FONDATION DE LA MAISON DES RELIGIEU:^ DU MONT SAINT-GUILLAUME
Les religieux, du prieuré de Saint-Gobert d*Hau1tmont ayàlit succédé aux chanoines qui y vivoient auparavant, succédèrent à tous les droits de la même église , mais particulièrement à ceux de curez prioHtifs que les chanoines avoient toujours conservézé C'est pourquoi le prieur et ses religieux ont toujours eu droit aux offrandes de cette église et tous les honneurs leur y ont toujours esté déférez.
Ce fut en cette qualité de curez primitifs que Fabbé et les religieux de Saint- Vincent accordèrent permission à Jean , comte de Rethel^ en 1^49, de fonder et bâtir le monastèredès religieux de Tordre de Saint-Guillaume , proche Louvernay, appelle communément la maison du Mont-Saint-Guillaume. Les conditions auxquelles cette requête fUt accordée , sont que l'estendue n'ira point au-delà d'un muid de terre à la mesure de Rethel et que les religieux de la nouvelle maison paieront perpétuellement aux abbéz et religieux de Saint-Vincent cinq sols de rente annuelle pour leur portion des oi£randes et la dixme
quUte avoleot droit de recevoir sur la terre de clôture de ce Douvesa monastère. J'omets les autres conditions qui esloient renfermées dans la charte.
La eommanauté des religieux de Saint-Guillaume » établie en celte maison sous la direction de frère Jean , leur prieur > ratifia «ce que nous venons de dire, en la même année i249.
Ilaisoette même communauté voulant anticiper &ur Tes droits do prieoré de Saint-Gobért, ne tarda guère d'avoir un. graQd difiéfend avec Thomas, abbé de Saint-yinoent et toute sa conif monàulé. Gelui-cy empêcha les religieux de Saint-Guillapme danser du son dee cloches à leur volonté^ de. percevoir let offrandes et de faire les obsèques» funérailles et enterrements dos morts dans, leur église, comme ils prétendoient le faire« contre lé droit da prieuré de Saint-Gobert. Pour éteindre ce différend et padfier cette querelle, il fut besoin que frère Lambert, prieur provincial de France pour Tordre des ermites de Saint-^iruillàume et visiteur du monastère avec lequel nous avions, dispute, y mit la main. Estant donc sur les lieux , il obtint cette grÀce de notre vénérable abbé Thomas, Tan 1^7, que le tout seroit terminé, à condition que les Guillelmains donnerdent 25 sols de rente annuelle et perpétuelle à Fabbaye de. Saint- Yineenti Ce privilège de notre abbé leur fut obtenu pour n'importe quel lieu où leur monastère seroit dans la suitte bâti ; car iis scMigeaient déjà à transporter ailleurs leur demeure , devenue incommode à cause de la disette d'eau qui manquoit sur la mûontagnè. En effet, douze ans après la construction de ce mo» naistère, les religieux se résolurent à en transférer rhabitation, avec k permission de notre abbé, de la montagne en une prairie nommée vulgairement le Pré-Sainte-Marie. La situation de ce pré est sous Louvernay , proche d'un bois appartenant au prieuré de Saint-Gobert, dans lequel les religieux de Saint- Guillaume promirent de ne prétendre jamais iaucun usage. Le tout a esté ratifié de part et d'autre , spécialement par frère Lambert, prieur provincial des ermites de Saint-Guillaume en France, selon que nous Tavons dit plus haut.
11 y avait autrefois grande dévotion en Téglise du prieuré de Sàint-Gobert d*Haultmont, dans lequel Je trouve que plusieurs fondations ont esté faites. Outre celle de la comtesse de Réthèl dont nous avons parlé , laquelle fonda FentretleQ de deux cierges à toutes les messes qui s'y diroient , un gentilhomme du pa!s, nommé Guy , fonda aussi une lampe qui devoit continuellement brûler devant Tautel de Saint-Gobert et des Saints-Innocents. Il y fonda aussi 8<m anniversaire, à laquelle fondation estoit annexée la charge de faire des hosties pour les distribuer aux églises voisines. Cccy se fit du teùips de Hanassès, comte de Rethel. Agnès , épouse du dievalier Guy, femme très-noble , consentit à la fondation de son mari avec ses enfants. La donation en fut mise sur Tautel dé Saint- Gôbert en présence de plusieurs chevaliers qui y assistolent avecle comte HanasséSy Bauduin, frère du comte, Henri, chatellain de Vitry et Hugues , prieur du lieu.
Mais retouchons à notre monastère et en particulier au bien^ faiteur de Tabbaye, Elinand, évêque de Laon. Ce qui me reste à en dire , c'est qu'il mourut en Tannée 1095 selon le Miroir historialde Jean de Guise. Feu Monsieur Antoine Bellotte, en ses Observations sur les cérémonies de Téglise de Laon , n'en demeure pourtant pas d'accord ; il prolonge le déced de cet évêque jusques en l'année 1098. Mais une charte de cette abbaye témoigne qu'Ingelran de Coucy estoit déjà évêque à cette même époque, ce qui est un fondement pour faire croire qu'Elinand estoit déjà décédé auparavant et qu'Ingelran lui succéda avant 4098».
Le jour du décéd de Tévêque Elinand est marqué dans Tobituaire de Saint-Vincent au 45« avant les calendes de Février, c'est-à-dire le 48 de janvier. Ce même obituaire fait mémoire d'une partie des bienfaits du susdit évêque envers l'abbaye de Ssdnt- Vincent . laquelle a reçu un grand accroissement par
(1) Il y a erreur ici de la part de Jean de Guise. Elinand ne mourut qu'en i008.
son conseil et par son secours ; car invitant les autres à faire des aumosnes à ce monastère, il ne l*a pas non plus oublié de sa part. Il a donné des ornements très-précieux à cette église lesquels il retira tout exprès de sa chapelle pour ce sujet. Je laisse à part ses autres grandissimes bienfaits dont on a vu une bonne partie dans les chapitres précédents. Il a fondé son anniversaire en cette abbaye, lequel doit se faire à haute voix, iwrce que ses bienfaits sont considérables. En quoi il faut remarquer qu*il y avoit deux sortes d'obits ou d'anniversaires ; 1^ uns se faisoient à haute voix et à messe chantée en notes , les autres se faisoient à basse voix et en particalier.
Le corps de Vévêque Elinand est enterré dans Téglise. de cette abbaye oh estoit l'ancienne sépulture dés prélats de Laon. On ignore la place de cette sépulture.
La môme année 4095 , dit Jean de Guise, Manassés, archevêque de Reims, est décédé le 17 septembre, jour auquel notre obituaire fait mémoire de lui. Jean de Guise semble obscurcir sa mémoire par le récit de certaines persécutions qu'il a fait souffrir à Robert, abbé de Saint-Remy de Reims, lequel estoit un personnage de lettres , comme son livre du Chemin de Jérusalem semble le prouver. Mais Jean de Guise se trompe pour Tannée de la mort de cet archevêque , lequel ne mourut pas en 1095 , car il existoit encore en 1 105 et comptoit cette année là la dixième année de son pontificat. C'est de Rainaldus, S(m prédécesseur, que Jean de Guise a voulu parler.
ÇHAPimS XV.