Ibid., p. 43. juin 1126 de notre Recueil, p. 56 et les
Irièrae daté du 2 juin 1137, il donne à Silos la forteresse ot la ville de Huerla del Rey « avec tous ses colons, tant juifs que chrétiens », huit hameaux situés sur son territoire et la petite église voisine de Molinterrado.
La charte des fueros fut octroyée dans la ville de Léon, le jour même où Alphonse YII, accompagné du roi de Navarre et entouré des évêques, abbés, comtes et grands seigneurs de ses Etats, prenait la couronne impériale (26 mai il3o)^ Quelques semaines après, le nouvel Empereur venait en personne à Silos, accompagné de l'archevêque de Tolède, Raymond, des évêques de Palencia et de Burgos et de plusieurs grands seigneurs de sa cour. Sa présence nous est attestée par deux privilèges qu'il signa de sa propre main le 1" juillet \ 135 dam le chapitre de Saint-Dominique, et par lesquels il fait donation aux moines de Silos de la ville d'Aniago, près de Simancas, et leur confirme celle du prieuré de Sainte -Ma rie de Duero.
Alphonse VII de Castille n'est pas le seul monarque qui favorise alors l'abbaye de Saint-Dominique. Son glorieux homonyme, Alphonse le Batailleur, qui réunit un instant sur sa tête les couronnes de Léon, de Castille ^ d'Aragon et de Navarre, avait laissé à Silos, par une clause de son célèbre testament, signé au mois d'octobre 1131 sous les murs de Rayonne, le château fort et la ville de Sangiïesa, à quel([ues lieues de Pampclune. Mais on connaît le sort des dernières volontés de ce prince, volontés si sévèrement jugées même par les écrivains espagnols les plus orthodoxes, et dont l'exécution, en tout cas, était une pure chimère ''.
A côté de ces puissants bienfaiteurs. Silos dût en compter d'autres plus humbles, mais non moins généreux. Deux noms seulement nous ont été conservés : celui de Nuno Serracinez de Porlillo, qui lit
notes) ; puis par ceux d'Alphonse Vil Léon. Ce lut uu grand malheur pour
{H8.Ï) et enfin par ceux d'Alphonse Vlll l'Espagne chrétienne, affaiblie par la
(1209). — On trouvera quelques détails guerre scandaleuse et les disputes sans fin
curieux sur les fueros deSilos au XlV^siécIc qui éclatèrent presque aussitôt entre Içs
dans la cliarlc du .'iO décembre 134.'j. (/?e- deux époux. Leur mariage fut annulé
cueil, n» 377.) dans un concile tenu à Palencia en 1U4.
1. Ou ne saurait douter que D. Jean, 3. Voyez ce qu'en dit D. Vicente de la ahlii'; do Silos, n'ait été présent à celle J'"nonle dans son Historia eclesinslica de snlcnuollc réunion. Espana (.Madrid, t873-i875), t. Il, p. 154.
2. I). Alphonse d'.Vragon avait (■ixiusé — On trouvera dans notre Recueil (p. 6:2) m lin;) rorgiifillcuse dofia l'rraca, veuve le passage de ce testament relatif à Silos lie Itaymiiiid de Bourgogne, lille et héri- et la partie, beaucoup plus importante. tirrc d'Alphonse \'l, roi do Castille cl de jusi]irici inédite.
i/aBBAYE de silos AL" Xll" SIÈCLE 83
don au monastcrc do la ville de lîrazuclas non loin d'Olmedo, dans le territoire de Ségovie (13 décembre 112"3), et celui de Peiay Absalon de Lugo en Galice, lequel, non content de donner toLis ses biens, abandonna le monde et vint s'odVir lui-même à Saint-Dominique (1139)'. Mentionnons aussi une charte du 2 septembre 1125, par laquelle D. Pedro, comte de Lara, cède à l'abbaye les villages d'Uranau et de Ranedo, en échange de quelques terres que Silos possédait près d'Arlanza et de Tordueles -, En résumé, dix églises et trente villes, hameaux ou villages étaient venus se ranger sous la crosse de l'abbé D. Jean, pendant le quart de siècle qui s'étend de 1118 à 1143, Ces chiffres, et ils sont incomplets, suffisent pour donner une idée du développement et de la prospérité de Saint-Dominique de Silos à cette époque de son histoire.
