‹ Histoire de l'Abbaye de SenonesChapitre 30 sur 82 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

BAUDOUIN II du nom, 36e Abbé depuis l’an 1285. jusques vers l’an 1315.

L’Abbé Baudouin étoit Abbé le Lundi d’après le second Dimanche d’après Pâques, où l’on chante misericordiâ Dni , de l’an 1285; puisque Conrade Evêque de Toul donna ce jour là une lettre, par laquelle il ordonne aux Religieux de son Abbaye de lui rendre obéissance et de lui remettre les

(1) S’éciit au^si Fliu, Fliug ou Fleing, si ue près «i’Azerailles.

Commencemts de l’Abbé Baudouin II. Quelque s-u ns de ses Religx. lui ref usent

l’obéissce.

biens du monastère, sous peine d’excommunication. Or si en ce tems là on ne commençait l’année qu’à Pâques où à l’Annonciation, il faudra dire que l’Abbé Simon étoit mort en 1284. selon la manière de compter d’alors, qui revient à 1285. au mois de Mars, selon la manière de compter d’aujourd’huy.

L’Evêque Gonrade dans la lettre, dont nous venons de parler, nous apprend que l’Abbaye de Senones étant vacante par la mort de l’Abbé Simon, il y a pourveu en y nommant Baudouin, ci-deuant Cellérier du monastère, qu’il y a, disje, pourveu tant par le pouvoir qui lui en étoit dévolu, que par son autorité d’ordinaire, tant ex potestate ad nos devolutâ , quant auctoritate ordinariâ. Or je ne vois qu’une seule chose qui peut lui auoir acquis le droit d’y nommer comme ordinaire, authoritate devolutâ , qui est la division des Religieux qui ne purent s’accorder, où leur négligence à procéder à une élection canonique.

De plus il nomme neuf Religieux de ce monastère, qui aiant été admonestés de sa part de rendre obéissance au nouvel Abbé, auoient négligé de le faire, et il ordonne en vertu de ste obéissance au Prieur de T Abbaie de leur dénoncer de sa part que si dans trois jours ils ne se soumettent à leur abbé, il les dénonce excommuniés et suspens de tout office. Les surnoms de ces 9 Religieux semblent montrer qu’ils etoient de condition; les voici : Guillaume d’Acelle, André de Faixaj, Henri de Remiremont, Geoffroy de Pierre percée, Renaud d’Aixeins, Albert de Rosières, Jean Bréxe-

nois, Jean de Jandelincourt et Jean de Port sur Seille.

Louis comte de Chiny et Sire de Blamont, ratifie le don qui auoit fait du m°ulin de Vaxainville par Henri Sire donation de Blamont son fillatre où fils de sa femme, et auquel lui faite du Loujs croioit auoir droit, à cause du doüaire de Jeanne sa Vaxeviiie. femme, qui auoit épousé en première nopce Ferri de Salm 1285. comte de Blamont. Ce Louis Comte de Chiny et Jeanne Comtesse de Chiny et Dame de Blamont nous sont connus par les sceaux que nous avons fait graver dans le 2. t. de l’hist. de Lorraine. Yoiés les sceaux XCY. XCYI. XCYII et

Société Philomatique Vos^ienne, 1878-79

XCVIII. et leurs explications au même tome. Le moulin de Vachainville fut donné par Henri sire de Blamont en 1269 . Voiés le titre sous cette année.

Nous connoissons en Lorraine deux lieux du nom de Cercueur où Cercueil, sarcophagus, où Serrecoeur, Cercorium . L’un est environ à 3 lieues de Nanci vers Pulenoy et Saulxures; l'autre est du Balliage d’Epinal, et environ à 3. lieues de Bruyères, vers Dompierre et Gircourt. Nous ne possédons plus rien ni dans l’un ni dans l’autre de ces deux lieux, et je ne sais pas même dans lequel des deux étoient situés les héritages que l'Abbé Baudouin acensa en 1286. moyennant la somme de 4. sols de toulois. Ce qui pourroit faire croire que c’étoit à Cercueil prés de Nanci, c’est que le titre d’acensement porte, que ces biens étoient venus à l’Abbaye par Forcon curé d’Antlup; mais ce qui pouroit persuader le contraire, c'est que l’Abbaye possedoit autrefois des biens considérables à Gircourt et à Dompierre prés de Cercoeur. Le titre original lit Cercûs ou Cercuës .

