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fléau de la commonde ; mais leurs abbés devaient être réélus ou même cb anges tous les trois ans. ' Les chapitres généraux convoqués à pareils intervalles pouvaient seuls édicter les lois obligatoires pour toute la Congrégation, et il n'était permis à personne d'en appeler de ses décisions. Le général élu dans ces réunions devait, pendant les trois années de son gouvernement, visiter chaque monastère et veiller à l'exactitude et à l'uniformité de l'observance -. — Ce serait sortir de notre' su jet que de nous étendre ici sur l'histoire de la Congrégation de Yalladolid, et il nous faut revenir à l'abbé de Silos.
IlL — Luis Mendez consentit bien volontiers à l'union •' ; mais, en homme soigneux de ses propres intérêts, il n'en voulut pas admettre les conséquences pratiques pour lui-même. C'est ainsi qu'il obtint tout d'abord de posséder l'abbaye à perpétuité. En outre, il conserva l'usage des insignes pontificaux, que les abbés de la Congrégation s'étaient interdit dans le chapitre général de io09 et qu'ils furent bien aises de se voir restitué en 1596 par une bulle du pape Clé ment YIL II se réserva encore le revenu de la mense abbatiale, et chaque année il touchait
1. Voici quelles furent à cet égard les décisions successives prises dans les chapitres généraux. — Jusqu'en 1512, les abbés peuvent être réélus. En 1512, le chapitre général défend la réélection. En 1515, il rapporte cette défense. En 1550, il défend qu'un abbé soit réélu dans le même monastère. En 1553, l'élection de l'abbé, faite jusque-là parles moines de chaque monastère, est réservée au déliuitoire de la Congrégation, qui désigne deux religieux parmi lesquels les moines doiveutse choisirun abbé. En 1610, l'élection revient de nouveau aux religieux. En 1613, le chapitre général décrète que l'élection sera faite par le chapitre général lui-même; mais pour quatre ans au lieu de trois. (Dans la seconde moitié du XVI" siècle, le gouvernement des abbés fut de six ans pendant une assez courte période). — Nous avons tiré ces renseignements aes actes otiiciels, encore inédits, des chapitres généraux, aujourd'hui aux Archives de Silos.
2. Le général fut jusqu'en 1556 l'abbé de Saint-Benoît de Yalladolid, élu par les seuls religieux de ce monastère. En 1556, le chapitre décide que ce sera désormais ce
même abbé, mais élu par les membres du chapitre général. A partir de 1608, ce put être un abbé choisi par le chapitre général dans un monastère quelconque de la Congrégation. (Même source.)
3. Actes de la prise de possession de l'abbaye de Silos par Pedro de N.ijera, supérieur de la Congrégation réformée de Saint-Benoît de Yalladolid, et de la cession de ladite abbaye à D. Luis Mendez, évêque de Sidon. Procès-verbal fait à Silos, le 27 mai 1513. « en la capilla del crucifixo de la claustra. >• Arch. de Silos, A. xiv, 2, original en papier, écriture dite cortesana. — Il s'agit ici de la seconde prise de possession par l'abbé de Saint-Benoît de Yalladolid. D'après ce document, la première avait eu lieu douze ans environ auparavant [doze aFios ha, poco mas o menos). Mais elle s'était faite contre la volonté expresse des moines et sans les bulles nécessaires. Nous trouvons en effet Saint-Dominique de Silos mentionné parmi les abbayes de la Congrégation de Yalladolid dans le recueil des Actes inédits des chapitres généraux de 1503 (t. 1, p. 30), de 1506 (p. 33), et de 15U9 (p. 35).
lllSTOIHE DE LABBAYÉ DE SILOS
de ce chef une rente de 1.563 fanègues de blé, 40 ducats, 50 florins et 5.750 maravédis, sans compter d'autres grasses redevances, comme celles des prieurés de Madrid et de Duero '. Ajoutons à tout cela qu'il se fit dispenser de la résidence, et qu'à titre de confesseur de la duchesse de Frias et de chanoine de Burgos, il alla fixer son domicile dans cette dernière ville. Il s'y trouvait mieux apparamment que dans la sévère solitude de Silos. L'abbé Mendez eut ainsi 1 honneur d'introduire la réforme dans son monastère et la triste faiblesse de s'y soustraire lui-même. Il lit pis encore. Peu soucieux des intérêts de son abbaye, il consentit sans hésiter au démembrement des prieurés de Séville et de Huete en faveur de la Congrégation, qui s'était montrée envers lui si condescendante. Aussi, les anciens moines de Silos lui surent-ils toujours mauvais gré de son désintéressement en ces deux circonstances -.
