DOUZE CHANOINES
9ZS2S ^iNA^i> ^^ ^àh évêque de Laou après Léoteric en la même année 1022; ce que je prouve par une charte du même évéque Elinand ^ donnée pour l'érection du prieuré de Sain t-Gobain en l'année 1068, laquelle estoit la seizième de répiscopat du même évéque Elinand» Si vous ostez de 1068 le nombre de seize, vous trouverez Tannée 1052 qui sera la première de son pontificat.
Cet évêque Elinand » dit Guibert / estoit d'une naissance fort pauvre et obscure ; en outre il avoit fort peu d'études et sa
(i) De vitâ ma, lib. 3, cap. 2.
personne n'avoit rien de bien recommandable. Le lieu de sa naissance estoit an comté de Ponloise ; le comte Gautbier-le- Vieil, parvenu aux bonnes grâces du roy Edouard , Ta voit fait nommer chapellain de la reine d'Angleterre, femme du même Edouard, d'où le roy Tenvoyoit souvent eh ambassade au roy Henri en France, parce qu*il sçavait fort bien se démêler dans une cour aussi polie. Le roy qui vendoit les évécbés è beaux deniers comptants , ayant reçu plusieurs présents de grande valeur qu'Elinand lui avoit faits dans le but que, si. quelque évêché venoit à vaquer, il en fut pourvu , lui fit donner celui de Laon, vacant par le déced de Léotéiic-
11 fut néanmoins un bon évêque , quoique d'une élection toute simoniaque. Dès lors qu'il fut établi à Laon, il tourna ses soins aux réparations, bâtiments et décorations des églises de son diocèse ; à quoi il employa les grandes richesses qu'il avoit amassées en la cour d'Angleterre , royaume alors fort riche et très-opulent. Guibert , abbé de Nogent , semble icy obscurcir sa mémoire, disant que toutes ses bonnes actions ne tendoient qu'à acquérir de Thonneur et à rendre sa réputation éclatante dans le royaume; il dit même qu'il obtint ainsi l'archevêché de Reims du roy Philippe*. Quant à -cet archevêché de Reims qu'il prétendoit tenir avec l'évêché de Laon*, le pape Urbain second lui commanda deux ans après de le quit* ter , lui remontrant qu'il n'est pas permis à un homme , ayant une femme, d'en prendre une seconde. L'ambition poossoit beaucoup cet évêque ; c'est ce qui lui faisoit dire que, sUl pou voit venir à la papauté , il y feroit son possible. Hais de quel vent il ait esté poussé , cela n'importe pas pour nous. On lui doit beaucoup d'honneur de ce qu'il a augmenté notablement son siège épiscopal et les autres églises du diocèse.
(1) « Penèsregem Philippum hominem in Dei rehus venalissimum. (Guibert, ibidem.)
(2) Elinand s*était emparé de Tadministration du diocèse de Reims, après la déposition de l'archevêque Manassés et, pendant deux ans , il en perçut tous les revenus.
Elinand assista au sacre de Philippe , premier du nonii roy de France, en 1059. L*aete de ce sacre met un Artenneus, abbé de Laon, lequel assistoit à cette cérémonie. Jusques à présent aucun catalogue de cette abbaye ne nous a indiqué cet abbé que j*admets cependant pour nous appartenir , car il est exprimé par ces mots : Abbas LaudunensiSf abbé de Laon. Or, il n*y a voit alors que Tabbé de St-Vincent à Laon, les autres abbéz de SaintJean et de Saint-Martin estant survenus du depuis, sçavoir au commencement du douzième siècle. Je ne trouve rien autre chose de cet abbé Artenneus.
11 faut dire alors que Tabbé Ërchennée est décédé Tan 1059. Le jour de sa mort est marqué au dix de mai dans notre obituaire ancien et manuscrit. Quant à Tabbé Artenneus, Vobituaire n*en parle pas : ce qui me donneroit quelque doute sur son existence , si jen'avois remarqué que quelques autres abbéz n*y ont aucune mémoire , quoiqu'ayant existé et estant nommez en quelques actes publics de Tabbaye.
La même année 1059, Ëlinand assista avec le roy Philippe premier à la dédicace de l'église de Béthisy *. Sa mémoire se trouve en plusieurs autres endroits , notamment au concile de Reims eo i085 . sous rarchevèque Raiinauld. Il est un des bienfaiteurs de Saint-Michel-en-Thiérache; il bénit saint Godefroy» abbé de Nogent-sousrCoucy , au diocèse de Laon, lequel saint Godefroy fut depuis évéque d'Amiens et décéda à Saint- Grépin de^oissons '.
L-église de Saint-Jean au bourg de Laon ayant esté ruinée du temps desNormans, en Tan 882, en même-temps que celle-cy de Saint-Vincent et d'abbaye de religieuse» ayant esté réduite à un seul prêtre qui la desservoit , Ëlinand la rétablit Tan 1095« la même année de son déced^et en fit une collégiale de douze chanoines qui subsiste encore aujourd'huy. Je me persuade que cette abbaye estoit bénédictine.
(1) Près Verberies (Oise).
(2) L'une des plus anciennes abbayes du diocèse de Soissons... Elle n'était d'abord qu'une simple chapelle , bâtie vers l'an 310 , pour recevoir les corps des saints matiyrs Grépin ci Grépinicn , mais plus tard , vers l4^ milieu du 5^
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CHAPmUB VI.