EN FAIT PÉNITENCE ET EST ABSOUT. IL SE DÉMET DE SON ÉVÉCHÉ
ET SE f AIT MOINE A FOIGNY , OU IL MEURT.
SONÉPITAPHE.
ARTHÉLEMY , évêque deLaoD , auinilieu de tant de prospéritéz , tomba dans une disgrâce fâcheuse et iQalgré toutes ses bopaes , louables et saiotes actions , fut euveloppé dans une mauvaise affaire. Raoul , comte.de Verman^ dois, ayant envie de répudier sa femme légitime pour épouser Pétronille , sœur de la reine de France, se servit de Tautorlté d« quelques prélats , au nombre desquels se trouvoit révêqtie de Laon. Le pape ayant su cette affaire et estant sollicité par les fréquentes lettres de sâînt Bernard et les plaîntèià de Thi>baut , comte de Champagne , envoya un légat en France., lequel fut Yves, cardinal-prêtre. Ce légat estant arrivé dans le royaume en Tan mil cent quarante -deux; fulmina, après le^ informations requises, ànathème contre Raoul , comte de Vermandois, et suspendît Barthélémy, évêque de Laon, 8i^ mon , évê({ue de Noyon et Pierre , évêque dé Setrfis , pour avoir autorisé maH-propos le divorce.. ^'
Barthélémy fut ensuitte absous de sa faute-, mais il ne laissa pas de se démettre de la chaîne pastorale et de son évèohé de Laon / pour faire pénitence le reste de ses jours en Fabbaye
de Foigny , qull avoit fondée. Il y prit Thabit , résola cTy vi- Yre en bon et parfait religieux de Tordre de Saint-Bernard , leqael estoit pour lors dans sa première ferveur» Avant de quitter son siège , il y mit Gauthier , premier du nom , abbé de Saint-Martin de Laon et se retira définitivement la 38* année de son épiscopat. .
Gomme le bon évêque , devenu un parfait religieux , ne songeait qu'à se reposer dans le Seigneur et se disposer à aller bientôt jouir de la béatitude éternelle , Dieu permit qu^un de ses successeurs % n^appjrouvant pas les grandes .largesses qù*il avoit faites des biens annexez à la manse épiscdpale de Laon pour 4es donner à Tabbaye de Prémontré, raccosât dans un synode tenu par Tarchevéque Samson en son siège métropolitain de Reims , d*âvoir dissipé le patrimoine de Févêché de Laon. Barthélémy, ayant appris cette injuste accusation , ne put s*éi^pècher de s'en deffendre par une épître qu'il escrivit à l'assemblée en cette sorte : . . '
ff Trère Barthélémy, pauvre moine dans Tabbaye de Foîgny, au révéréDd-et
« à son aimable seigneur Samson , archevêque de Reims , et à toute la sainte
« assemblée des prélats sous sa présence , les priant d*aimer la miséricorde et
« la vérité. La solennité de cette sainte assemblée impose le silence à ma hont&
ft et à ma modestie , mais le danger éminent dans lequel ma renommée se
« trouve et la crainte que j'ai qu'elle ne soit grièvement blessée^ me contraignent
« de parler en public et ouvertement. Je ne puis dissimuler ce qui est divulgué
« et dont plusieurs ont fait l'objet de leurs entretiens , qui a même esté porté
« jusques aux oreilles du pape; c'est "un bruit commun qu'on m'accuse d'avoir
« distrait et dissipé les revenus de l'évôché de Laon et l'évêque de la même
tt viBfe donne un peu plus de croyance et ajoute un peu plus de foy qu'il ne
« doit à ces bruits. C'est à moi donc de confesser ce qui en est et ce sera à
« vous de deffendre la vérité. Lorsque je suis monté sur le siège épiscopal de
« Laon , la ville et le clergé estoient en tristesse et en deuil , à cause de l'op-
« pression d'une sédition fâcheuse et des incendies qui avoient réduit toute la
« ville en cendres sans épargner la cathédrale qui fut fort endommagée et dont
c les faibles revenus n'estoient point capables de la rétablir en tout son lustre.
