‹ Histoire de l'Abbaye de SilosChapitre 39 sur 179 · Recueil, p · texte numérisé non relu

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2. Il y eut pourtant encore quelquesuns de ces froissements inévitables entre bons voisins. Parmi les documents des archives de Silos qui en témoignent, mentionnons une lettre de Pedro de Ibarra, provincial de l'Ordre des Frères Mineurs, ordonnant aux religieux du couvent de San Francisco de Silos de ne plus entrer en procession dans l'enceinte de la ville sans une autorisation formelle du seigneur abbé. — Cette lettre est datée : « en nuestro convento de San Francisco de Olmedo, a 22 de henero de 1559 aîios, estando en la congregacion de nuestro capitulo genc- -Tai. » [Arcli. de Silos, A. xxxvii, 37, ori-

ginal, sceau plaqué avec cette légende :

l'HOVINTIA BEATE MARIE DE CONCEPTIONE) . — Le

couvent de San Francisco a existé, comme l'abbaye de Saint-Dominique, jusqu'en 1835. L'édifice, dont les solides murs en belles pierres de taille sont encore debout, n'a absolument rien de remarquable. Il vient d'être acheté (en 1892) par les nouveaux bénédictins de Silos, qui espèrent pouvoir le restaurer quelque jour.

3. Ils ont même échappé aux patientes recherches du savant et consciencieux historien D. Antonio Benavides, qui dans soji grand ouvrage intitulé : Memorias de D. Fe?7(o//rfo /F11860), a voulu réunir tous les actes émanés de ce prince.

4. Celte princesse était fille de sainte Elisabeth, reine de Portugal.

1 I i HISTOIRE DE L ABBAYE DE SILOS

Les troubles qui, malgré l'énergie de la régente Maria de Molina ', avaient signalé les premières années du règne de D. Ferdinand, se tirent particulièrement sentir à Silos et dans les environs. Parmi les puissantes familles alors en pleine révolte contre leur souverain, se signalait celle des Lara, dont les châteaux forts dominaient la contrée et que son union avec Diego de Haro, seigneur des provinces basques, rendait encore plus redoutable.

Malgré un si dangereux voisinage, la ville de Silos demeura fidèle à la cause du roi et, pour se mettre à l'abri d'un coup de main, se hâta de restaurer ses vieilles murailles. Mais la partie était trop inégale, et elle dut payer par de durs sacrifices sa résistance aux fauteurs de la guerre civile. Bien que nous ne connaissions pas dans leurs détails les conséquences de cette fière et généreuse attitude, les privilèges accordés par D. Ferdinand à Silos, à titre de compensation, nous apprennent que le bourg fut plusieurs fois saccagé. Bon nombre d'habitants, chassés par la misère, durent même abandonner leur foyer-.

L'abbaye eut encore de généreux bienfaiteurs à cette époque. Il convient de mentionner au premier rang D. Lope Diaz de Haro^, fils de ce même Diego de Haro, dont nous venons de parler. Pour racheter sans doute les torts de son père envers saint Dominique, il lit don à l'abbaye, par un acte du 30 janvier 1308, de tout ce qu'il possédait sur le territoire de Silos et dans les deux hameaux voisins de Tabladillo et de Peùacova '.

Mentionnons aussi D. Pedro Gonzalez de lloa, grand chambellan d'Alphonse XI, lequel par une charte de 1312 laissa au monastère toutes ses terres de Quinlana del Pidio \ — Les trois frères Ferrant, Diego-Alfonso et Sancho Ladron de Rojas tirent plus encore. L'abbé (le Silos avait, en 1313, contié aux deux premiers la garde de plusieurs villes et bourgades dépendantes de Saint-Dominique. En vertu d'une charte du 2 août 1317, par laquelle ils choisissent leurs sépultures dans l'église abbatiale, ils ollVirent aux bénédictins leur seigneurie de liueso avec toutes ses dépendances '.

1. Celte reine, une des plus illustres 4. //vùA, p. 338. — Le texte en est perdu, ipj ait jamais eu l'Espagne, viut à Silos vers îi. Ibid., p. 341. — Le domaine de Bueso J308. Voy. la charte du 10 novembre de était voisin d'Espeja, où s'éleva plus tard celte année. (Recueil, p. 330.) un célèbre monastère de Hiéronj-mites,

2. Voy. !?ur tout ceci les chartes royales dont l'église encore debout renferme de du 9 et du 12 mars 1304 et celle du 26 juin niagniliques tombeaux de la Renaissance. 130fi. {Ileciieil. p. 320, 321 et 32">.) Cette église, située dans une contrée à peu

3. Jieciieil, p. 32t). prés ignorée et «run al)ord assez diflicilo.

LES FRANCISCAINS A SILOS Ho

Terminons cette notice des quelques faits qui ont trait à l'abbatial de D. Fernando par la mention de plusieurs documents pontificaux de la même époque, se rapportant à l'bistoire de notre abbaye. Oufre les deux bulles de Boniface VIII alléguées ci-dessus, nous en trouvons trois de Clément V et une de Jean XXII, qui en octroya encore six autres dans la suile. Deux des bulles de Clément V sont relatives aux interminables et fastidieux procès des clercs de l'église de San Pedro; l'autre est une bulle de protection'. Quant à celle de Jean XXII, elle accorde une indulgence de cent quarante jours en faveur des fidèles, qui visiteront l'église priorale de Nuestra Senora de Duero, dépendance du monastère de Silos -.

La date précise de la mort de D. Fernando ne nous est point connue ; mtis un acte du 20 mars 1324 nous apprend que l'abbaye était alors vacante, et vraisemblablement depuis fort peu de temps ■',

était à l'époque où nous l'avons visitée 1. Recueil, p. 331-333.

(1886) dans un état d'abandon vraiment 2. Ibid., p. 340.

déplorable. 3. Ihid., p. 344-345.

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