SON ELECTION
BAN de Guifie, dit Jean de Noyelh à cause de sa famille et de Guise à cause du lieu de sa naissance , estoit religieux de Saint-Yincent et fut choisi par toute la communauté pour estre abbé et pasteur de Fabbaye , en 1368. Le commencement de son gouvernement fut assez malheureux, à cause des deniers empruntez qu*il falloit rendre , quoique son prédécesseur en eut déjà payé une grande partie. Mais les papiers ayant esté bruléz par les Anglois et Tabbé Pierre estant décédé depuis ce temps-là , les créanciers redemandèrent leur argent avec d'autant plus d'assurance qu'ils sçavoient qu'on ne pouvoit pas les convaincre du premier paiement. Ces deniers avoient esté empruntez pendant le temps des pestes et autres maladies. Leju^e de Tabbaye, ou bailly de Saint ^Vincent, donnoit des sentences conformes à la vérité, mais les appella* tiens se multiplioient et mettoient Tabbé dans Timpuissance de les soutenir; ce qui fut cause qu'il présenta requeste à Charles cinquième , dit le Sage , roy de France , exposant l'incendie des titres de son abbaye ; sur quoi il reçut un arrêt favorable.
Il est une autre difficulté très-grande que cet abbé eut à soutenir et elle lui fut suscitée par Tabbé de Saint-Jean de
Laon , par rapport à la préséance que nous devons avoir au moment de rentrée de l'évéque nommé dans la ville de Laon* ' Pierre Âiscelin , moine-prieur de Saint-Martin-des-Cliaaips , et proviseur de Sorbonne , venoit d*estre nommé évèque. Il fit son entrée à Saint-Yincent ayant esté consacré auparavant ; huit hommes gagez à cet effet avoient sonné les grosses cloches de l'abbaye lors de son arrivée à Téglise de Saint-Yictor, présentement démolie, et avoient continué jusques à ce qu'il (ftt descendu de sa haquenée à la porte de Saint-Yincent. L'évéque ayant couché dans notre monastère, selon la coutume de ses prédécesseurs, se mit en devoir de faire le len demain^vers sept heures du matin , son entrée ducale en la ville. Il y entra accompagné des moines de Saint-Yincent qui le conduisirent jusques au portail de la cathédrale; mais une grande difficulté venoit de s'eslever entre Tabbé de Saint-Yincent et oehii de Saint-Jean ; car les moines de Saint-Jean prétendoîoit avoir la droite de Févèque depuis la porte Mortelle, qui est rentrée de la cité , Jusques à la cathédrale même.
Le différend fut mis entre les mains de Jean, prètre-cardioal du titre des Quatre-Couronnes , nonce apostolique en France. Ce prélat ayant entendu et pesé Judicieusement les raisons de part et d'autre , s'appuya , pour décider la question , sur ce que l'évéque couchant la veille de son entrée en la ville à Saint-Yincent , les moines de ce monastère sont les premiers en possession de le conduire et décida en notre faveur. Il auroit pu s'appuyer encore sur la primauté de Saint-Yincent audessus de Saint-Jean , tant pour la fondation antérieure que pour la dignité de second siège de Tévêché de Laon. Ce jugement fut prononcé à Laon par le susdit cardinal , nonce apostolique, le 15 mai 1372.
Depuis ce temps-là l'ordre s'observe de telle sorte qu'en toutes les processions et autres actes publics , l'abbé de Saint- Yincent et sa communauté marchent immédiatement après le
1) Voir la page 49.
chapitre de la cathédrale , et les moines de Saint-Jeao après ceux de Saint- Vincent ; les moines de SaintrMartin viennent après ceux de Saint- Jean.
