‹ Histoire de l'Abbaye de SilosChapitre 24 sur 179 · partie de ses domaines située au nord du Sauctum Dominicinii · texte numérisé non relu

partie de ses domaines située au nord du Sauctum Dominicinii

CONFRKKll!; ET PROCÈS 91

Juarros, faite par ordre du roi de Castille K — C'esl, d'après toute apparoiico. à l'abbatial de D. Jean que se rattache le souvenir de la noble ramille des Finojosas, dont les principaux membres choisirent vers cette époque leurs sépultures dans le cloître de Saint-Dominique. On trouvera plus loin quel([ues mots sur ces personnages, dans le recueil dos inscriptions de Silos.

La date de la mort de D. Jean Gutierre ne nous est pas connue, et pendant l'intervalle de onze années (1202-1213; on ne rencontre dans les archives du monastère le nom d'aucun abbé de Silos.

II. — Vers la fin du douzième siècle, le monastère semble avoir atteint au spirituel comme au temporel, son plus haut degré de prospérité. Sans doute, les siècles suivants ajouteront encore à ses nombreux domaines et à l'étendue de sa puissance; mais celle-ci cessera d'être incontestée, et les moines devront lutter sans cesse pour défendre leurs droits contre les attaques du dehors, en attendant que le relâchement de l'antique discipline vienne les priver de leur trésor le plus précieux, le zèle de l'observance monastique.

Au treizième siècle, la décadence n'est pas sensible. Jamais les rois de Castille ne se montrèrent plus dévots envers saint Dominique et ne comblèrent son monastère d'autant de privilèges. Mais l'ère des procès est ouverte et ne se fermera pas de sitôt. On se demandera peutêtre à qui incombe la lourde responsabilité de tant de querelles interminables, de tant d'appels en cour de Rome, de tant de sentences plus ou moins contradictoires. Les textes du Recueil des chartes de Silos sont là pour faire à cette question une réponse impartiale. Il est aisé d'y voir, presque à chaque page, que les moines n'épargnèrent rien pour éviter ces disputes, qu'ils voulurent toujours la paix, se bornant à rester sur la défensive et à ne point se laisser dépouiller sans résistance. On pourra constater du même coup que les abbés les meilleurs, les plus intelligents et les plus saints, le bienheureux Rodrigue de Guzman par exemple, furent aussi les plus zélés à maintenir les droits et les prérogatives dont ils avaient la garde.

1. II souscrit ainsi Tacte solennel dressé mojones, testigo ». — Cette charte que je

à cette occasion : « Abbas lohannes Gu- crois inédite et dont une copie se trouve

tierre de Sancti Dominici, testifio ». A aux archives de Silos (ms. 5, fol. 114-115),

côté de sa signature se trouve celle du fut confirmée par saint Ferdinand « apud

raerino de Silos : « Gonzalo Périt, el me- Palentiani, Xllla die septembris, era

rino de Sancti Dominici que ûnco los M CC LXa prima ».

Le plus ancien de ces démêlés, dont les archives du monastère aient gardé le souvenir, est celui qui commença vers 1210 entre l'abbaye et l'église de San Pedro de Silos. Il devait se prolonger avec des phases diverses jusqu'en 1818, c'est-à-dire pendant plus de six cents ans. 11 importe de dire quelques mots de son origine.

On a vu un peu plus haut comment se forma autour du monastère a petite ville de Silos. Au début du treizième siècle le burgiis Sancli Dotnifiici entouré de solides remparts, dominé et défendu par un puissant château fort dont on aperçoit encore les ruines, était devenu un des centres de population les plus considérables de celte partie montagneuse de la Vieille Castille '.

L'église abbatiale avait suffi tout d'abord aux besoins spirituels des habitants. On s'y trouva bientôt à l'étroit, et il fallut songer à établir uue nouvelle paroisse, tant pour faciliter l'administration des sacrements aux fidèles, que pour permettre à la communauté monastique de vaquer sans entrave, à toute heure du jour, à la célébration solennelle de l'office divin. On choisit dans ce but, nous ne savons au juste à quelle date, la petite église de San Pedro dont il est déjà question dans la vie de saint Dominique ■ et autour de laquelle se trouvait le cimetière de la ville ^ L'abbé y plaça quelques clercs \ tout en réservant à son église de Saint-Sébastien le titre et les prérogatives de paroisse première et principale. Il permit même, sous certaines réserves, la célébration du saint sacrifice dans un troisième sanctuaire, situé à l'ouest de la ville et consacré au martyr saint Pelage \

Comme curés primitifs de ces églises placées de plein droit sous leur juridiction, les abbés de Silos en percevaient toutes les dîmes, et

1. l^a forteresse s'élevait à rextrôme pointe (le la colline rocailleuse au pied de laipielle s'abrite la ville de Silos. Abondotiiiée de bouiie heure, probableuieiit des la fin du .\Vo siècle, ses vieilles murailles servirent longtemps de carrière. Aussi, est-il impossible aujourd'hui, eu l'absence de tout document, de se faire uue idée tant soit peu exacte des dimensions et de la forme de sou ensemble. Quelques pans de Miiirs et uu amas de décombres iudiijuent toulelois assez nettement remjjlacement du donjon ou grosse tour du château des abbés de Silos.

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