I. AlilîAYE 1)E SILOS A(i XVl^ SIKCI.i
réunit la communauté au chapitre et donna sa démission, se disant indigne d'un tel honneur et incapable d'une charge aussi lourde. Il ne semble point toutefois que les moines aient accédé au désir de l'humble prélat, car un acte du 22 novembre 1531 le désigne encore comme abbé de Silos'. — Peu après cependant, ils lui donnèrent pour successeur son propre prieur, Andrès de Cortazar, qui plusieurs fois réélu gouverna l'abbaye pendant près de quinze ans. Il lit construire dans l'église abbatiale un nouveau chœur, qui se trouvait au-dessus de la grande porte d'entrée et dans lequel on accédait de plein pied par l'angle nord-ouest du cloître supérieur-. On lui doit aussi quelques autres travaux considérables, entre autres la reconstruction du réfectoire. Par un acte du 21 juillet 153.*) il vendit au conseil et buenos fwmbres de Pinilla de Trasmonte pour 75 ducats d'or le yantar ou droit de gite que les moines possédaient dans cette bourgade, à titre de seigneurs temporels '\
1. « Cen?o perpetuo de 20 ducados de oro cada aùo {olorgado por el monasterio de Silos y su abad fray Alvaro de Maiiza- 7ios), que tietie esta casa en Juan de Varrio Nuevo, vezino y regidor de Soria, por razon de las heredades y hacienda que tieue desta casa en la Fuente dcl Rey, termine de Soria » {Arcli. de Silos, « Compendio », fol. 153).
2. Nous trouvons ce détail dans un acte de vente du 22 janvier 1532, par lequel l'abbaye cède à un certain Pedro Calero, pour 9750 niaravédis, les maisons qu'elle possédait à Gumiel de Hizan " a do dizen el varrio de San Miguel. » Cette vente eut lieu « por que al présente el monasterio tiene necesidad de dineros para acabar de pagar la tribuna, coro nuevo, que en el ano proxlmo pasado y en este présente an hecho y hazeu en la yglesia.... y otras obras que tieueu conienzadas » {Ai-ch. de Silos, original sur papier, C. lvii, 72, signé de l'abbé fr. Andres de Cortaçar, du prieur fray Rodrigo de Colmenares, — il signe comme prieur de Nra Sra de Duero, un acie de 1348 (F. xlu, 18) —, du majordome /"roy Lope de Quevedo, du sous-prieur ou » second prieur » /'/■. Barlliolomeus a Sancto Dominico, et de plusieurs autres moines, parmi lesquels : fr. Gregorius Sancti Dominici et fray Josepfie Mendez, qui devinrent tous trois abbés de Silos.) — Le P.
Nebreda dit de l'abbé Cortazar : « No se mostro mucho en el govierno temporal de la hazieuda, ya por las necesidades grandes que la casa padezia, ya por la poca ayuda de sus oficiales... Hizo el coro alto y el refectorio, y dexo comenzado el dormitorio; hizo el caliz principal ».
3. Arch. de Silos, original F. xxxii, 3. — L'acte fut signé à Silos en el capituto de la Sanla Cruz. — Ce chapitre était situé dans le cloître inférieur (c'était le chapitre primitif converti en chapelle). Une autre salle capilulaire mentionnée dans ce même acte se trouvait dans le cloître supérieur et s'appelait capitulo de la sobre claustra ou del claiistro encimero. — Nous avouons ne pas comprendre la note d'incapacité que Nebreda octroie à l'abbé de Silos au sujet de sa gestion temporelle. Les nombreuses pièces d'archives, que nous avons sous les yeux, témoignent au contraire de quelque zèle. Voici plusieurs faits qu'on peut tirer des principales : En 1535, reconnaissance par le conseil de Cebrecos d'une rente perpétuelle de 30 ducats et de huit charges de blé, due à l'abbaye pour certains moulins dits de los capellanes, sis entre Puentedura, Cebrecos et Tordueles {Arch. de Silos, Catalogue A, fol. 39). — En 1536, sentence accordant aux troupeaux de l'abbaye la liberté d'aller à la glandée en nombre égal aux troupeaux de six familles
HISTOIRE DK L AMBAYE DE SILOS
Dix mois avant d'achever son dernier triennat, il renonça à sa prélatiire (loi6) et se relira au prieuré de Sanla Maria de Duero, oii il mourut peu après '.