Jean de Guise fit plusieurs transactions en cette année 1372, avec le chapitre de Saint-Pierre-au-Marché de Laon , pour étouffer quelques matières de différends et procéz. Il assista au chapitre général des abbéz bénédictins des provinces de Reims et de Sens assemblez à Compiègne , le 13 mai 1373 , auquel présidoit en partie Pierre , abbé de Saint-Lambert de Liessies. On y nomma pour procureurs Pierre , abbé de Saint-Nicaise de Reim$ , Jean de Guise , abbé de Saint- Vincent de Laon, Pierre, abbé de Saint-Lambert de Liessies, dont je viens de parler, Bernard , abbé de Sainte- Berthe de Blangy, frère Guy Poulie, docteur en décrets, moine de Marchienne, Grille de Cardin et Jean Canis , prêtres , Jean Noël, Michel Tuerbon et Jean Olivier , clercs de Thérouanne, Toumay et Soissons , pour signifier aux métropolitains de Reims et de Sens et à leurs suffragants les bulles des papes Urbain V* et Grégoire XI«, par lesquelles les abbéz des deux provinces sus-notnmées estoient exemptez d'assister en personne aux synodes des divers diocèses. Us ne le pouvoient en effet sans encourir les dangers des guerres , les fatigues des chemins souvent fort longs , et sans faire à ce sujet des dépenses inutiles. Outre que pour cette raison ils estoient quelquefois obligez d*estre absents de leurs monastères aux Jours des patrons locaux et des plus grandes festes qui s'y célébroient. Us avoient déjà fait signifier précédemment la bulle du pape Urbain V*, mais les métropolitains et leurs suffragants s'en estoient moquez. C'est ce qui les obligea d'avoir recours à Grégoire XI, lequel prenant le refus des évoques pour un mépris de l'autorité du Saint-Siège, décréta par sa bulle donnée à Avignon , la première année de son pontificat , que comme les évêques avoient refusé de recevoir les procureurs envoyez quelque temps avant par les abbéz et les avoient déclarez contumaces , procédant contre eux avec trop de rigueur, au mépris du Saint-Siège et au grand dommage
des moDaslères , il donnoit de nouveau pouvoir aux mêmes abbéz d'envoyer à leur place un procureur aux synodes qui se tiendroient hors de leurs diocèses, sans pouvoir estre contraints en aucune façon à y assister par eux-mêmes.
On peut croire sans-doute que les procureurs choisis par le chapitre général de Compiègne n*estoient pas les derniers de leur corps en mérite, par conséquent notre abbé Jean de Guise, qui est nommé en second au milieu de ces abbéz, doit en estre reconnu comme un des plus célèbres. En effet sa capacité et sa science le relevoient beaucoup au-dessus des autres , et lai donnent rang parmi les historiens de son temps. Car il a escrit une Histoire universMe en quatre volumes, lesquels composent vingt-huit livres , où il a mêlé beaucoup de choses qui oon* cernent pacticulièrement la cité de Laon , Téglise cathédrale , notre abbatiale et autres. Il en reste deux volumes , Tun latin et Fautre françois , dans la bibliothèque de Saint-Martin de Laon. C'est aux soins de cet abbé que ce monastère de Saint- Yincent doit un amas d'environ deux cent cinquante manuscrits qui estoient dans notre bibliothèque de son temps , selon le catalogue ancien qui eu est resté jusques à nos jours avec une petite partie de ces livres. Son affection pour Tétude et les lettres avoit beaucoup d'imitateurs. Selon le nécrologe de Saint- Yincent, nous remarquons un dom Nicaise de Noyelle, parent, du moins de nom, de notre abbé, lequel n* avoit que vingt-deux ans lorsqu'il passa docteur en décrets en 1373 ; il régenta longtemps à Paris où il mourut dans l'exercice de la maîtrise le 20 septembre. Il estoit un des plus fameux docteurs en décrets de son temps.
G'estoit peut-estre aussi du temps de cet abbé que vivoit dom Evrard, prieur claustral de ce monastère de Saint-Vincent , auteur d'un manuscrit dont l'ancien catalogue de cette bibliothèque fait mention au nombre 135. J'omets les autres dont la longueur du temps a empêché les noms de venir jusqu'à nous.
g 2. Soins de Jean de Guise, abbé de Saint-Vincent,
POUR LE rétablissement DE SON ABBAYE.
