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LES GRANDS ABBÉS DE SILOS

depuis la mort de saint dominique jusqu'à la Réforme monastique de benoît xii

CHAPiTHE imii:mi[:u

L'abbé D. Fortunius (1073-1116)

I. Le cardinal Richard à Silos ; dédicace de l'église. — II. Le Cid. — III. Commencements de la ville de Silos. — IV. Quelques souvenirs historiques de D. Fortunius. — V. Pèlerinages au tombeau de saint Dominique.

I. — Sans donner une histoire de saint Dominique, dont le récit ne saurait s'adapter au but forcément restreint de cet ouvrage, nous avons cru devoir parler assez longuement de ce saint abbé, en qui se résument les gloires monastiques de Silos. Il nous sera aisé, et trop souvent nécessaire, d'être plus bref sur les prélats qui vinrent après lui et continuèrent son œuvre.

Le premier, appelé Fortunius ou For/?<;i?o, occupa le siège abbatial pendant plus de quarante ans. Il continua avec zèle l'œuvre de son vénéré prédécesseur, dont il lit écrire la vie et recueillir les miracles par un disciple même du saint, le moine Grimald '.

En 1088 il asssistait au concile tenu à Husillos, près de Palencia, sous la présidence du cardinal Richard, ancien légat du pape saint Grégoire VII en Espagne, et dans lequel furent déterminées les limites des deux diocèses d'Osma et de Burgos. Don Fortunius, que cette affaire intéressait particulièrement, à cause de la situation de son monastère, est nommé et signe le premier des abbés -. Parmi les membres du concile se trouvait Pierre, archevêque d'Aix, ancien bénédictin de l'abbaye de Saint-Victor de Marseille, dont le cardinal Richard luimême était abbé ^ Fortunius invita les prélats français, auxquels se

1. Grimald dit au commencement de son 2. Nous avons publié aillem-s [Recueil, p.

prologue : « ... Obsecro pielatem tuam, 41) cet important document d'après l'origi-

venerande pater Fortunio abba Exiliensis nal, dont ontrouveraplus loinunfac-simile.

monasterii, et totius sanctissmie tibi sub- 3. Richard n'étant pas élevé à Tépiscopat

dite congregationis.... quatinu3 possim s'était fait accompagner en Espagne par

explere opus quod mihi imponere dignati l'archevêque d'Aix, qui accomplissait à sa

estis » (dans Yergara, p. 312). demande les fonctions de cet ordre.

joignirent Gomez, évéque de Burgos, et Raymond Dalmace, évêque de Roda en Aragon ', à venir faire à Silos la dédicace de la basilique, restaurée et agrandie par saint Dominique. La cérémonie, dont un document contemporain nous a gardé le souvenir, eut lieu le 29 septembre- de cette même année 1088. L'église et Tautel principal, placé sous le vocable de saint Sébastien et des saints apôtres Pierre et André, furent consacrés par l'archevêque d'Aix. L'évèque de Burgos accomplit les mômes rits sur les autels de la nef droite dédiés à Notre-Dame, à saint Michel et à saint Jean TEvangéliste, et Tévéque de Roda sur ceux de la nef gauche dédiés à saint Benoît, à saint Nicolas et à saint Dominique ^ Le cardinal Richard présida cette grande fonction liturgique, à laquelle, d'après le témoignage d'un des assistants, était accourue une foule innombrable. Elle fut marquée par un événement qui causa une impression profonde sur toute rassemblée qui en fut témoin. Un captif chrétien, chargé de ses entraves, pénétra dans l'église. Il raconta aux évêques et au peuple comment, fait prisonnier par les Maures, il était sur le point dépérir de misère au fond d'un infect cachot de Medinaceli, lorsque saint Dominique de Silos lui était apparu et avait brisé tous les obstacles qui s'opposaient à sa fuite. En signe de reconnaissance, il alla aussitôt déposer ses chaînes sur le tombeau de son libérateur*. — Deux courtes notices insérées

1. On ignore les motifs qui amenèrent en Castille Raj-mond Dalmace. Peut-être y avait-il suivi le cardinal-légat, auquel il devait sa nominalion ou tout au moins sa confirmation comme evèque de Hoda.

