MORTELLE, A LAON^ET DE SAINT-QUENTIN
DE MOUSON. DES ÉVÉQUES DE LAON, GIBUIN,
ARNAULT ET LÉOTERIC.
HGHENNÉB , Septième abbé de Saint-Vincenl , gouvernoit cette abbaye en Tannée 1134. Afin d'accroître ce monastère qui estoit alors peu de cbose , il alla trouver le roy Henri, duquel il obtint le droit de rouage et autres tant sur cette montagne que dans le village de Semilly. G'estoit pour l'entretien des religieux lesquels vivoient alors en odeur de sainteté. L'évèque Gibuin, qui occupait alors le siège de Laon, donna Tautel de la paroisse de Saint-Victor, près la porte Mortelle à Laon; laquelle église a esté détruite par les Anglois\ Ce qui
(1) En 1359. « Voici un extrait de la charte de Tëvêque Gibuin. « Be(ùi » Victoris altare , juxtà portam Mortuorum situm , oh remedium animœ » meœ concessi fratribus sancti martyris VincerUii, suh Ercaneo abbate mi- » lUantibus , Dei amore sanctique martyris ductus , necnon ipsitis àbbatis » haud contemnendâ petitione animatus , nostrorum insuper canonicorum » consensii rohoratus, ut in Evangelio testatur Dominus : qui recipit pro- » phetam in nomine prophetœ , mercedem prophetœ accipiet et qui recipit » justum in nomine justi, mercedem justi accipiet.,. divinœ veritatis in- » formatus hoc exemplo, fratres Deo inservientes in prcedicti martyris » cœnobio decrevi sustentare Dei altaris beneficio , ut cum eis mercedem » accipiam à retributore piissimo , ^. »
prouve que nos religieux estoient^alors en bonne odeur dans la ville et en particulier dans l'esprit de l'évéque Gibuin, lequel vi- Yoit très-souvent parmi eux. Nous verrons malheureusement cette bonne odeur et observance se dissiper bientôt et le relàchementavecle défaut d'observance se glisser en cette abbaye,
Guy» archevêque de Reims , donna en Tannée 1048, la quatorzième de soif archevêché , Tautel de Saint-Quentin.de Mouson' à cette abbaye de Saint-Vincent. Il souscrivit à la charte de donation avec Gibuin y évéque de Laon , Odon et Garin , archidiacres de Reims , Constantius y doyen de la même cathédrale, lequel a mérité , par sa bonne vie , d'avoir rang au catalogue des saints. Quelques-uns veulent confondre ce dernier avec saint Constantien/abbé de Jauron, au pais du Mans, dont le corps a esté apporté à Bretheuil par le comte Gilduin, seigneur du même lieu, après qu'il en eut rétabli Fabbaye de Notre-DaAie '; mais cette translation s'estant faite en 1050, année en laquelle Constantius , doyen de Reims , vivoit encore, son corps n*a pu estre donné à Gilduin pour estre transféré à Bretheuil. Une autre raison encore, c'est que Gilduin, seigneur de Bretheuil, est décédé avant Constantius en Tabbaye de Saint- Vanne de Verdun.
Plusieurs autres personnes de marque assistèrent aussi à l'acte de donation de Tautel de Mouson.
Je ne trouve point le commencement de Tévêque Gibuin ; je vois seulement qu'il est nommé déjà évêque de Laon en un acte public avec Bauduin, chancelier du roy Henri , en l'année 1047. Son déced arriva en l'année 1050, le 15 décembre, selon l'obituàire de Saint- Vincent. Son corps est enterré au milieu de la croisée de l'église abbatiale ou de l'ancien chœur , sous une tombe d'ardoise marquée de ces deux mots : GibuinuSy Episcopua*.
(1) En Champagne, à 4 lieues de Sedan.
(2) (Note de Tauteur). « Vide historiam meam de cœnobio Beatœ Mariœ BrUuliensis. »
(3) f Gibuin,' évéque.»
Léotéric, préchantre de la cathédrale de Sens, fut fait évêque et successeur de Gibuin. Il donna àrabbayedeSaint*Michel-en- Thiérache , du temps de Tabbc Amalricus, cinq autels en Tan 4052 , et mourut la même année , comme nous le prouverons par une charte d'Elinand , son successeur. Léoteric est enterré devant la place de Tancien autel de Saint-Thomas, présentement démoli, sous une tombe de plusieurs pièces qui le représente habillé en évêque, avec cette inscription : Leotericus, Laudunensis episcopus *,
Un manuscrit de Saint-Denys en France met un Amault pour évêque de Laon en Tannée 1050 ; ainsi Léoteric n*avoit pas succédé immédiatement à Gibuin en Tévéché de Laon. Nous ne trouvons pas d'ailleurs le siège éplscopal rempli, si ce n*est en Tannée 4052. Il faut cependant remarquer que ie moine Herman dit qu*il y a eu quarante-trois évéques à Laon avant Barthélémy , lequel n*a esté que le quarante-quatrième* Il faut donc dire que cet Amault n'a point esté sacré, s'il a esté élu ; car le nombre des quarante-quatre évéques , prédécesseurs de Barthélémy, est déjà rempli. Outre qu'en cet évéché on n*a pas continué de compter parmi les évéques ceux qui n'ont eu que Télection , comme on peut voir par les trois qui furent élus entre Ingelran de Coucy et Waldric *. Il se peut faire néanmoins que le moine Herman se soit mécompte en son calcul, comme il peut y avoir apparence.
(1) « Léoteric, éviîque de Laon.»
(2) Gautier et Ebal, archidiacres et un troisième dont le nom ne nous a pas été conservé. (Voir Liv. 1, chapitres, page 26).
OBAFXTRE V.