Jean de Guise veilloit toujours à la réparation des pertes que
SOD abbaye avoit faites , tant par les guerres que par les maladies contagieuses dont sa communauté avoit esté affligée aussi bien que le psus. G'estoit le sujet qui Tobligeoit à demeurer fréquemment à Paris pour y poursuivre ceux qui denioient de payer et leur faire rendre à Tabbaye ce qu*ils lui dévoient. L'arrêt que lui rendit Charles cinquième , dont nous avons parlé plus haut , « déclaroit que les obituaires et toutes autres escritures des mains des moines fussent reçues en justice pour prouver la possession du monastère à l'égard des héritages qu'on lui de voit et que les témoignages des moines même de Tabbaye et de leurs domestiques fussent reçus, pourvu que les témoins ne fussent pas procureurs en la cause. Cet arrêt favorisa beaucoup le rétablissement du monastère de Saint-Vincent , mais ce furent les soins de Tabbé qui firent tout en cette occasion.
Il estoit encore à Paris pour les affaires de l'abbaye en 1374, lorsque maître Jean d'Aubigny, doyen de là collégiale de Saint- Julien , estant décédé , le chapitre de la même église nomma des procureurs pour aller le trouver à Paris et lui demander permission de faire élection d'un nouveau doyen, selon la coutume et le droit ancien. Ce fut un nommé maître Gérard de Saint- Vincent , maître ès-^arts. qui fit porter la requesteànotre abbé , lequel lui expédia ses lettres de permission à Pans le 3 juin de la même année 1374.
En vertu de cette permission , le chapitre de Saint-Julien s'assembla et l'élection fut faite le trois de juillet; l'élu fût Jean Ferrocy, lequel notre abbé confirma le lundi après l'octave des saints apêtres Pierre et Paul.
L'abbé Jean de Guise obtint encore à Paris un autre arrêt pour maintenir la Justice de Saint-Vincent. Il obligea plusieurs personnes qui détenôient les possessions de l'abbaye, de le reconnoître devant le 6ieur Jean Bray, prévôt de la cité de Laon.
(1) Page 489.
Il transigea avec Jean » abbé de Saint-Martin de Laon , en i 374^ pour plusieurs terrages. Il conserva le drrât de chasse aux Fosses , proche les Creottes , et en deux endroits nommez Embertain et Montfiaucon , proche la montagne de Laon , contre l'évèque qui prétendoit quMls estoient de son domaine. Il gagna aussi sa cause aux grands jours du Vermandois , à SainM^uentln , où présidoit un Tristan Dubois , en qualité de bailly; il conserva les terrages d'Iron au prieuré de Lesquielles» dépendant de Saint-Vincent , le 26 mars de la même année
n deflbndit aussi couragepsement la justice haute , moyenne et basse que notre abbaye a au village de Courbes , en 1375 , et les droits de chasse aux Creuttes contre Jean de Craon, vidame de Laon. Il amortit toutes les acquisitions que son monastère avoit faites depuis quarante ans , payant pour cet effet quarante-sept livres aux officiers du roy. 11 transigea aussi avec les habitants de Crépy eu 1376, pour la séparation du territoire du Sart et plusieurs autres différends , et avec Tabbé de Saint-Martin pour incommodité d*une maison appartenant à cette dernière abbaye. A Teffet d^indemniser cette inconuododite , notre monastère donna douze florins en 1377. 11 acheta plusieurs vignes et maisons et particulièrement une vigne située devant la chapelle de Saint-Victor, entre les murs de Laon et la porte Dame-Eve , proche une petite rue qui pour lors estoit en cet endroit. Il éteignit un diflérend qu'il avoit avec Robert de Béthune , seigneur de Vendeuil , estant en l'assemblée de Saint- Quentin le 3 juin d377.