Le dernier document où nous retrouvions le nom de D. Jean est la bulle d'Innocent II, datée du 30 avril 1142. et qui, en déclarant l'abbaye de Silos exempte de la juridiction épiscopale^ la prend de nouveau sous la protection du Saint-Siège \ Il mourut le 29 avril de l'année suivante et fut enseveli dans l'angle nord-est du grand cloître. On grava sur la pierre de son tombeau la simple inscription suivante, découverte récemment pendant les travaux de restauration du vieux cloître et dont nous avions pu d'ailleurs retrouver un fac-similé aux archives de l'évèché de Ségovie : « obut abbas
lOHAlSNES m KALLENDAS MAV ERA MCLXXXI ».
III. — Il eut pour successeur D.Martin, qui vécut jusqu'en 11 58, et sous le régime duquel nous voyons Alphonse VII continuer de combler le monastère de ses bienfaits. Parmi ces nouvelles possessions qui vinrent encore étendre son influence, nous pouvons citer : les églises de Saint-Cyprien de Gormaz et de Saint-Gyprien de Rabanera, avec leurs dépendances (1150) ; — la petite bourgade d'Ura dans la pitto-
1. /?ec'«ei7, p. 03 et 72 (uos 37 et 48). première, de D. Pedro Gonzalez comte
2. Ibid., p. al. — Le comte de Lara et de Lara (qui signe : Dei gratia Larensis son frère Rodrigue Gonzalez furent les comité), est datée du 19 octobre 1127 ; la partisans les plus dévoués de doîia Urra- seconde, du roi Alphonse VU de Castille, ca. Peu après la mort de la reine, ils se est du 21 décembre 1130. (Voy. Berganrévoltèrent contre son fils Alphonse Vil, za, Anligûedades de Espana, t. II, p. 56 qui dut les bannir du royaume. et 455 ; cf. Ibid., p. 62. — Dans ce dernier
3. Recueil, p. 72. — Deux chartes, passage, le savant moine de Cardeîia l'une de Cardeîia, l'autre d'Arlanza, por- donne à tort le nom de Dominique à talent la signature de l'abbé de Silos. La l'abbé de Silos.)
resque vallée de ce nom, à douze kilomètres au nord-ouest de Silos /1152); — le village d'Alcazar de Huete, au territoire de Cuenca (HoS); — enfin la villa de Mercadillo (lloo) '. Vers la même époque, le roi D. Sanche le Désiré, fils d'Alphonse VU, donnait à Silos ses domaines de Villaseca et une maison située dans le faubourg de Soria, en échange de ce que le monastère possédait à Fuente Cantos. Cet acte, le seul que nous ayons de D. Sanche, est dalé de Soria le 14 mars lloo et porte, entre autres confirmations, celles du comte de Barcelone et de Sanche de Navarre-. En Tannée 1157, D. Martin recevait encore de Garcia Garciez, seigneur d'Aza % et de sa femme Sancia Pedrez le monastère de Saint-Florent ou Saint-Laurent, situé sur les bords du Riaza, entre Torregalindo et Montejo.
Mentionnons aussi la bulle solennelle \ par laquelle le bienheureux pape Eugène III confirme à l'abbaye de Silos tous les privilèges accordés par ses prédécesseurs. Cette bulle est datée de Reims où le pape présidait alors le concile (9 avril 1148) auquel assistait très probablement l'abbé de Silos •',
Outre les privilèges de Silos, deux documents des archives de Covarrubias et d'Arlanza nous ont conservé son souvenir et portent sa confirmation. L'un est un acte de l'infante doîia Sancha, sœur d'Alphonse VII, qui permet à l'abbé de Saint-Côme et de Saint-Damien de peupler la ville de Covarrubias avec les habitants de quatre villages voisins (19 avril 1148)®; l'autre une donation faite par Alphonse lui-même à l'abbaye de Saint-Pierre d'Arlanza (31 janvier Ilot) \
IV. — Nous ne connaissonsde l'abbé Pierre, successeur de D.Martin
1. Cette bourgade fut appelée dans la 4. Heci/eil, p. 74 (n" 50.)
suite Santa Maria de Mercadillo. "i. Nous ne connaissons pas les noms
2. liecueiL p. 84. des abbés castillans présents au concile de
3. Il ne prend pas ce titre dans laite Reims. Mais nous savons par une lettre de doniition et dans plusieurs chartes d'Eugriie 111 à Alphonse YIII, qu'il y en royales (nect/eil, p. o9 et 8;î) ; mais ilans eut un certain nombre, et le pape en d'autres document^!, il signe: « Garcia Car- remercie le roi de Castille. (Voj*. Alansi, ciez Daza » ou « de Aza » [Ibid., p. 82, 87, Conciliorinn amplissima collectio. t. X.XI, S9i |)armi les grands seigneurs de la cour p. 672, et Jatl'é-Wattenbach, Uegeslaromad'Alphonse VII. .\ la mort du roi Sanche novum Pontificum, n" 9255.)