Avant de gouverner le monastère de Silos, Andrès de Cortazar
(/6îc/., original, A. xiv, 6, avec signatures de l'abbé, des moines et de deux clercs chapelains du monastère.) — En la même année, sentence ordonnant aux clercs de San Pedro d'avoir à démolir un pilar qu'ils venaient d'élever dans cette église, sans l'autorisation de l'abbé (Ihid., 1$. xxxvii, 31 et 30). — En l."i31, bail de toute? les propriétés que le prieuré de San Frutos possédait à Santo Domingo de Piron et à Atenzuelas. Ces deux communes s'engagent à payer en retour un cens annuel de 4500 maravédls, 12 poules et 120 livres de lin bien net, le tout remis à San Frutos même, le jour de la Chandeleur, el (lia de N. S. de las Candelas [Ibid., ms. 78, fol. 18) — La même année, arpentage et bornage des domaines appartenant à San Frutos dans les villages de Carrascal, Mohalilla,Cobos et Horcajo, faits à la demande du prieur de San P'rutos, Antonio Pardo {Ibid., original, C. xxvu, 21).
— En 1338, arpentage et bornage des domaines du prieuré ou grange de San .Martin de Requejo {Ibid., origin., E. mi, (i et l. Nous y trouvons mentionnées la hermita de San l'clnyo aujourd'hui détruite, et la hermita de N. S. de las Naves, qui plusieurs fois reconstruite est encore fréquentée par les villageois des environs). — Le 16 mai 1;)38, cédule de Charles-Quint et île la reine Jeanne autorisant l'abbaye à recueillir les offrandes faites à la confrérie de Saint-Dominique, « por que la dicha casa lenia muy poca renta. .. salbo la limosua de la buena gente e debotas personas, (|ue les hazen algunas limosuas e mandas, por ser casa debota e cstar en montanas.... e para los peregrinos e personas debotas que alla van » {Ibid., copie de 1539, A. xiv, 8 .
— En 1538, 20 novembre, cédule de Charle.s-Quint confirmant à l'abbaye la rente de 8000 maravédis que lui payait Gutierrcz del Gadillo '.-l/'c/i. de Siimancas, « Registro, Goutaduria de mercedes, » n» 20, fol. 38. Del Gadillo avait donné peu auparavant cette rente à Silos. {Ibid.). Une cédule de Philippe II du 19 mars itilG ordonne aux employés du Trésur de servir fidèlement
ladite rente, Ihid.) — En 1540, 22 novembre, confirmation, en faveur de l'abbé de Silos, du droit de visiter l'église paroissiale de San Martin de Madrid, à l'exclusion de l'archevêque de Tolède {Aixh. de Silos. original, B. lvi, 13, octroyé par l'auditeur de iiote « lohannes Paulus Tolomeus ». Cf. Catalogue B. lvi, 16). — En 1541, actes de la visite faite à San Martin par l'abbé de Silos {Ihid., original, B. liv, 14, avec une liste des objets précieux de cette église). — La même année, 13 décembre, cédule de Charles-Quint, autorisant un arpentage de tous les domaines de l'abbaye dans la mevindad de Silos (7fti(/.,Vidimus de 1548, A. xiv, 11, fol. 7-9). — La même année, bail pour 4 ans des biens de l'abbaye sis à San Silvestre d'Alba de Tonnes (Catal. B. fol. 2).
— La même année, l'abbé de Silos promet aux habitants d'Hortezuelos d'avoir dans leur église le Saint-Sacrement et des fonts baptismaux, mais réserve au monastère tous les droits curiaux (Catal. B. fol. 20).
— En 1542, il obtient une bulle de Paul III. excommuniant les détenteurs et receleurs des domaines, or, argent, titres et autres biens de l'abbaye (Catal. A. fol. 13). — En 1546, enquête constatant le droit de l'église abbatiale de Silos au titre d'église première et principale de Silos, de percevoir les dîmes, etc., faite par le bachelier Gil, curé de Santo Tome de Covarrubias, délégué de don fray Antonio Rendon, commendador de Nm Sra de la Merced de Valladolid (le sceau de ce dernier porte une grille surmontée d'une croix avec la devise : Ave Maria: originaux, B. xxxvii, 32).
