‹ Histoire de l'Abbaye de SilosChapitre 2 sur 179 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Silos depuis son origine jusqu'à sa restauration par le comte Fernan Gonzalez (593-919)

I. Situation de Silos. — II. Origines de l'abbaye. A-t-elle Récarède pour fondateur? — III. Invasion des Arabes en 712. — IV. Étymologies.

I, — Le monastère de Silos est situé au cœur même de l'Espagne, dans cette partie de la Vieille Castille qui forme la province actuelle de Burgos, à peu près à égale distance de la célèbre cité de ce nom et de la ville d'Osma. Il s'élève vers l'extrémité orientale d'une vallée étroite et profonde, entourée de trois côtés de montagnes aussi pittoresques que sauvages, derniers contreforts des hauts sommets qui séparent le bassin de FEbre de celui du Duero \ Au fond de cette vallée d'un aspect particulièrement sévère et où n'atteint encore aucune route carrossable, coule le Mataviejas, appelé autrefois Ura, modeste ruisseau dont les eaux vont se jeter dans TArlanza, à quelques lieues en amont de la petite ville de Lerma ^ Le climat y est sensiblement le même que celui du grand plateau central de la Péninsule, assez rude en général pendant les longs mois d'hiver. Toutefois, en raison de son altiUide (l'abbaye se trouve à 982 mètres au-dessus du niveau de la mer), en raison surtout du voisinage des sierras, sur lesquelles la neige séjourne longtemps encore après qu'elle a disparu partout ailleurs, le froid est plus tenace et plus

1. Cette vallée a conservé jusqu'à nos lettrés du pays que sa véritable oithograjours son nom primitif de Vulle de Tabla- phe pourrait bien avoir été autrefois dillo, que nous trouvons déjà, au début Mata-ovejas, ou « tue-brebis ». La chose du x^ siècle, dans la charte de Fernan est fort douteuse. 11 n'est pas très rare Gonzalez. Voy. notre Recueil des chartes cependant de découvrir, entre Silos et le de l'abbaye de Silos, t. 1, p. 1. village voisin de Carazo, quelque carcasse

2. On ignore l'origine du mot Malavie- de menu bétail, qu'un faux mouvement jas, qui signifie littéralement » tue-vieil- ou une peur subite a précipité du haut les », et qui se rencontre pour la première des pentes abruptes dans la gorge profois dans un texte du xv siècle [Recueil, fonde où le torrent roule ses eaux sur un p. 1, note i). — Nous tenons de «luelques lit de rocs éboulés.

âpre à Silos que dans les immenses plaines qui s'étendent, veis l'ouest, de Burgos à Salamanque. Par contre, les chaleurs de l'été y sont beaucoup plus supportables. Aussi le climat de Silos n'a-t-il droit qu'à la première partie du proverbe castillan qui impute à toute la région huit mois d'hiver — et quatre mois d'enfer [ocho meses de invienio y cuatro de infierno). Ajoutons que l'air y est presque toute Tannée d'une pureté incomparable '.

II. — L'origine de Tabbaye est très incertaine. Quelques auteurs la font remonter jusqu'au roi Récarède, qui l'aurait fondée en 593, sept ans après la conversion de ce monarque à la foi catholique; mais nous ne possédons aucun document ancien qui nous autorise à lui assigner avec certitude une date aussi reculée. Le seul texte invoqué par les partisans de cette opinion est un passage des Annalia Gotlwrum^ œuvre aujourd'hui perdue d'Alphonse de Garthagène, évèque de Burgos. Voici en effet ce que disait le savant prélat du xv'' siècle : « En l'année 593, Récarède, fils de Léovigilde et frère d'Herménégildc qui souffrit le martyre à Séville, édifia le monastère appelé aujourd'hui Saint-Dominique de Silos, lequel fut d'abord consacré à la bienheureuse vierge Marie et à saint Sébastien, martyr - ». Malheureusement cette affirmation est trop dénuée de preuves et trop

1. La notice manuscrite de l'abbé Nebreda dit en parlant de Silos : « Esta rodeado el lugar de grandes montes, altos y muy asperos collados y esteriles peùas ; por lo quai es la tierra muy esteril de pan y totalmente de vino, si bien abondante de ganados, yelos, nieves y frics, bien sana por la pureza de los ayrcs » (Gertmimo de Nebreda, De el monasterio de Santo Dominr/o de Silos, sus prineipios y îi/cesos, io78). — D'après une lettre que nous écrivait tout récemment (janvier 1893) notre excellent ami D. Eduardo Lostau, ingénieur des Ponts et Chaussées de la province de Burgos, on vient de comineutcr les premiers travaux d'une route qui, partant de Covarrubias pour aboutir à la Vid, traversera la vallée de Silos, à 3 kilomètres environ du monastère.

