baveghem.

Wy kennen hem oee, dat bi elken man houden mach van ghewiisden boeten over siin recht zonder der kerken scade.

Wy kennen hem oec dat hi sculdich es te houdene ij daghe aile de ghene die bi wette ende bi wiisdoeme werden ghehouden, daeraf es hi seuldig te hebbene van elken persoen elkes sdaeghs xij den. van eoslen, ende iij s. van inslane ende van huutslane, ende daerna es hine seuldig te leverne den voeght.

Wy kennen oec dat de abdt mach laten varen aile dinghen, die werden ghehandelt bi wette ende versten.

Wii kennen hem oec dat hi siin recht hevet in aile hâve van huutvanghe die bi wette ontwijst wert, aise de voghet siin recht hutc hevet.

Wii kennen hem oec dat de kerk van sente Baefs hem seuldig es sine cost gheliic haren anderen mannen, aise hi in liervaerden vaert van haren lialven.

Wii kennen hem oec dat de kerke ij gaersoene ende ij paerden die de Scoutete zenden sal te sente Baefs, te sente Pieters messe, seuldig es redeliken cost.

Wii kennen hem oec zire ij mannen leen ende siins selfs Ieen ende iij s. ende ij hoenre elkes jaers, die hi heeft te Leewerghem up iij bundre lands.

Wii kennen hem oec, ware dat zake dat yemene siin liif ontwiist worde bi wette van scepenen ende hâve daer bleve, dat hire siin recht ende siin derden deel in hevet aise de voeght siin recht afhevet behouden dien dat hi de rechtinghe doen aise liiis versocht es vander kerken halven.

Aile sine andren heessche ontwisen wii hem ende el negheen recht dan hier verclaert es en sal hi hebben van der kerken van den leene dat hi nu houdende es.

Dit zegghen was gheseit int jaer doe men screef dat in Carnatioen ons Heeren 1288 in de maent van maerte, voor de Passche, ende ter slede die voornoemd siin. — G. C.,p. 182 v.

Dit hier naervolghende es trecht ende heerlichede, toebehorende ons Schoutheetdomme van Everghem :

Eerst zo behoorter loe theerschip dat men lieet tSchoutheetdom, ende al datter binnenvalt, huutghesteken den criminelen, erven , ontherven, pandinghen, achtinghen , marctghelt van coepe. Ende alsmen daer wet doet zo hebben de Schouthcete ende schepenen hare coste, te wetene den Sehoutheete iiij s. voor zine coste ende elken scepene ij s. voerzine costen, ende aile ervachteghe boeten van iij lib. par.

Item, behoort ten vorseide Schoutheetdomme, van al dat ghevalt in de vierscare vander vooghdijen, tghereehte derdendeel.

Item, belioorl ten voorseide Scoulheetdomme gheheel al tghuent dat men doen mach buten der voorseide vierscaren te wetene, aile deeldaghe, aile prijsdaeghe, aile palinghen, aile wettelike besoucken, ende hier af heeft de vornoemde Scoutheete tclken zine coste, ofte iiij gl. , ende als hii pale stelt ofte vrijt, van dieze aendeelich es iij s. ende aile scouwinghe, walerleeden, banloken, brugghe, dam, van elken zo heeft de voornomde Scoutheete iij s. ende die mach hii selve eerliic exploitieren ende innen.

Item, aile achtinghen ende pandinghen van elken iij s., het en ware dat eeneghe achtinghen of pandinghen weder quame ter vierscaren bi onkenne van sculde, of bi wetteliken bescuddaghen, ende daere parlien omme dringhen, so soude de Scoutheete de boeten van achtinghen ofte pandinghen in ghedeele moeten bringhen die h ij voren ontfaen hadde ende andere niet.

Item, mach de Scoutheete de scutters maken en verlaten ende es sculdigh te houdene de vanghenesse van der praterien, dies zo sal hii hebben van elken ghescote iij s.

Item, behoort den Scoutheete toe aile vooghdien te doene, dies zo sal hii hebben van elker vooghdien iij s.

