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PRIEURÉS DE L*ORDRE DU BEC

Matthieu III^ en reconstruisant l'église du Lay et en y faisant venir une colonie de moines du Bec, peut être considéré comme le véritable fondateur de ce prieuré. « Le 5 juillet 1208, au soir de la translation de saint Martin, Guillaume, abbé du Bec, se rendit au Lay sur la demande de Matthieu, comte de Beaumont-sur-Oise, qui avait construit Téglise, et y institua, en toute piété et révérence, un couvent de moines qu'il avait amenés avec lui tant du Bec que de Gonflans. Le comte Matthieu mourut cette même année et fut enterré dans l'église du Lay * » .

En 1209, Eléonore de Vermandois, veuve du comte Matthieu III, donna au prieuré la moitié qu'elle avait en propre d'un bois qu'elle avait acheté avec son mari de l'abbé et des moines de Notre-Dame du Val, de l'ordre de Citeaux^. Eléonore et Etienne de Sancerre, qu'elle avait épousé en cinquièmes noces, firent don aux moines du Lay, en 1216, de leur vigne de Beaumont que Matthieu 111 et Eléonore avalenl acheter; de Thibaut de RoncheroUes, chevalier, pour la célébration de leur anniversaire, de celui de leurs pères et mères, et de la reine Alix de Champagne '.

L'un des frères de Matthieu III, Jean de Beaumont, donna aux religieux, au mois de septembre 1221, 20 arpents de bois contigus à ceux qu'ils possédaient déjà *.

L'abbaye du Bec eut encore sous sa dépendance d'autres

spcctant receperunt. Actum est hoc anno Incarnalionis Dominîcae 1189. » Bibl. nat., lat. 13905, f* 68 v». Le comte Matthieu, du consentement de son frère Jean, confirma cette fondation en 1195. (Id. f» 68 v">).

* Chronique du Bec, édit. Porée. p. 26. Douet d'Arcq {Recherches^ etc., p. XCIX). pense que Matthieu lU mourut le 24 novembre 1209.

* « Ilanc donationem ego feci anno Incarnalionis Domini 1209, post decessum Matthaei comitis viri mei, scilicet quando eram sine marito et sine Uberis.. . Ilis testibus : Domino Matthaeo de Montemorenceio, etc. Le sceau n'y est plus. » Recueil de 1). Jouvelin, lat. 13903, f** 68 v*>.et lat. 12884, p. 286.

3 Archives nationales, Cartulaire blanc de Saint-Denis, tome l«r, p. 703, cité dans Douet d'Arcq, Recherches, p. 63. — Alix de Champagne, troisième femme de Louis le Jeune, morte en 1206, était tante d'Etienne de Sancerre.

* Bibl. nat., lat. 13905, fo 68 v».

prieurés réguliers, mais sur lesquels on ne possède que fort peu de renseignements.

(( L'église de Saint-Martin de la Garenne *, au vicariat de Pontoise, dit D. Jouvelin, avait été donnée par Hilduin, vicomte de Mantes, et Guillaume son fils. Hugues, petit-fils d'Hilduin, confirma cette donation. Robert, comte de Meulan, l'avait confirmée en 1098. Je n'ay point trouvé de chartes originales de ce prieuré. Il y avait des moines à Saint-Martin de la Garenne dès le temps de saint Anselme qui y en avait envoyé. Ils y étaient établis en 1081 ^ ».

Une donation en faveur de l'abbaye, dont nous avons parlé plus haut, fut passée en 1083 dans l'église de Saint-Martin de la Garenne, en présence de plusieurs religieux du Bec qui représentaient Anselme, leur abbé '.

L'église de Bréval * fut donnée au Bec par Robert d'Ivry et sa femme Hedelburge, à une date que Ton peut approximativement fixer à 1100 ; ils y ajoutèrent la dîme de leurs revenus sur le bois et le marché de Bréval, la dîme de leur récolte, « de sua dominica annona », une foire fixée au lendemain de la Toussaint, et un four sis à Bréval s. Goel leur fils ^ donna aux religieux, entre autres biens, 6 arpents

* Saint-Martin la Garenne, canton de Limay (Seine-et-Oise). « Bibl. nat., lat. 13903, f« 82 \\

» Saint- Martin de la Garenne était encore prieuré régulier au XV* siècle. « Robert, abbé du Bec, confère le prieuré de Saint-Martin de la Garenne à Pasquet de Malleville en 1419, le pénultième may.» Recueil de D. Jouvelin, lat. 13903, f* 69 v". Le 23 juin 14i5, on voit assister au chapitre général de Tordre de Bec, Guillaume d'Acquigny, prieur de Saint-Martin de la Garenne. (ïd., f« 84 v».) D. Toussaint du IMe.-sis écrivait en 1740 : « Le monastère du Bec établit à Saint-Marlin de la Garenne un prieuré qui est réduit aujourd'hui en bénéfice simple à la collation de l'abbé, et il n'y a plus là qu'une église qui est en mèiue temps celle du prieuré et de la paroisse. » Description de la Hauteyormandie^ 11, 637.

