Salamanca, Lasanta, 1786, 43 pages
[Ai'ch. de Silos.)
"). 11 serait injuste de ne pas placer ici
le nom d'un autre moine de Silos, qui, s'il n'a rien écrit, n'en a pas moins été, nous dit -Mgr. .Moreno, « l'tiouneur de son ordre et de l'Espagne » au siècle dernier. Nous voulons parler du P. Isidoro Sarac/ia. Il passait pour un des plus savant? botanistes de son temps et on peut lire son éloge dans la Flora Espa'iola de José Guer (t. V, prologue, pag. V), dans la Flora Peruana et Chilensis de Ruiz et Pavon (t. I, 1798, p. 31 et 53-35), dans la Pralica botiinica de Linneo par Palau Yl, p. 461), et dans les Décadas de Cristino Ortega (p. 68 et 71). Les botanistes Pavou et Ruiz dounèrent son nom à une des plantes les plus curieuses du Pérou [op. cit., p. 53-o5). Saracha était aussi, d'après Mgr. Moreno, un pharmacien très habile et de grande réputation. Il était né en 1733 à Casa la Reina au diocèse de Calahorra et avait pris l'habit à Silos le 17 janvier 17-43. Il mourut le 18 septembre 1803 [Mernoriae Silenses tom. I, fol. lo5-lo8.) Son corps repose dans le caveau n" 14 de l'église abbatiale de Silos.
de France, les moines de Saint-Maiir, formèrent dans la seconde moitié du XVIIP siècle divers projets, dont quelques-uns très considérables, d'œuvres scientifiques et littéraires. Disons tout de suite qu'aucun d'eux ne put malheureusement aboutir. Le plus important eut toutefois un sérieux commencement d'exécution. Il s'agissait de la formation d'une Diplomatique Espagnole, beaucoup plus étendue et plus complète dans son genre que celle de D. Mabillon. L'initiative du projet venait de l'Académie royale de l'Histoire ' et surtout de son président don Pedro Rodriguez Campomanes -.
Quand à l'exécution, elle fut confiée en 1770 à un moine de Silos, le R. P. Domingo de Ibarreta, qui reçut alors le titre d'académicien. Entouré de quelques collaborateurs choisis parmi les membres les plus savants de la Congrégation, il se mit aussitôt à l'œuvre ^ Pendant deux ans, il parcourut les archives de Madrid, de Tolède^ de Léon, d'Oviedo, d'Astorga et d'autres encore.
Ayant rédigé en 1772 le plan définitif de la Diplomatique (elle devait former cinq gros volumes), il le soumit à l'examen de l'Académie, qui l'approuva par une communication du \(\ novembre de celle même année '*. Mais déjà à cette date les difficultés se multipliaient, et plusieurs commencèi'ent à douter de l'entreprise. Le comité, présidé par le P. Ibarreta, se composait d'hommes très instruits, il est vrai, mais peu préparés par leurs études dans les collèges de la Congrégation à des travaux aussi ardus. Et puis, quelques-uns se prêtaient mal à une direction dont ils avaient perdu
1. En 1755 l'Académie avait voulu exé- ue put prêter son concours; mais, à la cuter elle-même ce travail. Elle fit inipri- demande du P. Iharreta, il écrivit sur le mer dans ce but une Instruction pour projet et sur la réforme des études dans indiquer la marche à suivre, mais cette la Conf^régation une lon<îue et très belle tentative n'eut pas de résultat. lettre de huit pages in-folio, dont nous
2. 11 écrivit plusieurs lettres très Ion- avon'^ l'original entre les mains et que gucs et très importantes au général de la nous regrettons de ne pouvoir publier ici. Congrégation pour le presser d'accepter Elle e-t du plus haut intérêt.
ses propositions au sujet de la Diplomali- 4. Lettre de Campomanes (dans le Fonds
que. Les originaux de ces lettres et les des Arch. de lu Conr/réff. de Valladolid,
réponses sont aujourd'hui à Silos. tome XXVIII, folios 304-;]10). — Peu après,
3. Nommons parmi ces principaux le P. Pablo Rodriguez, moine de Sahaoollaborateurs: les PP. Anseln)0 Rodriguez, gun, énumérait les difficultés qui faisaient Bcnito .Montejo (membre de l'.Vcadémie et obstacle à la réalisation du plan proposé, auteur de mémoires historiques), Rernardo Le manque de moines savants devait faire Salazar, Pablo Rodriguez, Romualdo Esca- tout échouer, et le P. Rodriguez l'avait lona, Koya, Nieto, ett. — Le célèbre bien prévu. [Arch. de Silos, ms. 110, P. Sarmiento. alors âgé de plus de l'i ans, num. 12.)