Item, mach de Scoulheele scutten djaer over met scepenen, ende hebben van elken scote iij s., alwat in tijden voorleden ghehalt was met eene wetteliken hooftvonnisse.

NOTES ET nÈCES JUSTIFICATIVES.

Item, mach de Scoulheete met scepenen xviij wcken tsiaers vci'kine scuttcn ontvinct, te wetene van alfougslc lole sente Martinus messe, ende ingaende van macrte tote ait aprille ende van elkcn verkine sal hij hebben xij lib. par.

Item, es de Scoutlieete sculdich scepenen te manene, gheboden te doene, eede te stavene, en van elken lantghebode heeft hii vj, ende in t’ Scoutheetdom xij den Ende al dat voorseit es mach de bailliu docn in ghebreke vanden Scoutheete, altoes behouden tscoutheten redit ende anders niet. Banloke zal de Scoutlieete scouwen te hall' aprille, ende Dambrugghe xiiije nacht voor sente Jans messe ofle xiiij0 naeht daernaer, Waterlate sal hii scouwen xiiije nacht voor sente Blartins messe, ofte xiiije naer. De Caelve zal hii scouwen aise dicwyle ende aise menichwerven als scepenen orborliic ende prouffii dincken sal. — (Sans date, p. 177 v. G. C.).

Note 76, p. 101.

Universis présentes litteras inspecturis, Gerardus miles, dominus de Berleghem et domina Beatrix, ejus uxor, salutem in Domino sempiternam. Noverit universitas vestra quod Nos légitimé vendidimus ecclesie sancti Bavonis Gandensis allodium nostrum, in parrochia de Parvo Houthem, quod dieitur Bursebeke, altamque justiciam et bassam in eodem; redditusque viginti duarum librarum et sex solidorum Flandrensium, et quicquid juris habemus, ratione dieti allodii, in parrochia antedicta, tam in parata pecunia, siligine, avena, feno, caponibus, rcleviis et gallinis, ab ipsa ecclesia in perpetuum possidendos et singulis annis percipiendos. Item redditus novem librarum Flandrensium, novem caponum, novem gallinarum, quos habuimus in novem bonariis terre in parrochia de Houthem sancti Livini. Item triginta coppos avene et triginta denarios, quos habuimus in eadem parrochia. Item quadraginta et duos solidos nostri redditus, qui dieitur Meiverschinc. Item triginta coppos avene annui redditus, et triginta denarios in loco, qui dieitur Crappeneke. Item redditus triginta denariorum in loco, qui dieitur Ouwenzele, eidem ecclesie similiter ]iure vendidimus ab ipsa ecclesia in perpetuum possidendos. Promittentes, fide et juramento interpositis, et a nobis sine dolo, vi, vel metu, sed sponte, corporaliter prestitis, contra dictam venditionem per Nos, vel per alios, non venire, nee quicquam juris de cetero in bonis predictis reclamare; sed concensum nostrum super premissis légitimé habitum fuisse ubicumque et quandocumque requisiti fuerimus profiteri. Proinisimus etiam nomine donationis proper nuptias, dotis, vel ususfructus, vel quocumque alterius rei nomine, nichil juris in permissis in posterum reclamare, et dictam eeclesiam de dictis bonis, secundum legem patrie, investire et de eisdem légitimé garandirc. Item reeognoscimus quod Nos tenemur eidem ecclesie in centum et septuaginta quinque libris Flandrensium , Nobis a dicta ecclesie de propria sorte sua, in parata et numerata pecunia, benigne mutualis, quaruin mc-

