‹ Histoire de l'abbaye du Bricot en BrieChapitre 124 sur 204 · I. Aicliii'es de la ville de Sc^annc · texte numérisé non relu

I. Aicliii'es de la ville de Sc^annc

SUPPRESSION DE l'aBBAYE DU BRICOT 248

qui, entre autres dispositions, ordonnait par son article 3, « conformément à la loi du i3 mai 1791 » et à l'arrêté du directoire du département de la Seine du 11 avril 1792, « que toutes les chapelles des couvents de religieux et religieuses cloîtrées qui ne sont pas encore fermées au public le seront..., et que lesdites chapelles ne pourront servir qu'à l'usage particulier des maisons auxquelles elles seront attachées ». Le conseil, sur l'invitation du procureur, délibéra sur cet objet, et arrêta que le corps municipal se rendrait le lendemain matin au couvent des bénédictines pour leur faire part de l'arrêté du directoire et en obtenir l'exécution '. On pourrait supposer, d'après ces seules indications, qu'il n'était simplement question que d'appliquer une mesure générale et de fermer aux personnes du dehors la chapelle du monastère. Mais le texte de loi invoqué donne à penser, si Ton s'y reporte, qu'il devait s'agir d'une mesure spéciale et plus grave, motivée par une imprudence ou une témérité. Voici, en effet, en quels termes est conçu l'article 2 du décret visé : « Les édifices consacrés à un culte religieux par des sociétés particulières et portant l'inscription qui leur sera donnée, seront fermés aussitôt qu'il y aura été fait quelque discours contenant des provocations directes contre la constitution, et en particulier contre la constitution civile du clergé. »

I. Archives de la ville de Se\anne, registres des délibérations municipales, IX, fol. 145 v° et 14G r°.

244 iiisT(iiRi': 1)1': i. aiu'.ayI': i»u uricot

Enfin, le décret du 17 août 1792 vint mettre un terme à l'existence précaire et incertaine des communautés qui, comme celle du Bricot, avaient pu jusque là se maintenir de fait. Il portait que toutes les maisons occupées par les religieux et les religieuses seraient évacuées avant le i"" octobre et mises en vente. Sur la demande des (( dames cidevant religieuses de la ci-devant abbaye » de Sézanne, le conseil général permanent de la commune nomma, le 16 septembre 1792, Didier-François Foyot commissaire à l'effet de recevoir les clefs du couvent ' .

Cette fois, c'était bien la fin. L'abbaye du Bricot qu'on avait vue à deux reprises, au xv*-" et au xvi"^ siècle, périr ou peu s'en faut, puis ressusciter, l'abbaye du Bricot s'éteignait, sous le souftie révolutionnaire, pour ne plus revivre jamais.

i . Archives de la ville de Se^LDine, délibérations iiiuuicipales, registre IX, fol. 201. — Dans sa séance du 21 octobre 1792, l'assemblée du conseil général permanent de la commune, sur la proposition d'un de ses membres tendante à la vente partielle du local des ci-devant religieuses, décida, sur son emplacement, « deux ouvertures de rues très utiles à la communication de celle des Forges à celle des ci-devant Récollets et du faubourg Notre-Dame et ladite rue des Récollets en traversant celle Moyenne » [Ibid., Délibérations, reg. IX, fol. 2 32). Le couvent de N.-D. de Sézanne, avec ses annexes, devait être compris alors entre les rues suivantes : Mail des religieuses anciens remparts), rue des Récollets, rue Moyenne et rue de Montebcllo.

Page 1