Le même Abbé Baudouin fit encore d’autres acensemens et des accompagnemens, qui firent un très grand tort à son Abbaye. En 1290. il accompagna Jean de Dombasle Ecuier, fils de Henri de Dombasle Chevallier, dans tout ce qu’il auoit à Antlup, et mutuellement led. Jean associa l’Abbaie de Senones dans ce qu’il possédoit au ban S1. Pierre dudit Antlup, sans en rien réserver, a condition que Jean auroit moitié de ce que l’Abbaye possédoit en ce lieu, et réciproquement. Il y a toutefois plusieurs choses exceptées où led. Seigr. Jean ne deuoit auoir aucune part, comme la maison que l’Abbaye y possède auec ses usuaires, le Domaine du Monastère, le patronage de l’Eglise, les droits d’Eglise, les corvées. Si néanmoins il y auoit des amandes pour les corvées malfaites, le seigneur Jean de Dombasle y auroit moitié, et depuis ce tems, ni l’Abbé ni son associé ne pouvoient rien acquérir à Antlup l'un sans l’autre ; ils y doivent faire un four bannal à frais communs et à profit de même. Les personnes et les bétes de la maison franche appartenantes à l'Abbaye, ne payeront point d’amandes, si elles sont prises

Acensement de quelq.

b tens situés à Cercueil.

Accomp a gnem1. de Jean de Dombale

àla Seigrie

d’Antlup.

Acensement de la place dumoulin de Rem* berviller.

Vente de la seigneurie de Colombey.

en dommage, mais payeront seulement le dommage, au dire des prud’hommes. Le moitrier où fermier qui demeurera dans la maison appartenante à l’Abbaye, sera franc de service, de tailles, de rentes et de tous autres débits; à moins qu’il ne soit homme de la compagnie, et appartenant au Seigneur Jean en quelque autre maniéré. Les deux Seigneurs feront les Maires, Doiens, forestiers et messiers de concert, et s’ils ne peuvent s’accorder, ils les feront à l’alternative, l’un un an et l’autre un autre. On régie après cela ce que chaque habitant, qui sera de l’accompagnement, doit payer chaque an à son seigneur conformément à ce qui se pratiquoit à Yitrimont. Ce fut le Duc Ferri III. qui procura cet accompagnement en laveur du seigr. de Dombasle, qui etoit de la maison de Salm. Il procura de même la pluspart des autres accompagnemens qui se sont faits pendant sa vie auec l’Abbaye de Senones.

Simon (l) acensa en 1298. une partie de la place du moulin de Remberviller et le cours de l’eau à un nommé Jacques de Remberviller, moiennant 3 sols de Toulois de cens payables à Noël ; et au cas que le moulin dont il est question, dépérisse où soit réduit au néant, le d. Jacque assigne d’autres fonds pour hypothèque de la rente où du cens.

En 1293. il vendit à Stevenin fils de Pierson Rilleron de Chatel, la seigneurie de Colombey près de Metz, et tout ce qui en dépendait, excepté la dixme grosse et menue, le droit de patronage et la grange aux dixmes, qui est au milieu du village ; et l’achepteur s’oblige à bâtir une maison curiale à celui qui déservira la cure du d. Colombey. Item il vendit tout ce qu’il avoit aux bans de Montoy, Abigny, Bourney et Ars prés Colombé, à Coinci et aux dépendances de ces lieux, à la réserve des dixmes grosses et menues. Il exemte celui qui demeurera en l’hotel qu’il a vendu, du

(1) Cela doit être une erreur de plume du copiste; le mss. porte Simon, mais on doit lire Baudouin , car le chap. XXIII parle de l’Administration de l’Abbé Baudouin II, et l’Abbé Simon mourut en 1284 ou 1285' ; or l’acensement de l’art. V est de 1298.

payement de la menue dixme, mais il charge l’achepteur de lui rendre plein homage, soit lui où autre qui tienne la d. seigneurie à titre d’achapt, de don où d’engagement. De plus l’achepteur donne comptant à l’Abbé et au couvent une somme de six vingts dix livres de Messins, et outre cela doit faire bon à l’Abbaye les deux parties des fruits de l’Eglise de Sb Hilaire de Metz, et les deux parts des dixmes et cens qui appartiennent à la même Eglise et quantité d’autres biens qui étoient entre les mains d’un nommé Bertignon Paillat bourgeois de Metz à qui l’Abbé Simon les auoit laissés pour 25. ans, et qui en devoit encore jouir pendant 12. ans ; lesquels le d. Bertignon quitte à l’Abbaye et* la remet actuellement en jouissance de ces biens. Pour bien entendre les raisons de cette vente, on peut consulter le compromis de l’an 1290. et la sentence de 1292. qui sont très instructifs.