dietatem in augusto, qui erit anno Domini M° CC° quinquagesimo tercio; reliquam dimidietatem in augusto ilium sequentc, promisimus nos solituros eidem ecclesie. Promittentes etiam quod si dicta ecclesia incurreret custus, et expensas faceret, pro recuperatione pccunie antedicte, quod de dictis dampnis, custibus, et expensis dicte ecclesie satisfaciemus. De quibus etiam denariis sic solvendis , dominum Sygeruin de Parvo Houthem, militent, Impinum de Palude, Egydium Vulpem, Sygeruin Prcconem, Basonem de Hernthouthe, Balduinum Advocatum, Walterum de Bursbeke, liberos Willelmi Scabini, Nicholaum de Crappcnneke, Egydium de Veteri Pralo, Johannem de Palude, lilium Locn, plegios conslituimus memoratc; et Balduinus de Boden omnia bôna sua presentia et futura eidem ecclesie obligavit. Et liée omnia et singula promisimus et recognovimus corant decano Christianilatis de Houthem, cui hujusmodi recognitio a curia Canteracensi luit commissa. Consentientes quod si contra promissa, vel aliquorum promissorum, per Nos, vel per alios, veniremus , quod officialis Cameracensis et ipse decanus Nos possent ad desistendum compellere, et sentenciam excommunicationis in Nos promulgare, in quacuinque dyochesi Nos contingat eommorari. In cujus rei testimoniuin présentes litteras sigillorum nostrorum munimine dicte ecclesie contulimus roboratas. Datum anno Domini M° CC° quinquagesimo secundo, feria tertia ante assumptionem beate Virginis.

Universis présentes litteras inspecturis, W., divina permissione abbas sancti Andree juxta Brugis, et AV., dominus de Maldenghem, miles, salutem in Domino sempiternam. Noverit universitas vestra quod, cum fide et juramento interpositis, Gherardus dominus de Berleghem, miles, et domina Beatrix, ejus uxor, viris religiosis abbati et conventui sancti Bavonis Gandensis, cstimacione precii nostro arbitrio ab utraque parte commissa , advocatiam tocius ville de Iloutem sancti Livini cum suis pertinentiis, dominium etiam et proprietatem, neenon et oranem jurisdictionem , quam in dicta villa quibuscumque modis, vel qualitercumque , in alto et basso, habebant, habere poterant vel debebant, pure et légitimé vendidissent, et etiam omnia jura, que sibi, tam in servos, quam in alios ad melius caput positos, sive in quoscumque alios, quocumque nomine censeantur, competebant, vel compelere poterant; insuper omne jus quod in wastina de Aulmeersch et in aliis wastinis, in dicta advocatia reclamabant, vel habere poterant; preterea altam et bassam justiciam, dominium et jurisdictionem, que habebant in alludio et in feodo de Bruesbeke et locuni similiter eum jure suo situm apud Bruesbeke, in quo molendinum aquaticum consuevit esse constructum; et cum ipsi Gerardus et ejus uxor, voluntate spontanea, universa singula premissa légitimé eflestucassent et werpivissent et ad plenam legem efiicaciter perduxissent, nichil sibi juris, vel suecessoribtts suis, in