2. « Monasterium dirtum hodie Sanctus Uominicus Sileusis, rpiod priiuuni fuit in honorera beatae Mariff Virginis et sancti Sebastlani raartyris dedicatum, edificavit Uecarediis Leiivigildi liiius i'( fratcr Flcr-

menegildi martyris Ilispalensis, anuo 593. » — Le P. Ambrosio Gomez {El Moysen sef/undo, p. 10a) assure avoir copié ce texte, dans un vieux manuscrit en parchemin conservé aux archives de la cathédrale de Burgos. .Malgré nos recherches, il nous a été impossible de retrouver l'ouvrage d'Alphonse de Garthagène. Florez n'avait pas été plus heureux au siècle dernier, et il va jusqu'à douter de la véracité du P. GouK'Z. Nous ne pouvons partager son avis au sujet d'un personnage aussi grave, dont le livre est dédié à un archevêque de Burgos, bien placé pour savoir à ((uni s'en tenir sur ce point. — Disons toutefois que le savant auteur de l'histoire littéraire de la province de Burgos ne mentionne même pas les Annalia Gothorum dans l'article très complet qu'il a consacré à l'illustre prélat. (Voy. 1). Manuel Martioez .\fiil)arro y Hives, Inlento de un diccionario biof/rdfico y bibliogrûfico de autores de la provincin de liiirr/os, Madrid, 1890, p. 88-H:i.i

DEfUlS SON ORIGINE JLSQU A SA RESTALRATION 3

récente pour mériter quelque crédit. Il n'est pas douteux que Récarède ait fondé plusieurs monastères ; mais le moine contemporain, qui nous fait connaître ce détail, ne les a point nommés, et bien que Silos fui situé au centre du royaume wisigoth^ on ne saurait tirer des renseignements trop discrets de Tannaliste aucun argument direct en sa faveur '. Nous ne pouvons non plus nous appuyer sur un prétendu diplôme d'Alphonse le Grand, cité par l'historien Calvete et par lequel ce prince aurait donné à Silos, vers la fin du ix" siècle, le monastère de San Frutos au diocèse de Ségovie. On voit en efîet clairement, par les extraits qu'il en cite, que cette charte est d'Alphonse VI, le conquérant de Tolède, et postérieure de plus do deux cents ans à la date qu'il lui avait assignée ^ — Tout porte à croire cependant que l'abbaye fut fondée avant l'invasion musulmane et les mémorables défaites qui aboutirent à l'effondrement de l'Espagne chrétienne. Elle existait déjà au commencement du x^ siècle, c'est-à-dire à l'époque ou F'ernan Gonzalez reconquit sur les Maures la vallée de Tabladillo et toute la région environnante. La charte de l'année 919, dont il sera bientôt question, ne laisse aucun doute à ce sujet.

D'autre part, on ne saurait admettre que le monastère ait pris naissance pendant que les Arabes étaient maîtres du pays. La chose eût été possible dans le midi de la Péninsule, où nous voyons en effet des communautés religieuses se former et même atteindre un certain degré de prospérité sous les yeux des émirs de Séville et plus tard de Gordoue. Ceux-ci, du reste, les toléraient d'autant plus volontiers, que les impôts exceptionnels auxquels se trouvaient soumis les Mozarabes ^ étaient pour eux une source considérable et très assurée de revenus, sans que la présence des chrétiens pût compromettre sérieusement la sécurité de leur empire '\ 11 en était tout autrement sur les frontières du nord, toujours exposées aux