En 1295. l’Abbé de Senones acensa à un nommé Vautier de Remberviller, une maison aud. lieu située derrière l’Eglise, et dont l’usuaire s’etendoit jusqu’aux murs de la ville, pour 4 sols toulois de cens ; et deux ans après il laissa de même à titre de cens, à un nommé Fririot dit Crehés de Hablainville, son moulin de Bétonville (a) à tenir pendant toute sa vie, moiennant 39. quartes de bled marchand, le tiers en froment, le tiers en seigle et le tiers en avoine, payables en trois termes, sauoir à Noël, à la Sb Jean et à la Nativité Notre Dame et outre cela il doit encore donner une quarte de cire, une livre de poivre, un porc de dix sols, 4. chappons, 4. pains blancs et un settier de vin à la Cour de l’Abbé et à ses gens. Et après la mort dud. Fririot le moulin doit retourner à l’Abbaye sans difficulté (*).

Au mois de mars de l’an 1298. Baudouin Abbé de Seno-

(1) En marge du mss. se trouve une note de D. Calmet ainsi conçue; « Nous parlerons cy apres de la rente de 18. resaux de froment, et de six resaux d’avoine dubs sur Barbonville en 1295. » Puis on voit un renvoi du même à une feuille volante qui contient le texte commençant à l’alinéa suivant et finissant à l’art. VIII ci-après. L’encre qui a beaucoup pâli rend ces lignes presque illisibles.

Acensemb d’une maison sise à Rem b ervi lier et dumoulin de Betonville en 1295 et

(aj Ce moulin et celte cour, que nous avions à Petonville sont passés depuis longlems en d’aulres mains.

Vente de la totalité des dixmes

deVaqueville en

nés apres diuers débats auec Jeannat de Dan, ecuier, au sujet de la justice d’Imbermenil, ils firent accord ensemble de cette sorte : que le maire en la justice dud. Imbermenil, doit faire feauté, ou jurer fidelité audit Jeannat de Dun et a l’Abbé de Senones et doit receuoir de chacun d’eux son droit et sa raison ; et peuvent les dits seigneurs renvoier et déposer led. maire à leur volonté, et s’ils ne pouvoient s’accorder sur le choix du maire et de la justice, ils le feroient a l’alternative d’une année a l’autre : et le maire ainsy élû sera franc pendant toute l’année, en paiant chaque année un porc de dix sols, a chacun des deux seigneurs; et les Echevins pareillement seront francs, moiennant une demie rente et un porc de dix sols, a payer chaque année à Noël aux memes seigneurs, lesquels prendront ensemble de moitié a moitié toutes les amendes et prises audit lieu. Ils ne pourront s’accroître l’un sans l’autre en estang, ni en moulin, et s’ils en faisoient a frais commun ils feroient commun entr’eux en tout profit. Led. Jeannat de Dun tenoit un prey de l’Abbaye de Senones aud. lieu d’Imbermenil, par lequel il doit un cens de six deniers, tandis qu’il tiendra led. prey, et s’il arrivoit qu’un homme ou une femme dud. lieu commettoit quelques grands delicts, pour lequel il seroit condamné de corps ou de biens, la confiscation en appartiendroit a l’Eglise de Senones, ou plutôt au prieuré de Xures, auquel appartient ce qui est marqué cy-dessus, led. prieuré étant membre de l’Abbaye de Senones. Xures appartient a présent a la maison de Ste Barbe au territoire de Metz. Voyez cy après sous le Gouvernement de l’Abbé Dom Joachim Vivin. Je trouve ailleurs que la cure d’Imbermenil est a la nomination du prieur de Fricourt.

L’Abbé Baudouin vendit ou admodia la totalité des grosses dixmes de Vaqueville et des dépendances à un nommé Gérard de Vaqueville clerc, qui étoit alors receveur de Renaud Evêque de Metz pour ses biens situés dans la Vos ge ; ils les lui vendit, dis-je, à vie, moyennant une quarte de cire payable à la S1. Remi, et cela en considération des grands et importans services que led. Gérard auoit rendu et pou-

voit encore rendre à l’Abbaye, et pour le respect des seigneurs Evêques de Metz.