(1) Gautier de Mortagne , successeur immédiat de Gautier I^i^, dit de Saint - Maurice.
« Dieu et les chanoines , enfanta de celte église , ^çavçnt si je lui ai prêté fa <r main pour la relever de sa chute ; mais je n'ai rien donné à cenx-cy de ce « qui-appartenoibà Tévéque, sinon des porcs mâles qu'ils dévoient annuelle- « ment présenter à la table épiscopale. J'ai re^ché cette rente aux prébendes « des chanoines d'autant que je ne la pouvois exiger sans confiiâon et retenir « sans incommodité, ffien plus il n'y avoit que cinq abbayes * dans tout notre « diocèse, lorsque j'y suis entrée encore estoient-elles également déchues en « possessions et observance monastique. Par la miséricorde ^ Dieu, elles se « sont accrues en mérite comme en nombre de religieux et leurs possiessions « se sont beaucoup augmentées. J'en ai fondé neuf nouvelles en^fférents en- « droits du diocèse, lesquelles ont embrassé les nouveUes règles et observas- 9 ce&. Le nombre des religieux est si grand qu'il excède presque le nombre « voulu; lejur religion est l'exemple de la religion et de tout l'ordre monasti- « que. Quant à leurs posses»ons> elles se sont tellement. multipliées qu'elles « suffisent très-abondamment à toutes Içs nécessitez ; si je niois avoir mis la « inam aux anciennes églises du diocèse pour les restaurer , à de nouvelles « pour les Sonder , je mentirols. Il est vrai que j'ai assisté toutes les églises et « que ie^em ai profité, mais ce n'a point esté autant que j*ai pu, ni autant « que j*ai du. Le pape Callixte m'avoit mis entre les mains et m'avoit recom- « mandé dom Norbert, duquel la mémmre est en bénédiction, afin que je lui « donnasse un. lieu et que je l'assistasse selon ses desseins. Je .lui ai donné « une terre qui. appartenoit à l'évéqiie , laquelle n'est pas bien considérable , « puisqu'elle ne suffit pas pour entretenir deux charrues. Une partie de cette « terre est située à Yersigny.et l'autre à Anizy; cette ferre estoit en friche et « stérile depuis plusieurs années. Je ne me souviens pas d'avoir distrait ou dis- « sipé rien autre chose des possessions qui appartiennent à l'évéché. J'avoue « néanmoins que quelques-uns ont dpnné plusieurs terres, qu'ils ienoient de « BOUS à titre de bénéfice, aux églises du diocèse ou autres, par notre faveur « et notre coLsentement ; mais je n'ai donné les cens des mêmes terres ni les « vinages à personne. Du reste , si j'ai augmenté l'honneui: ou les revenus de « mon siég[e , je ne demanda pas que les hommes en fassent le jugement par « avance; mais si j'ai manqué en quelque chlose coinme homme, je ne refuse « pas d'estre pour cela rempli de confusion devant les hommes. J'ai bien voulu « TOUS déclarer mon afïkire comme à mes juges, je l'ai bien voulu exposeï^' « devant tous qui deves estre les témoins de aies actions sans icraindre la ca- « lomnie de ceux qui menacent à tort , puisque je dis la vérité. Qu'il me. soit
(1) Ces cinq abbayes étaient celles de Saint^Yincent, de Saint-Michel-en- Thiéraehe , de Saint-Nicolas-au-Bois , de Nogent-sous^ucy et de Saînt-Nicolas-5ous-Aibemont.