Dom François de Villers, religieux et procureur de la communauté de Saint- Vincent , ne travailloit pas moins de son costé au rétablissement de la maison , comme il paroit par le gain de cause qu'il eut contre les officiers de la dame de Roucy , aussi dame d'Aippe, lesquels vouloient obliger les religieux de Saint- Vincent de payer passage au même village d'Aippe , d'où il paroît que la maison d'Aippe est fondue en celle de Roucy.
§ 3. Fortifications faites a Gr^py et a Yailly.
Maison do petit Saint-Vincent en la rue Saint->Martin de Laon.
Participation des suffrages des frères-mineurs.
Usage des habits pontificaux aux abbéz de
Saint-Vincent de Laon.
Comme ce temps estoit fort fâcheux à la France à cause des guerres que les Anglois lui faisoient , il n'y avoit ni ville ni bourgade qui ne tâchât de se murer et de se fortifier contre les attaques de ces ennemis.
Les maire et jurez de la ville de Crépy-en-Vallois voulurent se murer aussi , et comme ils avoient besoin de pierres de gré pour leurs ouvrages et qu*ils n*en trouvoient point plus près ni plus commodément qu'à la carrière de Besny, dépendante de notre monastère » ils en demandèrent et obtinrent permission de notre abbé Jean de Guise le 20 jauvier de Tannée 1377, à condition que cette permission ne préjudicieroit point à notre monastère , tant pour le présent que pour Ta venir.
Le roy de France et Richard , archevêque de Reims , seigneur de Yailly, firent aussi fortifier la même ville de Yailly en Soissonnois. De quoi tous ceux qui possédoient quelque chose dans le territoire du même Yailly, furent cotisez à certaines sommes de deniers. Notre abbé « craignant que cela ne tirât à conséquence pour Tavenir, fut trouver Richard, archevêque de Reims, en 1388 , lequel en qualité de seigneur de Yailly, donna indemnité pour l'avenir à notre abbé pour semblable cotisation.
L'abbé Jean de Guise estoit magnifique et généreux pour soutenir les autres dans leurs nécessitez , mais aussi ne perdoit-il pas tout , car ceux-là même qu'il soulageoit n'estoient point ingrats envers lui ; ils reconnoissoient ses bienfiGdts , comme il arriva à un Oudard, de Gricourt, demeurant à Laon, et à Cécile , sa femme , lesquels se souvenant des charitéz que l'abbé Jean leur avoit faites, lui doiMnèrent une maison sise à Laon dans la rue de Saint-Martin , en l'année 1382. Dom Jean de la Selve en prit possession et en fut investi le 7 novembre
de Tannée 1388 , en qualité de procureur de FablMiye. Nous verrons ce dom Jean de la Selve successeur en son temps de Xabbé Jean de Guise. Je fais mémoire particulière de cette maison parce que c*est la même que nous appelions aujourd*huy le Petit Saint-Vincent, laquelle Tabbé Jean Charpentier fit rebâtir comme on la voit en ce temps-cy.
Si notre abbé Jean de Guise mettoit la main au teihporel dé i^abbaye , il ne laissoit pas pour cela le spirituel » marchant sur la trace de ses prédécesseurs abbéz qui servirent les nouveaux ordres naissants dans le diocèse , comme Pi^émonti^ » Saint-Martin de Laon , le Val-des-Escollers , la collégiale de SaintrJulien-au-Bourg et Tabbaye de Saint-Jean. Il ne profita pas moins aux Cordeliers après leur établissement en la ville de Laon ; de quoi le père Ange , leur général d'ordre y estant à Paris en Tannée 1383, témoigna sa recounolssance en doiknant à notre abbé et à tons ses religieux , tant en la vie qQ>n la mort , participation de tous les suffrages de son ordre, au particulier et au général.
