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HISTOIRE LITTERAIRE DE SILOS

l'habitude depuis de longues années. La lassitude et le découragement lirent le reste. Aussi, lorsque eu 1782 le P. Ibarreta, malade et plus que septuagénaire, dût renoncer à mettre en nnivre les nombreux matériaux qu'il avait rassemblés au prix de tant de fatigues, il était aisé de prévoir que la Diplomatique ne verrait pas le jour ^

Le Chapitre général de 1828 reprit la question et il y fut traité de la création d'une école de Diplomatique dans les abbayes principales de la Congrégation-. La suppression des Ordres monastiques vint peu après mettre fin à ce projet et à bien d'antres.

Il ne nous reste de cette tentative avortée qu'une partie, assez considérable il est vrai, des documents accumulés par l'infatigable Ibarreta pendant ses longues courses littéraires, plusieurs des belles planches gravées qui devaient orner son ouvrage et l'épître dédicatoire imprimée qu'il adressa au public ^

Le P. Ibarreta mourut à San Martin de Madrid le 20 octobre 178o '*. Il était né à Pedroso, dans la Rioja, le 13 du mois d'août 1710 et avait fait profession à Silos en 4726.

Nous avons nommé plus haut le plus savant moine de Silos, le P. LicLMANO Saez. Un simple abrégé chronologique de sa vie nous donnera quelque idée de la somme de travail vraiment prodigieuse fournie par cet infatigable archiviste.

Il naquit à Tosantos, près de la ville de Belorado, au diocèse de

1. Le Révérendissime général eu chargea néanmoius à cette époque le P. Sigisinundo Beltran, alors en résidence dans l'abbaye de Montserrat de Madrid. L'abbé et les moines de Silos confièrent à ce religieux les manuscrits du P. Ibarreta, à la condition de les rendre dans la suite. {.irch. de Silos, ms. 67. fol. 40 verso.)

2. Voy. le Proyecto de plan de Estudios moti'isticos, imprimé à Madrid chez Aguado, en 1828 (pag. 99-101).

3. Diploiii'itica espanola, en obsequio de el pùblico. — Tous les documents auxquels nous faisons ici allusion ont été retrouvés à Ségovie en 1883 et sont rentrés peu après aux archives de Silos. Ils s'étendent du VII^ siècle au XYlll". Le projet comportait, outre la diplomatique proprement dite en cinq volumes, la publication de cartulaires, des textes de l'ancienne liturgie mozarabe, etc., etc.. Les

PP. Ibarreta etRodriguez avaient découvert à Léon une vie inédite de sainiFroylan que Risco a publiée dans le tome XXXIV^ de VEspana safjirada, p. 422 (Apcnd. VIII ; cL p. Vlll, 163, 167 et sui\.) — Ce que ne dit pas le P. Risco et ce que Florez lui-même a cru pouvoir taire, c'est que l'on doit aux deux moines de Silos la découverte du concile de Cordoue de 8.39, publié au t. XV^ du même ouvrage. La correspondance des bénédictins espagnols nous apprend qu'ils ne furent pas insensibles à cet oubli. C'ist a issi le P. Ibarreta qui le premier a fait connaître la date véritable du Testament de saint Gennade, évoque d'Astorga. Voy. Esp.sar/r., t. XVl, 2« édition, p. 141.

4. « Aliquot jam abhinc annis salutis i-uiE œternte studio unice intendebat, nihilque aliud quaui orare, sacramenta frequentare in deliciis habebat » {Mémorise Silenses, f. 141).

Burgos, et fut baptise peu après, vers le 16 octobre 1737. En 17oi (29 juillet)^. il revêtit l'habit bénédictin à Silos et prononça ses vœux le 10 août de l'année suivante. Après avoir étudié la théologie à Salaraanque, où il reçut les ordres sacrés, il revint à Silos. Nommé archiviste du monastère en 1769, il déchiffra et classa dans un ordre parlait les nombreux documents confiés à sa garde. Il en fit un excellent résumé en cinq volumes in-folio, dont un seul malheureusement a pu être retrouvé'.

Kn 1776, il mit en ordre les archives d'un certain D. Diego Gil de Gibaja, habitant de la ville de Sepûlveda. L'année suivante, il se rendit à San Frutos, où il exerça pendant neuf ans la charge de prieur. Cette fonction lui laissait des loisirs, et il en profita pour continuer ses travaux littéraires ^

En 1786, les députés des Etals de Navarre lui confièrent le soin de coordonner les archives générales de ce royaume dites Archiva de coniptos reaies. Il consacra trois années à ce travail ingrat, qu'il couronna par un précieux compendium en vingt-neuf volumes in-folio ^ Ce n'est pas tout, cependant, et l'intrépide travailleur trouva encore des loisirs pour copier une foule de documents, qu'il jugeait avoir plus de valeur et qu'il destinait à son usage particulier. Il en forma ensuite huit volumes in-folio, qui ne sont pas un des moindres trésors des archives de Silos.

Chargé en 1790 de mettre en ordre les innombrables liasses de documents qui composaient les archives du duc d'Osuna, il travailla près de quinze ans à cette tâche. En 1793, il avait terminé l'analyse des pièces relatives aux états de Béjar et la copie intégrale des plus importantes. L'ensemble de ce travail formait seize volumes in-folio. Il commença aussitôt après un travail analogue sur le duché de

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