le Désiré ){! août 1158), il fut nommé 6. Ces villages étaient : Cillcruelos
gouverneur de sou fils 1). .Mphonse, alors [Cerezuelos. d'après le P. Florcz, Esp. sar/v.,
âgé de trois ans et qui régna dans la t. XXVI, p. 2681, Valdera, .Meccrejuelos
suite sous le non) d'Alphonse VIII. — Le {Merceref/tielos, d'après Fiorez et Redonda.
monastère de Saint-Florent se trouvait 7. Herganza, Antir/iiedades de Espana,
sur le territoire d'Aza {aujourd'hui llaza'. t. H, j). 88-89.
i/aBDAVE bE SILOS Al \lf SIÈCLE 85
qu'une seule cliarte ; mais c'est la première où il soil directement question du régime intérieur du monastère, et celte circonstance lui donne à nos yeux une valeur exceptionnelle. Peu de temps après son élection, ce prélat crut devoir, sur le conseil de l'archevêque de Tolède, apporter à certaines coutumes une réglementation plus sévère. Jusque-là, à Silos comme dans la plupart des monastères bénédictins, les rentes étaient réparties au gré de l'abbé entre les officiers claustraux, chargés en son nom de pourvoir aux besoins de la communauté et de secourir les indigents. D. Pierre pensa qu'il serait mieux d'assigner à chaque office un revenu particulier, et, du consentement de son chapitre, dressa dans ce but l'écriture solennelle qui nous occupe'. Une très large part y est faite à l'aumônier, qui devait prendre soin des pauvres, des pèlerins et des voyageurs. Vient ensuite l'infirmier, Voperarhis qui dirigeait alors « les travaux du cloître » et autres « édifices », le réfectorier, le camerarhis ou chambrier chargé du vestiaire, et enfin le sacriste. Il est fait mention du cellérier ; mais aucun revenu spécial n'est atîecté à son office, ce qui prouve que la séparation des biens du monastère entre l'abbé et la communauté ou convent n'existait pas encore. Quant au grand-prieur (/)/7orw2«2or), au sous-prieur [prior ininor) et au chantre [cantor ou precento?'), àoni nous trouvons les noms dans plusieurs documents de cette époque", ils ne sont pas mentionnés dans celui-ci, leurs fonctions ne comportant pas ordinairement des dépenses pécuniaires. Cette ordonnance, datée du 24 juillet 11 08^ porte la confirmation de Jean, archevêque de Tolède, et des évêques de Burgos, d'Osma, de Sigûenza et de Ségovie. Les abbés de Saint-Pierre d'Arlanza et de Gumiel y apposèrent aussi leurs signatures à titre de témoins ^
Les catalogues des abbés. de Silos s'accordent pour placer en 1160 la mort de D. Pierre ^ qui fut remplacé sur le siège abbatial par D. Pascal ou Pascase.
1. On peut voir dans cette mesure un dont la collation, aussi bien que la jouisacheminement vers la séparation réalisée sance, occasionnèrent les plus graves plus tard entre la messe abbatiale et la désordres.
messe conventuelle, résultat des plus 2. Voy. le Recueil des chartes de Vah-
désastreux, qui détruisit la notion de la baye de Silos, p. 100, 103, 113, H9.
famille monastique, telle que l'avait vou- 3. Recueil, p. 91-93.
lue saint Benoît, et facilita l'introduction 4. Nous trouvons le nom de ce pré'at
de la commende. Elle amena des abus au commencement d'un acte, malheureu-
non moins funestes, en faisant de chacun sèment incomplet, inscrit sur un feuillet
des ollices claustraux un bénéfice ordinaire, du commentaire de Bealus sur l'Apoca-
V, — Le premier soin du nouvel abbé fut de confirmer la constitution de son prédécesseur touchant les otïïces claustraux. Nous lisons en effet sa signature au bas de cet acte : « Paschalis nuper abbas factus roborat et confirmât. »
Alphonse VIII, qui occupait le trône Castille depuis H 08 et qui devait porter un jour le titre glorieux d'Alphonse de las Navas, en souvenir de la célèbre bataille de ce nom (1212), continua sous Fabbé D. Pascase les traditions de piété de ses ancêtres envers Saint-Dominique de Silos. Non content de prendre l'abbaye et toutes ses dépendances sous sa royale protection par une chai'te solennelle octroyée pendant le siège de Cucnca (15 février 1177) \ il Tenrichit encore de nouveaux et importants domaines. Au nombre des principales de ces donations, dont on trouvera ailleurs le texte-, notons celle du village de Mamolar et des deux hameaux aujourd'hui disparus de Padules et de Qui /ilanii/a llilO)\ celle de Pinilla de Carazo, appelé depuis l^imWn de lus Barruecos [illl), ei ceWe du monastère de San Cucufate, non loin de Gumiel del Mercado (1184). Nous verrons bientôt que ce ne furent point là les seules largesses de ce valeureux prince.