• néanmoios permis de prendre quelque hardiesse auprès de, v^ et penoet- « tez-CDoi de dire quelque chose pour satisfaire au désir qu'un homme peut K avoir de se justifier. N'ai-je pas beaucoup augmenté les honneurs et la-gloire « de mon église , ayant fait naître tant d'autres églises si grandes qui en dé- « pendent et ayant multiplié les hommes de mérite qui doivent assister aux sy- M nodes du dioeèse? Puis donc que Monsieur de Laon me prépare une guerre « en soi-même, i ce que j'entends dire , pourquoi veut-il entreprendre cèdent » il ne pourra venir i bout? Si j'ai assemblé les enfants de Dieu , si j'ai reçu M le juste au nom du juste , personne n'a droit de se fâcher et de m'en vou- « loir pour cela; un autre doit seulement prepdre garde de ne pmnt dissiper « ce que j'ai amassé. Le Tout-Puissant vous conserve tous ensen^le à l'hoii- <c neur de son nom et affermisse par vons la religiou et la sainteté de son « église ! »
Toute cette aiïaire fût terminée quelque temps après en fa- \eur de Barthélémy, par le roy Louis septième et; les princes de sa cour assemblez dans la cathédrale de Laon avec Samsôn , ardievéque de Reims et tous les évéques de la province, en présence <les seize abb^ du diocèse.
Tous ces détails sont tirés de Fhistoire de Foigny à laquelle nous empruntons encore celui-cy. Lorsque Barthélémy fit autrefois bâtir ce monastère où il se retira , il tua un horrible dragon , le touchant du bout de son bâton pastoral, parce que cet animal infectoit tout le lieu de son haleine puante et empèçhoit par ce moyen que le bâtiment de Tabbaye nouvelle, ne s'avançât. On voit encore aujourd'huy PeflQgie de ce dragon formée en sculpture sur la pierre des pieds du tombeau de Tévéque Barthélémy, dans Téglise de Foigny où il â reçu sépul* Iqre.
La même histoire de Foigny rapporte qu'un jour au moment où cet évéque , devenu pauvre moine, estoit assis avec les autres pour entendre la lecture qui se nommoit pour lors colla-^ txon, il vit un certain moine qui venoit plus tard et plus lentement que les autres, ayant à son costé un enfant noir et hideux, lequel marchoit avec lui. Il ne manqua pas de faire son rapport à Tabbé sur ce qu'il avoit vu et il apprit de lui que ce moine estoit fort négligent.
Enfin le temps arriva que Notre-Seigneur voulut récompen-
ser le bon évéque des seryices rendus à son diocèse. Il Fappella à lui le 30 juillet ii52' , après qu'il eût gouverné Tévéché de Laon pendant trente-huit alis et>écu en bonjreligieux, Tespace de deux ans , dans Tabbaye de Foigny. Son corps fut enterré devant le grand autel de la dit« abbaye. Neuf monâs-^ tèrés du diocèse le reconnoissent pour leur fondateur, sçavoir : Foigny, Bohéries , Vapxclair, l'abbaye des religieuses de Montreuil, Préoiontré, Guissy, Thenailles, Glairfôntaine, Bucilly. Les anciens monastères du diocèse se glorifient de l'avoir pour réformateur, sçavoir, celui de St- Vincent de Laon. second siège épiscopal du diocèse, ceux de Saint-Nicolas-aux-Béis, de Nogeht'SOus-Coùcy, de Saipt-Michèl-en-Thiérache et deSaint- Nicolas-sou9-Ribemont , en quelque façon. Il a changé les religieuses de Saint-Jean, en la cité de t^aon , mettant en leur place de bons religieux de leur ordre pour effacer la mauvaise odeur qu'elles avoient laissée en leur maison. La cathédrale même fut entièrement rebâtie par son industrie et sa piété.
,, Barthélémy, évêque de Laon , est qualifié du titre de Bienheureux dans le Nécrolpge de Gtteaux. Beaucoup d'auteurs ont parlé de lui dans leurs ouvrages* , entre autres Antoine Bellotte^ doyen de la cathédrale de Laon , dans ses Observations
(1) « Barthélémy, (dit don Bugnîâtre dans une note insérée en marge du^ma- « iiQScrit), ne peut être mort en 1152, car ce prélat eut affaire avec Gautier « de Mortagoe aa sujet de quelques biens de révéché soi-disant .aliénés. Or, c Gantier dé Mortagne n*occupa le siège de Laon qu'après Gautier de Saint- « Maurice, mort en 1153. Il alla même, à Rome après son élection, et ce « n*eSh^'à son retour en France qu'il porta plainte contre Barthélémy au sy- « node de Reims, en 1154. Barthélémy vivoit encore, mais ne vit point ter- « miner l'affaire , qui traîna en longueur. » Il est plui^ probable que Bartbé-lemy ne mourut qu'eu 1157.
