‹ Histoire de l'Abbaye de SilosChapitre 16 sur 179 · SAINT DOMINIQUE, ABRÉ DE SILOS · texte numérisé non relu

SAINT DOMINIQUE, ABRÉ DE SILOS

et celle de la Translation le o janvier '. Elles s'y célèbrent encore avec éclat, surtout depuis la récente restauration de l'abbaye, bien que la fêle du o janvier ail été renvoyée au deuxième dimanche après Pâques, en raison de la seconde translation faite au siècle dernier -. Mais le temps n'est plus, où les rois et les peuples de la catholique Espagne se pressaient autour du saint tombeau, et Dominique de Silos, qui fut pendant de longs siècles un des saints les plus populaires de la péninsule, a vu déserter peu à peu les âpres sentiers qui conduisent à sa demeure '\

Il serait trop long de parler ici avec quelque détail du culte liturgique dont notre saint fut l'objet en Espagne, à partir du XP siècle jusqu'à nos jours. Il suffira de dire qu'il se répandit rapidement et devint bientôt général, non seulement dans les monastères bénédictins, mais encore dans les cathédrales et autres églises tant séculières que régulières \ Il ne disparut dans un grand nombre qu'au XVP ou au XVIP siècle, lors de la réforme romaine du bréviaire et du missel. Cependant, à l'occasion de la dernière translation des reliques du saint

1. Les offices composés pour ces deux solennités sont très probablement de Grimald lui-même. On les trouvera dans Vergara (p. 452-460), qui les a tires du. manuscrit original de la vie du saint abbé. Nous ne savons jusqu'à quelle époque le monastère de Silos conserva dans sa liturgie ces offices primitifs : mais il semble ressortir du procès- verbal d'une délibération du conseil de l'abbé tenue en 1638, qu'ils étaient encore en usage à cette date {Archives de Silos, vas. 64, « Libro de consejos», ad ann. 1636.) De nos jours, nous ne connaissons qu'une seule église qui les ait gardés à peu près tels qu'on les récitait à Silos vers la fin du XI« siècle. C'est celle de l'abbaye des Cisterciennes (auparavant des Bénédictines) de Saint-Dominique de Silos (que le peuple appelle Santo Doiiiiiif/o el Atiliguo) dans la ville de Tolède. — Nous apprenons au dernier moment que les Bénédictins de Silos viennent d'obtenir de Rome la faculté de les reprendre.

2. On trouve dans Vergara (p. 112-127) les détails de celte dernière translation, qui eut lieu le 19 avril 1733, et sur laquelle nous aurons à revenir.

3. Seule la petite ville de Canas, patrie de notre bienheureux, est restée fidèle aux traditions des âges de foi. Tous les ans, vers la fête de Saint-Michel de septembre, un groupe de quinze à trente pèlerins, quelquefois davantage, traverse les hautes montagnes qui séparent la Rioja de Silos et vient passer quelques jours près des reliques de celui qu'ils sont fiers d'appeler leur saint, nuestro santo. Les plus vaillants font ce long et pénible trajet à pied. Ceux qui viennent pour la première fois déposent leurs chaussures, avant de franchir les dernières hauteurs qui abritent Silos près des torres de Carazo, dans un endi'oit où s'élèvent deux rochers appelés las dos Hevmanas, et arrivent nu-pieds au monastère par des sentiers remplis de cailloux et à peine praticables. Nous lisons dans un manuscrit du XVl<* siècle : « [La fiesta de] la dedicacion de San Miguel es muy solemne,... se dice una misa al alba muy solemne, y vienen los de Caîias, y danles la capilla. » (Libro de la ceremonias y costuinbres, Arch. de Silos, ms. 42, fol. 2.) Voy. la bulle du 14 mars 1442 dans le Recueil des chartes de Silos, n" 483.

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