La magnificence, la civilité et la courtoisie de Jean de Guise gagDoient tout le monde et lui falsoient des amis partout , même dans le collège des cardinaux. Un certain dom Pierre, cardinal du titre de Saint-Marc, archevêque d^Embrun, le chérissoit particulièrement ; par son moyen notre abbé obtint pour lui et ses successeurs abbéz la permission de porter la mître et d'user des autres habits pontificaux ainsi que de Tanneau pastoral , de donner la bénédiction solennelle après la messe, les vespres et les matines, pourvu que quelque évéque ou légat du Saint-Siège ne se trouvât point présent dans cette abbaye ou ses dépendances , de plus de consacrer des autels , calices , vêtements , ornements et autres vases pour le service divin , à Tusage de ce monastère « des prieuréz et autres églises ou lieux dépendants de cette abbaye. Cette permission fut donnée par bref apostolique, nonobstant la constitution du pape Alexandre IV, commençant parce mot : Abbates. Elle est datée d'Avignon Je 6 avril 4384, la sixième année du pontificat de
l'antipape Clément VU*. ' Les moines de Saint-Vincent furent si reconnoissants à regard du même cardinal Pierre , archevêque d'Embrun , qu*ils s'obligèrent à faire son obit ou anniversaire solennellement chaque année , comme le porte notre obituaire , au 5 des ides d'août. *
§ i. Jean de Rouct, évéque de Laon. Service de la
CHAMBBE APOSTOLIQUE INTRODUIT PAR LA PROCESSION DES OFFICES CLAUSTRAUX DÉJÀ PASSÉ? EN TITRES. DÉCED DE L*ABBÉ.
Pierre Aiscelin de Montaigu » évèque de Laon, fait cardinal par Tantipape Clément VII* , se démit de son évêché en 4384,
(1) Clemens episcojms, servus servorum Dei, dikcto filio Joanni , ah- ^ati monasterii Sancti-Vincentii Laudunensis, ordinis Sancti-BenedicH » salutetn et aposioUcam benedietUmem. Exposait tuœ devotionis sinceriias ut personam tuam, quam gpeciali favore prosequimur, dignis hùnoribus attollamus, Hine est quod no» Hds m kâe parie stqiplieatUmikus inelinati ttt ^u et successores iui àbbates dicti mùnasterii qui pro tempore fuerirU , mitrâ anntdo , et alUs pontificàlibus uti , necnon in tuo monasterio ac prioratibus eidem monasterio subjectis ac parochialibus et àliis eccUsiis ab eodem monasterio dependentibus , seuadte et monàsterium ipsum pertinentibus , benedietUmem solemnem post missarum, vesperarum et mututinarum solemnia , dum modà in benedicHone htgus modi aliquis nntistes vel aposlojtcœ sedis legatus non fiterit, elargiri^ ac altmia, calices, vestes, pannos et vasa àlia pro divino euUu deputata monasterii, prioraUirum ei eeclesiarum prœdictarum, quoties fiterit opportunum, benedicere Uberè et 2tcUè valeas, felids recordationis AUxandri Papœ W prœdecessoris nostri, qwz indpit Âbbates, el alita quibuicumque eonstitutiombus apostolicis m contrarium editis neQuaquàm ohstantibus , tibi et eisdem suceessoribus , auctoriiale apostolieâ, de spedali gratiâ tenore proMentium indidgemms. Nidli ergà hominum liceat hanc pagmam nos^^ concessionis infiingere vel ei ausu temerario contraire. Si quis autem hoc attentare prœsumpserit, indignationem omnipotentis Dei ei beatorum Peiri et Patdi, apostohrum ejus, se noverit incursurum. Datum AvemonerVUt^ idus AprUis, pontifia catûs nostri anno sexto.
(2) V^ idus Augusti, obiit domnus Petrus, praubiter Cardinalit tituli
Sanctp-Marci , qui ad petitUmem damni Joannis à Guisiâ , abbatis ht^us
monaUerii, mitrâ et aliis ponHficaUbus hane ecdesiam perpétua, insigniri
procwttvii; et^us anniversarUim ex éebito et obHgatione annuatim fixcere
tenemur solemniter, '
après avoir fondé un collège de son nom à Paris. * Jean Juvënal des Ursins en son Histoire de France» dit qu'il est décédé à Paris le 8 novembre 1388 et que sa mort passa pour avoir esté causée par du poison. * Son corps est enterré dans le duBur de Saint-Martin-des-Champs, à Paris» et on y lit son épitaphe telle que nous Pavons escrite ci-dessus , page 278.