(2) Séguin , CakUogUe des saints de l'ordre de Citeauà} , Vincent de Beauvais, en son Miroir historiàl, saiint Antoine de Florence, 2« partie de ses Histoires , Jean Chîéiiu , Chronologie des évéques de France , Bernard de Montauban, tom. 1*' des Chroniques Arjaould, Manrique, Guibert dei Nogcnt, le moine Herman, &. {Historia Fusniacensis).
SDr les cérémonies de Féglise de là même ville , lequel tapporte répitaphe de Barthélémy en ces termes :
EPITAPHIUM REVERENDISSMI PROESUUS BARTflOLOMŒT,
LAUWJTŒNSIS EPISCOPI. *
Regumstirpe, ducum generatus sanguine , claris
Clarum nomen habet BarihoUmceus avis, Promptus ad arma fuit dum junior iret in hosiem ^
^ Multa trophœa tulit , vix habet usquè parem. M Deus in prœceps retrahens miseratus euntis ^
Nec mora, castra fugit, prqjicit arma ducis. Clericus indè Remis sequitur virtute Manassen ,
Imà senem fessum fertque suhitquê vicem, ' ' Lauduni intereâ sacra mactatus in cède
Prœsul oUt subità moxque, vacante sede, Hune sibi pasiorem clerus populusque requirunt
jébducunlque Remis ac siU prœflciunt.
Sic benè Pontificis méritumque et nomen adeptus
Quod gerii officii perficit , implel opus, Exemplo verhoque gregem r^it , omnia factus
Omnibus ut Christo fcsneret ex ovibus,
(1) Epttaphe de très-révérend prélat, Barthélémy,
ÉVÊQUE DE LaON.
« Issu du sang des rois, né d'une famille de héros, Barthélémy ajoute à « rUIustration de ses ancêtres Tilliistration de son nom. Guerrier intrépide « quand , aux jours de sa jeunesse , il affrontait les batailles , il recueillit de « nombreux trophées, ' à peine rencontre-t-on son égal. Mais Dieu le prit en « pitié , Tarrétant sur la pente qui Téloignait de lui ; sans hésiter , Bar- « thélemy quitte les camps , laisse la carrière des armes , ordonné clerc à « Reims , il se forme à Tombre des vertus de son oncle Manassés ; ses soins « soulagent le vieillard fatigué, il vient en aide à son administration. Ce- « pendant, assailli jusque dans le sanctuaire de son palais, l'évéque deLaon « tombe égorgé sous les coups de ses assassins. Le siège devenu vacant, « , Barthélémy est demandé pour évéque par le clergé et le peuple , on Tem- « mène de Reims, il est mis à la tête du troupeau. Le nom et les hon- « neurs du pontifie, c'est ainsi que légitimement il les acquiert; les devoirs « de sa charge , il sait les remplir , ses œuvres sont surabondantes.
Protims Une Marim iveeemû reeomkre iew^pla
Ae» iardtU , repanU ieetaque prœiulta.
Tum sacra Baptisiœ moiiadkit daa$ elausiraa perire
Crimiaatiipsa facU seandalasuffagen»
Poêieà cœnMam JÊanœ tub nomme fumdat,
Qmeeerat ipse Deo Fustaaemnque voeai; FuHu ui è cœlo eaUU in oordUm igms
Atdeai, mculoat peeUfibusque pas ; Utve UrUms votie iripiieem quasi fimSms hostem
ImpUcH, ai pugnam dirigii hie aeiem.
Sic deeei el satanœ funes dissolvers, fàsius
Stemere mundanos , iunders camis aeus, Boherias condens scelerwn spin^ recelUi ,
Terraque fart fruetus , quam prias ipss colii. Meniibas expMit tendfras lucemque refundens
Dai VaUem»Claram , lunanis arma ferens, Lampada ne vaeuam vir go ferai augei vUvas,
ManstroUum jÀantai , puUulei tmdè oUa.
