AU
ner en 4180 la bénédiction de mariage à Elisabeth , fille de BaaduiD, comte de Hainault, laquelle épousa Philippe-Auguste, fils de Loui!i VIP, dans Féglise de Saint-Nicolas de Bapaume.
On trouve dans le chartrîer du roy une charte du même Roger, évéque de Laon , datée de Tannée 1185. Elle fut faite en la présence de Bauduiti , comte de Hainault , Ingelran , archidiacre de Laon, Jean de Fontenoy et Goffroy, chapellain du roy. Par cette charte le môme évèque de Laon cède au roy son fief de La Fère , que Raoul, seigneur de Goucy, tenoit de li^i. ' Cet escrit fut fait à Paris , comme Te témoigne Antoine Bellotte en ses Observations sur tes cérémonies de l^égUse de Laon.
Quant aux affaires de cette abbaye de Saint-Vincent, je dirai que Gautier estant, décédé, en 1174 , le chapitre du monastère élut pour abbé et pasteur un nommé Hugues, lequel ne fut pas plutôt eslevé à cette dignité qu'il commença à réédifier Féglise abbatiale depuis ses fondements et poursuivit cette œuvre pendant toute sa vie. Roger de Rosoy, revêtu de ses habits pontificaux , mit la première pierrç à cet édifice. *
Les successeurs de Hugues ont continué son ouvrage et enfin Font achevé en la personne de dom Jean Charpentier, dernier abbé capitulaire de Saint- Vincent dans le seizième siècle.
Le même abbé Hugues renouvel la société avec Tabbaye de Prémontré , en sorte qu'outre les anciens droits de société dont nous avons parlé autrefois , il fut conclu que toutes les fois qu'on annonceroit le déced d'un religieux de quelqu'une de ces deux maisons , l'autre chanteroit les vigiles des morts et la messe de Requiem le lendemain , et comme le nombre des re-
(1) Ce fief fut cédé par Roger de Rosoy à Philippe- Auguste , moyennant l'abolition de la Commune de Laon créée récemment par Louis-le4eune.
(2) Hugone abbate, incœpta est reœdificatio ecclesiœ, Rogero episcopo, qui propriâ manu, pontificalilms indutus, eidem operi primum lapidem imposuU. Hugo , hujus ecclesiœ abbas , opeiis incœptor, quoad vixiit diligens exécuter ea>stitU.. Vêtus codex Sancti-Vincentii.
ligieux de Tune et Tautre abbaye s'estoit fort multiplié , il fut arrêté que pour le sar|>]us on ebanteroit une grande messe > comme au trentième jour, le 14 février annuellement , pour le repos de ceux qui seroient décédez pendant Tannée dans les deux abbayes , et que , ce jour-là, cbaque prêtre diroit une messe à la même intention,
Le même abbé Hugues, de Saint-Vincent , et Herbert, abbé de Saint-Tbierry; s'obligèrent, ainsi que leurs églises, de faire réciproquement un trentain pour cbaque religieux deffunt en leurs monastères. Tous les prêtres dévoient dlretine messe, les diacres , sous-dîacres et ceux qui pouvoient lire le psautier dévoient réciter cinquante psaumes , ceux qui ne sçavoient lire estoient obligez de dire le Miserere avec le Fater Noster cinquante fois. De plus , les noms des deifunts dévoient estre escrits dans les martyrologes pour en faire mémoire annuellement.
Plusieurs autres sociétéz reconnoissent cet abbé Hugues pour leur auteur , spécialeitient celles de Saint-Julien-au-Bourg, de Laon, de Saint-Martin de Laon et de Saint-Jean de Prémontré. Il renouvella la société qui s'estoit faite entre notre abbaye et celle de Sauve-Majeur, en Gascogne , au temps de saint Gérard , ajoutant que tous les religieux de chacune des deux maisons , estant dans Tautre monastère , y auroient place au cbœur et voix au cbapitre, sçavoir: ceux de Saint- Vincent à Sauve-Majeur et ceux de Sauve-Majeur à Saint-Vincent , à moins qulls ne fussent manifestement rebelles au cbapitre *et à Tabbé de leur monastère , en sorte qu'estant liez alors des censures de leur monastère , ils ne pussent estre admis à la société des autres. On devoit mettre les noms des deffunts de cbaque monastère dans les obituaires au bout de la règle et faire le service , le trentième jour et Tanniversaire , dire aussi les autres prières et messes accoutumées comme pour un religieux du même monastère.