1. 'i Ecolesiaruiii et iiiouasteriorum [Re- l. Sur ce régime de tolérance 1res recarediis rex] coiiditor et ditator efficitur. >- lalive et sur les mesures fiscales qui iChronicon Joannis Biclarensis, dans Flort.z, pesaient lourdement sur les Mozarabes, Espana sagrada, t. VI, p. 383.) en particulier sur ceux de Cordoue,

2. On trouvera le texte de ce privilège voyez Florez, Espana sagrada, t. X, pag. dans le Recueil des chartes de l'abbaye de 1344 et suivantes de la S" édition. Lire Silos, t. I, p. 23-26. surtout le Memoriale Sanctorum du prêtre

3. Nom donné aux chrétiens espagnols Eu loge, mort martyr de sa foi en 859. arabisés, c'est-à-dire vivant sous la domi- Voyez Migne, Pafrologie latine, t. CXV, nation des Arabos. col. 731-818.

incui*sions des armées chrétiennes, et où l'entente des Mozarabes avec Fennemi du dehors eût été une menace et un danger de tous les instants. Là, d'ailleurs, le contact continuel des sectateurs de Mahomet et des soldats de la croix rendait leur haine réciproque trop vive pour leur permettre une tolérance^ qui aurait pu devenir également funeste aux deux partis. Or, la position de Silos dans une contrée qui resta pendant près de trois siècles le théâtre des luttes les plus acharnées entre les chrétiens et les Arabes, était sous ce rapport particulièrement défavorable. Bien plus, le voisinage immédiat de la forteresse de Carazo, un des principaux boulevards de la puissance des émirs sur la frontière du nord, rend tout à fait invraisemblable et même impossible la fondation de notre monastère pendant cette période. Il faut donc lui donner une origine plus ancienne et le faire remonter au temps des AVisigoths. Nous croyons même que rien ne s'oppose à l'opinion d'Alphonse de Carthagène, lequel, comme nous l'avons dit, lui assigne pour fondateur le premier roi catholique delà monarchie espagnole.

Mais voici à défaut de texte précis un argument tout nouveau, qui sera peut-être décisif aux yeux de nos lecteurs. Dans les fouilles toutes récentes pratiquées en vue de la restauration du chœur des religieux, les ouvriers mirent à découvert un large chapiteau d'une facture assez imparfaite, mais qui dénote un travail bien antérieur à l'époque de Fernan Gonzalez. Il a dû appartenir, croyons-nous, à la basilique primitive, remaniée et agrandie par saint Dominique dans la seconde moitié du xi^ siècle '. — Un autre chapiteau du même genre est conservé aujourd'hui dans un angle de la salle des archives, à côté du trésor des chartes, au silence desquelles il vient suppléer à sa manière. Nous croyons que ce double témoignage de l'archéologie a une grande portée dans la question qui nous occupe '.

m. — On peul se demander maintenant ce que devinrent les moines de Silos et l'abbaye elle-même au moment de la terrible invasion, qui en quelques années soumit toute l'Espagne à la domination arabe. Sur ce point encore nous en sommes réduits à des conjectures. Mais il est naturel de supposer que, là comme ailleurs, tout céda et disparut dans cet eiïroyable cataclysme. Les religieux

1. Ce chapiteau est resté enfoui sous le pîiiquet du chœur de l'église abbatiale.

•2. On trouvera à la lin de ce volume une 3'ravure de ce second chapiteau.

I>h:i'l IS SON OlU(;lNK .lUSOlJ \ sa RESIAirtATION o

emportant leurs trésors, c'est-à-dire les saintes reliques, les manuscrits et les vases sacrés, durent s'enfuir à la hâte vers le nord et chercher un asile dans les montagnes '. Peut-être même quelques-uns furentils massacrés par les hordes fanatiques, que poussait en avant la haine du nom chrétien. Mais il vaut mieux ne pas s'attarder à de simples hypothèses, quel que soit d'ailleurs le degré de probabilité qu'elles puissent olTrir -.