Se faisant tout à tous pour gagner ses brelns à jJésus-Ghrist, il guide son troupeau par ses exemples aussi bien que par ses exhortatiods. Mettant la main à fœuvre , il relève sans tarder sa cathédrale dévorée par les flammes , répare les bâtiments détruits de Févéché , met des moines dans le couvent de SainiJean-Baptiste , taisant disparaître les crimes et cha^^ant les scandales dn^ein du doUre. Bientôt il fonde encore, sous le vocaUe de la Sainte- Vkvge, une nouvelle aUiaye» la>consacre lui-même à Dieu et rappelle Foigny; ûnsi , descendant des ciemi dans des cœurs chastes et purs , le feu divin va les embraser, le poofîfe leur en (ait recueillir les ardeurs; ainsi, des trois vcMix du religieux formant une triple chaîne , il en enlace le triple ennemi de rhumanité , à ce genre de luttes il guide et dirige lui-même la naissante communauté. Ces! par ces moyens en éSBet. qu*il convient de briser les liens de Satan, ainsi fou)e-l-on aux pieds les pompes mondaines, ainsi réprimet-<m . TaiguiUon de la chair. A Bdiéries inculte et qu'il fonde , il arrache surtout les épines des vices; la terre porte bientôt ses fruits, lui-même lui donne la culture préalable. Bientôt il s'arme du flambleau ^de la lumière , chasse des cœurs les ténèbre^ , fondant Vauclair il répand darlé et spliendeur. jPour que la vierge ne porte pas sa faunpe sans huile, voyez-le multiplier roliYier,'il plante Montreuil, Tolive en sort pressée et surabombmte.
Dans Prœmcnstraium per dévia emUlms épirnn
Monstrai iUr, êequUwr qmod novug^ârdo Pairum. Legibui instUnens Ncrberti Martmimot
UfhicdoM, mores eerriffil hisce nuào9.
Cuissiaeum jaeiem fuatU aremm, Ula reiorffiH
DœmonUac animis noccûi euneta movet, Poreipe Tkenaim iumpto earbone labdla.
MundtU et ui Cherubim catta dut Clan^Foniû ofitas sUienti6u$ eoditbet
Turbida rmmdanœ flummik toUù a^pia, Bucciliei heUum viiUs qiutsi huceina ^angit
Oraque divmiê ixteibui opta faeit, Pessus epiieopîi kmdem sub potuiere, honores
Deserit ao clerum, prospéra cunda et opes. Pusniacum peiU, ifidè simul quod tjoverat impUi,
Sponiè fU et monoûhus prœsul ibifoe latet. Ut Itber vaeet iUe Deà tolw^ sakui
Incumbens propriœ, gaudet amara pati, Oecidit oppressus senio dignumque sepulckri
Marmor habet corpus, mens petit alta pdi, Sicque sud partis fruitur virtute coronis
Cingitur et ternis frons sua laureolis.
Prémontré quMl élève montre à tous ceux qui suivent les Yoies détouriiées
r la route véritable, dans ses sentiers 8*engage un nouvel ordre de cénobites.