Il faut reconnaître que Luis Mendez eut du moins la sagesse de nommer pour le remplacer à Silos un digne prieur dans la personne
1. Voici, d'après l'acte original {Arc/i. de Silos. A. xiv, 31, le détail des revenus de la mense abbatiale qui furent laissés en 1516 par la communauté à l'évêqueabbé de Silos :
<i En Hnerta de Rey, 2.'"i5 fanegas por mitad; item de hurciones y moyos, 32 fanegas; en Piuilla de .Mamolar, 24 fanegas por mitad; en Mamolar, 36 fanegas por mitad ; en Arauzo de Miel, 133 fanegas por mitad; en Eî'pinosa, 42 fanegas por mitad. mas 33 fanegas de hurciones ; en Briongos, 20 fanega-s, un tercio de trigo y dos de cebada; en Ciruelos, 46 fanegas, un tercio de trigo y dos de cebada; en Tejada, ofi fanegas por mitad; en Pueufedura, 16 fanegas por mitad, mas en los molinos 6 cargas de trigo y 4 de centeno; en Guimara, 48 fanegas por mitad, mas 220 fanegas de diezmos y hurciones ; en Quintana de Pidio, 140 fanegas; en .Monzon, 24 fanegas; en Piuilla deTrasmoute, 112 fanegas ; en Valdeande 32 fanegas; en Hurgos,eu la granja de Santu Domingo, 12 fanegas; en Silos, 250 fanegas; item 50 llorines del reyno de Aragon ; <lel obispado de Calahorra. 20 ducados, del de Uurgos, 20; do la renta de Soria, 4.050 maravedis ; en Cuevas de Amaya, 1.700 maravedis. •> — Cette pièce datée du monastère de senur San Juan de
Ih/rgos, le jour de sainte Anne, porte les signatures suivantes : « Fr. Ludovicus, episcopus Sidonensis et abbas Siliensis ; — F. Petrus, abbas Sancli Benedicli (de Valladolid) ; — Fr. llefonsus, abbas Sancti Joanuis (de Burgos); — Fr. Petrus, abbas Sancti Claudii (de \Aon< ; — Fr. Alvaro de Mançanos licenciado. »
« Nous aurions à souhaiter, dit le grave Yepes, non sansquekiue malice, quecouune l'évèque de Sidoine travailla à la réformalion et union de ce' monastère à la Congrétiou de sainct Benoist, il eust aussi renoncé à l'abbaie, à quoi il ne pensa jamais, aiant l'estomach bon pour digérer les morceaux de plusieurs bénéfices, desquels il fut pourveu successivement à la faveur de la duchesse de Frias, femme puissante et de grand crédit qui gouvernait la cour en ce temps, de laquelle Frère Louis maniait la conscience. » {Chroniques générales de l'Ordre de Sainct-Benoît, traduction de D. Martin Rethelois, t. IV, p. 571.1
2. Dans une note autographe ([ue nous avons sous les yeux, l'austère Rodrigo Echevarria, dernier abbé de Silos, appelle le P. .Mondez « abad medio monge, niedio clerigo, sujeto tan coudescendiente que hubiera cedido el monasterio mismo de Silos ;i (|uieu se lo pidiera. »
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loi
du P. Diego de Yitorla. Ce vénérable religieux conçut le dessein de remplacer par un nouvel édifice l'ancienne église abbatiale du XP siècle. Si les finances de la mense conventuelle ne lui permirent pas de réaliser son projet', il contribua du moins dans la mesure du possible à la splendeur du culte liturgique. Outre de grands candélabres en argent disparus depuis longtemps. Silos doit à son zèle la magnifique ciistodia en vermeil qui, après le calice ofîert par saint Domiui([ue au patron de son église abbatiale, est aujourd'hui le plus beau travail d'orfèvrerie du monastère'.
Plusieurs pièces des archives nous font voir qu'il sut s'employer avec succès à la défense des droits et des possessions de l'abbaye \
L'évéque deSidon mourut à Burgos en lo29. Son corps fut apporté à Silos et enseveli comme il l'avait demandé, dans la chapelle de la Vierge, d'où il fut transféré vers lo7o dans le transept méridional de l'église abbatiale '*.