* Bréval, canton de Bonnières (Seine-et-Oise).

" Guillaume, évèque de Chartres, confirma à l'abbaye, en IITO, <i cj'clesiam de Brehervalle cum illis redditibus et decimis quas dominas ejusdem castri dédit praefatis monachis Bccci de suis dominicis. » Hibi. nat., lat. 1288i, f« 530.

' Sur Goel d'Ivry, voir Guillaume de Jumièges. llisl. Sorfhm, lib. VHI. Palrol., lat. CXLIX, col. 85)0 et 891. Goel d'Ivry est témoin dans deux

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de terre pour la ferme des moines, « ad mansionamentum monachorum », le fournage « furnagium » de toute la ville, un moulin à Bréval, le boîs nécessaire pour les constructions et le chauffage des religieux, et le panage pour leurs porcs et ceux de leurs serviteurs demeurant au prieuré. Ces donations furent confirmées par Simon d'Anet, seigneur tenant en chef, qui y ajouta ses largesses particulières ^

Philippe-Auguste confirma solennellement, en 1214, les donations concédées ^ Tabbaye par Simon d'Anet. On reconnaît aisément dans cette charte les dons faits par Robert dlvry plus d'un siècle auparavant '. ♦

chartes données par Henri I" en 1113 et 1123. (Ord. Vital, V, 199 et 20 t.)

* Bibl. nat., lat. 13905, f» 26. La donation de Goel d'ivry implique la présence à Bréval d'un certain nombre de moines du Bec : le prieuré date au moins de cette époque. Simon d'Anet confirma par une charte donnée à Évreux en 1169 les biens que le Bec possédait à Rouvres. (Bibl. nat., lat. 13905, f» 26 et 1288i, f» 229.) Est-ce le même qui confirma la donation de Robert d'ivry et d'Hedelburge ? Nous croyons plutôt que ce fut le Simon d'Anet dont parie Orderic Vital et qui partit pour la Croisade en 1106. (Ord. Vital, IV, 213 et 233.)

• « Philippus Augustus... confirmavit donaliones factas ecclesiae Beccensi a Syraone de Aneto, domino de Breheval, videlicet decimam Tenditionis nemoris Dianae silvae et medietatem decimae pasnagii ejusdem nemoris et feriam unam statutam singulis ailnis in crastino festivitatis Omnium sanctorum per ipsam diem tantummodo durantem; furnum unum apud Brehevallem cum furnagio dictae villae, et staggnum et molendinum Brehevallis, et in décima seplimana cujuslibet anni tertiam partem mercati Brehevallis et de sancto 11^ lario et omnium con^uetudinum ad honorem Brehevallis spectanlium, et (fecimam omnium essartorum quae fient vel jam facta sunt in praedicto nemore Dianae silvae, et decimam tam vineae quam virgulti quod ipso Symoa habebat apud Brehevallem, et decimam panis sui qui expendebatur in domo sua apud Brehevallem, et alias aliquot consuctudines concessas ab eodem Symone hominibus dictorum monachorum : et quia praenomiuato régi dicti monachi quittaverunt usuarium suum mortui nemoris quod habebant in dicto nemore tam ad furnum suum quam ad alias suas nécessitâtes, regia libertate donavit eisdem monachis 70 arpentos praedicta nemoris jure perpetuo possidendos. .. Actum apud Annetum anno incarnati Verbi 1214, regni vero ipsius trigesimo sexto : adstantibus in palatio regio quorum nomina supposita sunt et signa : dapifero nullo ; signum Guidonis buticularii ; S. Bartholomaei camerarii ; S Droconis constabularii ; data vacante cancellaria. » Bibl. nat., lat. 4288 i, f" 291 ; L. Delislo, Cafalor/ue des actes de Philippe- Auguste, p. 3i5, n» li>13. 'Sur les cantonnements cédés en échange des droits d'usage dans les forêts, voir L. Delisle, Études sur la condition de la

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Il existait dans le château de Bréval une chapelle que desservait, sans qualité, le curé de la paroisse. Il s'éleva à ce sujet, entre les religieux du Bec et lui un différend qui se termina par une sentence arbitrale de Geoffroy doyen, Vivien chantre et Gautier archidiacre de Lisieux. Ils décidèrent qu'après la mort du curé de Bréval, la chapelle cas traie qui, de droit certain, relevait de Tabbé et des religieux du Bec, reviendrait à la disposition et au profit des religieux résidant au Hamel ^; et pour la reconnaissance et garantie de leur droit, ils devaient recevoir dudit curé un muid de blé de rente annuelle sur la chapelle. Cette sentence fut signiOée « die dominica proxima post festum beatorum apostolorum Pétri et Pauli », de l'an 1222 *.