'i A Salnt-Màrtin-en-la-Gitéil substitue aux chanoines Tordre de Norbert;
« ainsi corrige-t-il les mœurs dépravées de cette maison. A Guissy, doiat il
« jette les fondements , c*est son arc qu*il bande , il renvoie au démon ses
« traits , éloigne des esprits ce qui leur est préjudiciable. Tbenailles est comme
« rinstrument dont il se sert pour prendre le charbon purificateur des lèvres,
A semblable au Chérubin du prophète, il y fût pousser des accents chastes et
« purs. Qairfontaine est la source où il abreuve tous ceux qui ont soif, s<)iirce
• bienfaisante qui éloigne les fleuves bourbeux des eaux mondaines. A Bucilly,
fi c*est la trompette qu'il embouche pour déclarer la guerre à tous les vices ,
« et les lèvres n*y (ont bientôt plus entendre que des accents divins. Le poids
« de répiscopat Taccable enfin, il quitte son clergé, les honneurs, les œuvres
« qu*il a enfantées et qui prospèrent, ses richesses. C'est à Foigny qu'il se^e-
« tire , remplissant un de ses vœux les plus chers ; de lui-même il se fait
Autour du sépulcre de Barthélémy les vers suivants sont es-
crits :
Quijacet hic prœsul Marianam condidit cedem
Lauduni, pariierqae dqfinos antistitis ustas , Templa decem instruxit, Èenedieto conlulit unum, Bemardo quatuor, Norherto quinque piavit. Dût diademagenu8,^Lauduni ecclesia mitram, Funera Fusniacus , lauream et astra Deus, * L*obiluaire de notre abbaye de Saint-Vincent de Laon, entre les grands bienftdts que nous avons reçus de Tévèque Barthélémy» remarque particulièrement ceux-cy : Il a donné les autels de Hauteville , de Ç^érrepont , hors les murf de la même viUe, celui de Bairy et de la maison de Cornelle , et pour son anniversaire il a donné Fautel d*Ârrancy, celui de Sainte-
« moioe , prélat , il est enseveli dans nn couvent. Heureux de pouvoir songer « librement à Dieu et Rappliquer à Tœnvre de son salut, quand Tamertune « viendra le suivre, il se réjouira de la supporter. H meurt enfin chargé d*an- « nées, un marbre magnifique reçoit sa dépouille mortelle , son âme s*éff lance au plus haut des cieux. Ainsi jouit-il aigourd^hui des couronnes gaie gnées par son mérite et son front reste couvert d*un triple laurier. »
(1) « Le prélat qui git sous cette tombe à fondé Téglise Notre-Dame à « Laon et construit le palais des évéques détruit par Tincendie. En outre il « éleva dix temples , un à saint Benoît , quatre à saint Bernard , et cinq à saint « Norbert Sa naissance lui donna le diadème , Téglise de Laon là m!tre , Foigny « la sépulture , et Dieu la couronne et la félicité éternelles. »
D'après les renseignements que nous puisons dans VHistoire de Foigny , par M. Piette, une pierre en marbre noir sur laquelle Tévéque Barthélémy était représenté en (Hed, couvert de ses habits pontificaux, recouvrait autrefois la tombe du prélat. Cette pierre était placée au milieu du sanctuaire de Téglise de Foigny et surpassait d*un pied le niveau du sol. Vers 1740, don Hnot, prieur claustral , ayant Eût renouveler ^t exhausser le carrelage du sanctuaire , la pierre tombale de Barthélémy fut transportée derrière le maîtrerautel et on lui substitua une dalle en marbre blanc , sur laquelle /ut gravée l'inscription ci-dessus énoncée : Qui jacet, &. Cette inscription est encore celle que nous lisons sm> le fac-simileàeh pierre de|Mllustre évéque envoyé, en 1843, par M. de Mérode , ancien ministre de Belgique, à la cathédrale de Laon. Quant à répitaphe rapportée par Wiard, diaprés Antoine Béllotte et les auteurs du GaUia Christiana , M. Piette pense avec raison qu'elle n'est qu'un commentaire diffus et une imitation d'une première épitaphe rapportée par don de
Croix , pour lequel le prieur de Saint-Tliomas doit au couvent une réfection solennelle au jour deFobitdu même Barthélémy.
Lancy et que le savant cénobite appelle Yépitaphe authentique. Nous la transcrivons ici :
EpITAPHIUM AUTHENnCUM B. BÀRTHOLOMQEI , LaUBUNENSIS EPISCOPt.
tllarus avis vitâque gravis , fuit fiic miserùrum Petra salis , fonnido matis , tntela piorum. Hic pius , hic' grtUus , hic justus , corpore càstus , Moribus omatus, sapiens sine pulvere fasius. Fraude manus laïcœ Lauduni dira patrantur, Qœso pùntifice , cum teetis templa cremanhiT', Flebilis ecclesiœ juttenis vix sumpsit honorem , Nom plus militiœ quam pacis sensit odorem. Scandit canonicè , non sieyi fur aîiundié. . VixU magnifiée Christo , mundo , sibi mundè > . Rexit sollicité verhe populum refovendo , Exemplo viiœ miseris pietate fluendo..