En 1175, Pascase eut à défendre les intérêts de son abbaye contre les moines de Saint-Pierre d'Arlanza, qui prétendaient faire reconnaître un droit;, en réclamant la jouissance de certaines dîmes et la propriété d'une église et de quelques tei-res situées dans la vallée de 'r.ihiadillo. Les deux parties ne pouvant s'entendre, l'atfaire fut portée devant (^erebrunus, archevêque de Tolède. Celui-ci voulut qu'elle fut examinée sur place et, à celte fin, envoya à Silos son archidiacre Gonzalve et maître Rupert. Au moment d'en venir à l'appel des témoins, on préféra pour le maintien de la paix et de la bonne harmo-
lypse, copié à Silos en 1109 et conservé de Cuenca est un événement considérable
aujourd'hui au lîrilisii .Muséum (n" li()95) dans Thistoire de la reconquête. Aussi ne
et provenant de Silos : « In Dei noniiue faut-il pas s'étonner de voir Alphonse VllI
et individue Trinilatis, ego Petrus, Dei dater un autre diplôme accordé à Silos
gratia Sancti Dominici, licet indignus, « de l'an troisième depuis que le sérénis-
nuper factus abbas, ne forte in posterum simc roi prit Cuenca ». [Ibid., p. 104.)
aliquem » (Le reste manque.) 2. Voy. Ib'uL, p. 104-125.
I. lieciieil, p. 103. — Cette place forte, 'S. Ces hameaux [villaria) ont si peu
occupée par les .Maures depuis l'époque laissé de traces, que leur emplacement
de l'invasion arabe et située dans une lui-même nous est inconnu. Les gens de
position réputée impreuable, résista pen- la contrée que nous avons interrogés ne
dant de longs mois à tous les cllorts des connaissent, sur le territoire du village
rois de Castille et d'Ara^'on. Elle ne se actuel de IMamolar, aucun lieu-dit (pii
rendit que le 21 septembre 1117. La prise rappelle ces deux noms.
l'abbaye UE silos au Xll'' SIÈCLE 87
nie entre les deux grandes abbayes voisines, avoir recours à une transaction, d'après laquelle Silos s'engageait à payer 200 maravédis à la partie adv(M-se, qui de son côté renonçait h tous les biens objet du litige. Cet accord fut signé dans l'église de San Martin de Hequexo, près de Tabladillo, en présence d'Aldéric, arcbidiacre de Burgos, de Martin, arcbidiacre de Palencia, de Dominique, abbé de San Quirce', et de plusieurs autres témoins.
Cette pièce emprunte son principal intérêt à la confirmation des membres dos deux communautés d'Arlanza et de Silos. On compte pour la première quarante-cinq signatures, et quarante-six pour la seconde, y compris quatre conversi et huit infantes '.