(Voy. La Canal, Espana saqrada, t. XLVl, p. 140-146.)

2. Ce jour n'est pas absolument certain et le document en question ne le signale pas ; mais une bulle du 13 mai 1468 [Ueciieil, n" 51") indique clairement que telle était la tradition de l'abbaye de Silos à cette époq le. Toutefois, au XVle siècle et dans la suite, on célébrait la Dédicace au 2C novembre, vraisemblablement pour éviter la rencontre de cette solennité avec la fête de saint .Michel.

3. « Anno ab iucarnatione Domini millesimoDCCCVIIl" (//.spz: L.W.WI II), régnante regc Adifoiiso in Toleto et in regnis .^uis, B ernardo] Tholeli archiepiscopo, dedicata est ecclesia: Altari (sic) Sajicti Sebastiani et Sancti Pétri et Sancti.Vndre a domnoPetro,

Aquensi archiepiscopo ; et in dextera techa, Sancte Marie, Sancti MichaeJis archangeli et Sancti lohannis Evangeliste, a domno Gomessano, Burgensi episcopo; et in sinistra theca, Sancti Martini, et Sancti Benedicti, et Sancti Nicolai, et Sancti Dominici, a domno Raimundo Rodensi episcopo, consecrata sunt, in presentia domni Ricardi cardinalis romani, régente abba Fortunio, era TCXXVl. » (Note en beaux caractères wisigothiques, écrite vers la fin du Xl« siècle sur \e mauiiscrildesÉlymologies de saint Isidore, aujourd'hui à la Bibliothèque nationale de Paris, au f" 37 bis,\°.) 4. Voici le passage de Grimald où il est (|uestion de la dédicace de l'église: « Egressus carcerem [Servandus captivus]... ad cenobiuni Exiliense die dedicationis eiusdem ecclesie... conpedem deftrens pervenit : ubi divina concedente Providentia dominum Ricarduni cardinalem apostolicunique legatum cuni plerisque episcopis et innumera multitudine populi ad dedica-

l'aBBK D. FORTUiNItlS "l'A

dans un ancien manuscrit de Silos aujourdhui à la Bibliothèque nationale de Paris, nous apprennent que l'abbé Fortunius avait fait consacrer en 1087 par 1 evèquc de Burgos son église de San Giprian de Rabanera et, l'année suivante, celle du prieuré de San Frutos par D. Bernard, archevêque de Tolède'.

II. — Sous le gouvernement de D. Fortunius, les propriétés de l'abbaye s'augmentèrent dans des proportions assez notables. Il suffit pour s'en rendre compte de jeter un coup d'œil sur le Recueil des chartes de l'abbaye de Silos^ dans lequel cependant nous n'avons pu recueillir, d'après toute apparence, que la moindre partie des actes et des privilèges accordés à cette époque. Le plus curieux de ces documents, par la qualité et le nom des donateurs, est assurément celui du 12 mai 1076, par lequel le Cid Campeador (Rodrigo Didaz) et sa femme Chimène oITrent au monastère la moitié des bourgades de Penacova et de Frescinosa et de tout leur territoire ^

Quelques mois plus tard, 20 août 1076, le roi Alphonse YI lui faisait donation de l'église de San Frutos, qui devint bientôt un des prieurés les plus importants de l'abbaye de Silos. Un diplôme du 18 juin 1126 nous apprend que ce même roi donna à Silos les villages de Valnegral et Yillanueva de Jârama, et très probablement aussi le prieuré de San Martin de Madrid '.