— En la même année, délimitation des domaines dits el l'arral et la Mata, sis à Silos (original, A. xiv, 9. Cf. A. xiv, 13; xui, 46; B. IV, 55). — Autre arpentage des terres de Peûacova (orig. E. xxxi, 2) — La même année, bail perpétuel des propriétés que possédait l'abbaye à Cuevas de Amaia, pour une rente annuelle de 130 maravédis (Catal. A. fol. 40).
1. Ruiz ajoute : « Fue enterrado en Ifi yglesia deste prioralo ».
i/auiiavi-: uv: sii.os Al' xvi'' sikcle ir).-)
avait été prieur de Saint-Benoît de Valladolid et abbé de Saint-Benoît (primitivement Saint-Michel; deZamora. maison fondée au XIP siècle pour les bénédictines françaises de Marcigny et peuplée peu après par des moines de Cluny.
Bartolome de Santo Dominfjo, qui lui succéda sur le siège abbatial de Silos, était un saint religieux rempli de zèle pour l'observance régulière et qui sut veiller en même temps à la prospérité spirituelle et temporelle de son monastère.
Les alcaldes de Huerta del Rey, ville vassale de l'abbaye, lui ayant, dans une circonstance assez solennelle, refusé obéissance, il les fit enfermer dans la prison du monastère de Silos et les bannit pour deux mois de Huerta et de son territoire. Chacun d'eux fut en outre frappé d'une amende de 750 maravédis, dont une moitié devait être affectée à Tentretien de la lampe qui brûlait devant le tombeau de saint Dominique, et l'autre moitié aux constructions nouvelles et aux travaux de restauration '.
En 4548, il obtint de la chancellerie de Valladolid la confirmation des redevances que payait à Silos la ville de Huerta, confirmation qui fut renouvelée le 11 novembre 1750. (Ces redevances consistaient entre autres choses en un cens annuel de 240 fanègues de blé, 2250 maravédis et une douzaine de poules.) La même année, il dût défendre avec vigueur son droit exclusif de visite dans l'église paroissiale de San Martin de Madrid, malgré les moyens violents pris en cette circonstance par le célèbre Siliceo, archevêque de Tolède, Nommé trois fois abbé de Silos, de 1546 à 1553 et de 1556 à 1559, il eut aussi à différentes reprises la direction du prieuré de Madrid ^ Envoyé à Valladolid en qualité de procureur, il venait d'être choisi comme définiteur parle chapitre général de 1562, lorsqu'il mourut. 11 fut enseveli dans le cloître de l'abbaye de San Benito el ReaF.
1. Sentence du 26 avril 1547 {Arch. de i. Quelques documents de 1341 et 1542 Silos, F. XLii, n, original, IS feuilles de le qualifie de « abad del monasterio e priopapier, écriture bâtarde). — Cet acte éner- rato de San Martin de la villa de Madrid » gique contre les va?saux du monastère {Arch. de Silos, B. lvi, 14 et 16). n'est pas le seul que nous trouvions relevé 3. Parmi les éloges que lui décerne le dans les pièces d'archives de cette époque. P. Nebreda dans sa notice manuscrite, re- En 1548, un habitant de Penilla-Mamolav levons celui-ci : « El aiuor que tuvoâ las s'étant permis des paroles outrageantes letras fue notable ; porque no aviendo escontre l'abbé de Silos, celui-ci le condaui- tudiado en la mocedad, quando ya era viejo na à une amende et le fit jeter dans la pri- estudio artes y teologia, y salio niuy bien son de l'abbaye (Catalogue A., fol. 54^. con ello, aunque quando avia de lucir le
Gregorio de Santo Domingo était prieur de Madrid, comme son prédécesseur, quand les suffrages du chapitre général et des moines de Silos le mirent à la tête de ce monastère. Habile dans le maniement des affaires, il sut aussi se faire aimer de ses religieux par la douceur
