‹ Histoire de l'Abbaye de Saint-Vincent de Laon ... publieé, annotée et continuée par l'abbé Cardon, et l'abbé A. MathieuChapitre 88 sur 116 · LA CURE DE FESTIEUX ET LES DIXMES DE THERMES SONT DONNÉES · texte numérisé non relu

LA CURE DE FESTIEUX ET LES DIXMES DE THERMES SONT DONNÉES

A SAINT-VINCENT; OU IL EST PARLÉ DU MONASTÈRE DE THERMES ' ET CE QUE C^ESTOIT

BTTE année 1 1 40 e^t remarquable pour la vi|iè et le clergé de Laon , en ce qu'elle vit le doyen de la cathédrale, appelle Guy ; archidiacre encore et thrésaurier , devenir évêque de Chàlons- sur-Marne. Amydieu fut fait doyen en sa place et Anselle eut la charge de sous-doyen ; Ernauld fut fait archidiacre et un nommé Barthélémy eut TofSce de thrésaurier.

Plusieurs seigneurs du pais se défirent en cette même année des curçs qu'ils possédoient contre les saints canons , le droit divin et Tinstitution des apôtres. Glarembautt du Marché , gentilhomme de révèque de Laon , se défit de celle de Festieux en faveur de Tabbaye de Saint- Vincent , à qui il pria Tevèque de la donner, après qu'il la lui eût remise entre tes mains. Le même évêque Barthélémy ajouta de son propre une autre cure d'un village appelle Hauteville , sur la rivière d'Oise , qu'il annexa à notre monastère en Tannée 1141.

Un seigneur de ces païs nommé Rainauld , demeurant à La Fère dont il estoit , ce semble , le seigneur , se deffit des grosses et menues dixmes qui appartenoient à la mesure du monastère de Thermes dont les possessions avoient esté usurpées par les seigneurs voisins et les donna à Saint- Vincent en i\4â. Qu*estoit-ce que ce monastère de Thermes ? Estoit- ce un vé* ritable couvent qui avoit autrefois expérimenté les cruatitéz , le fer et le feu des Normans ei dont les seigneurs voisin» s*estoient approprié les revenus et possessions ? Le mot monasterium (monastère) se prend souvent dans les anciens escrits pour un lieu tel que nous disons aujourd'huy les presbytères ou habitations des curez de paroisse. Cette dénomination est en effet commune en quelques lieux du royaume , spécialement à Ribemont , en ce diocèse,. où on se sert de la phrase : Mener l'épouse au moustier (ou monastère) , pour dire mener Tépouse à réglise près Thabitation du curé. Si on me demande l'origine de cette dénomination , je répondrai qu'elle provient de ce que les moines possédoient anciennement et desservoient la plus grande partie des cures par eux-mêmes , ce qui a foit qu'on a appelle les paroisses des moustiers ou monastères , à cause de F habitation des moines qui y estoit jointe ou conti* guë. Car il y a cette différence entre txBnobium et monasterium^ comme je Tai remarqué en mon Histoire de Tabbaye d*Islé^, que cœnobium dit tellement une habitation de moines qu*i\ renferme dans sa seule expression une communauté de moines vivant et résidant ensemble en un même lieu ; au contraire mo* nasterium dit un lieu où les moines font leur demeure , ^soit plusieurs ensemble, soit qu'il n*y en ait qu*un seul ; en sorte que la seule cabane d'un pauvre moine peut estre appellée monastère comme si uo grand nombre de moines y estoient réunis. Il se peut donc faire que le lieu appelle monastère, au village de Thermes, ait esté une maison ou plusieurs moines vivQient en communauté , comme il se peut faire encore que ce

(i) InstUense Sancii-Quintini cœnobium, pag. 32.

n'ait esté que le logis presbytéral du curé qui estoit ordinairement un moine. Même chose pourroit estre dite de la paroisse de Ribemont qui devoit estre desservie par un moine , à cause de sa dépendance du prieuré de Saint-Germain établi dans le château du mênre lieu; ce prieuré dépend lui-même de Fabbaye de Saint-Nicolas- des-Prèz et les moines de cette abbaye sont curez primitifs de la paroisse de Saint-Pierre.

Quoiqu'il en soit de ce monastère de Thermes , il est constant que Rainauld , chevalier de La Fère , s'en defQt par un principe de conscience , ainsi que des dixmes, grosses et menues qui y estoient annexées et qu'il les donna à Tabbaye de Saint-Viticent de Laon en plein synode auquel assistoit Barthélémy, lequel les confirma à notre église (année il4â^).

L'abbé Anselme ne se contenta pas de cette confirmation de révêque ; pour plus grande sûreté , il la fit approuver et confirmer par Tautorité du Saint-Siège , obtenant à cet efiet une bulle expresse , ainsi que pour toutes les autres possessions de Saint- Vincent que le pape Innocent II confirma , tant en général qu'en particulier , par la bulle donnée à Latran , Tan de N. S. il42, là troisième de son pontificat. Le m^e pape Innocent li renouvella dans cette bulle les confirmations que seif prédécesseurs Galixte second et Honoré second avoient déjà doniiées à cette abbaye en faveur des possessions qui lui appartenoieiM;. Je ne trouve point la bulle de Caîixte second ,. mais ir est croyable qu'elle remonte au temps ou le mèihe pape estoit à Reims , tenant un concile , ou à l'époque de son voyage à Laon, incontinent après la tenue du même concile; elle fut obtenue par l'abbé Adalbéron.

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