NOTES ET PIECES JUSTIFICATIVES

prcmissis penitus reservando, Nos, onere arbitrii in Nos suscepto, de consilio proborum, equitate pensata, inspeclis circumstanciis universis, arbitrium nostrum presentibus partilas et proferri instanter petenlibus, arbitraudo pronunciamus, in hune modum : quod dicti abbas et conventus persolvent dictis G. de Berleghem et ejus uxori pro predictis omnibus, titulo empeionis, treeentas et quinquaginta libras Flandrensium. Item quadraginta libras domino Gerardo de Rodes, militi, a quo dietus Gerardus de Berleghem dicta bona in feodum tenebat; cui vendicioni idem Gerardus de Rodes expressum adhibuit consensum. Pretcrea decem libras Flandrensium dicte domine Beatrici, pro suis jocalibus. Quam vendieionem neenon et arbitrium nostrum Nos predictis partibus sub debito prestiti juramenti injunximus fideliter et tirmiter observare. Dicte etiam partes communi consensu nobis dederunt potestatem plenariam declarandi super premissis et determinandi, si in aliquo premissorum inter predictas partes, vcl eorum successores, queslio aliqua vel dubitatio (quodabsit!) in posterum oriretur. Sed notandum quod Nos super quadam piscaria centum solidorum, quam dietus Gerardus de Berleghem in dicta villa, ut dicebat, habere debebat, neenon et super quibusdam servis empticiis a Conistaulio Flandrie, a pâtre dicti Gerardi acquisitis, de quibus illustris matrona, comitissa F'iandrie, eidem Gerardo movet questionem et movit, non pronunciamus, nec arbitrari intendimus, cum super hiis non fuit in Nos aliquatenus eompromissum. Nos vero predicli Gerardus de Berleghem, miles, et Beatrix, uxor sua, profitemur et recognoscimus predictam venditionem légitimé Nos fecisse, et omnia et singula universa prenotata rite acta esse, et dictam pecuniam a predictis abbate et conventu nobis in parata et numerata pecunia plenarie persolutam. Promittentes, fide et juramento a nobis corporaliter presti lis, quod contra premissa, vel aliquot premissorum, nec per Nos, nec per alios, de cetero veniemus, sed arbitrium, prout superius probatum est, sine contradictione aliqua, integraliter observabimus in futurum. Ad quod eciam observandum successores nostros, quoscumque volumus obligatos. Ego vero Gerardus de Roden, miles, dictam vendieionem neenon et arbitrium prenotatum et alia universa et singula, in preseuti littera expressa, tamquam dominus, a quo dicta bona in feodum tenebantur, ut dictum est, confirmo , predictis omnibus et singulis expressum adhibendo consensum; et omnia jura feodalia, servicia et alia queeumque ad predietum feodum pertinentia, de consensu domini Terremondie, a quo dicta bona tenebam in feodum, dictis abbati et conventui libéré quito et absolute. Et ut hoc omnia et singula rata et fîrma permaneant nos arbitri prenotati, nos dicti Gerardus de Berleghem et Beatrix, uxor sua, et Ego Gerardus de Roden, miles, presentibus litteris sigilla noslra duximus apponenda. Actum anno Domini M° CC° quinquagesima secundo, mense decembri.

Note 77, p. 103.

Ego Johanna, Flandriae et Hainoniae comitissa, universis tam presentibus quam futuris notum Ceri volo , quod ego vendidi Margarete puellac meae quadraginta boneria Wastinae in Warschot. Ita quod ipsa de introilu mihi solvet de qualibet bonario duas marcas, 35 solidos et quatuor denarios pro marca, et de quolibet bonario mihi solvere debet aunuatim in festo S. Martini apud Gandavum vinginti quinque denarios et duos capones, vel quatuor denarios pro quolibet eapone. Predictam etiam Wastinam ipsi sicuti consuetudo terrae est, equitaverunt dilecti et fideles mei Raso de Gavera, Hugo Busera, Cône De Ravensehot, et alii qui Waslinas equitarc debent et soient. Prefata vero Margareta ex hiis quadraginta bonariis vendidit Ifenrico de Lederne duodecim, bonaria Wastinae, per assensum meum, et ipse Henricus simili meo(?) ei solvet de introitu pro quolibet bonario duas marcas, triginta très solidos et 4 denarios pro marca, et aunuatim ad predietum terminum et predietum locum mihi solvere debet de quolibet bonario 23 denarios et duos capones, vel 4 denarios pro qualibet eapone. Sic autem ipsa Margareta tune mihi solvere debet censum annuatim de 28 bonariis Wastinae et predictus Henricus de 12 bonariis Wastinae. Ut autem hoc factum meum firmum et stabile permaneat, presentem ipsae Margaretae contuli paginam sigilli mei appentione et testium qui interfuerunt subscriptione roboratam. Testes Balduinus de Prat, Philippus de Wastina, Lamsinus de Arsbroc, Walterus de Sommerghem, Walterus de Westvincle, Philippus Dernau, Walterus de Curtraco, clericus meus. Actum anni Domini 1213. — (Archives des hospices de Gand).

Note 78, p. 104.