Le droit de procuration exigé par les évèques et les archidiacres à Toccasion de leurs visites fut le sujet d'un conflit entre Gautier, évoque de Chartres et l'abbé du Bec. Celui-ci refusait de payer les procurations pour ses maisons de Rouvres et de Bréval ; d'autre part, Tévèque de Chartres maintenait ses prétentions. Enfin, pour le bien de la paix, il fut convenu que l'évêque' visiterait en personne ces deux maisons une fois par an, et recevrait, ainsi que ses successeurs, à titre de procuration, 60 sols de la maison de Bréval, et 4 livres parisis de celle de Rouvres ; s'il ne s'y rendait pas en personne, les deux maisons ne paieraient rien cette année-là. L'acte fut passé le 3 avril 1225 '. Quelques mois plus tard, le pape Honorius III, dans une bulle datée de Rieti le 30 juillet 1225, défendait aux évèques et aux archidiacres d'exiger, sous couleur de droit de visite, aucune

classe agricole, p. 349. Sur la forêt de Dessèvres ou de Desœuvre, voir Alfred Maury, Les Forets de la Gaule et de l'ancienne France, p. 51.

* Ce doit ôtre la Trinité du Ilamel. indiquée auprès de Bréval sur la carte de Cassini. Le prieuré de Bréval prenait aussi le nom de prieuré du Haïuel, « prioratus de Haaiello ». (Bibl. nat., lat. 13905, p. 14 v».) En 1213, Guillaume sine Terra donna aux religieux du Bec, « apud Hamel manentihus », toute la dhne lui appartenant, qu'il avait reçue de son père Guazon Mustel ; il reçut de la charité du Bec 30 livres parisis. (Bibl. nat., lat. 12884, p. 290.)

* Bibl. nat., lat. 12884, fo 302 v».

3 Bibl. nat, lat. 12884, f» 306 v.

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procuration dans les granges de la dépendance du Bec où les religieux ne résidaient pas habituellement ^

On ne possède rien sur les origines du prieuré de Bouconvilliers S situé comme le précédent dans le vicariat de Pontoise, au diocèse de Rouen. Hugues d^Amiens en 1141, et Rotrou en 1182 confirmèrent à Tabbaye l'église de Bouconvilliers ^ Le prieuré était placé sous le vocable de saint Michel, et la paroisse sous celui de saint Etienne ; mais Téglise servait pour les deux *.

* Bibl. nat., lat. 12884, r« 306. On donnait le nom de granges aux maisons où un ou deux religieux habitaient pendant le temps de la moisson pour surveiller les travaux et faire la récolte. Bréval était encore au xv« siècle un prieuré régulier, car son prieur Richard de la ^ Haye de Calleville assista au chapitre général de l'ordre du Bec tenu le 23 juin 1445. (Bibl. nat-, lat. 13905, f« 84 vo). Le manoir de Surcy (comoiune de Mézières. canton d'Ecos. Eure) était également exempt de fournir aucune procuration, soit aux archevêques, soit aux légats apostoliques, ainsi que le prouve une charte de Tarchidiacre du Grand- Caux, donnée au mois de novembre 1250. (Bibl. nat., lat. 1288i, p. 367, et lat. 13905, f«93.)

* Bouconvilliers, canton de Chaumont (Oise).

* T. Du Plessis, Descripl. de la Haute-Sormaiidie, II, 467. Albert, légat du pape Innocent IV, adressa à Pierre de Mutina^ curé de Saint- Patrice de Rouen, un rescrit daté de Paris le 29 avril 1253, par lequel il reconnaît que, vu l'exiguité de ses revenus, le prieuré de Bouconvilliers a été et demeure exempt de payer la procuration à l'archevêque diocésain, aux évêques et au légat apostolique ; en conséquence, le curé de Saint-Patrice observera et fera observer le rescrit apostolique. (Bibl. nat., lat. 12884, f» 357.)

