CHAPITRE XXXV
JEAN DE BORVILLE, 49e Abbé de Senones, depuis 1492. jusqu’en 1506.
Nous ignorons la maniéré dont Jean de Borville est parvenu à l’Abb® de Senones; si c’est par voye de démission, de résignation, d’élection, où s’il en a été pourveu par l’authorité du Pape. Dès le 27e Mars 1492. il donna permission à Dom Arnoud de Salm, jadis Prieur de la Cour d’en haut au val de la Broque, de donner une somme de 22. frans (t), à 12. gros le fran, pour une espece d’indemnité où d’aumone, a cause d’une piece de prey, nommé le Douaire, qui lui étoit échu faute de payemk de cens, affin que ces pauvres gens, ne fussent pas entièrement privés de leur d. prey.
Ceci en lui même ne mérite nulle consideraôn; mais je le rapporte pour prouver la datte du commencent, de cet Abbé. Comme en cette année 1492. Pâques étoit le 10e Avril, on doit compter 1493. auant Pâques selon notre maniéré de compter.
En 1492. frère Claude Vaudrekin Religieux de Senones, administrateur du Prieuré de Moniet, achepta de Jean l’Arbalétrier bourgeois de Baccarat, les deux Etangs de Humbépaire, auec le moulin et le battant de dessous, moyennant la somme de cent francs monnoye de Lorraine, La lettre est dattée du dernier Avril 1492. mais il n’y est pas fait mention de l’Abbé de Senones.
En 1495. Jean de Borville, comme Abbé de Senones, accorda à Didier Ancillon Prieur de Vie, la permission de faire un testament, par lequel led. Prieur dispose de son
© o m m e n c e m l. de l’Abbé Jean de B orville.
A c h a p t de deux étangs à Humbépaire.
d’un Prieur deVic.
(1) C’est la première fois que l’auteur écrit le mo’ fran dans le mss.
Brouilleries au sujet de Le o mont.
Union du Prieuré de Léomont à l’Ab'e* de S e n o n e s par le pape Alex. 6.
argent et de ses meubles en faveur des Eglises et de ses parens. L’année suivante après la mort de Didier Ancillon, Borville conféra le Prieuré de Vie à Didier Gros-Renard (*)•
Jean de Lambale Protonotaire du S1. Siégé et Prieur de Léomont, avoit résigné ce Prieuré dés l’an 1485. à un nommé Jean Baronis, sous pension. Après la mort de Jean de Lambale arrivée vers l’an 1490. un nommé Jean de Gortesiis Premontré Abbé de Bonféy, s’en étoit mis en possession, apparam1. sur quelque prouision surprise en cour de Rome; mais un nommé Jean Benedicti et chanoine clerc du diocèse de Besançon, jetta un dévolu sur ce Prieuré vers l’an 1496. et plaida le Sr. Gortesiis Abbé de Bonfey, pour l’obliger à se désister. Cependant l’Abbé de Senones voyant que ce Prieuré se perdoit et que les biens s’en dissipoient pendant ces contestations, traita auec Benedicti, qui lui remit son droit, sous certaines conditions. Alors l’Abbé s’addressa en 1498. au duc René IL Roy de Jérusalem, pour lui demander l’honneur de sa protection, pour rentrer en possession de ce Prieuré dépendant de son monastère. René par son décret permit simplem1. à l’Abbé de Senones de prendre possession de Léomont, du consentement de Gortesiis; mais Gourtesiis mourut la même année auant le mois d’Aoust, à Léomont.
De maniéré que l’Abbé Jean de Borville, se voyant quitte de ces deux compétiteurs, ne trouva point de moyen plus efficace pour prévenir toutes broüilleries à l’avenir que de faire supprimer le titre du Prieuré de Notre Dame de Léomont, et de le faire unir à perpétuité à l’Abbaye. C’est ce qu’il entreprit en 1499. et il en vint heureusement à bout. Le Pape Alex. VI dit dans sa Bulle que ce Prieuré étant vacant par la démission volontaire que Jean Benoist chanoine de Besançon en a faite entre ses mains, n’ayant pu se mettre en possession dud. Prieuré, les Abbés et Religieux de Senones lui auroient remontré que s’il lui plaisoit l’unir et incorporer à perpétuité à leur monastère, ils seroient
(1) Cet art. III. porte la trace de plusieurs surcharges de D. Calmet.
plus en état de réparer et d’entretenir les édifices du Prieuré et d’y maintenir le culte divin ; outre que cela leur épargneroit les peines et les dépens auxquels ils sont exposés, lorsque ce Prieuré tombe en commande; que d’ailleurs il est d’un très petit revenu, ne rapportant pour l’ordinaire que 24tl. de petits tournois par an. Le Pape accordant la grâce qu’on lui demandoit, permit à l’Abbé et au couvent de Senones, de se mettre en possession dud. prieuré et de ses revenus, d’envoyer pour l’administrer un R.elig. de leur monastère où d’un autre Ordre, où même un prêtre séculier amovible à leur volonté, pour y faire le diuin service et administrer les Sacremens aux Paroissiens, s’il y en a, sans être obligé d’en demander la permission à l’Evéque diocésain. La Bulle est dattée de Rome le XVI. des Calendes de May où du 16. Avril 1499.
Il est remarquable qu’ici l’on donne pour Patron au Prieuré de Léomont la Ste Vierge. Ailleurs on lui donne SL Michel et ailleurs S1. Christophe. A présent on lui donne plus communém1 *. S4. Léon IX. à cause du nom de Léomont. Au reste Funion dont nous venons de parler souffrit des difficultés (*). Sous l’Abbé Thirion d’Antlup, le Pape Jule II. la révoqua en 1506. pour cette fois seulemL et conféra le prieuré à Jean de Savigni; Funion n’a pas laissé de subsister jusqu’aujourd’huy. '
En 1497. l’Abbé Jean de Borville acquetta auprès de vi quelques particuliers de Ravon, une maison sise au même Acquest lieu, prés la porte de dessous, le chemin d’une part et d ’.u “ e
maison à
deuant, et les murs de la ville d’autre part, moyennant la n.aon. somme de 300. frans barrois, trente gros, à douze gros le 2.497. fran, et trois frans pour vin, sans y comprendre la façon du contract. Cette maison a été depuis vendue où échangée et elle est fort differente de celle que les Relig. possèdent aujourd’huy à Ravon.
(1) Cette dernière phrase du travail du copiste, jusqu’à l’art. VI, est
complètement remaniée par D. Calmet. L’art. VI est aussi corrige’, en