A L*ÉPISGOPAT. ÉLECTION DE HUGUES, KSBÈ DE SAINT- VINCENT
H^IFICATiœi DE L^ÉGUSE ET DIVERSES SGCIÉTÉZ.
ADTiEB de Mortagoe estant décédé^ le chapitre élut Roger de Bosoy pour son prélat. Son père estoit seigneur du village de Rosoy et avoit nom Qarembautd. Sa mère se nommoit Elisabeth de Namur» fille de Godefroy de Namur, comte de la ville de ce nom , et de Sibille de Gxand-Pré ; elle avoit esté précédemment mariée à Gervais, comte de Betbel , lequel estant mort, elle épousa Clarembauld. Le frère de Roger se nommoit Rainaud , seigneur de Rosoy et de Cbaumont , en Porcien, lequel eut un fils qui eut nom Roger comme son oncle. Notre évèque dont nous parlons fut élu en 1174 et consacré par Guillaume , cardinal de Champagne, le 9 août 1175. II estoit chanoine de Laon et doyen de Ghàlons-sur-Marne avant sa promotion à répiscopat. Il aimoit fort la conversation et estoit d'une honnête largesse, libéral, civil , ce qui le rendoit incomparable.
Les Laonnois alors s'estoient remuez pour faire une seconde sédition et avoir des affranchissements , prétendant rétablir leur commune et ayant promis des sommes d'argeut an roy Louis pour Tobtenir.
L^évèque Roger alla trouver le roy par tui-méme et lui fit parler par ses amis pour détourner ce coup ; raai^ le roy estant attaché àTargent qui lui estoit promis, ne voulut pas Técouter. L'évéque Roger , qui estoit couragepx et se voyoit méprisé du roy , eut recours à la puissance de sa famille pour se venger des serfs qui vouloient se révolter contre lui. Incontinent il^ut du secours de touscostéz. Ses adversaires s'estoient pourtant ar.mézet fortifiez de plusieurs personnes qu*ils avoient attirées pour leur deffense. Godefroy de Senlis avoit soulevé toutes les autres communes et le roy lui-même avoit fait venir tous les dépendants de Fabbaye de Saint-Médard de Soissons pour aider les conjurez dans leur résistance ; les communes de Grespy et de Yesiy s'estoiént jointes à celle de Laon pour lui prêter main forte, mais à peine les princes de la famille de l'évéque eurentils paru avec leurs soldats , qu'ils dissipèrent toute cette multitude de paîsans, lesqueli^ prirent une telle épouvante qu'ils s'enfuirent, laissant la liberté aux soldats d'en tailler une grande partie en pièces. Une grande troupe de ces malheureux périt aussi dans la rivière „ et on ne peut en sçavoir au juste le nombre. Cecy se passoit un lundi , et le lieu de ces grands meurtres estoit proche d'un moulin appartenant à l'abbaye de Saint-Martin de Laon, lequel on nommoit Comporte; ce moulin fut entièrement mis au pillage.
L'année suivante , le roy voulant tirer vengeance de toutes ces morts, arma lui-même et se mit en campagne pour fondre sur Rainauld , frère de l'évéque Roger , n'osant s'en prendre au prélat, parce qu'il craignoit peut-estre les censures de l'église. Arrivé au château du seigneur de Roucy, dont le comte le reçut avec empressement, il y conféra avec les amis de Rainauld , lesquels prévoyant bien que l'afTaire lui seroit préjudiciable, prévinrent le roy et firent la paix avec lui, à condition que le seigneur de Rosoy reconnoitroit qu'il tenoit son château du roy. Roger, éfêque de Laon , n'ayant point voulu paroltre devant le monarque , se réfugia chez l'évéque de Langres. I>e là il alla assister à un concile en 1179, puis vint don-