La société qui se fit avec les cbapellains de la catbédrale de Laon est trop considérable pour que nous remettions icy. Lors-
qu*iis estment avertis du déced d'un religieux de Saint-Vincent , par expréz envoyé de l^abbé , ils estoient obligez de venir aux obsèques et d'assister en corps à la messe solennelle , laquelle ils dévoient chanter chez eux pour le delfuût. Chacun d'eux deyoit dire aussi trois messes pour chaque religieux deffunt , de plus ils estoient obligez d^ûssister cette abbaye de leurs conseils el de leur force dans ses nécessitez, Ils dévoient venir apx premières vespres et à. la messe solennelle, le jour de saint Christophe, et diner alors en commun au réfectoire avec les frères. L'abbé et le couvent s'obligèrent réci proquement à faire pour chacun des chapdlains deffunts ce qu'on avoit coutume de faire dans le monastère au déced d*un religieux proféz. On récitoii les psaumes consuétudinaires dès que la nouvelle de la mort d'un chapellain de Laon estoit annoncée , on disoit une notesse solennelle en communauté ; chaque prêtre devoit dire en plus trois messes basses , les diacres et sous-diacres estoient obligez à dire les psaumes et prières comme pour un de leurs confrères deffunt , et en outre on devoit un trentain entier en communauté. On envoyoit encore le nom du deffunt par toutes les églises de la société , pour leur recommander son àme et lui foire les prières comme pour un moine de Saint- Vincent, L'abbaye devoit encore tout secours, soit de conseils, soit de prières , aux chapellains.
La société que contracta encore l'abbaye de Saint-Vincent, en la personne de son abbé Hugues , en 1185 , avec Robert , abbé de Saint-Nicolas-aux-Bois , est très-considérable. Connoissant que le mélange des terres est une source intarissable deprocéz, les deux abbéz accordèrent que chaque abbaye choisiroit deux moines dans l'abbaye son associée, afin de terminer par le jugement de ces quatre personnes tous les différents qui pourroient exister. Cette société estoit le renouvellement d'une autre plus ancienne formée entre les deux églises, l'augmentation en fut très -considérable , car il fut dit que l'abbé de Saint- Vincent ou le prieur à son deffaut , avec deux ou trois de ses religieux, assisteroit à la feste de saint Nicolas,
et que l*abbé de Saint-Nicolas ou le prieur à son deffaut, avec deux ou trois de ses religieux , assisteroit réciproquement à la feste de saint Vincent en notre abbaye, chaque année. Audéced de chaque religieux, l'église associée estott obligée de lui dire un trentain , comme elle feroit l'anniversaire des abbéz des deux églises , et pour que Tunion fut encore plus étroite , il fut conclu entre les deux abbéz de SaintrVincent et de Saint- Nicolas que chaque église emploieroit tout ce qui lui appartenoit pour se garantir réciproquement des injures faites à Tune ou l'autre , anathème estant prononcé contre ceux qui tenteroient d'abolir la société , ce qui s^est passé réciproquement dans les deux chapitre» , où les contrevenants dévoient satisfaire et payer la peine due à leur témérité. Voici ceux qui estoieut présents à cette action : Robert , abbé de Saint-Nicolasaux-Bois, Hugues, abbé de Saint-Vincent, Guillaume, prieur de Saint-Nicolas-aux-Bois, Wilbold» prieur de Saint- Vincent^ Clarembauld , sousr prieur, Suger, Raoul, Guillaume, prévit» Hugues ,. Barthélémy, Christophe , Thierry, Odon , un autre Odon, Manassès, Bauduin , moines de Saint-Nicolas ^ Jean Bovon , Gautier, Raoul , Bérenger, Henri ^ Herbert, Hugues» Gérold, moines de Saint-Vincent. Cette société fut faite en Tan
SUITTE DES SOCÏÉTÉZ.