III. — C'est aussi sous l'abbé Fortunius que se constitua définitivement la ville de Silos, appelée aussi à cette époque le bourg de

lionem ecclesie indique confluenti inve- conflruier par le pape la canonisation de

nit... » (dans Vergara, p, 386). — Gonzalo saint Dominique :

de Bercée parle ainsi au Xlll<= siècle de la Maguer que era ajite por precioso contado.

dédicace de l'église de Silos : Des ende adelante fo uiucho mas preciado :

Era por aventura festa ben sennalada Predicolo en Roma don Ricart el Legado.

El dia en que fuer la eglesia sagrada. ^^"^ P^r sanlo complldo de) Papa otorgado.

Avie grand clericia por la fiesta aplegada, [loid., str. 674.)

La yente de los legos adur série contada. ^- '^oy. le Becuell des chartes de Sdos^

p. 19, note, et plus loin, notre notice sur

Un cardenal de Roma, que vino por legado, le prieuré de San Frutos. — D'après un

Facie estonz concilio, Ricart era nomnado : document des archives de San Millan de la

De bi=pos e abades avie hy un fonsado Cogolla, D. Fortunius aurait assisté en

Ca viniera con ellos mucho buen coronado. |086 à la dédicace de l'église de Santa

{Vida de santo Domingo de Silos, str. Cruz de Rivaredonda par l'archevêque de

667 et 668.) Tolède. (Voy. ci-après, p. 75, note 2.)

D'après le même écrivain, le cardinal 2. Recueil, p. 21.

Richard, de retour à Rome, aurait fait 3. Recueil, p. 23 et 56.

7i HISTOIRE DE L ABBAYE DE SILOS

Saint-Dominique ^ . Désireux d'une sécurité et d'une protection, que ne lui garantissaient pas toujours les mœurs à demi barbares et riiumeur guerrière des grands seigneurs laïques, le peuple aimait à chercher un asile et à se grouper auprès des abbayes, dont les prérogatives respectées et le gouvernement paternel étaient pour lui une puissante sauvegarde. A Silos, comme ailleurs, il faisait bon vivre à l'abri de la crosse. Aussi, les laboureurs et les artisans, mettant à profit le privilège royal accordé à D. Fortunius dans les dernières années du XP siècle, et par lequel il l'autorisait à admettre de nouveaux colons auprès du monastère, ne tardèrent-ils pas à accourir en grand nombre ■.

La présence continuelle des pieuses caravanes de pèlerins autour du tombeau de saint Dominique dut contribuer pour une bonne part au développement et à la prospérité de la nouvelle colonie. Moins de quarante ans après, au moment où Alphonse YII lui octroyait son premier /«e/'o ou charte de libertés. Silos était devenu une des villes fortes les plus importantes de la contrée. Quelques années encore, et elle donnait son nom à l'une des merindades ou districts principaux de la Vioille-Castille ^ Il faut très probablement faire remonter jusqu'à cette époque l'établissement à Silos des familles françaises, dont les descendants formèrent dans la suite une partie notable de la popuhilion, et obtinrent pour les gouverner un inerino ou magistrat de môme origine ^.

IV. — Nous avons essayé de relever la liste des privilèges royaux et autres actes solennels, (jui j)orlent la conlirmation de l'abbé Fortunius. liien (jue très incomplète, elle n'en témoigne pas moins à sa manière de l'autorité et de l'inlluence de notre prélat. Le plus ancien de ces actes est la charte par laquelle les infantes doua Urraque et doua

1. La ville proprement dite prit nais- XI Y<' si(^clc,voy. le i?ec(/e<7, p. 400-401, note, sauce sous l'abbatiat de suint I)oiniiii(iiip 4. On sait que les Français, géiiéralelui-inèuic. Ses premiers haliitants furent nient désignés en Castille sous le nom de sans doute les verinos des deux petits ha- Gascons, accoururent en grand nombre mcaux de Silos f|ue nous a signalés déjà en en Espagne vers la fin du Xl^ siècle, à 'J19 la charte de Fernan Gonzalez. La plus l'appel d'Alphonse VI, qui s'en servit pour aniMenne mention du conciliuin de Silos se lutter contre les Maures et peupler les controuve flans un acte de 1007 : " De couci- trées nouvellement reconquises. — Un lia de Silos, de miniino usque ad maximo, quartier de Silos porte encore le nom de omnes hic sunt texte?. » (Hrn/eil, p. 18.) /iarir/.sroHes, c'est-à-dire: faubourg des Gas-