En 1301. il acensa le moulin de Chatay pour deux sols toulois de cens, paiables annuellement à la S1. Etienne après Noël. Il y a encore quelques lettres de pareilles ventes où acensemens faits par l’Abbé Baudouin. Le plus considérable est l’accompagnement qu’il fit de Henri sire de Blamont, à la terre et seigneurie de Fontenoy-la-joutte.

Henri sire de Blamont, dont on à déjà parlé, fit un accord en 1295. auec l’Abbé et le Couvent de Senones, comme propriétaires des biens du Prieuré de Moniet, au sujet des dixmes et de la Seigneurie de Fontenoy, autrefois village considérable, aujourd’huy annexe de Domptail. Le sire de Blamont reconnoit que l’Abbaye de Senones possède à Fontenoy la totalité des grosses et menües dixmes, le droit de Patronage, le don de l’Eglise, la marguillerie, une maison, une grange, des gagnages; de plus leur appartiennent les corvées des charuës, de la faux, de la fourche, de la faucille, de la même sorte qu’au ban de la Riviere. Item un bois qu’on dit la lumière, quelques cens en chapons et en deniers et un héritage nommé le Boverat, dont l’abbaye possède la dixme et le gerbage, le tout sans part d’autruy.

Sera loisible au comte de faire un étang au lieu nommé en grez, moiennant un cens de 5. sols toulois, et s’il faisoit un moulin au dessous dud1. Etang, l’Abbaye de Senones en auroit moitié en payant moitié des frais de la construction et de l’entretien. Quant au reste des biens et des revenus de la seigneurie de Fontenoy, il sera partagé également entre les sire de Blamont et l’abbé de Senones. Les seigneurs feront les Maires, Doyens, Echevins, Bangards, Forestiers de commun accord, sinon, ils les créeront à l’alternative, l’Abbé la première année, et le sire de Blamont la suivante. Le Maire sera chargé de lever les droits et redevances et de les distribuer par moitié aux deux seigneurs. Ils ne peuvent l’un sans l’autre faire imposition, ni tailles, ni prises de bled, et si une partie faisoit un acquest dans le lieu, elle partageroit auec l’autre, en partageant aussi le

Acensement du moulindeChat a y en

Accompagne m e nt de Henri sire de Blamont en la seign e ur i e de Fontetenoy.

Acquêts faits par l’Abbé Baudouin à Juvelize en 1286.

prix de l’achapt. De plus le sire de Blamont ne peut mener les hommes de Fontenoy hors du lieu pour aller à la guerre où à une Chevauchée ; mais il peut les obliger à garder et défendre sa terre et chatellerie de Deneuvre, à commun cri, qui arriveroit à lad. terre, et encor ne les peut il tenir qu’un jour et une nuit, et ils seront obligés d’en faire de même, pour le service de l’Abbaye de Senones.

Ni l’un ni l’autre des 2. seigneurs ne pourra attirer hors de leur village les habitans de Fontenoy, pour affaires qu’ils auroient l’un contre l’autre, mais on les terminera sur les lieux ; les deux seigneurs consentans que s’ils viennent à manquer à quelques uns de ces articles, ils puissent être contraints à les observer par Bouchard Evêque de Metz, comme seigneur souverain du fief de la ville de Fontenoy. Enfin ils conviennent mutuellement de ne s’aider l’un contre l’autre de nulle teneur, possession où autre chose, qui puisse les empecher de revenir toujours à la teneur de ces lettres; et ils s’engagent réciproquement de jurer sur saints, s’ils en sont requis, qu’ils exécuteront fidellement et de bonne foy ce qui est contenu dans le présent accompagnement, qui fut passé la veille de l’Assomption de Notre Dame 1295. L’Abbaye n’a plus aucune part à la seigneurie de Fontenoy, qui est possédée en entier par S. A. R. de Lorraine, comme aiant succédé aux comtes de Blamont (1).

Si la nécessité des affaires de l’Abbaye et d’autres fâcheuses circonstances obligèrent l’Abbé Baudouin à faire des acensemens, des accompagnems. et des aliénations désavantageuses, on doit aussi lui rendre justice et avouer qu’il a fait quantité d’acquêts très considérables, et qu’il a reçu des donations très utiles au monastère. En 1286. Vautier de Hautepierre Chevallier, fit donation à l’Abbaie de quatre ymaux de bled de rente, à prendre sur ses terres et ses prez qu’il possedoit a Juvelize. Et en 1304. Simonin de

(t) La plupart de ces articles sont corrigés et remaniés par D. Calmet ; non-seulement on y retrouve son écriture, mais des ratures, des ponctuations et des surcharges de sa main.