enterraron. » — Nous croyons qu'il y a quelque intérêt à donner à cette place le texte d'une lettre de Charles-Quint au conseil de Silos. C'est le plus ancien témoignage qui nous reste de la grande fête que les habitants de la bourgade célèbrent avec grande pompe le 2 juillet et dont l'origine est inconnue. Voici le texte du document ; « Don Carlos, por la divina clemençia emperador sienpre augusto, rey de Alemana doua Juana su madré, y el mismo don Carlos, por la misma gracia reyes de Castilla, de Léon, de Aragon, de las Dos Secilias, de Jherusalem, de Navarra, de Granada, de Toledo, de Valençia, de Galizia, de Mallorcas, de Sevilla, de Cerdena, de Cordoba, de Corcega, de Murçia, de Jaeu. de los Algarves, de Algezira, de Gibraltar, condes de Flandes e de Tirol, etc. A vos el aicalde mayor y allos hordinarios de la villa de Santo Domingo de Sylos, y a cada uuo de vos, salud e gracia. — Sepades que Tristan Calbete, en nombre de la dicha villa, nos hizo relacion, diziendo que en la dicha villa de Santo Domingo, de tiempo anliguo ay boto, para que en el dia de la IJesytaçion de Nuestra Seiiora se haga la dicha fiesta y se corran torros, los quales se reparten entre los pobres de la dicha villa, por que en aquel dia ubo antiguainente mllagros en ella, y que algunas justiçias que an sydo en la dicha villa, entendiendo que los dichos gastos se pagaban en sysa en el biiio y que no avian licencia nuestra para ello, mandaron que no se hechase mas la dicha sysa e que de très afios il esta parte por razon desLo uo se haze la dicha fiesta tan cumplidamente como se solia hazer, y que despues aca se an bislo por esperiençia muchas neçesidades y fatigas entre los vezinos de la dicha villa. Por lo quai nos suplico les niandasemos dar licencia y facultad para que pudiensen hcrhar dos maravedis de sysa en cada cantara de vino, para ayuda a coraprar los toros i)ara la dicha fiesta ; por que todos los vezinos de la dicha villa lo consentian y abian por bien, u como la nuestra uierced
fuese. — Lo quai visto del nuestro consejo, fue acordado que deviamos mandar dar esta nueslra carta para vos en la dicha razon. E nos tubimoslo por bien. — Por la quai vos mandamos que luego veays lo suso dicho, y llamados e oydos los vezinos de la dicha villa a concejo abierto, aya yo ynformacion y sepa yo que tanto a que se célébra la dicha (iesla, y quantos toros se solian correr en ella, y de doude se pagaban hasta aqui los mrs. que costaban, y si sera bien que de aqui adelante se célèbre la dicha fiesta, e sy la dicha villa tiene propios y rentas para pagar los mrs. que cuestan los dichos toros; y no los teniendo, sy conberna que le démos licencia y facultad para los echar sysa o repartimiento entre los vezinos délia: o sy sera bien que se echen de sysa en cada cantara de vino qiie en ella se vendiere dos mrs., para ayuda a la paga de los dichos toros, o en que cantidad, y sy ay de otra parte y lugar de donde se puedan pagar que sea con menos daîios : e que pro y utilidad se siguira dello 0 perjuizio sy no se hiziese; y a que personas y por que causa; e que es lo que mas conbiene que sobre ello se haga y probea, y de todo lo demas que vierdes por nesçesario a la dicha ynformacion. La quai avida, scripta en limpio, firmada de vuestros nombres, signada, çefrada y sellada en manera que haga fee, la enbiad al nuestro consejo, juntamente con vuestro paresçer de lo que en ello se deve hazer, para que nos lo mandemos veer y prover sobre ello lo que sea jusliçia. — E no fagaues endeal, sopena de la nuestra merçed e de diez uiill mrs. para la nuestra camara.
<> Dada eu la villa de Valladolid, a nueve dias del mes de juuio, aûo del Seùor de mill y quinientos y çinquenta aûos.