Universis Christi lldelibus, présentes litteras visuris, Johannes, magister Egidius et magisler Stephanus, presbiteri parochiales sancti Johannis in Gandavo, salutem in Domino sempiternam. Universitati vestro notum facimus, quod nos de communi consilio pariter et assensu dedimus terram quamdam iacentem in Portacker, in parochia S. Michaclis in Gandavo, ad nostrum beneflcium spectantem, in qua habemus redditus octo solidorum Flandrensium, magistrabus Beghinarum de Gand, Gertrudi videlicet et Avesote et earum sequentibus ad edificandum in dicto loco, pro voluntate sua et ad utilitatem omnium Beghinarum quae ad ipsarum pertinent obedientiam et octo solid. annui redditus in perpetuum possidendam. De quibus 8 sol. quolibet anno in principio mensis martis nobis et nostris successoribus tenebuntur respondere et ne haec nostra concessio rata et lirma permaneat, présentes litteras eisdem contulimus nostro com-

rauni sigillo, una cum sigillo ..(sic) prioris fratrum ordi-

nis Predicatorum sigillatas. — Datum anno Domini 12C4, mense maio.

NOTES ET PIÈCES JUSTIFICATIVES

Note 79, p. 105.

De advocatia in villa de Zingliem.

i Universis présentés litteras inspecluris, G. preposilus sanc- ; tae Pharaïldis gandensis et Sigerus de Woeslwincle, miles, ballivus de Alost, eternam in Domino salutem. Novcrit univer- I sitas vestra, (|uod cum vir religiosus abbas saneti Bavonis | gandensis, pro ecclesia sua ex parte una, et Cristina, rclicta I Woitïni Boens et Sarra, eius filia et Radulplius de Stavele, dictae filiae maritus ex allerà , supra quercla inter ipsos diucius habita, de qua dietum nostrum inferius continetur, sub pena centum marcharum parti observanti arbitrium a parte ab co resiliente solvendarum, in nos compromississent. Nos onere arbitrii suscepto, auditis partium rationibus et inquisiti diligentius veritate, dietum nostrum protulimus in hune modum.

Dicimus quod dominus abbas S. Bavonis vel eius certus nuncius apud Zingliem, super allodium sutim, irrequisito advocato, scabinos facere poterit, eos deponere et placitare pro suae libito voluntatis.

Item advocatus vel eius certus nuncius, si presens fuit, ad mandatum abbatis vel eius certi nuncii, aliter non banniet placita et scabinos submonebil, quod si facere voluerit aut presens non fuerit, poterit abbas vel eius certus nuncius bannire placita, submonerc scabinos et placitare, salvo iure advoeali et cuilibet iudicium et iusticiam exbibere.

Item advocatus debet ponere suum praire supra allodium S. Bavonis et pecora que scuttaverit, in curtim dom. abbatis dueere, sed nullas expensas vel custus in curte ipsius abbatis facere poterit vel habebit.

Item dicimus quod advocatus debet habere tertium denarium in omnibus entendis, levandis et pandationibus faciendis, exceplis pandationibus, quae fuerint de redditibus abbatis antedicti.

Item in duabus carruatis feni, quae petebantur annuatim iure advocati de prato domini abbatis, dicimus advocatuin ius nullum habere, quia dominus Gosuinus, quondant advocatus, dietum ius vendidit ecclesiae S. Bavonis et ad legem quitavit. In cuius rei testimonium, etc.

Datum artno Domini I2G2, feria quinta post dominicam in ramis palmarum.

De concordia inter monaslerium et Castellanum Gandcnsem de Everghem.

Dit is tsegghen dat mynheer H. Jan Brijsteeste, AVoutre Van den Hamrae, Pieter de Meyer ende Hughe Corthals vinders van den sticken die waren tussehen den borchgrave van Ghent en der kerken van sente Baefs, seiden int jaer ons Heeren doe men screef 1293, up den sondach voer den ommeganck te Dornike.

