PRIEURÉS DE L*ORDRE DU BBG
A rhistoîre du prieuré de Beausault peut se rattacher la question de savoir si le prieuré de Saint-Aubin, au diocèse de Beauvais S était sous la dépendance de Tabbaye du Bec. Cela ne saurait faire de doute. Lorsqu'on 1117, Pierre, évèque de Beauvais, confirme les biens du Bec situés dans son diocèse et les prend sous sa protection, il cite « praesertim domum S. Albini cum omnibus pertinentiis suis, vicariam, et quod habent in villa de Sancta Eusebia ^ » La bulle de Lucius m adressée le 16 novembre 1182 à « Pierre, prieur du monastère de Saint-Aubin et à ses frères », est encore plus explicite. Elle confirme les biens et droits que le prieuré possédait à Biargies, à Formerie, dans la forêt de Bray, à Beauvais, à Courcelles, à Achy, àHodenc-rEvèque, à Hermès, à Bury, à Sainte-Eusébie, à Nucourt ^, à Saint-Deuiscourt, « salva sedis apostolicae auctoritate, diaecesani episcopi canonica justitia, et Beccensis monasterii débita reverentia * ». Quel avait été le fondateur du prieuré de Saintlames de Beausaui, sires de Brethneill, salut en nostre Seifrneur. Sachiez ke Robers par la grâce de Dieu, abbes de Sainte Marie del IJec Herluin et li couveuz de chel lieu ont otroie a moi et a mes hoirs kc nos aions en nostre manoir de Beausaut en per^*tuit4} oratoire el quel les .divines choses soient célébrées toutes les eures (jue nos von rions sans 4:ontredit del abbe et del convenz devant diz : par t»île conditi»>n que je et mes hoirs, pour les ofifrandcs del dit oratoire qui a toziors nos revianront, a leur prieur de Beausaut rendions tous les ans en perpétuité sans aucun except, vint solz de tournois a deux termes de lan, chest a savoir a feste saint Aubin dis souz, et a feste saint Gile prou- A^haine après dis souz, et au prestre de Téglibe parrochial de Beausaut dis souz de tournois toz les ans pour la partie, chest a savoir a chas- 4)un des termes devant diz chine souz; en tele manière kc li prieurs de Beausaut ou les compains ou li prestres parrochial de Beausaut en nule jnanierc seront tenu el devant dit oratoire deservir ou célébrer, ne nen pourront estre conslraint. En tesmoignage de lekele chose jai chez lettres présentes seelees de mon seel. Che fu fait en lan mil et ce et Ij, jc\ mois "de marz. » Bibl. nat., lat. 131)05. f« 67; et lat. 15884, f" 354.
* Saint-Aubin, canton de Clermont (Oise).
* Bibl. nat., lat. 12884. f- 165.
^ Sur la curieuse église de Nucourt, voir L. Régnier, Eacursion fie la Sociclé kislorique de Pontoise à Cha4's, UouconvUUens, \ucourt et Muynf/^en-Vej-m, 14 Juin 18^, p. 14 à 3;), Pontoise, 1887.
* Bibl. nat., lat. 13903, f» 40. Cette bulle est datée : « Datum Velletri, IGkal. decembris. indict. l[5]«.lncarn. Doni.anno 1182, pontif. annoi*. » 1). Jouveiin, dans un autre endroit de son liecueil [J" 2 v»j donne le texte complet de cette bulle.
432 HISTOIRE DK L*ABBAYK DU BKG
Aubin ? Quel seigneur l'avait donné au Bec? A quelle époque cessa-t-il d*en dépendre ? Autant de questions auxquelles nous ne pouvons répondre.
« L'an de Tlncarnation 1 199, Matthieu, comte de Beaumontsur-Oise et Ëléonore sa femme fondèrent l'église de Notre- Dame du Lay K » Ce passage de la chronique du Bec ne dit pas que l'église ait été donnée à l'abbaye cette année-là; nous verrons, en effet, tout à Theure que les religieux n'y furent introduits qu'en 1208. Il est certain néanmoins que dès il 89, un moine du Bec, venu de Conflans, résidait à Notre-Dame du Lay. C'est ce qu'atteste la donation suivante. En 1189, Philippe de Beaumont, frère de Matlhieu 111, comte de Beaumont-sur-Oise, donna à l'église de Notre-Dame du Lay 9 arpents de bois situés près de la porte de Sousvoie, un muid et demi de froment à prendre au mois d'août dans sa grange de Champagne', et 3 muids de vin et 20 sols parisis sur le cens de Champagne, à condition qu'un religieux serait établi au Lay et célébrerait chaque jour la messe pour le salut du donateur et de ses parents. Le prieur de Conflans et son chapitre acceptèrent cette donation, et reçurent, en reconnaissance, dans leur fraternité spirituelle, Philippe de Beaumont, Matthieu son frère et leurs ancêtres ^.
* Chronique du Bec, édit. Porée, p. 26. Douet d'Arcq, sans donner de preuves, place la fondation du Lay à l'année 1180. [Hecherches sur les anciens comtes de Dcaumont-sur-Oise, p. XLIV.)
* Champagne, canton de l'Isle-Adaui ^Seine-el-Oise). Sur ce lieu qui paraît avoir été un apanage de Philippe de Beaumont, voir Douet d'Arcq, Recherches sur les anciens comtes, etc., p. XL.
» « Noverint etc., quoniam ego Philippus de Bellomonte, assensu et consensu fratris mei Mathaei comitis de Ûellonionle, ecclc^iae B. Marîae de Layo noveni arpennos nemoris qui sunl ante porlam de Subvia ejusdem loci, quod nenius jure hereditario possideo. et unum modiuni et dimidiuin frumenli, mense augusti in granchia inea de Campanis acceptum... et très uiodios vini,et 20 sol. parisiensium in meis redditibus Cauipaniarum. . . do et concedo. [*ro his autem beneficiis, monachus quidam in eodem loco constituetur, qui pro praediclis animahus singulis diebus divinum officium ibidem celebrabit.. . Prior vero Confluenlii omnisque ejusdem loci conventus precibus meià adquiescens. . . auctoritate sigilli capituli sui conûnnavit, et me, fratremque nieum Matheum, comitem Bellimontis, et omnes antecessores meos in omnibus beneficiis Beccensis ecclesiae et omnium ecdesiarum quae ad eam