‹ Histoire de l'abbaye du Bricot en BrieChapitre 20 sur 204 · FONDATION DE L ABBAYE · texte numérisé non relu

FONDATION DE L ABBAYE

proportionnée à la médiocrité des revenus dont allait jouir pendant ses débuts le monastère du Bricot. Mais il pouvait grandir, s'étendre, s'enrichir, devenir une communauté indépendante. Dans ce cas, pour qu'il n'oubliât pas ce qu'il devait à l'abbaye de Montier-la-Celle et qu'un lien assez fort continuât à le rattacher à sa souche, le taux de la redevance annuelle devait être doublé, c'est-à-dire porté à la somme de dix sous tournois. Enfin, ce qui naît doit mourir, et il est sage de tout prévoir. Si, par la négligence ou l'impéritie des religieuses, le nouvel établissement se trouvait un jour tellement dépourvu de ressources qu'il devînt nécessaire de l'abandonner, ou bien que, le désordre s'y étant introduit, la fâcheuse extrémité s'imposât de le supprimer, la charte décidait que la place en reviendrait à la Celle-Saint-Serein. Cette dernière clause n'avait rien que d'assez juste et naturel. Telle fut la fondation de l'abbaye du Bricot ', à

(i) Notre récit est composé à l'aide des renseignements contenus dans la charte de {ondationÇV. pièces justificatives, n° I). Les religieuses du Bricot oublièrent promptement les circonstances de cette fondation. Au xvii" et au xyiii" siècle, elles n'en avaient plus le moindre souvenir. Dans un état de l'abbaye daté de 1668, on lit ceci : « Convient en premier lieu remarquer que ladittc abbaye a esté fondée dès un très longs temps par les comtes de Cliampagne ; lequel comté ayant esté réuny à la couronne de I-'rancc, huiitte abbaye est tombée à la nomination du Roy. » Plus loin on apprend que, « pour la plus grande partie, les tiltres de la fondation » ont été « perdus et esgarés, en telle sorte qu'on ne lésa jamais pu recouvrer » (Archives départementales de l'Aube, G, 88G). Interrogées, en 172g, sur leur origine, voici ce que les religieuses répondent : « Pour obéir aux ordres de sa Majesté,

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laquelle se mêlèrent plus ou moins un assez grand nombre de personnages, dont malheureusement les noms seuls rappelés ne nous permettent pas de reconstituer sûrement l'identité. On remarque, parmi eux, un prieur, nommé Thomas, qui devait appartenir à l'une des maisons de Montier-la-Celle ou de Saint-Serein, les deux fils d'Hersende, Arnoul et Thibaud, ainsi que le chanoine Eudes, son frère. Telle aussi fut l'organisation primitive de cette petite communauté, que nous verrons, au milieu de péripéties diverses, avec des alternatives de bonne et de mauvaise fortune, accomplir courageusement une carrière plus que six fois séculaire et ne disparaître que lorsqu'un arrêt commun proscrivit, en France, toutes les communautés religieuses, pendant la tourmente révolutionnaire.

nous, abbessc..., déclarons ne point avoir de certitude quels sont nos fondateurs; l'opinion la plus commune est que ce sont les comtes de Champagne. Madame Charlotte Boulanger, qui a résigné cette abbaye à dame Paule de la Rouërre-Guëdon, lui a toujours dit que tous les papiers de la fondation et autre bien de l'abbaye avoient esté brûlez durant la guerre des Huguenots. Il reste seulement quelques titres dattez de 1228 et un autre de iSqs, ce qui marque l'ancienneté de l'abbayë » {Ardiives départementales de l'Aiibc, G, 886, état de l'année 1729).

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