* Richard de la Haye prit part à l'élection de Robert, abbé du Bec, le 7 février 1418. Au chapitre général des prieurs réguliers de Tordre du Bec tenu le 23 juin li45, on constata que ceux de Bouconvilliers. de Conflans et de Meulan sont absents. (Bibl. nat., lat. 13'J05 f« 35 v» et 84 V*). « En 1449, dit encore D. Jouvelin, il y avait des moines et un prieur à Bouconvilliers. Geoffroy, abbé du Bec, donna commission cette année à Robert de Rofomago pour y aller en qualité de prieur. Les deux tiers des grosses et menues dîmes leur furent ajugées contre le curé en 14G6. Geoffroy ordonna aux moines qui y demeuraient de recevoir Robert leur nouveau prieur et de luy obéir. » (Id. f" 81.) On voit aujourd'hui dans l'église de Bouconvilliers une inscription du xvi* siècle, en lettres gothiques, constatant une fondation de messes par Jehan Bégeault. religieux de l'abbaye du Bec et prieur de Saint-Michel de Bouconvilliers. Les bâtiments du prieuré étaient contigus à l'église et sont occupés aujourd'hui par une ferme qui porte encore le nom de Ferme du Prieuré, Voir : L. Régnier, Excursion de la Société historique de Pantoise à Chars, Bouconvilliers, etc.^ ik juin 1886, p. 9.

(( Il est difficile de dire qui a donné Rouvres », dit D. Jouvelin K On a vu que dès Tannée 1090 l*abbaye du Bec avait des droits sur Téglise et la dîme de Rouvres; mais oo ne dit point que Rouvres fut alors un prieuré. Lorsqu'en 1169 Simon d'Anet concéda et confirma à Tabbaye tout le village de Rouvres avec plusieurs franchises dans ses forêts, il y avait à Rouvres un prieur et des moines ^. £n 1^09, Girard de Rouvres, du consentement d'Agnès sa femme, donna quelques terres situées à Rouvres ; Guillaume Wanetinçii; était alors prieur. Cette donation fut confirmée en 1:209 par Philippe d'Anet, tenant en chef, et par Gohier d'Anet, en 1219 ^

* Bibl. nat., lat. 1S905. f« 24.

* « Anno domini il69, Symon de Aneto concessit et confirmavit Beccensibus totani villam de Rouvres liberam et quietam et ab omiii aiucilio et exactione absolulam ; quae in oellam scu prioratum Becco subjectuin cessit : unde et iiiulta jura et justitiam per homines prioris et monachoruni exercendam ipse idem Symon de Anelo concessit. » Bibl. nat., lat. 12884, f» 229.

» Bibl. nat.. lat. 13905. f«> 26 et lat. 12884, f« 229. Le Recueil de D. Jouvelin nous a conservé quolqiies détails sur l'histoire du prieuré de Rouvres : « Les revenus ayant été réunis à la mense commune et les moines rappelés au Bec, selon la permission de la bulle d'Innocent IIJ, rapportée ci-dessus, il n'y eut pas longtemps de prieur et de moines à Rouvres. Il n'y en avait plus en 1469 du temps de Geoffroy, abbé du Bec. Gui Bourdeiot, archidiacre de Poissy, ayant fait la visite dans la paroisse de Rouvres, prétendit recevoir deux procurations, et pour la paroisse et pour le prieuré qui y avait été autrefois, ordonna qu'on dirait trois messes par semaine dans l'église paroissiale, et défendit sous peine d'excommunication à tous les fermiers de rien payer jusqu'à ce que les religieux du Bec eussent exécuté son ordonnance. Les moines appelèrent de cette ordonnance en déclarant que les visites ne se faisaient que pour les personnes et pour examiner si les sacrements étaient gardés avec la décence convenable. La visite de l'archidiacre était inutile puisque dans le manoir des religieux du Bec, à Rouvres, il n'y avait ni moines, ni sacrements, ni chapelle ; que quand bien môme il y aurait eu autrefois un prieuré à Rouvres, les papes avaient permis à l'abbé du Bec de réunir à la mense commune les petits prieurés et d'en faire un de plusieurs autres : que l'archidiacre n'ayant fait qu'une visite à Rouvres, il devait se contenter d'une seule rétribution que le curé, qui outre toutes les oblations jouissait du tiers de toutes les dîmes, était obligé de luy payer. Cet appel est de l'an 1469. le 3 octobre. Le prieuré de Rouvres ayant été ruiné pendant les guerres, et surtout celle des Anglais. Jean, abbé du Bec, du consentement de sa communauté capitulairement assemblée.

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