Luscere Ecuyer, fils du Seigneur Vautier de Hautepierre, donna dix Jmaux de bled, moitié froment, moitié tramois sur les dixmes qu’il possedoit aud. Juvelize, pour faire son anniversaire dans l’Eglise de Senones. Aubert de la Velrize chevallier, oncle de Simonin, auoit donné au monastère un héritage dans le même lieu de Juvelize. Enfin Albert frère dud. Simonin auoit fait donation de dix Jmaux de bled pour son anniversaire sur des fonds situés aud. Juvelize. En 1313. le même Simonin de Luscere laissa par son testament à l’abbaye de Senones, tout ce généralement qu’il possedoit à Juvelize, en dixmes grosses et menues, en terres, en preys, en champs, en bois, en cens, en patronage, sauve le douaire de Gilette sa femme, lequel se devoit prendre sur lesd. héritages.

En 1294. une DameLucart ditte la Comtesse, ayant choisi sa sépulture dans l’Eglise du Prieuré de Deneuvre, donna au même Prieuré vingt soudées de terre à Toulois, et cinq soudées de terre à Toulois à l'Eglise de Senones, lesquelles vingt cinq soudées furent affectées sur les premiers revenus de la vouërie de Nossoncourt; à quoy Bertram d’Anserville et Jaquemin son frère fils de lad. Lucars où Leucarde consentirent; et Bouchard Evêque de Metz confirma cette donation. Il est bon de remarquer qu’une soudée de terre, une livrée de terre, une florenée de terre, n’est autre chose qu’un fond de terre, qui rapporte par an la valeur de tant de sols, de tant de livres où de tant de florins.

En 1299. Jean Petit curé de Nossoncourt, aiant achepté la même année la 6e partie des dixmes dud. lieu, auprès de Jean d’Epinal et D’Aëlis, Dame de Beaumont, veuve de Verri d’ Autel Chevallier, led. Curé revendit à Baudouin Abbé de Senones lesd. dixmes auec les autres biens qu’il auoit acquettées moiennant la somme de 64tl. de toulois, ce qu’il reçut comptant dud. Abbé; se réservant seulement pour la durée de sa vie les cens en argent, les poules et les preys qui étoient de la dépendance dud. acquest, moiennant cinq sols de toulois par an; et après son décés le tout devoit retourner à l’Abbaye de Senones; fait au mois de

Acquisitions de plusieurs biens à Nossoncourt ez années 1 2 9 4.

Janvier 1299. Cette donation fut confirmée par Gérard Eveque de Metz en Octobre de la même année. Enfin en 1314. Jean de Domptail Ecuier, ratifia la vente que Jean de Domptail son père, auoit faite à l’Abbé Baudouin, de tout l’heritage qu’il pouvoit auoir à Nossoncourt et au ban; cette ratification accordée moyennant la somme de dix livres de Toulois, que l’Abbé lui donna.

xiii Le même Abbé acquit aussi de grands biens en Alsace. l\ Acquest en lui fut ajugé à Berchem deux Journeaux de vignes par sen- Alsace à tence arbitrale du 23 Juin 1292. Et en 1294. Aubert de Lau-

Châtcnoy y

à Kintz- veline Chevallier, céda à l’Abbaye de Senones tout ce qu’il hem , à auoit à Berkmelz, soit en vignes, en champs, où en rentes, à charge que l’Abbé lui feroit rendre et délivrer chacun an dans la ville de Corroy ('), la quantité de douze mesures de bon vin. Et en 1295. Gertrude Dame de Corroy (2), veuve de Ferri de Colroy et femme en 2es. nopces de Liebaut de Landéville, donna à l’Abbaye de Senones les vignes que son premier mari auoit acheptées de l’argent de sqn mariage aud. lieu de Berkmelz. En 1299. Aubert fils du Seigneur Rathier de Luscez, donna en aumône à l’abbaye tout ce qu’il auoit à Berkmelz et d’autres héritages, moiennant deux (*) Aiiparem1. salles (*), qu’on lui devoit donner annuellement. Baudouin deux mesures de achePta aussi plusieurs vignes à Chatenoy ez années 1295. viu (3). 1296. 1291 . Il en achepta par un seul article pour 54. marcs

d’argent monnoye de Strasbourg. On en donna aussy beaucoup en aumône et pour des fondations à l’Eglise de Senones.

