‹ Histoire de l'Abbaye de Saint-Vincent de Laon ... publieé, annotée et continuée par l'abbé Cardon, et l'abbé A. MathieuChapitre 73 sur 116 · LAON EN CETTE OCCASION · texte numérisé non relu

LAON EN CETTE OCCASION

A discipline estoit en grande vigueur en notre abbaye de Saint-Vincent et plusieurs personnes s'y rendoient pour y servir Dieu avec plus de perfection. J'en remarque de deux sortes : la première se oomposoit des personnes qui venoient du siècle en âge compétent , ayant la liberté d'embrasser un estât ou une condition par dles-mémes et ces personnes estoient de deux genres; les unes venoient en notre abbaye pour les fonctions du chœur et s'appelloient clercs, les autres y estoient reçues en qualité de moines à se-courir. La seconde classe se composoit des enfants en bas âge, lesquels n'estoient point assez mûrs pour embrasser un estât ou une condition par eux-mêmes.

Les premières personnes de la première classe s*appelloient clercs , parceque dès lors qu'ils estoient tonsuréz , ils estoient députez au service du chœur et de l'église. Cette dénomination

de clercs existoit déjà dès le septième siècle , comme on le prouve par la vie de saint Léger , lequel ayant obtenu per-* mission de Childéric , roy d' Austrasie , se retira au monastère de Luxeuil en Franche-Comté , où estant arrivé , il trouva qtt*£broifn, qui avoit esté maire du palais sous le roy Lothaire, estoit déjà clerc, c'est-à-dire , moine employé au chœur. Saint Golomban se sert du même terme Clericus , clerc , pour persuader au roy Théodebert d'embrasser Testât monastique. Un ancien rituel de cette abbaye, prescrivant la manière de recevoir un religieux et de lui donner rhabitde religion, appelle Iç nouveau moine]çlerCy comme on peut le voir plus bas\

On sçait ce que veut dire ce mot clerc. Dieu ne vouloit pas, dans Tancienne loi, que les prêtres et les lévites eussent aucun partage dans la distribution de la terre de promission parcequ'il vouloit estre lui-même leur part et leur héritage au milieu des enfants d'Israël. Or , cette volonté de Dieu se continue encore dans la loi évangélique et Dieu commande à ses apôtres de renoncer à toutes les possessions de la terre pour ambitionner et posséder la vie éternelle laquelle doit estre le partage des ecclésiastiques ; pour cette raison , on les a appeliez clercs, du mot grecq KX^poç, qui signifie sort De là est dérivé le mot Kx^pîxoç, qui signifie une personne capable d'un semblable sort ou élection^ c'est-à-dire , un ecclésiastique. De là aussitôt qu'une personne quitte tout pour estre à Dieu , elle doit participer à la qualité de clerc, parceque Dieu est son sort et son partage. Or, comme les moines ont cet avantage audessus même des ecclésiastiques de dire avec- saint Pierre : Ecce nos reliquimus omnia et secutisumus te*, ils doivent participer à la qualité de cîers aussitôt que , par la tonsure ecclésiastique, ils se dépouillent de tout ce qui est créature pour ne posséder que le Créateur.

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(2) « Voici que nous avons tout laissé (Seigneur), pour vous suivre. »

Jetrancris icy les prières que l'ancien rituel de cette ab- .baye prescrit pour la cérémonie de la tonsnre des moines clercs ; j'ajouterai les autres qui se disent pour la réception des moines à secourir :

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