VI. — iNous devons rattacher au temps de l'abbé Pascase un événement qui passa alors bien inaperçu, mais dont les conséquences pour les âges suivants furent considérables. Nous voulons parler de la naissance de saint Dominique, fondateur des Frères-Prêcheurs, qui vit le jour dans la petite ville de Caleruega, à quelques lieues de Silos, vers l'année tl70. C'est en priant devant le tombeau du bienheureux abbé Dominique, que Jeanne d'Aza obtint du ciel cet enfant prédestiné, auquel elle donna en témoignage de sa reconnaissance le nom du saint thaumaturge. Les archives de l'abbaye de Silos sont à peu près muettes sur ce second Dominique dont la gloire devait éclipser celle du premier. Le seul document authentique qui porte son nom est une charte du 13 janvier 1201, au bas de laquelle il signe comme sous-prieur du chapitre de la cathédrale d'Osma : « Ego Dominicus, Oxomensis suprior )> ^
Toutefois, la tradition locale nous apprend qu'il fut reçu tout jeune encore à Silos, parmi ces enfants que nous retrouvons presque partout au moyen âge dans les cloîtres bénédictins et particulièrement dans notre monastère '* . Il est à regretter qu'aucun témoignage con-
1. Sur cet abbaye, située sur le chemin 4. Il est question de ces enfant?, — au de Burgos à Silos, voy. ci-dessus, p. 14, et XI^ siècle, dans la vie de saint Dominique le Recueil des chartes de Silos, p. 99. de Silos (Vergara, p. 370) ; — au XII-", dans
2. Recueil, p. 98. la charte du 28 juin 1175 [Recueil, p. 101) ;
3. Ibid., p. 117-120 (n" 77). — Le chapitre — au XIII", dans une inscription du cloître de l'église cathédrale d'Osma était à cette (n" 49), dans un acte de 1224 {Recueil, p. date composé de Chanoines-Réguliers de 163), dans un autre acte du mois de juin SaiGt-Augustln. Il ne fut sécularisé qu'en 1234 {ibid, p. 180), dans un troisième de l'année 1336 par deux bulles de Paul III. 1236 {ibid, p. 184) ; — au XIV^, dans une (Voy. Loperraez, Coleccion diplomniica, pièce de 1338 (p. 380). Le Dominicus Mu- P- 330.) nionis de l'illustre famille des Finojosas
gg Histoire de l abbaye dk silos
temporain ne vienne corroborer cette tradition, que les moines de Silos regardaient au xvi° siècle comme déjà très ancienne\ On doit en dire autant de l'opinion, également probable, d'après laquelle son frère, Antonio de Guzman, aurait consacré sa vie au service des pauvres et des pèlerins dans l'hôpital de Silos, dit de San Anton ou de la Trinidad et y serait mort en odeur de sainteté -.
D. Pascase mourut vers l'année 1186 et fut enseveli comme ses prédécesseurs dans le grand cloître, entre le tombeau primitif de saint Dominique et l'angle nord-est de la galerie qui longe l'église abbatiale. On trouvera plus loin son épitaphe, dont un fac-similé nous a été conservé et qui est du reste d'une remarquable concision.
Le P. Nebreda nous apprend qu'il fit entourer de murailles la ville de Silos en Tannée H79^ H s'agit plus probablement d'une restauration ou d'un agrandissement des remparts, dont l'expression de bw'fjus Sancti Doininici^ que nous trouvons dans plusieurs chartes, suppose l'existence dès la première moitié du XIP siècle.
auquel son épitaphe donne le titre de fdius sancti Dominici (» Inscriptions », n" 22), était vraisemblablement un de ces enfants de l'école monastique de l'abbaye de Silos à la fin du XI1'= siècle. — La charte de mi), dont nous avons parlé, porte la signature de plusieurs infantes de Silos. L"uu deux s'appelle même Dominique et, bien que ce nom soit fort commun à cette époque, nous ne pouvons nous empêcher de signaler une coïncidence aussi curieuse. Le saint avait alors cinq ans, et l'on sait qu'il n'était pas très rare de trouver dans les monastères des enfants d'un âge aussi tendre. D. Martèue [Comment, in reguLam S. P. Benedicti, p. TSS), en cite plusieurs exemples. (Cf. .Mabillon, Vêlera Analecta, éd. de 1723, p. I."i.")-l.j8, et Annales lienediitini, passim). On attachait une grande iuiportauce à prendre ces enfants pour témoins d'actes pui)lics, dont ils pouvaient de longues années plus tard attester ainsi raiilhenlicité. Ouelques soufllets bien ajqiliqués, la traction de l'oreille ou tout autre traiteuieiil de ce genre, étaient des-
tinés à graver dans leur mémoire le souvenir du contrat auquel ils venaient d'assister. (Cf. Annal. Benedict., ad ann. 1030; Nouu. traité de Diplomatique, i. IV, p. "84 ; du Cange, Glossarit/m mediae et infimup latinildlis, aux mots alapa et
ALHIS.)
1. Voy. Yepes, Coronica, IV, fol. 313. — Le savant Antonio Perez, profès de Silos, puis archevêque de Tarragone, dit, à propos de saint Dominique de Guzman, qu'il appelle alumnus familiœ Benedictinœ: « Ferc oriundus quo ego (le P. Perez était né à Silos), nutritus ubi ego, in monasterio scilicet antiquissimo... Sancti Dominici Silensis, a quo Dominico nomen sumpsit Dominici, imo et vitam et esse ; quoniani Silensis precibus natus est Pra'dicatorum Dominicus » [Luiirea Suhnantina, pars, II, p. 89).