IV. — A la mort de Luis Mendez, l'abbaye de Silos fut pleinement soumise au régime ordinaire de la Congrégation de Valladolid, avec
1. Nous en pommes presque à le regretter. Une belle église du commenceuieut du \W siècle vaudrait bien mieux que le temple gréco-romain, devant lequel a disparu au XVlll'' siècle la basilique restaurée et agrandie par saint Dominique lui-même. Le P. Ruiz (fol. 112) dit à ce sujet : « El prior Fr. Diego de Vitoria ténia pensamiento determinado de derribar la iglesia antigua y de fabricarla de nuevo â lo moderno {de una sola nave, dit Nebreda) ; pero antes se le acabo el oficio y la vida ».
2. Cette custodia (monstrance en forme de tour destiné ;i renfermer le Saint-Sacrement pendant la procession de la Fête- Dieu) l'ut faite pour le grand hospital del Rey de Burgos, dont elle porte les armes à coté de celles de Silos. Sur deux des colonneltes on a gravé la date de l.')26.
3. Diego de Vitoria obtint le 7 février 1526 un acte de Charles-Quint daté de Tolède, ordonnant aux autorités d'aider les moines à déterminer les limites {apear) de leurs domaines de Silos. Cette cédule fut demandée au nom de la communauté par Pedro de Velorado, prieur de Uazmondo
(Rezmondo). Le procès-verbal de Vapeo, daté du 8 mai 1527, nous a été conservé {Arch. de Silos, A. xiv, 4). — Notre prieur dut aussi fe défendre contre les empiétements des curés et clercs de San Pedro. Une sentence du 16 août 1524 leur interdit de prêcher les jours oîi il y avait sermon dans l'église abbatiale « attendu, dit le texte, que dans le monastère se trouvent des personnes doctes et plus capables de cet office» {Ihid., original, B. xxxvii, 27). — Une autre sentence du 10 avril 1527 leur eiijoint de payer intégralement à l'abbaye le« dîmes de leurs terres et de reconnaître comme paroisse principale (/Ha/ri:)réglise du mona«lère [Ihid., original, B. xxxvii, 28). — Il obtint enfin de l'alcalde de Silos une sentence, confirmant à l'hôpital de la Madeleine l'exemption de tout impôt et de toute redevance (//n'rf., ms. 78, fol. 211).
4. Labbé Nebreda nous dit qu'il fut placé près de l'autel des Vierges dans un « sépulcre de canteria y de mucha autoritad, con figura de abad. » De l'autre côté de l'autel, l'abbé Nebreda fit mettre à la même date le tombeau de saint Gonzalo.
des abbés élus d'abord tous les trois ans, puis tous les quatre ans, à partir de l'année 1613.
C'est une phase nouvelle dans l'histoire du monastère de Saint-Dominique, et nous devrons passer rapidement sur cette période, durant laquelle, d'ailleurs^ les faits un peu saillants sont en somme très peu nombreux. Aussi trouvera-t-on plutôt dans ce qui va suivre un catalogue annoté des abbés de Silos qu'une histoire proprement dite.
Les matériaux pour écrire cette histoire ne font pourtant pas défaut. Ils abondent même plus qu'à aucune autre époque des annales de Silos. Outre les pièces d'archives proprement dites, nous avons entre les mains les nombreux livres de comptes du majordome ou cellérier, du dépositaire, du sacristain, etc., les procès verbaux des réunions du conseil de Fabbé et des visites régulières du général de la Congrégation, les actes des chapitres généraux et plusieurs autres sources d'informations'. Nous les avons parcourus et même examinés de très près. Toutefois, les événements de quelque importance y sont rares, et les petits faits que l'on pourrait joindre à ceux dont nous faisons mention, n'ajouteraient qu'un médiocre intérêt aux pages qui vont suivre. Du reste, à part quelques incidents locaux, l'histoire du monastère de Silos se perd désormais dans celle de la puissante Congrégation dont il fait définitivement partie.
L'élection du premier abbé réformé appartenant au général de cette Congrégation -, celui-ci fit choix d'un moine de San Juan de Burgos •' appelé Martin de Salamanca^ homme de grande vertu et qui avait gouverné pendant huit ans son monastère de profession avant de venir à Silos. Il mourut sept mois après, et les moines élurent à sa place le P. Alvaro de Manzanos (1530). Comme on était à la veille des fêtes de Noël, celui-ci, pour ne point mettre le trouble dans le monastère consentit à prendre le titre d'abbé ; mais bientôt après, il
1. Signalons les Informariones de limpifza dt satifjre, sorte de lettres testimoiiialos, constatant pour chaque novice que le prétendant à l'habit monastique appartenait à une famille de crislianos viejos ivieux chrétiens), c'est-à-dire qu'il n'avait rien de commun avec les nouveaux convertis de race juive ou moresque.