Pontifieem dat ei artificemse Bartholomœus^ Castra Dei Qlypeo fidei tegit ut Machabceus. Templa decem, Matrem., loca ProRstdis hie reparavtt; Dans pro Mutre Patrem Bapivstœ claustra piavit. Fusniacum tribuit Bemardo , xenia cœlo ; Spinetum genuit ut pungat crimina %elù , Hinc Vallem-Claram quo proficiant animales Et sobolem raram créât insolitas moniales. Prœmonstrum pariens Norberto plasma novellum , Cuissiacum jaciéns ut agat cum dœmone bellum; Régulât urbicolam Martinum ne caro prcesit, Thenolias statuit quœ sanet quos ea lœsit, ïn Claro-Fonte quem gessit tnundus humatur , In Pétri monte Buccellica gens variatur, Fusniaci tandem voluit deponere cultus Pohtifieis , pres'sus senio , dormitque sepultus. Huic sit vera quies , lux splendens , mansio grata, Gaudens una dies, pax, gloria,.vita beata.
UYM SIVYIHII
De L'HISTOIRE DE L'ABBAYE DE SAINT-VINCENT DE LAON >
traitant de oe cpii s'est passé
depuis Bauduin f premier de ce nom f abbé de Saint- Vincent f
Jusques au déced de l'abbé Bugfues.
bauduin de rëtest est élu abbé
en place d'anselme , évêque de tournay.
Plusieurs donations de dixmes et d'autres choses faites
de son temps.
pestes de la conception de notre-dame et de
la translation de saint-thomas
instituées.
NSSLME estant de retour en cette abbaye après ^o'n voyage de Rome , et voyant qu'il lui éstoit nécessaire d'aller en son évècbé de Toumay , ne voulut pas laisser son abbaye destituée de pasteur ni ses religieux orphelins , mais il eut soin de leur donner un abbé et un père. Il jetta les yeux pour cet effet sur un religieux de cette communauté , nommé
Bauduin de Retest, lequel estolt à la vérité jeune d*àge, comme nous l'avons dit, mais la gravité de ses mœars Tégaloit aux vieillards. Anselme le présenta h révéqoe Barthélémy , qjai lui donna la bénédiction abbatiale et l'installa en la place vacante en la même année 1145.
Barthélémy, coatioiiant à cet abbé Tamitié qu'il avoit eue pour son prédécesseur et pour Tabbaye , lui donna l'aatel de Ifarly en 1146 , en même temps qu'un chevalier, nommé Odon de l'Abbaye , se deffit de la dixme de Mons-en-Laonnois , qu'il avoit tenue longtemps contre les sacrez canons , pour la donner à Saint-Vincent de Laon , du consentement de sa ièmme Bertrade et d'Ingelran de Coucy, seigneur dominant , duquel il tenoit la dixme en fief (1146).