2. lieciieil. ji. .'iii. - cons (barrio de los Vascones). Un document

3. Sur l'état de la merindail de Silos au de l'année loGO nous parle de l'achat, fait

L ABBÉ U. FORTLML'S

Elvire, filles de Ferdinand I", donnent à Tévêquc Siniéon la ville de Ganional pour y tranfcrer le siè^e épiscopal d'Auca (8 juillet 1074) '. Nous nous contenterons de renvoyer au bas de la page l'énumération des autres documents, empruntés presque tous aux archives aujourd'hui perdues de l'abbaye de Gardeîia '\

C'est sous notre abbé et par ses ordres, que deux moines de Silos exécutèrent la copie et les illustrations du commentaire de Beatus, conservé aujourd'hui au Musée Britannique et dont il sera question plus loin, dans notre appendice sur les manuscrits de Silos. Ce précieux manuscrit, daté de 1109, est le dernier monument qui porte le nom de Fortunius, lequel cependant, d'après une tradition assez ancienne rapportée par tous les chroniqueurs de Silos, gouverna encore l'abbaye pendant plusieurs années. Il mourut vers l'an 1116 et fut enterré dans la galerie septentrionale du cloître, près de la porte dite de San Migitcl, qui ouvrait sur la nef de l'église ^

par un abbé de Silos, d'une maison sise à la puerta de « Barrio Barbas » [Arch. de Silos, A. XIV, 26). Un acte de la première moitié du XIV" siècle mentionne trois quartiers de la ville de Silos : le Varrio Gasco7ies, le Varrio Caslellano et le Varrio de San Pedro. {Recueil, p. 391.) Silos possédait jiour ce motif " deu.x mérinos >, ou juges : un merino franc et un merino castillan. {Ibid., p. 123 et n" 317.)

1. A côté de la signature de D. Fortunius, se trouvent celles : de Sisehutus abbé (de Cardeûa), de Ohecus abbé (d'Oiia), de Vincentius (abbé d'Arlanza), de Ruderico Uidaz (le Gid), etc. Nous avons retrouvé l'original de cette pièce dans les archives de la cathédrale de Burgos (vol. 29, doc. 297). Florez l'a publiée au tome XXVI" de VEspaTia sagrada (p. 456), mais avec quelques inexactitudes qui pouvaient avec raison faire douter de son authenticité. (Voy. le Recueil, p. 22, note 2.)

2. (1er août 1076.) Union du monastère de Ilenestrosa à l'abbaye de Cardeûa : « Fortuniiis abba hic testis » (Berganza, t. II, p. 442). — (17 février 1083.) Charte de restitution en faveur de la même abbaye: k Fortunius ahha leslis » {Ibid., p. 447).— (If^mars 1083). Union du monastère de Santa Maria de Ucieda : ■< Forlunius abba de Silis •> [Ibid., p. 444). — « En el aùo de 1086, D. Fernando, monge de San Millan, haviendo edificado

el monasterio de Santa Cruz de Rivaredonda, lo hizo'consagrar por D. Bernardo, arzobispo de Toledo, y;io dot('> y enriqueciô con la iglesia de San Antonino y otras grandes posesiones en los lugares de Santa Maria de Rivaredonda, Zoneta, etc.; y todo ello lo di(j al monasterio de San Millau. Confirman: Bernardo, obipso {sic) de Toledo, Saucho, obispo de Nagera, Gomesano, obispo de Burgos, Fortunio, obispo de Alava, Isniuudi, obispo de Astorga, Sébastian, obispo de Léon, Raymundo, obispo de Palencia, Blas, abad de San Millan, Oveco. abad de Oiia... Forlunio abad de Silos, Garcia, conde de N.igera, etc. {Arch. de San Millan, « Becerro gothico », fol. 74, « Becerro frances », fol. 133. D'après Romero, Memorias de San Millan », ras. 88 des archives de Silos, XVIII« s.). — (14 février 1090.) Union du monastère de Santa Olalla de Cabuerniga à l'abbaye de Cardeûa par le roi Alphonse VI : « Forlunius abba conf. » (Berganza, p. 452. — (27 avril 1090.) Donation du village de Cardeùa-Ximeno par le même : « Forlunius abhas roborat ». {Ibid., p. 450.)