IV. ■ — L'étymologie du nom de Silos n'est pas moins incertaine que la date de la fondation du monastère et a donné lieu aux plus étranges conjectures. Ce nom apparaît pour la première fois au commencement du x" siècle dans la charte de Fernan Gonzalez, et sous sa forme actuelle : « Inter ambas villas de Si/os ». Dans la suite nous le voyons se transformer successivement en « Silis, Quintana de Silus, locus diclus Si/us, cenobium Siliense, Xiliense, Exiliense, etc ». Cette dernière désignation, très usitée au moyen âge, a fait croire un peu trop naïvement au célèbre jésuite Mariana ^ et à d'autres écrivains, qu'elle avait été donnée à notre monastère en souvenir de l'exil par lequel saint Dominique crut prudent de se soustraire aux injustes

1. Beaucoup de fugitifs trouvèrent ù ceUe époque un al)ri dans les Pj'rénées ; mais le plus grand nombre se cantonna dans les Asluries. Un auteur contemporain nous apprend que les chrétiens eurent à y supporter la faim et la misère. Voyez sur tout ceci le R. P. Tailhan, Anonyme de Cordoue, clironique riinée des rois de Tolède et de la conquête de l'Espa</ne par les Arabes (Paris, Leroux, 1883), p. 188-193. — C'est avec raison que l'on a attribué au clergé de l'Eglise gothique et aux moines réunis par l'invasion dans ces montagnes la présence de nombreuses reliques sacrées en Asturies, de même que la naissance des innombrables abbayes et prieurés, qui firent un peu plus tard de cette contrée la terre monastique par excellence. Voy. Risco, Espuna sagrada, t. XXXVll, p. 279 et suivantes ; Yepes, Chroniques de l'ordre de Saint-Benoit (traduction française de Martin Rethélois), t. III, p. 10 et suivantes ; cf. t. II, p. 671.

2. Au xvii" siècle, les inventeurs de fausses chroniques voulurent suppléer à

ce silence de l'histoire sur les origines d'une abbaye aussi célèbre que celle do Silos. Le plus etfronté d'entre eux, don Antonio de \obis, plus connu sous le nom de Antonio Lupian Zapata, alla même jusqu'à forger de toutes pièces un C/ironicon Exiliense. Cet ouvrage, mentionné par Nicolas Antonio dans sa Bibliothecu Hispana Nova (t. I, p. 142i, est sans doute perdu. On ne saurait le regretter. Dans son Chronicon Hauberti monachi, si mal à propos publié, défendu et commenté par le P. Argaiz [Poblacion eclesidslica de Espana), nous trouvons déjà la liste des prétendus premiers abbés de Silos.

Celte liste se termine par la mention du martyre de tous les moines en 734. Inutile de nous arrêter aux inventions do cet imposteur, sur lequel on peut consulter l'étude que lui a consacré D. José Godoy Alcântara, dans son remarquable travail intitulé : Hisloria de los falsos Cronicones, Madrid, 1868, p. 26.5 et suivante?. Les fraudes du faussaire y sont fort bien mises à nu et stigmatisées.

?j. Historia de Espana, 1. IX, c. 10.

IIISTOIUE Dli L ABBAYE Dli SILOS

ressentiments de Garci'a, roi de Navarre. De là lui serait venu le surnom de saint Dominique rEj"?/^', (( Sanctus Dominicus Exiliensis ». Une pareille étymologie ne repose sur aucun fondement sérieux, et il est de toute évidence que la forme Siliensis. Exiliensis dérive de la façon du monde la plus naturelle de Silos, nom que portait déjà l'abbaye plus de cent ans avant sa restauration par le thaumaturge du xi^ siècle.

Quelques auteurs ont pensé que du temps des Maures s'élevait dans le vallon de Tabladillo une ville appelée Silla^ laquelle aurait eu pour gouverneur, avant la conquête du pays par Fernan Gonzalez, un certain Silos, oncle du célèbre Almanzor. Après cela toute recherche était superflue, et le nom du gouverneur s'harmonisait à merveille avec celui de la ville gouvernée, pour expliquer l'origine de Silos. Malheureusement les deux noms en question appartiennent au domaine de la fantaisie et de la légende ; ils n'ont rien de commun avec l'histoire tant soit peu sérieuse.

