partie, par l’Abbé
I/Abbé de Senones obtient du Pape l’usage des orne m ens p o n t i fïcaux
Donation de 2B r u m é ni! à l’Abbaye.
Enfin en 1501. il obtint du Pape Alex. VI. pour lui et pour ses successeurs, l’usage des ornemens pontificaux, sauoir de la mitre, du bâton pastoral, des sandales, des gans et des autres marques d’honeurs accordés aux premiers Prélats de l’Eglise, comme aussi de donner la bénédiction solennelle au peuple après la messe, après les vêpres et après matines, non seulemb dans son Abbaye, mais aussi dans ses Prieurés et dans les Eglises, même celles qui ne sont pas soumises de plein droit à son monastère, pourvu toutefois qu’il n’y ait point d’Evêque présent ni de Légat apostolique; de plus de bénir les pâlies et les autres ornemens sacerdotaux, aussi souvent qu’il sera nécessaire ; enfin de conférer la tonsure et les 4. moindres, non seulement aux Relig. profés où non profés de son Abbaye, où des prieurés qui en dépendent, mais aussy aux séculiers soumis médiatement où immédiatement au même monastère; comme aussy de reconcilier auec l’eau qui aura été benite par quelque Eveque catholique, les cimetières, les autels et les chapelles de son Abbaye, des Prieurés en dépendans, et même des Eglises paroissiales qui lui sont soumises, lorsqu’elles auront été polluées par l’effusion du sang où de la semence humaine.
La même année 1501. le maire Thiriet de Bruménil et Jeannette sa femme, laquelle étoit devenue aveugle, donnèrent à l’Abbaye de Senones tous les biens qu’ils possedoient à Bruménil, dans le ban le moine, consistant en deux maisons, environ 45. jours (1) de terre, 3 ou 4 pièces de prey, un jardin etc. moiennant une prébende monachale pour chacun d’eux pendant leur vie, leur logem1. et entretien dans l’Abbaye et un anniversaire après leur mort. Ce bien fut vendu vers l’an 1513. par l’Abbé Thirion d’Antlup, parce qu’il n’etoit pas à la bienséance du Monastère, et il le rem-
(1) Pour les lecteurs qui ne sont pas au courant des usages de la Lorraine, il est bon de dire que, malgré le système métrique, à la campagne surtout, on compte la contenance des terrains par jour, dans le langage usuel. Un jour de terres comprend 20 ares 44 centiares à Saint-Dié ; ailleurs c’est 20 ares.
plaça par un cens de dix francs au village de Borville. Ce cens ne se paye plus, ayant été rachepté.
Un Religieux de ce monastère, nommé Jean de Ravon, Prieur du Prieuré de S1. Christophe de Vie, fonda en 1503. l’Ave Maria pour être chanté au commencement de toutes les heures de l’office du jour. R mourut le 7e Mars 1515. C’est ce que nous lisons dans l’ancien Nécrologe au 10e des Calendes de Juillet, c’est à dire, le 22e Juin. On voit par là qu’encore que la dévotion à la Vierge ait toujours été très célébré dans l’Eglise, et que la lre partie de Y Ave Maria soit tirée de l’Ecriture, cependant cette priere, de la maniéré dont on la récite aujourd’huy, n’a été commune qu’assés tard. Henri de Ville Eveque de Toul qui est mort en 1436 ( a ), est le premier qui ait introduit l’usage de réciter tout haut Y Ave Maria gratia plena au commencent1. de l’office. Alors on ne chantoit encor que ces paroles que nous venons de voir, et on n’en chante pas encor dauantage dans la cathédrale et dans les paroisses du diocèse. Jean de Ravon n’en établit pas dauantage dans l’Abbaye de Senones. S. Benoit dans sa Régie (b) n’auoit ordonné de dire ni le Pater ni Y Ave Maria au commencent1. de l’Office; on le commençoit absolument par Deus in adjutorium. A présent on dit par tout l’ordre bénédictin, hors dans l’ordre de Cluny réformé, selon le bréviaire nouveau, à voix basse, le Pater et Y Ave Maria tout entier : depuis l’an 1503 avant la reforme on chantoit icy Y Ave Maria (i).
On conserve dans Y Eglise de Senones un beau monument de la pieté de l’Abbé Dom Jean de Borville; c’est un lustre où chandelier de cuivre, autrefois doré, à plusieurs branches, suspendu par une chaine de fer, entre le choeur et le sanctuaire. Ce lustre a environ 5 pieds de hauteur, ayant deux étages, au premier sont six branches et au second autant, portant chacune un cierge. Entre chaque branche de l’etage d’en bas sont des Anges supportés par d’autres
(1) Ces dernières lignes sont très-corrigées par D. Calmet et le dernier membre de phrase est ajouté de sa main.
Fondation
de l’Ave
Maria au
commencement de chaque heure de l’office.
(«) Voies noire H i st . de Lorr l. II, p. 746.
( b ) Reg. S. Bened. c. 9 ell8.
Lustre de cuivre conservé dans l’Abb a y e de Senones, o uvrage de l’Abbé Horville.
branches de moindre longueur. Au centre du chandelier est représenté le Sauveur ressuscité. Les branches qui portent les Anges et les Chandeliers sont d'un travail très délicat en fleurage d’un très bon goût; les colonnes de même qui soutiennent le second étage sont d’un ouvrage exquis. On voit en trois endroits au cul de lampe dud. Lustre, les armes de Dom Jean de Borville, qui sont une barre auec cinq Etoiles, deux en haut et trois au-dessous (1). Il fit en 1506. le grand bras d'arg4. de S1 2. Simeon. Il a fait bâtir ou du moins voûter la croisée de l’église du prieuré du Moniet où l’on voit ses armes.
Armes de D. Jean de Borville sur le gros lustre et s u r s a tombe.
Dans la clef de la voûte de l’église du Uloniet.
Dans la
cr oi sée de la meme Eglise (2).
(1) A partir d’ici jusqu’à l’art. XI, le texte est ajouté par D. C.
(2) Ces trois écussons, ainsi que les inscriptions, sont de la main de D. Calmet. Ils sont dessinés sur un feuillet collé en marge de la page 261 du mss.
D. Jean de Borville mourut à Senones le 5.* d’Octobre 1506. et fut enterré dans l’Eglise de l'Abbaye. Sa tombe se Mort et sevoit deuant le Grand autel du côté de l’Evangile. Il y est Pulture
représenté en habits pontificaux, la mitre en tete et la jean de
crosse à la main droite, et tenant un calice de la gauche, Borville.
ayant des gans aux mains et un anneau au 2e doigt de la 15°6, gauche. Ses armes sont aux deux cotés de sa tête et l’inscription qui est écrite en lettres gotiques autour de sa tombe, porte: Cy gist Jehan de Borville insigne Abbé de céans , qui trépassa de ce monde mortel, Van M. CCCCC. et VI. le 5e jour du mois d’octob. Priés Dieu que ly fasse merci à Vaime (<). Amen. Son nom est marqué dans le Nécrologe au 6e d’Octobre et il y est dit qu'il donna dix francs pour son anniversaire et cinq francs pour l’Eglise de la Vierge, pour la rotonde. Nons avons fait tirer son portrait d’apres une vieille chasse de S. Simeon, où il est représenté a genoux devant le Sh Simeon, avec cette inscription Sancte Simeon Christi care , pro me deprecare (2).