AN XXV
Prenant chaque lettre de l'iuscriplinn pour le commencement d'un mot, ils en ont fait ce singulier commentaire adapté à la translation de saint Frutos : <i Fuit Locus Antiquus Venerandorum Osniiim.
Asportaverunt Non Longe. Asportavere Segovienses Parlem Rationabileni Omnium.
Anno XXV ». L'interprétation est curieuse à coup sur, et il a fallu quelque imagination pour aboutir à un pareil résultat. Si des
savants, tels que le P. Florez {Esp. sagr., t. VIII, p. 95) et le boUandiste Victor de Buck (loc. cit.) ont pu l'admettre, faute d'en trouver une meilleure, c'est qu'ils ne connaissaient point l'original, dont la vue seule les aurait détrompés. Un moine de Silos, le P. Liciniano Saez, a fait une très spirituelle critique du commentaire fantaisiste que nous venons de signaler. (Voy. Demosli acion hisiôrica del verdadero valor de lodas las monedas del reynado de Enrique 111, 1796, p. 365. Cf. Masdeu, Hisloria critica de Espana, t. XIX, p. 495.) — JM. Hiibner fait erreur, lorsqu'il croit pouvoir placer en Asturies (San Frutos del Vierzo, province de Léon) le prieuré de San Frutos dont il est ici question. Voy. hiscriptionum Hispanise lalinarum supplementum, Berlin, 1892, p. 912, n»
2. Arc/i. de Silos, ms. 22, p. 37. — Les pièces relatives à l'excercice de la juridiction temporelle des prieurs de San Frutos sont nombreuses dans les archives de l'abbaye de Silos, surtout pour le XVI« et le XVIle siècle.
générale du Recueil des chartes de Si/os, on pourra aisément suppléer pour une bonne part à ce que nous ne disons pas ici '.
Vers la fin du XV" siècle, la Congrégation de Valiadolid voulut s'emparer du prieuré de San Frutos, malgré la résistance de labbé de Silos et du prieur. Le commissaire de la Congrégation y réussit même un moment, par des moyens dont on peut voir le détail dans une cédule royale du 14 août de 1498 " ; mais le prieur, qui en appela à Rome et aux Rois Catholiques, finit par avoir gain de cause. Toutefois, le pape Alexandre A'I se réserva la nomination au prieuré, qu'il confia à litre perpétuel à l'ancien prieur Martin de Beltranza^
Après la suppression des ordres monastiques, tous les biens du monastère furent vendus, y compris une partie notable du prieuré lui-même. L'église ayant titre de paroisse, appartenait de ce chef à l'évêque de Ségovie, ainsi que le logement du prieur, curé de San Frutos. Malgré cela, il était à craindre que cet antique sanctuaire ne fut totalement abandonné et ne tombât bientôt en ruine, lorsque le
1. Parmi les documents postérieurs à \"A2, il convient de signaler les suivants : 1", 1516, 15 janvier. Provision royale enjoi- •(uant aux habitants du tiameau dit El liurijo ou El Burçjuillo de restituer au prieur de San P'rutos les propriétés qu'ils (iéteuaient contre tout droit. {Arc/i. de >^ilos, C. XXVII, 20, original en 12 feuilles de papier, sceau royal plaipié : iohana. d.
O. HEfilNA CAST. LEGIO. GRANAT. PIUNC. AltAO. ET. VTHU'S. SIC. ET UIRF.M. AliCIl. DVC. lUIli;.
HUAH. ETC. ; écriture corlesana); — 2", 1517, 11 sept. Provision royale contre les prétentions de la ville de Sepûlveda à la juridiction seigneuriale du colo ou territoire de San Frutos (nomination des alcaldes, etc.), laquelle appartenait à l'abbé de Silos. (Acte inséré dans une sentence ou ejec.uloria de la Chancellerie royale, du 1 déc. Ml^, qui mit fin à ces contestations. Arch., C. XXVII, 55j; — 3», 1518, 17 déc. Provision royale dans le sens de la précédente. {Ibul.y, — 4", 1537, voyez ci-dessus, page loi, note; — 5", 15.'?8. Délimitation (apeo) des domaines du prieuré, faite à la demande del IL V. fray Antonio Vardo.
prior de diclio inonaslerio. {Arc/i. de Silos. C. XXVII, 25, copie de l'époque); — 6», 154fi, 10 octobre. Sentence ou ejeculorin de la Chancellerie de Valiadolid,» confirmant, en faveur de l'abbavo de Silos et contre les
prétentions de la ville de Sepûlveda, les anciennes limites du domaine de San Frutos et le droit exclusif de pèche qu'il avait sur la rivière Uuraton, desde la Ciieva de la Pez hasta el vado de Negi/era. En l'an 1686, le vicaire général de Ségovie rendit une sentence contre D. Diego Gil de Gibaja, curé, et Andres Alvarez, chapelain de Cantalejo, lesquels avaient péché '< en jetant dans la rivière des herbes nuisibles >.. loid., G. XXVII, 28 et 43, originaux); — 7", 1590. Bail à vie des biens du prieuré à Carrascal, fait par le très révérend Juan de Heredia, prieur, du consentement de Pedro de Guevara, abbé de Silos. {Ibid., Original, C. XXVII, 37, suivi d'un état de ces biens en 161 5. ^
2. On trouvera une analyse de la cédule de Ferdinand et d'Isabelle dans le Recueil, p. 525-526.