D'autres hypothèses ont été mises en avant. Le P. Juan de Marieta et le chanoine Francisco Tarapha croient que Silos fut ainsi appelé des terrains pierreux (ex siliciljus)^ qui d'ailleurs ne sont pas particuliers à cette humble vallée '. Le P. Juan de Castro y voit une allusion au profond silence à^Xn. solitude dans laquelle est situé le monastère, ou encore à sa position à une courte distance des deux petits hameaux de Silos que mentionne la charte de 919, ce qui est loin de résoudre la question.

Le plus sage est de ne pas hasarder à la légère des étymologies douteuses. Toutefois, s'il fallait en proposer une sur le nom de Silos, nous croirions volontiers qu'il faut la chercher dans le voisinage de quelque souterrain ou silos^ destiné à recevoir du grain et autres céréales. L'usage de ces excavations était commun a cette époque en Espagne, comme il l'est encore aujourd'hui dans les pays d'Orient. Ajoutons qu'ici elles se trouvaient facilitées par la nature du sol, qui se prête à merveille à ce genre de travail ■. Le moine anonyme de Silos, qui

1. Marieta, Hisloriu ecclesidslica de lus santus (le Espona (lo96, Cuenca) daus la vie (le saint Dominique de Silos, au 20 décembre. Francisco Tarapha, De o/'ir/ene «c i-ebus fjeslis reguin Hispanisp (dans le recueil de ^cïio{\, ^ iiispaniae Uluslratse scriptores varii, t. I, — 1603 — p. 5.56) : « Monasterium Silense a frequentibus silicibus cognomi-

natur ». Cf. Arnold ^Vion. Llyniim vit^, secnnda pars, p. 399.

2. Sous le nom de bodeyas (caves), ces silos sont encore très nombreux dans la contrée ; mais, comme l'indique leur nouvelle désignation, ils ne servent plus qu'à recevoir le vin, qui s'y conserve bien mieux que dans le meilleur des celliers.

bliPl IS SON OlUGlNK JrSQC A SA KliSTAMîATlON i

écrivait vers la fin du xf siècle le Chronicon Silense^ semble adopter cette étymologie, en désignant son abbaye sous le nom de domiis seminis, « maison de la semence » '. Tenons-nous en à cette interprétation ; c'est la plus simple et la plus naturelle, c'est aussi de toutes la plus vraisemblable.

On voudra bien nous pardonner les hypothèses qui remplissent presque entièrement ce premier chapitre. Il n'était pas possible de les passer toutes sous silence. Peut-être aussi y avait-il quelque utilité à faire voir ce que plusieurs d'entre elles renferment de probable, llàtons-nous de dire que bien d'autres conjectures ont été émises sur les origines de l'abbaye de Silos ; mais leurs auteurs, du reste profondément oubliés aujourd'hui, ne méritent guère d'être pris au sérieux. Il en est de même des événements prétendus qui se seraient succédés pendant la période qui va de la fondation du monastère à l'époque de Fernan Gonzalez, et qui relèvent de la pure fiction -. Le x" siècle nous offrira encore bien des lacunes : du moins sera-t-il possible de s'appuyer sur quelques documents d'une incontestable authenticité.

1. Le Chronicon Silense a été publié par lieu dans un diplôme de 1129, accordé

Florez, EspaFia sagrada, t. XVII, p. 213. par Alphonse VII au monastère de Lerez.

Sur l'identité de Silos et de « domus semi- diocèse de Santiago (Paris, Bibl. nat., fonds

nis », ibid., p. 259. — Dans l'histoire d'Es- Espagnol, ms. 321, Monaslicon hispanicuiu,

pagne il est fait mention d'une forteresse fol. 400). Menti. mnons enfin le hameau de

de Silos, au royaume de Jaen, devant Villasilos, à quelques kilomètres au nord

laquelle le grand-maitro de l'ordre de de Castrojeriz, dans la pruvince de Burgos.

Saint-Jacques infligea une sanglante dé- 2. Le Père Castro, d'ordinaire mieux

faite au roi maure de Grenade en lan 1339. inspiré, admet quelques-unes de ces fable?.

(FecversLS, Hist. deEspana, ad hune annum.) Voy. son ouvrage : El f/lorio.w lliauma-

On trouve aussi Siliense comme nom de li/rr/o espanol.

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