3. Au siècle dernier, ses ossements furent placés dans le mur de la nouvelle église, derrière la large pierre sur laquelle on a reproduit l'inscription primitive : « FoRiu.MUS .\BBAS ». (D'après les Mémorise Silenses, t. I, fol. 123 v».)

7 fi

HISTOIRE DE L ABKAYE DE SlLOS

V. — Nous ne pouvons nous séparer de D. Fortunius sans dire un mot des pèlerinages qui commencèrent de son temps au tombeau de saint Dominique de Silos et qui, après plus de huit siècles, n'ont pas complètement cessé. Le moine Grimald nous en a raconté par son ordre les épisodes les plus remarquables, qu'il faut placer entre les années 1073 et 1090. Ils sont un éclatant témoignage de la foi profonde des chrétiens de cette époque et de leur dévotion vraiment extraordinaire envers saint Dominique. Nous ne pourrions les rappeler en détail sans sortir du cadre que nous nous sommes imposé. Il suffira de dire que la foule des fidèles se succédait sans cesse dans l'église du monastère et se pressait dans l'humble chapelle qui renfermait le corps du thaumaturge. Les pèlerins y accourraient non seulement de toute la Gastille *, mais encore de FAragon, de la Navarre, des Provinces Basques (Vasconensis provincia) et jusque du fond des Asturies-. — Il en venait même des provinces soumises aux musulmans ; mais c'était alors quelques pauvres captifs chrétiens, arrachés à l'esclavage par la miraculeuse intervention de saint Dominique, et qui, avant de regagner leurs foyers, s'empressaient d'apporter en signe de reconnaissance leurs chaînes de fer sur le tombeau de leur libérateur^

1. Le l'ait (|u'uii habitant de Cuellar. ville qui se trouve cependant à une belle distance de Silos, ne fût jamais venu en pèlerinage au tombeau du saint, était regardé comme la marque d'une négligence coupable digne d'exciter le courroux céleste. (Voy. Vergara, p. 418.)

2. Grimald rapporte la guérison d'une pauvre aveugle de Cornellana. Elle s'était jointe en route à une pieuse caravane.

qui se dirigeait joyeusement vers l'abbaye de Silos: « turbis populoruni ad nionastcriiim Exiliense cum nimia alacritate contliientium se Uiiscuit », etc. (IhUL, p. I!76.)

It. 11 n'est pas sans intérêt de lire dans les livres H et 111 de Grimald (Vergara, p. .■n3-4.')l) le récit de ces pèlerinages et des nombreuses merveilles qui les accompagnaient. On y remarque çà et là des traits de mœurs et des renseignements fort curieux. Nous nous contenterons de signaler ici par des renvois diverses particularités, et de relever quelques noms géographiques de l'Espagne du XI» siècle:

l'rélimitiaires d'une campagne du roi de Caslille C(mlre les .Maures de Grenade

(Vergara, p. 413). — Châtiment intligé par le roi à des chrétiens qui avaient attaqué des Maures de Guadalajara ses vassaux (p. 392). — Forteresses des Maures défendues par des chiens (p. 441-442). — Captif .Maure baptisé et devenu serviteur du monastère (p. 399). — Foules de pèlerins venant à Silos (p. 376, 403, 409, 411, 419, 4.51, etc.); — ils passent la nuit en prière devant le saint tombeau (p. 419, 423, 430, 449, etc.); — quelquefois dans le portique de la basilique (p. 449, 411, 414).

