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CHAPITRE IV

Les derniers abbés de Silos

I. Le P. Placido Vicente. — II. Silos pendant l'invasion française ; le P . Mo reno sauve le monastère. — III. Le P. Moreno abbé de fi' os, puis évèque de Cadix. — IV. Les abbés Calonge, Sancristobal et Carbayeda. — V. Le P. Echevarria, dernier abbé, et la guerre civile. Suppression de l'abbaye.

Plâcidi» Vicente, abbé de Silos de 1801 à dSOo, y avait pris Tbabit religieux en 17 il. 11 alliait à une simplicité extrême une très grande érudition et un amour du travail qui fil l'admiralion de ses contemporains. On trouvera plus loin quelques mots sur ses travaux littéraires. Outre la charge de prédicateur majeur de la Congrégation, il fut nommé successivement abbé de Madrid (1785), d'ExIonza (1791) et de Silos. Il était en dernier lieu abbé de Nuestra SeÈora d'Obona, lorsqu'il mourut le 26 avril 1816, à l'âge de 71 ans. Il était né à Cigales au diocèse de Valladolid.

Fernando de Lienzo, qui lui succéda comme abbé de Silos en 1803 gouverna le monastère jusqu'en 1814, époque où purent de nouveau avoir lieu les réunions du chapitre général, interrompues par l'entrée en Espagne des armées de Napoléon.

Malgré la situation de Silos dans une contrée difficilement accessible à des troupes régulières, les funestes conséquences de cette terrible guerre ne s'en firent pas moins sentir'. Le premier soin de

1. Voici, d'après les Mémorise Silenses, — 16 novembre : Nouvelle alerte. Blessés

un somuaaire des évèuements. transportés à Silos. Des moines d'Ar-

1808. — 13 novembre : Fausse alerte ; lauza, des chartreu.K de Burgos se

des moines s'enfuient dans la mon- réfugient dans les montagnes de Silos,

tagne et s'abritent dans les bergeries ; 1809. — Réquisitions de vivres, tantôt de

d'autres quittent le pays : le P. Pc- la part des français, tantôt de la part

la, pris pour un espion français, est de la troupe de Meriuo (D. Gerùnimo

barbarement assassiné à Veldelpino, Merino, curé du hameau de Villo-

prés de Huete. Quelques moines vont viado, près Lerma).

dans leurs familles, la plupart dans 1809. — 3 avril : Le curé Merino vient à

les églises des environs de Silos. Silos avec ses guerrilleros mal équipés.

HISTOIRE DE L ABBAYE DE SlLÔS

l'abbé Fernando de Lienzo fut de mettre à Tabrl d'un pillage possible le chartrier du monastère et l'urne qui renfermait le corps de saint Dominique. Cette précieuse relique resta à Moncalvillo, petil village de la Sierra, depuis le 10 novembre 1808 jusqu'au 9 juillet

Placé entre les troupes françaises, qui occupaient la plaine do Lerma et les guerrilleros du curé Merino, maîtres de la montagne. Silos se trouva pendant toute la durée de la guerre dans une situation des plus critiques. 11 fut surtout redevable de son salut, à l'habile fermeté et à l'admirable présence d'esprit d'un simple moine, le P. Domingo de Silos Moreuo, auquel nous devons un récit circons-

1809. — 19 avril : Arrivée de 300 fantassins et 60 soldats de cavalerie du régiment des Irlandais {del balallon 6 ref/imienlo de ïrlanda). Ils partent le lendemain, emmenant une mule du monastère. Exigent 15.000 réaux, que le P. Moreno paie à Burgos, où commandait en chef le '< gobernador Thibault ".

1809. — 18 août : Décret de Joseph Bonaparte, supprimant les ordres religieux. Le P. Moreno obtient de faire l'inventaire des biens de Tabbaye et sauve à peu près tout.

1809. — 8 septembre : Pillage simulé du monastère par les guerrilleros de .Merino. Ce stratagème réussit à merveille et trompe môme les soldats de Merino. Celui-ci reçoit en récompense, pour sa troupe, 163 chèvres, 23 moutons et 8 porcs gra-*.

— L'abbé nomme le P. Moreuo son suppléant et curé de Silos.

1810. — 26 janvier : Une colonne de dragons français vient à Silos, puis d'autres, en tout plus de 2000 soldats. Le lendemain, ils partent avec le P. Moreno. Le gouverneur de Burgos, Solif/nnc, veut savoir où sont les objets d'or et d'argent de l'abbaj-e. Le P. Moreno s'en tire sans trop de difficulté et peut retourner à Silos le 2 février. 11 n'y a au monastère que trois religieux :

Moreno, Fulgencio Palomero île pharmacien) et un convers jardinier. Le service divin n'est pas interrompu

un seul jour, malgré ces nombreuses alertes.

1810. — Pendant le carême de cette année, trois colonnes françaises de 120 à 130 hommes viennent à Silos. Moreno. poursuivi et menacé de mort, se dérobe aux recherches.

1810. — 8 mai: 400 français arrivent à Silos. Peu après, visite des guerrilleros du curé don Juan Tapia. Ils assistent dévotement à la messe ; soldats bien disciplinés.

1811. —Janvier: Le P. Moreno est emmené prisonnier à Burgos par ordre du gouverneur qu'il appelle le cruel Dorsene île général comte Dorsenne Le Paige, qui commanda en Espagne l'armée française dite du Nord).

Il reste lo jours en prison.

1811. — 3 juillet :.\rrivée d'une colonne de soldats français à Silos ; ils ne font aucun mal. Ce fut leur dernière visite.

1812. — La Junta, par ordre des Cortès, ordonne aux églises de livrer à la Nation toute l'argenterie non indispensable au culte. Le P. Moreno rachète celle de Silos pour la somme de 15.843 réaux.

1812. — 21 septembre : Les moines recommencent leur vie en communauté.

1813. — En janvier, quatre ou cinq mille français passent à Covarrubias.

1812. — 11 juillet : Retour solennel des reliques de saint Dominique. Gerônimo •Merino, alors gouverneur de Burgos, s'excuse de ne pouvoir assister à cette fête.

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