Jean de Roucy , premier du nom , flis de Simon , comte de Roucy » et de Marie de Chàtillon , lui succéda en 1384. Les aetes du parlement font mention de lui en 1393 , en 1413 et en 1417 ; il décéda en 1419. On l'appelloit communément le hon évéque.
Le roy Charles YI* fit faire de nouvelles fourches patibulaires à Laon , mais comme le fonds ou elles estdeiit assises appartenolt à Saint-Vincent et.se tronvmt dans le détroit de la Justice de cette abbaye , notre abbé Jean de Ouise se plaignit du tort qu'on lui Msolt et le roy, connoissant la justice de sa plainte » déclara qu'il n'entendoit point préjudicier aux droits de Saint-Vincent , mais que la nécessité seule robligeoit à agir de la sorte. La justice royale de Laon ayant bit plus tard enterrer les cadavres des suppliciez dans une terre aussi dép^dante de la justice de notre abbaye (1488) , donna une semblable déclaration par laquelle il estoit dit que cela ne porteroit aucun dommage à nos droits.
Du temps de notre abbé Jean de Guise, je remarque que les offices claustraux de Saint- Vincent passoient déjà en titres et que la cour de Borne en pourvoyoit les postulants quoique Tabbé fut présent. Celui qui estoit pourvu de quelque office ou
(i) non Lelong prétend que le cdlége de Montaigu , à Puis , lut fondé par UB des ancêtres de Pierre Aiscelm.
(2) G*est Topinion de quelques auteurs qui prétendent que Pierre Âiscelin , eardmal et conseiller de Charles VI , M empoisonné par les oncles du roi , parce que lors du grand conseil tenu à Rôms en 1388 , il avait déclaré le premier que Charles n*«vdt plus besoin de tuteurs et était capable de tenir seul les rênes de Tétot. Ceprékt, mort à Reims en 1388, fitt enterré dans Tégiise Saint-Martin-des-Champs , à Paris.
bénéfice , devoit donner la moitié des fruits d'une année à la Chambre apostolique ; ce qui faisoit que le Souverain Pontife avoit des collateurs par toutes les métropoles et des sous-collateurs dans chaque diocèse , pour recevoir les droits et argent de la dite Chambre apostolique. C'estoit un nommé Robert Maquelain, chapellain et sous-coUateur deLaon, quiestoiten cet office en Tannée 1372 , lorsque dom Jacques d'Effries ftit pourvu de Taumônerie de Saint- Vincent, pour laquelle il paya neuf livres, moitié des fruits de son office à la Chambre apostolique , le 22 novembre. Ce dom Jacques d*£firies décéda en 4389 , et le même ofQce d'aumônier fut donné par le Saint- Siège à dom Guy Yargian, lequel paya pareille somme de neuf livres pour droits et deniers dus à la dite Chambre apostolique; ce dont il reçut quittance le 10 octobre de la même année
Jean de Guise ou de Noyelle décéda le cinq ou six avril de Tannée 1396. Son corps a esté enterré à costé de TévangUadn grand autel ancien qui estoit au-dessous de 1^ lampe du cl^fmf d'aujourd'huy. Cet endroit est présentement le passage du chœur dans la chapelle Notre-Dame. Les religieux firent faire un beau tombeau sur sa sépulture , avec son effigie en bosse, laquelle le représente en habits pontificaux taillez et formez sur la pierre. Cette tombe est présentement transportée en la chapelle Saint-Christophe, derrière le grand autel, parce qu^elle empêchait le passage du chœur en la chapelle Notre-Dame. *
(1) Voir son épitaphe , page 260.
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