— Les moines s'unissent à la foule pour implorer la guérison des infirmes (p. 413, 405, 426, 427, 430, 431). — La messe matulinalc célébrée tous les jours sur le corps du thaumaturge ip. 449, 402, 403, 409, 411).

— Cierges brûlant sur le tombeau (p. 439).

— Hospice à Silos pour les pèlerins (p. 430).

— L'ollice divin du samedi soir obligatoire pour les simples fidèles (p. 388, 405 ; Cf. Concile de Coyanza, ann. 1050, can. 6).

— Continence exigée des fidèles à certains jours de l'année (p. 408). — Portrait de saint Dominique dans plusieurs ajiparitions (voy. ci-dessus, p. 76). — La j)lupart

L AIUÎE I). FOUTUMUS

Les historiens qui voudraient se faire une idée concrète et quelque peu précise du sort réservé aux captifs clii'étiens dans les cachots de Cordoue et des autres villes arabes du sud de l'Espagne, devront parcourir le troisième livre de Grimald et l'œuvre tout entière de

lies infirmes guéris par le thaumaturge sont des aveugles, des boiteux, des muets, des fiévreux et des possédés. — Noms géographiques. (Quelques-uns sont empruntés au livre premier) : Abela (p. 348), auj. Avila.

— Agosina, vilula (p. 381), Los Ausines ?

— Alaieliim, castriim Sarracenorum (p. 389), Alarcos (d'après Berceo)? — Alcozarense caslriim (p. 380), Alcozar. — Alkala, cas- Iriun (p. 441), Alcala {sittim iii.vta civitutem anliquissiinayn que Compluto nominatiir). — Alkala tein, cash'i/m Sarracenorum (p. 441). — Audaluz ou Handah/z, caslruui (p. 430). — Antience caslriim (p. 427), Atienza. — Arabuzo et Arabuzo de Gemlel (p. 413, cf. p. 8i),Arauzo de Miel. — Aruf/onensis regio (p. 408). — Arniellas, villa in pago Kastri Muniensis (p. 447), Arenillas.

— Aslangh, vionasterium Sancti Pétri (p. 348), Arlanza. — Aslanzone, villa (p. 436), Arlanzon. — Avia, villa, iirbs (p. 393 et 417), Rivadavia? — Burgis, Vurgis, civilas, iirbs (p. 422, 421), Burgos. — Berlanga ou Verlanga, civilas (p. 427). — Bezares, villa (p. 429). — Banniolos, villa (p. 431), Banuelos. — Bocigas ou Vocicas, villa (p. 432). — Bezerril, villa (p. 437). — Bekerense kaslrmn (p. 426), Viguera (cf. Diccion.

geogrdfico de la Rioja). — Caniensis, villa (p. 314, 331, 333), Caûas. — Castrociniensis vicus (p. 353), Castroceniza. — Clnnia, vicies (p. 360, 432). — Corneliana, villula (p. 376), Corneliana en Asturies. — Caslri Muniensis pagus, territorium (p. 377, 414, 410), probablement Castrojeriz (la position des deux villages d'Arenillas et de Celada, mentionnés dans le pagus, appuie cette hypothèse). — Cobaensis villa (p. 378"!, Alcoba? — Castrum Coriliense (p. 379), Coriel dans Berceo. — Celeruelo, villa (p. 381), Cilleruelo. — Coscorrita, viculus (p. 384), « Cozcorrita cerca es de Tiron >> (Berceo). — Chandada ou l'iantata, vicus (p. 389). — Canales, villa (p. 394). — Caslella, la Castille. — Castrum Sancti Stephani, ab Ysmaelilicu gente constructum, quod nunc a chrilicolis vocatur... p. 402), San Eslebau de Gormaz. — Ciruelos, villa (p. 410).

— Celata, villa in territorio Muniensis castri (p. 414, 4in), Celada. — Castajo, villa (p. 414). — Cuebas, villa (p. 418), Cuevas.