" F. Patkiarciia SiGUNTiNLs (D. Fernando Niùo de Guevara, évêque de Sigiicnza, patriarche des Indes et président du Conseil royal). — Doctor de Orta. — Licenciado de Pknalosa. — Doctor Amaya. — Doctor Castu-lo. — Doctor Hibera. » [Arcltives municipales de Silos, original sur papier, avec
L ABBAYE DE SILOS Al XVl'' SIÈCLE
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de son caractère et une rare simplicité'. VAn pour la seconde fois en ioo9, il mourut le 10 décembre 1561 au prieuré de Quintana del Pidio, et fut enseveli à Silos dans l'église abbatiale. Nous donnerons plus loin son épitaphe.
Joseph Mendez, qui le remplaça l'année suivante -, était le neveu de révé(|ue de Sidon, Luiz Mendez, dont nous avons parlé ci-dessus et qui lui donna l'habit monastique dès l'âge le plus tendre ". Doué d'un talent peu ordinaire pour la musique \ il enrichit le monastère do superbes livres de plain-chant et de musique sacrée, si excellents, nous dit le P. Ruiz, que l'Escurial lui-même n'en possède pas de meilleurs. Il était en grande estime auprès de beaucoup d'illustres
e sceau plaqué de Charles-Quint, écriture dite redonda.)
On voit par cette pièce, entre autres détails curieux, que Silos fêtait le 2 juillet par une course de taureaux. L'établissement d'un spectacle de ce genre était assez souvent considéré au moyen âge comme une œuvre de chanté. En voici un nouvel exemple que nous empruntons à un document inédit, tiré des archives de la ville de Roa et conservé aujourd'hui aux archives de Silos : « A 4 de enero del aîio del nacimiento 1394, se obligo el concejo de Roa, por quanto Dios de la su merced haemhiado pestilencia sobre la chrisliandad en esta dicha villa i su tierra, e porque Dios por la su santa merced i por la su misericordia quiera quitar e alzar la dicha pestilencia de la chrisliandad, fazemos et prometemos voto a Dios e a la cofradia de Corpore Christi de la dicha villa de Roa de dar e pagar en cada anno para sieuipre jamas mil e quinienlos maravedis desta nioneda husual, que fazen diez dineros el maravedi. E que paguen en estos dichos maravedis todos cavalleros, escudcros, duefias e doncellas, fijosdalgo de solar conocido, legos, clerigos, iudios i moros desta dicha villa. E que destos dichos mil i quinienlos maravedis seau comprados quatro loros, i que secm corridos i dados por amor de Dios : los dos toros en el dia de Corpore Chrisli. E que estos dichos dos toros que les den i f'agamos dar cocidos a los envergoFiados i pobres, que en esla villa se llegaren el domingo siguiente con pan i vino. » {Arch. de Silos, ms. 2, fol. 50.) —
Divers documents qui accompagnent la lettre de Charles-Uuint nous apprennent que la fête de la Visitation [appelée aussi Sanla Isabel) se célébrait alors avec grande solennité, au milieu d'un immense concours de fidèles et de beaucoup de prêtres.
1. Suivant Nebreda, il fut aussi prieur de Santa Maria de Duero. — En 1554, il obtint une sentence de la Chancellerie royale, défendant aux tanneurs de Silos d'exercer leur industrie dans le voisinage de la grande fontaine de Silos. {Arch. de Silos, original, A. xiv, 19.)
2. Voici ce qu'ordonne, sous le gouvernement de cet abbé, le chapitre général de 1562, au sujet du personnel du monastère : « Sustente [el monasterio dej Sancto Domingo de Silos veinte monges y en Madrid diez, y les ayude con cien mil maravedis cada aîio; y en Huete otros diez monges y les ayude Sancto Domingo con ([uinientos ducados cada aiio, y todos los otros monges de los prioratos se reduzcan al monasterio » (Actas de la Congregacion de San Benito, t. I, fol. 256). — L'abbaye et ses prieurés rapportaient alors 1.480.000 maravedis (Ibid.).
3. « Siendo siùo » , dit le P. Nebreda dans ga Notice manuscrite.
4. Saldoni dit, d'après le P. Argaiz, qu'il avait étudié la musique « à l'école de l'abbaye de Montserrat ». {Diccionario bihliogrûfico de Efemérides de Mùsicos Espanoles, 1868-1881, t. iv, pag. 199-200. D'après Yepes, " il touchait excellemment l'épinette, les orgues et autres instruments de musique » [Chronique, trad. Martin Rethelois, t. iv, p. 572).
personnages de la cour et particulièrement lié avec le cardinal Espinosa, président du grand Conseil de Castille. A Texpiration de son triennal, il se rendit à Madrid, comme prieur du monastère de San Martin, où il mourut de la goutte. Il avait été grand prieur de Silos pendant la prélature du P. Gregorio de Santo Domingo '.
