Histoire de l'Abbaye de Silos
L'ii sôjoiir de plusieurs années en Espagne nous a permis d'étudier à loisir les archives de l'antique abhaye de Silos, récemment restaurée par les Bénédictins de la Congrégation de Solesmes. Deux volumes ont été le fruit de ces recherches que nous avons étendues aux principaux dépôts littéraires de Madrid et des provinces centrales de la Péninsule, i.e premier et, à notre avis, le plus important de ces deux ouvrages renferme le recueil annoté des chartes de Silos. Il vient de paraître à l'Imprimerie Nationale, sous les auspices du gouvernement français'. — Le second, que nous publions aujourd'hui, en est tout à la fois l'introduction historiciue et le complément. iS'ous avons pu, en effet, y introduire quelques textes nouveaux, qui tout en aidant à mieux comprendre les chartes de Silos ne rentraient pas dans le cadre nécessairement restreint que nous avions dû nous imposer. Il a été possible, en même temps, de donner en note une analyse succinte de beaucoup d'actes postérieurs à Tannée 1512, date du derni(n' document publié dans le recueil. De plus, les nombreuses inscriptions que renferme le second appendice du pr(''sent travail sont autant de petites chartes lapidaires qu'il importait de ne pas laisser dans l'oubli ^ Ajoutons enfin que plusieurs des illustrations groupées à la
1. Recueil des chartes de Vabbcuje de environs de Silos. ,En veiile chez Erne?t
Silos, Paris, Imprimerie Nationale, 1897. Leroux, éditeur, rue Bouaparle, 28, à Paris.)
Un volume grand in-8ojésus, de XXlV-624 2. Voy. ci-apiés Tappendice 11, p. 289-
pages, accompagné d'une grande carte des 320.
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fin (lu volume et auxquelles des circonstances indépendantes de notre volonté n'ont point permis de donner toute Tampienr désiralde, ne seront pas sans intérêt pour l'étude de la diplomatique espai;nol(\
Les archives de Silos ne sont pas la seule source à laquelle nous ayons puisé pour reconstituer les annales de la vieille abbay<' castillane. Nous avons l'ait connaître ailleurs, avec tout le détail nécessaire, les divers textes manuscrits ou impriuH'S qui ont été mis à contribution pour ce travail '. Il est donc inutile d'y revenir ici. Les notes qui accompagnent à chaque pai^e le texte de ce volume suffiront largement, du reste, à ceux qui n'auraient pas entre les mains notre recueil de chartes.
Aux motifs (jui nous ont poussé à nous occuper de lliistoire de Silos, et dont il a été question dans ronvrag(* précédent, il convient d'en ajouter ici un dernier, qui a contribué pour nue bonne part à nous déterminer à prendre la plume. Silos possédait autrefois un ensemble de manuscrits Misigothiques qui l'emportait sur toute autre collection de ce genre. Mis aux enchères publiques à Paris, quelques années avant l'arrivée à Silos des Bénédictins français, ces s q)erl)es manuscrits sont aujourd'hui un des plus précieux trésors de notre Bibliothèque nationale et du British Muséum de Londres". A l'occasion de cette vent(\ et plus encore des découvertes qui en furent la suit<% le nom de Silos, juscpn»là à peu pr'ès ignoré eu l'rau('(\, lit quelque bruit dans le monde savant. Heaucou[) voulurent connaître^ les origines et les
1. llevueil des c/iartes de Silofi, Avant- 2. Sur les manuscrits de Silos, voy. ci-
Proptis, p. IX-XVIII. après l'appendice I, p. 2o7-288.
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vicissitudes d'une abbaye qui avait su accumuler et f^arder si soiii,neusement à travers tant de siècb^s de si vénérabb^s monuments littéraires. — Deux ou trois auteurs du bon vieux temps ont^ à la vérité, parlé du monastère de Silos ; mais ils étaient très imparfaitement renseignés. Leurs ouvrages, d'ailleurs, ont le gros inconvénient de se présenter à nous dans une langue qui n'est plus cultivée en France comme elle le fut jadis, et celui plus grave encore d'être depuis longtemps à peu près introuvables.
Puissions-nous n'avoir pas trop déçu l'attente de nos amis en écrivant ce livre. Il n'en est pas d'autre jusqu'à ce jour qui retrace en notre langue le passé d'un monastère espagnol. Ce titre lui attirera peut-être l'intérêt qui s'attache d'ordinaire en histoire à un sujet tout nouveau. Il lui vaudra certainement quelque indulgence de la part du lecteur.
Il se peut que ce volume renferme çà et là plus d'un détail qui eut pu être négligé sans trop d'inconvénicMit. On voudra bien nous permettre à ce sujet une brève explication. Silos n'est pas dans les conditions de ces abbayes, autrefois fameuses, mais dont les débris jonchent depuis un siècle notre terre de France. Il reste du monastère castillan autre chose que quelques pans de murs et des parchemins poudreux. \Jne ligne, parfois une phrase, qu'il eût été bon de ne pas écrire d'une abbaye devenue une nécropole, pouvaient trouver place dans un livre consacré à un monastère plein de sève et de vie. Ce sera notre excuse.
Un dernier mot pour finir cette courte préface. L'histoire de Silos, celle du moins que nous avons voulu
AVANT-l'hOl'OS
écrire, s'arrête en l'année 1835, qui vit la suppression des ordres monastiques en Espagne. Quelques lignes nous ont suffi dans ce volume pour signaler la restauration de i\antique abbaye en 1880. Nous ne voulons pas suppléer ici à leur brièveté. Il est malaisé de parler des vivants. Leur modestie s'effarouche bien vite de la moindre louange, surtout si ces vivants sont des amis, plus encore, des frères. Ces frères, ces amis, s'étonneraient de trouver ici leurs noms ; laissons à la postérité le soin de leur faire une place dans l'histoire de Silos.
1'^^ novembre 1896.
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