— Cuellar, urbs (p. 418). — Castro Vito, ex Castro quod vocatur Vilo, (p. 420, 434), Castrovido. — Cesarauguslana urbs (p.

428), Zarrogoza. — Chastellensis pagus (p. 433). — Carionensis civilas (p. 435 , Carrion. — Çompostellu civilas (p. 438).

— Cervere nions (p. 439), Cervera. — Cereiso, civilas que sedis regalis habetur (p. 444), Cerezo. — Exiliense monasterium, Silos. — - Emiliani (Sancti) cenobimn (p. 326, 335), San Millau de la CogoUa. — Exallense oppidum (p. 352), Salas de los lufautes. — Exaguniense oppidum (p. 376), Sahagun. — Enebrevensis viens (p. 379), Nebreda. — Espinosa ou Spinosa (p. 32.5).

— Francorum fluvium (p. 419), Riofranco? Fonte Amercil, vicus (p. 445), Euente Armegil. — Gallecie provincia (p. 356), Gallice. — Gomiel, villa (p. 357, 449), Gumiel.

— Guatalfagara, castrum quod incolit gens Ismaelilarum sub ditione régis Aldefonsi (p. 392, 341), Guadalajara. — Guertezes territorium (p. 409) ? — Granala castrum (p. 413). — Gormaz, villa (430). — Uazinas. Acinas (p. 404). — Hita ou Fila, castrum quod incolit gens Christicolarum (p. 392).

— lecla, villa non longe a monasterio Exiliense posita (p.. 358), village disparu.

— Irunia, nobilis et famosa Vampilonensis regionis civilas (p. 410), Iruna. — Ischar, civilas (p. 424), Ezcaray? — lusto, villa (p. 443), Santiuste? — Kintanella, villa sita in territorio de Guertezes (p. 409). — Locronio, villa (p. 431), Logroûo. — Lacuna (p. 436), Laguna. — Luzio, vallis (p. 443). — Mons Rubicondus, villa (363, 440), Monterrubio de la Sierra. — Mamblas, opidum (p. 380). — Methina Cielme, civilas Sarracenorum (p. 384, Medinaceli. — Murcia, castrum (p. 390). — Montesinus, villa (p. 417), Montesinos. — Matrice, vicus (p. 421), Madrid dans la Rioja. — Montego, opidum (p. 430), Montejo.— iYa(7«/-o,N;ijera.

— Olmiello, vicus (p. 382), Olmedillo. — Ormaza, vicus (p. 400), Hormaza. — Ortoia.

mSTOlHE DE L ABBAYE DE SILOS

Pero Marin dont nous aurons à parler un pou plus loin. Nous leur promettons plus d'une surprise. On est trop habitué peut-être à entendre vanter les mœurs douces et policées des musulmans andalous, et leur barbare cruauté apparaît ici sous un jour qui pourra sembler assez nouveau. Sans doute, ils avaient affaire à des chrétiens qui préféraient la torture à l'apostasie, la plupart du temps même à des prisonniers de guerre. Encore auraient-ils pu montrer envers ces malheureux quelque chose de cette humanité que les princes et les seigneurs castillans leur accordaient parfois dans une si large mesure.

viens (p. 416)? — Oniensis villa, ivrta cenobiuin Salvatoris nostri J.-C. (p. 434', Ofia. — Oi-!a, vicus (p. 436), Hucrt;i. — Ooeci villa (p. 438), Oviedo ? — Olmeliello, vicus (p. 450), Olmtflillo. — Pampilonensis regio (p. 410). — Palenlia civilas (p. 375\ appelée aus?i : Palenlia Sancli Antunini [p. 428). — Pennas Atbas, vicus (p. 388), Peîi.ilva. — Porliello, civilas (p. 407;, Porlillo. — Paliella, villa (p. 412 , Padilla. — Pennacoba, villa (p. 413), Pefiacova. — Penna de Aranda, villa (p. 419), Peùaraiida. — Peniella, villa (p. 421), Piuilla. — Pelrasa, villa (p. 422), Pedraza. — Pavia, villa ialerrilorio caslri liekerensis (p. 426* . — Penna Alba, iuxta. alveus Dorium villa (p. 446), Pefialva de Diiero. — Piniellos, villa p. 4.j1), Pinillos. — Pradello{p. 439), Pradillo. — Qninlanar, villa [p. 4ol). — Ripa liotunda, ecclesia sancle Marie de (p. 4l.j), Rivaredonda — Ruela, viens [p. 423). — Solo, villula, villa in lerrilorio caslri Sancli Slef'ani (p. 354,402). — Solo de