Dat eerste point es dat de burchgrave van Ghent es

sculdich le hebbene den derden penninc van allen sticken die ghevallen of ghevallen moglien in de voghedie ieglicn den abt van sente Baefs, en voi t es sculdigh te wesene de borchgrave, of dien hi zet te allen ghedingen ende le allen sticken datder weltelechcden toe belioert, ende te allen sticken ende te aile bedrive dat valt tussehen den abt en den borchgrave in de voghedie sonder iet buten te stekene up dat hire wesen willc, en alware oec dat zake datter de borchgrave niet en ware no zijn sériant, daer omme ne soude men niet lalcn die ware in sabs stede, wet te doene, behouden sborchgraven rechte.

Ende ware oec dat zake dat iemen , die ter voghedien behoerde, hem beclaghede dat hem wet ghebrake, dies heeft de borchgrave macht hem wet te doene hebbene aise voghet van dien datter voghedien behoert.

Voert so es sculdich te hebbene de borchgrave de visscherie van sburchgraven brugghe tote Sleydinghen huile ende voert tote Sroeden kinder ende el niet te dier stede.

Ende voert es sculdich de burchgrave te hebbene de visscherie van sburchgraven brugghe toter Langher brugghen en theerschip binnen den baermen vander gracht tote iij lib. ende datter onder es, ende de souverhenitheit ga aldaer soe sculdigh te gane.

Voert daer men schepcnen maket daer es sculdich de borchgrave of zijn sériant te wesene ende te helpene nemen liede die goed zijn en die nuttelie zijn, daertoe bi rade van schepcnen van der stede ende ware oec dat zake datter de burchgrave niet en wilde zijn no zijn sériant, daeromme ne soude de abt niet laten of diere ware in sine stede hî ne soude schepcnen maken, ende ne ghenen sehepene maeh men maken het en zi up wetteliken dinghc dach.

Voert es sculdich de heere le hebbene de liede ter wareden aise hi js begheert.

Voert als men herewaert ghebiet van sheeren halven van den lande so esse sculdigh te ghebiedene de scoutete by heetene van den bailiu, ende esse sculdigh de bailiu te gheleedene tote sente Baves, ende daer esse sculdech de horchgrave of zijn sériant le nemene ende voert te ghcledene , ende also dese voerseide sticken ( a ), also verre aise ter voghedien behoort.

Ende viele ooe zettinghe waert van hervaerde waert van zettinghen van so wat sticken dat ware, daerover ware sculdich te wesene de borchgrave of zijn sériant, ende en wilde hiere oec niet wesen, daer omme ne soude men niet laten voert te gane aise verre aise ter voghedien behoerde bi rade van schepcnen.

Ende omme dat dit vinderscheep vast blive ende ghestade,

(a) Sticken, mot assez difficile à comprendre; sonl-ce les centuries de l’ancienne organisation militaire? La racine germanique de ce mot peut être sticten, stechen ou stecten, airêtcr, attacher, se trouver.

NOTES ET PIÈCES JUSTIFICATIVES

so liebbe wij Jan Brijsteestc, ridder, over ons ende over Hughen Corthalse, ic Woutre Van den Hamme, over mi en over Pietre den Meyer, dese lettren gheseghelt met onsen zeghelen. Dit was ghedaen int jaer doe men sercef dat incarnatioen ons Heeren 1293, up den zondach voer den ommegane van Doernike.

Martinus, etc.... Ex parle vestra fuit propositum coram nobis, quod nonnulli clerici vel laici, asserentes se in vos aliquid questionis babere, aliquando monachos, interdam conversos, et nononquam animalia et alia bona monasterii veslri , pretextu cuiusdam pravae consuetudinis, temeritate propria vadiare, invadere, ac tamdiu detinere presumunt, donec sit eisde huiusmodi questionibus, iuxta ipsorum bonum placitum satisfactum, quamquam iurisdictionem qua hoc possint, in vos non babeant ordinariam vel eliam delegatam. Cum itaque judicialis vigor, sit ideo in medio constitutus, ut nemo audeat assumere ultionem et ob hoc, id tanquam nulli juri subnixum, non sit aliquatenus tollerandum. Nos, volentes quieti vestrae consulere ac predictorum maliciis obviare, auctorilate presentiam districtius inhibemus, ne quis, occasione predictae consuetudinis, vobîs memoratas inferre molestias, ac bona monasterii memorati, absque iuris ordine occupare, vadiare, invadere, seu quolibet modo detinere présumât, etc. Datum Perusii, non. mardi, pontilicatus nostri an. quarto (Grand Cartulaire de S. Bavon, p. 18).

