CHAPITRE XXX
Thirion de la Chambre Abbé de Senones , empêche ceux de S *. St ai 1 de mener leur bétail dans les bois de Belfey, de R. o t o mont et de Jeanxel 1418.
Thirion de la Ch am bre fait casser l’union qui auoit été faite du prieuré de S1. Christophe de Vie au couvent des francisc a i n s .
THIERRI oü THIRION de la Chambre, 44e Abbé, depuis 1448. jusqu’à 1428.
Dès l’an 4418. nous trouvons un Acte de l’Abbé Thirion de la Chambre. En cette année, le Prévost de SL Stail au Val de Senones fut obligé de lui donner un acte, par lequel il reconnoissoit que les trois bois de Jehanxel, Belfëy et Rotomont ou Orthemont appartiennent nüement et sans part d’autruy à l’Abbé de Senones ; et que les habitans de SL Stail n’ont aucun droit d’y mener ni leurs porcs, ni leurs autres bestiaux; et comme le fermier du Comte de Salm auoit fait quelqu’entreprise contraire aux intérests de l'Abbaye de Senones, l’Abbé Thirion de la Chambre, prétendit qu’on lui en feroit justice. Et en effet le Prévost du lien, au nom de toute la communauté, se reconnut amandable, en mettant en main du Sr Abbé un fétu de paille, qui étoit la forme dont on usoit dans ces circonstances, pour se soumettre à l’amende.
Nous avons vû ci devant sous l’an 1380 . que le Prieuré de SL Christophe de Vie ayant élé ruiné par le malheur des guerres, l’Evéque de Metz l’auoit transféré dans la ville de Vie et y auoit uni le couvent des Soeurs du Tiers ordre de SL François. Non seulement cette union ne subsista pas, mais Raoul de Coucy premièrement Evêque de Metz, et ensuite transféré à Noyon, et Conrade Bayer de Boppart un de ses successeurs, s’étoient emparé des biens de ce Prieuré, et l’auoient uni à leur mense, en sorte que le même Evêque Conrade Bayer auoit obtenu du Pape Martin V. en 1419. que la maison où le couvent des soeurs du Tiers ordre de S1. François seroit donné pour toujours aux Franciscains dit de l’observance, que led. Conrade vouloit établir à Vie. La Bulle de Martin V. dattée de la 3e année de son
Pontificat, porte que l’Evéque Gonrade lui a exposé que le Couvent de ces Religieuses, auec ses Officiers, étant entièrement abandonné, il souhaite le donner à des Religieux du même ordre, qui y feront l’Office divin et y exerceront les pratiques de leur religion. Le Pape addresse la Rulle au Doyen de l’église de Trêves, et lui ordonne, au cas qu’il trouve les choses telles qu’on lui a exposées, de mettre les franciscains en possession de cette maison.
En effet, Thielman de indagine Grand Doyen de Trêves, ayant cité tous ceux qui pouvoient avoir interests à cette affaire, dans certains délais, le 27 Janvier 1420. le Curé de Couvay et Dom Didier Prieur de Léomont se présentèrent chargés des procurations de l’Abbé et du Couvent de Senones et firent leur opposition à l’execution de la Eulle.
Enfin pour terminer ce différend, l’Evéque de Metz et l’Abbé de Senones choisirent des Juges compromissaires, qui décidèrent que l’Abbé de Senones joüiroit comme auparauant du droit de nommer au Prieuré de SL Christophe de Vie, d’y envoyer un Prieur et de l’y instituer comme du passé. Que led. Prieur nommé par l’Abbé jouira de tous les biens et des meubles, ornemens d'Eglise, clocher et autres choses appartenantes à son Prieuré. Que TEvéque Conrade sera obligé de bâtir à ses frais une Eglise convenable, aud. Prieur, de Pâques prochain en un an, au lieu marqué, c’est a dire, où l’on a accoutumé de tenir la Cour de Vie. Qu’il fera bâtir aud. Prieur une maison religieuse, lin dortoir et les autres lieux réguliers, lui donnera une place pour le loger commodément, et fera tous les frais des achapts et des Edifices. Moyennant ces promesses les Abbés et Couvent de Senones se déportèrent de leur opposition contre l’etablissement des Franciscains dans le couvent des Religieuses du Tiers Ordre à Vie. L’accord est du 12. février 1420. En l’année 1422. Conrade Evêque de Metz accorda 40. jours d’indulgences à ceux qui contrihueroient par leurs bienfaits et libéralités, au rétablissement du Prieuré de SL Christophe et il permit au Prieur nommé Nicolas Burtin, de dire et de faire dire la messe dans son Eglise sur un
marbre consacré, ou autel portatif; apparemment parce que l'Eglise n’etoit ni achevée ni consacrée.
L’Abbé Thierri mourut peu de tems après en 1420. Le jour de son décès est marqué dans le Nécrologe au 20e Mars.