San Esteban. - Sepleni Pulvica et Seplempublica, urbs ip. 404), Sepi'ilvcda. — ^pellionensis vicus (p. 376), Espejon. — Sancla Maria, villa (p. 483), Santa Maria de .Mercadillo? — Sofjuela. vicus situs i7i possessione Sancli Emiliani el in lerrilorio Najarensi (p. 406), Sojuela. — Salas, villa 'p. 409). — Spinosa, villa (p. 325), Espinosa de Cervera. — Sanclus lustus, caslrum Sarracenorum (p. 432), Santiuste. — Sancli Salvatori.s cenobium 'p. 434 , Ofia. — Socinus, v':Ua l'p. 425"!^ — Tahlatellain, oppidum (p. 374 ,Tabladillo, — Très Cellule (p. 339), San Cristobal de Tovia. — Tordeaf/omar, vicus p. 380), Tordomar. — Turris de Montmogon, urbs (p. 406) ? — Terrazas, villa (p. 420). — Taggala, vicus p. 427), Tejada. — Turris de Sendino (p. 449), Torrejîandino.

— Villanova (p. 378), Villanova de Carazo?

— Villa Forlis, villa (p. 377). — Villa Muior, vicus (p. 403). — Vasconensis provincia ip. 434). — Vasko7ies, villa in lerrilorio Turris de Sendino sita (p. 449).

CIIAPITUK II

L'Abbaye de Silos au XII'' siècle (1116-1186)

I. D. Martin I'"''. — II. D. Jean l'r ; Silos abbaye « nullius » ; fueros et donations. — III. D. Martin II ; chartes ; bulle du B. Eugène III. ^IV.D. Pierre I" ; les offices claustraux. — V. D. Paschase ; Alphonse VIII ; les moines de Silos et les moines d'Arlanza. — VI. Saint Dominique de Guzman.

I. — Les catalogues des abbés de Silos, dont le plus ancien remonte à peine au XVF siècle et qui sont tous d'une concision désespérante, inscrivent le nom de D. Martin à la suite de celui de D. Fortunius. Toutefois, aucun monument contemporain ne le mentionne, et son existence nous paraît même fort douteuse. En elTet, Geronimo de Nebreda, qui le premier nous parle de D. Martin, se contente de dire (d'après les deux privilèges que nous avons publiés ailleurs '), que le roi Alphonse VII lui fit don des villages d'Albura et d'Ura. Or, dans le premier document, de l'an 1116, l'abbé de Silos n'est point mentionné, mais bien le prieur de Santa Maria de Duero. Quant au second, il est daté de l'ère 1190 (Ho2 de J.-C.) et se rapporte non point à ce problématique D. Martin, mais à un abbé du même nom dont il sera bient(3t question.

II. — Il en est tout autrement de D. Jean P'. Nous ne savons au juste en quelle année il monta sur le siège abbatial de Saint-Dominique ; mais il est certain, d'après la bulle de Gclase II, qu'il l'occupait déjà en 1118. Son abbatial, qui se prolongea plus d'un quart de siècle, fut une ère de grande prospérité pour Silos et mérite bien que nous nous y arrêtions quelques instants.

Un de ses premiers actes fut de mettre son monastère sous la dépendance immédiate du Siège Apostolique. C'était lui ménager un appui, de tous le plus efficace, contre les empiétements et les violences

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