Note 82, p. 108.

Universis presentia visuris seu audituris, nos Raso, dictus Mulaerds, miles, et Volcwidis uxor mea, salutem et noscite veritatem. Quum memoria hominum labilis est et que geruntur in tempore simililer labuntur cum tempore, nisi scripta vel alias memorie commendantur et recipiant flrmitatem. Ilinc est quod vestra noverit universitas, quod cum ecelesia S. Bavonis Gand. ad piltantiam 16 bonaria terrae et unam mensuram, parum plus vel minus ab Arnulpho, diclo de Lokerne, et eius uxore acquisierit, et omne jus quod dictus Arnulphus et eius uxor in dicta terra babebant et que terra jacet in parochia de Exaerde, iuxta vicum quod dicitur Hoedevelt, et supra qua terra Walterus dictus Vos nunc coinmoratur, quam etiam terram dictus Arnulphus ad certum censum annuum et servitium debitum nobis hereditarie, vulgariter crvachtelikc possidebat. Nos dictam acquisitionem dicte terre ratam et gratam babentes tenore presentium confirmamus et dictam eeclesiam S. Bavonis Gand. pleno jure de terra predicta hereditamus. Rémittentes sibi Dei intuitu ob remedium anime nostre et predecessorum nostrorum et mediantibus 10 lib. Fland. nobis solulis, servitium vulgariter dictum Bulfart, Corvveide, omnemque exactionem seu talliam, omniaque munera sordida, non sordida, ordinaria, extraordinaria, indictum, tribu tum ccnsum, annonam, capitationem, vectigal, angaria, pangaria, ceteraque omnia servitia et jura onera

ad que dicta terra vel possessor eiusdem nominc terre bactenus erant, poterant vel debebant esse obligati, excepto censu annuo 31 sol. et 8 den. Fland. parum plus vel minus, qui de dicta terra debetur predicte ecclesie de Exaerde. Ut hec autem rata et lirma permaneant asuccessoribusque nostris inviolabiliter observentur, nos lide et juramento prestitis corporaliter de non veniendo contra promissa aut aliquid promissorum, neque per nos neque per aliquos successorum nostrorum, nos nostrosque in infinitos successores et heredes predicte ecclesie S. Bavonis gand. obligamus. Acta fuerunt bec presentibus scabinis et bominibus nostris seu vasellis, videlicet Joliannae dicto Meyer, Michaele fratre suo et Marchia filio Coobs, ballivo noslro, nec non presentibus vasallis illustris eomitis Flandrie, paribus nostris, videlicet Theodorieo de Belsele, Johanne Scultelo de Lokerne et Balduino, fratre suo, Egidio dicto Vanekin, Egidio dicto de Dorent et Petro filio Daens, qui ad requisitionem nostram ad perpetue rei memoriam sigilla sua, una cum nostris sigillis, presentibus litteris duxerunt apponenda. Datum anno Domini 1283, mense februario.

Note 85, ib.