Une pieuse dame, pressée des remords de sa conscience, laquelle ne lui permettolt pas de retenir plus longtemps les dixmes dés villages de Loisy et de Besny, qu'elle avoit par droit d'héritage, les donna aussi à cette abbaye en la même année 1146, du consentement de Glarembault de Mont-Chalons , dont cette dame , qui s'appelloit Cécile de Soupir, les tenoit en fief. Gecy fut cause d'une grande vexation que Blihard , fils de cette dame Cécile, fit à ce monastère. Il chercha par tous ses efforts à faire révoquer cette donation à la cour de Reims , mais elle y fut néanmoins confirmée. Alors, n'estant point satisfait de cette sentence , il voulut tirer satisfaction par sa propre autorité , prenant par violence la même dixme et plusieurs autres choses appartenant à cette abbaye de Saint- Vincent ; ce qui obligea révêque de jetter une sentence d'excommunication contre lui, de laquelle il fut long-temps lié. Enfin , reconnoissant sa faute par les bons conseils de ses amis , il rendit cette dixme à ce monastère, s'en réservant les usufruits pendant sa vie et faisant consentir à cette restitution sa propre épouse ainsi que aes enfants Blihard et Raoul avec ses filles. 11 mit l'acte escrit de sa main sur l'autel de Saint- Vincent , en présence du prieur de ce monastère qui se nommoit Ernauld et de toute la communauté y de Gautier , abbé de Saint-Martin de Laon , Gisie-
bert , abbé de Sainl-Nicolas-àux-Bois, Wautier, doyen de la cathédrale, Barthélémy, thrésaurier, Milon, chantre, et plu^ sieurs chanoines de la même église , ainsi que plusieurs gentilshommes , sçavoir : Wiard de liloutaigu, Willayme d'Aippe, Odoa de TAbbaye , Bauduin de Gonn^ase^ Ebard , vicomte , Bauduin de Loisy, Gislebert de Cbivy et un certain nombre d'autres.
Ingelran de La Fère , seigneur de Concy, ayant pris la croisade sous Louis septième , dit Le Jeune , pour aller en la Terre- Sainte, donna le vinage de toutes ses vignes et de tous ses i^evenus au prieuré de Saint-Gobain , pour la boisson des religieux. Barthélémy, seigneur de Boucamp, donna un frano-alleu situé à Dormicourt , a condition que les moines de Saint-Vincent lui en donneroient le terrage de la neuvième jarbe , prenant le doyen rural de Pierrepont pour témoin , lequel s*appelloit Boberl , et plusieurs autres avec lui.
L'obituaire de Saint- Vincent fait mémoire d'un chevalier Baoul de Coucy, qui fonda trois lampes en notre abbaye*. Apparemment que ce seigneur de Coucy est enterré dans cette église de Saint-Vincent , aussi bien peut-estre que plusieurs de ses prédécesseurs et successeurs, mais Fantiquité et la ruine de régUse nous en ont osté la connoissance. Les témoins de cette donation de trois lampes , faite dans le chÀteau de Coucy, sont trop notables pour que nous les omettions îcy. C'estoient un seigneur de Choisy, Simon de Pont-Saint-Médard , Pierre de Commercy, Guy de Saint-Paul et Bobert de Ver vins.
Tout cecy se passoit du temps de Bauduin de Betest , abbé de Saint- Vincent. Sa dernière action que je rencontre en nos cartulaires fut un accord qu'il fit en présence de Barthélémy, évéque de Laon, en 1150, avec un chÀtellain, seigneur du Sart , pour ce qui concemoit notre abbaye au même village du Sart* Les témoins de cet accord furent Barthélémy, thrésau-
(1) Kalendis juin, obiil BaduLfus miles, qui con$iUuU très lampadas^.
rier de la cathédrale ^ Bauduin, archidiacre, ua seigneur nommé Robert, Guillaume d' Aippe, le vidame de Laon, nommé Hector, et Augot, chevalier, tous seigneurs circonvoisins*
C-est une chose remarquable que dès ces temps-cy on feisoit la feste de la Conception de Notre-Dame en ce monastère de Saint- Vincent, et FabbéBauduin y fonda la feste de la Translation du bras de saint Thomas, apôtre. C'est celle en laquelle la même relique fut apportée de Rome en cette église par Anselme , abbé de ce monastère et évêque de Tournay, comme j*ai dit ci-dessus. *
L^abbé Bauduin de Retest est décédé le 26 de septembre , environ Tannée 1152 *
(1) Page 387.
2) VI kalend. ociob., Mit Balduinus, abha$ hujus loei^ qui reliquit no^ bis Xlll lihras et V sol. ità divisas , in die ohitus sui centum solidos super domum in burgo in festo sancti Remigii solvendos, in Conceptione et in Translatione sancti Thomœ , VIII libras et V sol. apud Festieux m fe^to sancti Martini solvendos... Obituarium Sancti-VincenHi.