Dieqo de Zamora, élu abbé de Silos le o février 1565, avait été secrétaire du tribunal de l'Inquisition avant de prendre l'habit monastique. Après avoir prononcésesvœux sous l'abbé AndrèsdeCortazar^ il fut élu successivement secrétaire du général, procureur de la Congrégation à Rome^ (1556) et abbé de Santa Maria de Fromesta \ Il gouverna avec prudence et sagesse l'abbaye de Silos de 1565 à 1568, puis, de 1568 à 1574, le monastère de Saint-Jean de Corias dans les montagnes des Asturies.
Un des meilleurs actes de son gouvernement fut de sauver le prieuré de San Martin de Madrid, dont Philippe II voulait remplacer les moines par les Clercs réguliers de la collégiale de Parraces, au diocèse de Ségovie. Le roi avait déjà obtenu les bulles nécessaires à cet effet et tout semblait perdu, lorsque lénergie de l'abbé de Silos parvint à conjurer l'orage. Philippe II fat vivement contrarié de cette opposition inattendue. Mais il n'était peut-être pas toujours aussi despote qu'on le croit. Il finit par entendre raison et Silos garda le plus important de ses prieurés ^ — L'abbaye de Silos obtint en 1567
1. Il signe eu cette qualité [frai Jhu.seplie Mejtdez, prior mayor) un acte du 4 octobre 1555 daté de la ville de Saliuas et par lequel il donne à bail à Diego Hurtado de .Mendoza et à son fils, leur vie durant, les puits de sel que l'abbaye possédait à Salinas, pour une rente annuelle de 235 faiii'gues i< de ?nl blanca e buena » (Arch. de Silus, original, E. ux, 10).
2. Voici la formule de sa charte de profession, la plus ancienne que renferment les Archives de Silos. <■ Ego frater Diii.icus de l.lamora, promito eslabilitatem s/r) meam perpétue inclusioni? et conversionem morum mcorum et cdjedieutiam coram Deo et sanctis ejus, secundum regulam sanct' Kcnedicti in hoc monasterio Sancti Domiuici de Silos, hordiuis ciusdem sancti, in presentia fratris Andrée de Cortazar abhatis. f F"rai diego de Çamora. »
:}. Arch. de Silo.i, Actes des chapitre* généraux, l. i. fol. I i9.
4. Il avait été prieur de .Moroso en 1550 (Arch. de Silos, Catalogue A., p. 55^ et plus tard abbé de Huete. En 1565, il était prieur de San Martin de Madrid, dont il maintint l'union à l'abbaye de Silos contre les prétentions de Philippe II.
5. Voici la lettre que le roi écrivit en cette circonstance au général de la Congrégation de Saint-Benoît de Valladolid :
" El Rey. Reverendo y devoto Padre gênerai de la orden de Sanct Beuito. — Ya deveis tener entendido como, por convenir al servicio de Dios y nuestro, y benetlicio publico, y por otras justas causas <iue a ello nos niovieron, acordanios de que la ygle.=ia de Parraces se trasladasse y mudase a la villa de .Madrid, y se erija en ella una iglesia collégial ; para lo quai Su Sanctidad ha dada ?us bullas y brèves bastantes. Y haviendo platicado en que parte de la dicha villa que sea mas coraoda se puede hazer la dicha translacion y erigir la dicha
L AliliAVK ])E Sll.OS U XVr SIHCLK
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une lettre {citatonn), ordonnant à l'archevêque de Tolède de comparaître à Rome, pour avoir voulu enlever à l'église paroissiale de San Martin de Madrid ses droits et son indépendance. L'ordre ne put parvenir à l'archevêque, l'infortuné Carranza, qui se trouvait à cette époque dans les cachots de l'Inquisition'. Réélu abbé de Silos en 1578, Diego de Zamora fut surpris par la mort à San Pedro de Gardena, où il était allé rendre visite au général de la Congrégation.