Ex lib. census abbatiae sancti Bavonis, an. 1280 :« Maria fdia Godefridi Coci, dicit quod tenetur parare fercula domini abbatis et eius familiae, prioris et cellerarii et omnium religiosorum comedenlium in monasterio S. Bavonis ubicumque manducent. Et quod debet secare cotidiè in coquina pisees conventus, juxta mandatum cellerarii, et quod debet habere quintam partem capitum et putoccum de piscibus conventus, quorum capita amputantur, excepto Salmone, Rimbo et Mersuyn, valle, de quibus debet babere eaudas. Item dicit quod debet preparare omnia specialia fercula domini abbatis pottagia et alia fercula quae non spectant ad conventum. Et quod de pytantiis domini abbatis, prioris, cellerarii et virorum religiosoruin apud S. Bavonem accedentium, debet haberc capita solus sine aliis coquis; excepto Salmone, de quo debet habere caudam et de poltagio, scilicet pisis et aliis debere habere scutellam plenam et parum plus, quia est cocus domini abbatis... Item cotidiè debet babere unum lotum servisie et super biis, quando ter facit Arthoereas, debet habere unum panem et magnum lotum servisiae. Item ad magnum carniprivium candelam ad longitudinem unius ulnae et magnum lotum servisiae. Item feria vta, in diebus Pasclieven, unum panem qui dicitur kinlbroet et unum lotum servisiae. Item i denarios singulis annis, qui dicunlur denarii solularium ( schotel-rccht ?). Item singulis annis in festo S. Bavonis, quatuor denarios, qui dicuntur denarii medonis. Item sex denarios in nativitate Domini, de ligno qui dicitur Sprinkclhout. Item quum conventus habet archotreas debet babere tria ova. Item in die S. Bavonis, duos panes et duos magnos lotos servisiae. Item in die S. Macliarii, duos panes et duos magnos lotos servisiae et tantum in die proximo sequenti. Item tenetur mundare refectorium quater in anno, ad Pascha,

NOTES ET PIÈCES JUSTIFICATIVES

ad Pentccosten, ad festum S. Bavonis et ad natale Domini. Et de quolibet festo debet habere unura panem et unum magnum lolum servisiae. Inde debet habere capita de clibot. Item in die beati Landoaldi duos panes et duos lotos servisiae. Item ad festum beati Macharii et sancti Landoaldi, debet habere quintam partem de tribus caseis contra alios cocos. Item tenetur habere quintam partem salis remanentis de butyro supra coquinam. »

Note 84, p. 109.

Achicr.

Archons de siele et de aveles.

Ailevioires.

Aubes.

Aingnaus.

Audier.

Ais (del chent de toute).

Audier de fer (enclume?)

Aissins.

Aus (aulx).

Amandes (del esporge de), cor-

Auteil (pierre de).

beille.

Auwes.

Anguilles de Hollande.

Aveyne (avoine).

Aniaus de voile.

Bacons (porcs salés).

Bleit batut.

Bakons ù teste (id.)

Bleit en garbe.

Bakons entiers.

Blesil (fustet).

Bans (bancs).

Bos (bois).

Bans ù piechous dehiestans.

Bourre.

Baterie (rie de) (batterie de

Brésil.

cuisine).

Buffet.

Berbis.

Buisse.

Berch (barque).

Bure (beurre).

Bleit.

Cabellaus.

Chervoise.

Caignes.

Chire.

Capiaux de fer.

Coeans, \

Capitiaus (chapiteaux).

Coghe, J bâteaux.

Car (chair) de mouton salée.

Coken, )

Carbon de terre.

Cokent.

id. de bois.

Coissins (coussins).

Cardons (chardons).

Colre (noix de).

Catoires (ruches d’abeilles).

Colombes (poteaux).

Cauch (chaux).

Corbille.

Caudières (chaudières).

Corbissons (paniers).

Caudières à brasseur.

Cordes.

Coudrons (chaudrons).

Cordes de tille (cordes d’écor-

Caudron de seme.

clies de tilleul).

Causses de fier (cuissards).

Cordewain (cuir de chèvre).

CavccHeul (cheval mené par

Coumin.

le licol).

Couvetures de fier.

Caves.

Croisse (graisse).

Cendres.

C res tes.

Chendre floereehe (de Florée,

Crctyns (paniers à anses).

quède, wecd-assclicn).

Cuieres (chaises).

Chendre fierre.

Cuve.

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