En 1291 . Louis de Raville et Hildegarde son épousé, firent aussi donation à l’Abbaye de tout ce qu’ils auoient

^ j Pout être

Rosehvihr (4). tant en fond qu’en meubles, dans le lieu de Raville (*) en Alsace. Et en 1299. Baudouin achepta des vignes à Kintzhem pour la somme de dix marcs et dix sols strasburgiens. Il y fit encore quelque acquest en 1303. de manière qu’il se passa peu d’années qu’il n’acquit quelque chose au profit de son monastère.

(I et 2) Bien que le inss. porîe Corroy, il Eut lire, je crois, Colroy.

(3 et 4) Renvoi et note marginale de la main de D. Calmet.

Il survint en 1298. une grande difficulté à l’occasion de la Cure de Brouville, à laquelle l’Abbé de Senones avoit nommé un certain Dominique, Prêtre de Deneuvre, et le Pape en avoit donné la provision à un nommé Simon fils de Renaud de Gerbéviller. Dominique se présenta à Conrad Evêque de Toul, qui l’ayant renvoyé à Jean de Bellaimont, alors chantre de l’Eglise de Toul, pour contester auec Simon son compétiteur, le chantre Bellaimont débouta Simon et ajugea la Cure à Dominique, qui fut mis en possession en vertu de la nomination de l’Abbé de Senones et de l’Institution de l’Evéque de Toul. Quelque temps après, Simon s’etant pourveu par deuant le Pape Urbain VIII. obtint une sentence qui lui ajugeoit la cure de Brouville à l’exclusion de Dominique. L’Abbé de Senones pour conserver son droit et empêcher le progrès des entreprises des Officiers de la Cour de Rome, députa un nommé Laurent d’Imberménil Clerc du diocèse de Toul, pour interjetter appel au SL Siège en son nom, du mal jugé de la derniere sentence. C’est ce qu’il lit dans les formes le 20. Sept. 1298. au milieu du choeur de l’Eglise de Toul à l’heure de Vêpres, en présence du Doien de cette Eglise et de l’Archidiacre de Ligny, qui auoient été nommés Exécuteurs de la sentence de Barthélemi de Poitier, chapelain du Pape Urbain VIII.

Le Comte de Salm et l’Abbé de Senones, firent un accord en 1302. auec Ferri Duc de Lorraine pour le transport où voilage des bois de marrien, qui descendent du val de Senones et de celui de Celles, où qui remontent d’Ezrail vers Raon l’Etape ; en telle maniéré que, de chaque voile de marien qui viendra d’Ezrail en montant, soit par eau où par charrois, ils en payeront au dit seigneur Duc, neuf sols et deux deniers de Toulois, et de même pour le bois qui descend vers la Meurthe; de plus que le d. Duc empêchera qu’il ne soit fait aucun trouble ni empêchement au transport desd. bois; en outre qu’il sera permis aud. Abbé et aud. Comte de Salm de faire nettoyer la rivière qui vient de Celles à Ravon, sans aucune difficulté ni de sa part ni de celle de l’Abbé de Moyenmoutier, dont il les doit garantir.

Difficultés à l’occasion de la nomination à la Cure de Brouville en

Accord pour le droit de p a s s âge des bois qui descendent la riviere en

Cet accord fut fait seulement pour quatre ans, à commencer à la S1. Martin de l’an 1302.

L’Abbé Baudouin étoit encore en vie le Lundy dans l’oc- Mi°’ A^b b é tave S1' Martin d’hyver 1314. et même le Mardy deuant Baudouin le Dimanche des palmes de la même année, comme il paroit il en 1315. par \es titres que nous en conservons dans l’Archive; et Harton ou Hartong son successeur, fetoit déjà le Lundi après la fête S1. George au mois d’ Avril 1316. Ainsi Baudouin probablement est mort en 1315. le 13. Juillet, auquel sa mort est marquée dans le Nécrologe. Il auoit donné un fond de vingt livres par an, sur lequel on prenoit vingt sols pour son anniversaire, lesquels étoient distribués aux Religieux. Ce fond étoit affecté sur le moulin d’Outray, situé sur le ruisseau qui coule derrière la Petite Ravon.

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