Juan de Bohadilla^ dont le P. Gérunimo de Nebreda, son contemporain, vante la capacité, la science et le zèle pour l'observance religieuse, gouvernait l'abbaye de Huete, lorsqu'il vint prendre possession du monastère de Silos en février 1568. Il avait reçu l'habit et fait profession à Nuestra Senora de Sopetran, où il retourna achever ses jours à l'expiration de son triennal ^
Il eut pour successeur l'abbé Antonio Hurtado, homme d'une valeur peu commune et qui fut la principale gloire de la Congrégation à celte époque. Bien qu'il eut revêtu l'habit religieux à Cardena, il s'adjoignit
iglesia, entre otros sitios se ha apuntado ser niuy conveniente y a proposito el de la iglesia de Sanct Martin de la dicha villa, que es de vuestra orden, dando en lugar dello la iglesia de Parraces, para que en ella aya y esten los religiossos dessa orden que estan en la dicha villa de Madrid. Y por que, para tractar y plalicar sobre esto y ver la orden y medio que se podia teuer en elle, sera necesario que vos diputeis alguno o algunos religiossos de vuestra orden, y como quiera que en virtud de la coraision, que por los dichos brèves y buUas se nos da, se entiende que se pudiera hazer sin otro consentiniiento ni licencia, todavia, os encargamos y mandamos que para tractar y platicar en esto, y ver la orden que se puede tener, embieis uno o dos religiossos de vuestra orden con vuestra comision, para que se tracte y se de cerca desto la orden que conveniere nias, asi para lo que toca a la dicha iglesia collégial como a vuestra urden. Que en ello y en que brevedad lo ordeneis recevire mucho servicio. — Del Bosque de Segovia, a XXIII de setienibre de MDLXV anos. — Yo el Rey. >- {Arch. de Silos, original sur papier, liasse B. LVI, n. Cette liasse renferme quatre lettres fort intéressantes du général de la Congré-
gation de Saint-Benoit de Valladolid, Rodrigo de Vadillo, adressées à l'abbé de Silos, et une cinquième de Fr. Andres de Trasmyera, président-prieur, signée par treize moines de Silos).
1. Arch.de Silos, B.i.vi, 18 b. — La pièce B. LVI, 18, renferme une sentence en faveur de San Martin et contre la paroisse de Santiago qui prétendait empiéter sur son district paroissial. Celte sentence est datée du 29 novembre 1567, du monastère de San Gerônimo de Madrid et signée du prieur des Hieronymites, Fr. Jeronimo de .Médina.
2. Voy. Heredia, Hisloria de Sopetran, p. 202. — Il avait obtenu le 9 janvier 1571 une provision royale, déclarant que la faculté, accordée aux alcaldes et alguaciles de Huerta del Rey, de porter la vara ou verge de justice, insigne de leur autorité, ne devait en rien préjudicier au droit que possédait l'abbaye de Silos à la juridictiim temporelle de ladite ville et à la confirmation de ses oliiciers. Cet acte est signé par D. Cardinalis Se;/inilini(s (Diego d'F.spinosa, inquisiteur général, président du grand Conseil de Castille, évêque de Siguenza et cardinal) et par d'autres membres du Conseil [Arch. de Silos, F. xlii, 21, original sur papier, avec le sceau royal plaqué).
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peu après à la communauté de Silos, qui a le droit de le considérer comme l'un de ses enfants. Il occupa plusieurs prélatures, et finalement fut élu général de la Congrégation *. Le P. Berganza ayant parlé assez longuement de cet abbé dans son histoire de Cardena, nous ne pouvons mieux faire que de renvoyer à cet ouvrage*. Disons ici seulement, pour compléter cet historien, que le P. Antonio Hurtado, élu pour six ans abbé de Silos, renonça volontairement à sa charge au bout de dix-huit mois environ, en raison de certaines difficultés survenues entre lui et le général de la Congrégation,
C'est ce que nous apprend Gprôni)7io de Nebreda^ qui fut choisi pour le remplacer le 18 septembre 1572. Le nouveau prélat était à cette date abbé de San Benito de Huete\ Il gouverna le monastère de Silos pendant l'espace de six ans, période qui avait été substituée au